L'allaitement maternel est un processus complexe, une alchimie délicate entre la mère et son enfant, influencée par divers facteurs environnementaux, physiques et émotionnels. La baisse de lactation, une diminution de la production de lait, est un phénomène courant qui peut être source d'inquiétude et conduire à un arrêt précoce de l'allaitement non désiré. Dans le contexte actuel de la pandémie de COVID-19, il est essentiel de comprendre les causes potentielles de cette baisse et les solutions pour y remédier, tout en tenant compte des informations disponibles sur la vaccination des mères allaitantes.
Comprendre la Baisse de Lactation
La baisse de lactation se manifeste par une diminution de la quantité de lait produite par la mère. Plusieurs signes peuvent indiquer une baisse de lactation :
- Le bébé semble insatisfait après les tétées.
- Le bébé réclame le sein très souvent.
- Le bébé a moins de selles.
- Les seins de la mère paraissent plus mous.
- La courbe de poids du bébé chute.
- Le bébé s’agite au sein ou ne décroche jamais du sein.
Il est cependant important de noter que ces signes ne signifient pas forcément un manque de lait. Il est crucial de vérifier si le bébé semble satisfait après les tétées et de suivre sa courbe de poids sur les courbes de l'OMS établies avec des bébés exclusivement allaités.
Causes Possibles de la Baisse de Lactation
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à une baisse de lactation :
- Fatigue et stress : La fatigue, le stress et la charge mentale peuvent avoir un impact négatif sur la lactation en réduisant la production d'ocytocine, une hormone essentielle au bon fonctionnement de l'allaitement.
- Maladie : Une maladie, comme une bronchite, une grippe ou la COVID-19, peut temporairement diminuer la production de lait.
- Rythme des tétées : Un drainage irrégulier et inefficace des seins peut entraîner une diminution de la production de lait. Le corps répond à la loi de l'offre et de la demande : plus le sein est drainé, plus il produit de lait.
- Contraception : Certains moyens de contraception orale peuvent être incompatibles avec l'allaitement, surtout s'ils sont pris avant la sixième semaine après l'accouchement.
- Poussées de croissance du bébé : Lors des poussées de croissance (environ tous les trois mois), le bébé peut réclamer davantage, ce qui peut donner l'impression d'une baisse de lactation.
- Séparation du bébé : Pour les mamans d'enfants prématurés, la séparation peut rendre le maintien d'une lactation correcte plus difficile.
- Retour de couches : Il est assez habituel de constater une baisse, momentanée, de la lactation lors du retour de couche.
- COVID-19 : L'infection par le COVID-19 peut entraîner une baisse de lactation, même en l'absence de symptômes graves.
Solutions pour Relancer la Lactation
Face à une baisse de lactation, plusieurs stratégies peuvent être mises en œuvre pour stimuler la production de lait :
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- Mettre le bébé au sein fréquemment : Proposer le sein très souvent, toutes les 1 à 2 heures si besoin, sans attendre que le bébé pleure. Proposer les deux seins à chaque fois.
- Se reposer : Se reposer autant que possible, déléguer les tâches ménagères et faire des siestes dans la journée.
- Assurer une bonne prise du sein : Vérifier que le bébé prend correctement le sein et qu'il tète efficacement.
- Tire-lait : Utiliser un tire-lait électrique en double pompage, souvent plus efficace qu'un tire-lait manuel, pour stimuler la production de lait. La méthode du "power pumping" peut également être envisagée.
- Alimentation et hydratation : Adopter une alimentation riche et variée, sans chercher à se mettre au régime, et assurer une bonne hydratation.
- Tisanes d'allaitement : Consommer des tisanes d'allaitement à base de fenouil, anis vert ou moringa.
- Fenugrec : Essayer de prendre du fénugrec en gélules, en respectant les précautions d'emploi (ne pas en prendre en cas de grossesse, de diabète ou d'hypoglycémie). Diminuer progressivement la dose une fois la lactation stabilisée.
- Purée d'amandes : Consommer de la purée d'amandes, de l'avoine et d'autres noix, réputées galactogènes.
- Stimulation nocturne : Si le bébé tète moins la nuit, envisager de tirer le lait pour maintenir la stimulation.
- Consultation médicale : Si la baisse de lactation persiste malgré ces mesures, prendre rendez-vous avec un pédiatre ou une consultante en lactation pour s'assurer que le bébé tète efficacement et corriger si besoin la position de l'enfant au sein ou sa prise du sein.
Allaitement et COVID-19 : Informations Essentielles
Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, de nombreuses questions se posent quant à la sécurité de l'allaitement pour les mères infectées ou vaccinées. Il est important de se référer aux recommandations des experts et des organisations de santé.
Allaitement pendant l'infection COVID-19
L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande de poursuivre l'allaitement même en cas d'infection par la COVID-19. Il n'est pas nécessaire d'interrompre l'allaitement, car le virus se transmet principalement par voie aérienne et non par le lait maternel. De plus, le lait maternel contient des anticorps qui peuvent protéger le bébé de l'infection ou atténuer les symptômes s'il la contracte.
Il est cependant important de prendre des précautions pour éviter de transmettre la maladie au bébé :
- Se laver soigneusement les mains avant et après chaque tétée.
- Porter un masque pendant les tétées et les moments de proximité avec le bébé.
- Éviter d'embrasser le bébé ou de le maintenir trop près du visage.
Vaccination COVID-19 et Allaitement
Les femmes allaitantes peuvent se faire vacciner contre la COVID-19. Les vaccins actuellement disponibles ne contiennent pas de virus vivant et ne présentent aucun risque de transmission par le lait maternel. Au contraire, la vaccination de la mère peut entraîner le transfert d'anticorps protecteurs au bébé via le lait maternel.
Les études préliminaires menées chez l'animal n'ont pas mis en évidence d'effets nocifs sur la grossesse, et bien qu'il n'existe pas d'études relatives à l'allaitement, aucun risque n'est attendu en cas d'allaitement. L'OMS recommande l'administration des vaccins aux femmes allaitantes au même titre que les autres adultes.
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Des études ont montré que les vaccins à ARNm (Pfizer/BioNTech et Moderna) génèrent une immunité humorale robuste chez les femmes allaitantes, avec une immunogénicité et une réactogénicité similaires à celles observées chez les femmes non enceintes. Des anticorps anti-SRAS-CoV-2 ont été détectés dans le lait maternel après la vaccination, suggérant une protection potentielle pour les nourrissons allaités.
Quelques effets indésirables ont été rapportés chez les nourrissons allaités après la vaccination maternelle, tels que somnolence, agitation accrue, fièvre, éruptions cutanées ou diarrhée, mais aucun effet indésirable grave n'a été signalé. Une petite proportion de femmes a signalé une réduction de la production de lait, notamment après la seconde dose de Moderna, mais ces données nécessitent des études plus approfondies.
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