Lorsqu'un couple rencontre des difficultés à concevoir après plusieurs mois d'essais, généralement autour d'un an, une infertilité peut être suspectée. Dans ce contexte, la biologie joue un rôle essentiel, tant pour diagnostiquer les causes potentielles de l'infertilité que pour suivre l'efficacité des traitements mis en place. L'exploration des troubles de la fertilité doit concerner les deux partenaires, et non uniquement la femme. Le bilan hormonal, réalisé grâce à une prise de sang, est un outil clé dans cette démarche.
Le rôle du bilan hormonal dans l'exploration de l'infertilité
Le bilan hormonal est prescrit par un médecin lorsqu'il suspecte un dérèglement hormonal pouvant affecter la fertilité. L'objectif est d'évaluer les taux d'hormones produites par l'organisme et de diagnostiquer d'éventuelles pathologies. Chez la femme, il permet d'évaluer le niveau de la réserve ovarienne et la capacité d'ovulation, et de dépister d'autres pathologies ou une ménopause précoce. Chez l'homme, il est souvent associé à un bilan spermiologique.
Quand réaliser un bilan hormonal ?
Un médecin peut prescrire un bilan hormonal devant certains symptômes chez la femme, tels que :
- Acné persistante
- Pilosité anormalement importante
- Diminution prolongée de la libido
- Règles irrégulières ou absentes
- Augmentation des symptômes du syndrome prémenstruel
- Sueurs nocturnes et bouffées de chaleur
- Tentatives de grossesse infructueuses depuis 1 an
- Augmentation subite de la graisse corporelle
Chez l'homme, les perturbations hormonales peuvent se traduire par une baisse de la libido, des troubles de l'érection ou des troubles de la fertilité.
Comment se déroule un bilan hormonal ?
En pratique, le bilan hormonal se réalise grâce à une prise de sang, un test salivaire ou un test d'urine. Ces tests permettent de connaître le dosage de certaines hormones, telles que la TSH, la DHEA, le cortisol, la testostérone, la progestérone ou l'œstradiol. Le bilan hormonal est ciblé en fonction de la maladie suspectée.
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La prise de sang peut se réaliser dans un laboratoire d'analyses médicales, à l'hôpital ou dans une clinique. Dans certains cas, elle peut également se réaliser à domicile. Il est nécessaire de se présenter avec une ordonnance précisant les hormones à analyser.
Faut-il être à jeun ?
Le bilan hormonal nécessite d’être fait à jeun, notamment pour le dosage de la prolactine. De plus, le bilan hormonal chez la femme nécessite d’être réalisé à un moment particulier du cycle menstruel.
Interprétation des résultats
Une fois le bilan hormonal réalisé, les résultats doivent toujours être interprétés par un médecin. Chaque hormone possède des valeurs de référence qui varient selon l'âge, le sexe, le moment du cycle menstruel ou même l'heure de la journée. C'est pourquoi un taux considéré comme « anormal » sur le papier ne signifie pas forcément qu'il existe un problème.
Les hormones clés dosées lors d'un bilan hormonal
Plusieurs hormones sont évaluées lors d'un bilan hormonal, chacune jouant un rôle spécifique dans la fertilité.
Chez la femme
- FSH (hormone folliculo-stimulante) : Produite par l'hypophyse, elle stimule la maturation des follicules dans les ovaires et la sécrétion d'œstrogènes. Les taux normaux varient selon la phase du cycle : 1,3-5,9 mUI/ml en phase folliculaire, 6,4-9,2 mUI/ml au moment de l'ovulation, 1,1-2,8 mUI/ml en phase lutéale, et 10-37 mUI/ml après la ménopause. Une élévation de la FSH est un facteur péjoratif pour la fertilité.
- LH (hormone lutéinisante) : Également produite par l'hypophyse, elle stimule les ovaires pour provoquer l'ovulation et joue un rôle important dans le cycle menstruel. Les taux normaux varient : 0,5-5,8 mUI/ml en phase folliculaire, 16-40 mUI/ml au moment de l'ovulation, 0,5-5,8 mUI/ml en phase lutéale, et 5-27 mUI/ml après la ménopause.
- Œstradiol : Principal œstrogène, synthétisé par les ovaires, son augmentation contribue à l'ovulation. Les taux normaux varient selon la phase du cycle : 13-228 pg/ml en phase folliculaire, 140-300 pg/ml au moment de l'ovulation, 50-210 pg/ml en phase lutéale, et 5-52 pg/ml après la ménopause.
- Progestérone : Hormone stéroïde importante pour l'implantation et le développement de la grossesse, elle est principalement produite par les ovaires et le placenta. Les taux varient au cours du cycle : inférieurs à 1,5 ng/mL en phase folliculaire, entre 0,7 et 4 ng/mL au moment du pic ovulatoire, et entre 2 et 30 ng/mL en phase lutéale.
- Prolactine : Hormone produite par l'hypophyse, elle stimule la glande mammaire. Sa valeur doit être inférieure à 20 µg/l chez la femme. Une hyperprolactinémie peut être responsable de troubles de l'ovulation.
- AMH (hormone anti-Müllerienne) : Sécrétée par les cellules des petits follicules en croissance, elle est un bon indicateur de la réserve ovarienne. Elle peut être dosée à n'importe quel moment du cycle. Une diminution de sa valeur reflète une altération précoce de la réserve ovarienne.
- TSH (thyroid stimulating hormone) : Elle stimule la production des hormones thyroïdiennes par la thyroïde. Un déséquilibre de la fonction thyroïdienne peut perturber le cycle menstruel et l'ovulation.
Chez l'homme
- Testostérone : Un taux bas peut être associé à une fatigue persistante, une baisse de libido ou des troubles de l'érection.
Bilan hormonal et cycle menstruel
Le bilan hormonal chez la femme s'intéresse particulièrement aux hormones de la reproduction. Il est possible de comprendre la qualité de chaque phase du cycle ovarien et d'évaluer la réserve ovarienne. Généralement, les dosages hormonaux se font entre le 2ème et le 5ème jour du cycle (le premier jour du cycle étant le premier jour des règles), en dehors de tout traitement. Le dosage de la progestérone se fait en général entre le 21e et le 23e jour du cycle. Le dosage de l’AMH peut se faire à n’importe quel moment du cycle.
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Comprendre la réserve ovarienne
La probabilité de concevoir est directement liée au capital en follicules de l’ovaire que l’on appelle “réserve ovarienne”. Une diminution de ce capital folliculaire et ovocytaire s’accompagne d’un taux de grossesse diminué et de fausses couches augmenté. La baisse de la réserve ovarienne est la principale responsable de la diminution de la fertilité avec l’âge. La FSH, l’œstradiol et l’AMH sont les marqueurs de la fonction ovarienne.
Facteurs influençant les résultats du bilan hormonal
Plusieurs facteurs peuvent influencer les résultats d'un bilan hormonal. Il est important de les prendre en compte lors de l'interprétation des résultats.
- Le moment du cycle menstruel : Les taux de certaines hormones, comme la FSH, la LH, l'œstradiol et la progestérone, varient considérablement au cours du cycle.
- L'heure de la journée : Les taux de prolactine et de cortisol varient au cours de la journée.
- Le stress et l'effort physique : La sécrétion de prolactine peut être influencée par le stress et l'effort physique.
- Les médicaments : Certains médicaments peuvent affecter les taux d'hormones.
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