La crise convulsive chez le nourrisson est un événement impressionnant qui suscite l'inquiétude. Bien qu'effrayante, elle nécessite une réaction spécifique et une compréhension des causes potentielles. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble des convulsions chez les nourrissons, en abordant leur reconnaissance, leurs causes possibles, les mesures à prendre pendant une crise et les options de traitement.

Reconnaître une Convulsion

Il est crucial de pouvoir distinguer une convulsion d'autres événements paroxystiques, dont certains peuvent être bénins, tandis que d'autres mettent en danger la vie du patient et demandent un traitement immédiat.

Au total, la crise dure plusieurs minutes. En général, la phase où le patient se raidit et convulse dure environ 1 à 2 minutes. Dans la crise simple, il n’y a qu’une crise. La différence essentielle entre la convulsion et la tétanie (elles sont souvent confondues) est liée à l’absence de perte de connaissance. Dans la tétanie/spasmophilie, on assiste à une contraction plus ou moins volontaire des muscles, mais la personne n’est pas inconsciente : un contact verbal est possible. La victime respire vite mais vous parle.

Les convulsions se manifestent par des contractions musculaires involontaires et saccadées. Alors que sa température monte brutalement, soudain, notre enfant pâlit, rejette la tête en arrière, ses yeux sont révulsés et tout son corps est agité par des contractions musculaires symétriques, saccadées et involontaires. Lors d’une crise, l’enfant pâlit, se raidit, ses yeux se révulsent et subit des secousses musculaires sur tout ou partie du corps. Puis des mouvements anormaux des membres, bras et jambes parfois de la même façon des deux côtés, parfois dissociés.

Causes des Convulsions chez le Nourrisson

L’origine de la crise convulsive est cérébrale et est liée à un dérèglement brutal de l’activité électrique du cerveau. Il y a soudainement une excitation anormale d’un groupe de neurones qui vont produire des décharges électriques et des influx nerveux excessifs et désordonnés dans le cerveau. Si les décharges électriques restent localisées à une zone du cerveau, cela donnera des crises partielles, c’est-à-dire que les symptômes toucheront seulement certaines parties du corps.

Lire aussi: Reconnaître et Agir Face aux Crises Convulsives

Les convulsions peuvent être occasionnelles, résultant de troubles fonctionnels et réversibles (convulsions fébriles, troubles métaboliques transitoires) ou de troubles lésionnels (méningite, encéphalite, ischémie). Une étiologie, autorisant rarement un traitement spécifique, n'est guère identifiée que dans un quart des cas. L'âge de survenue et la présence de fièvre sont deux éléments principaux d'orientation diagnostique.

Plusieurs facteurs peuvent déclencher des convulsions chez les nourrissons :

  • Convulsions fébriles : Les convulsions fébriles de l’enfant sont des crises convulsives survenant lors d’un épisode de fièvre élevée chez les nourrissons et les jeunes enfants. Souvent très impressionnantes pour l’entourage, elles sont le plus souvent bénignes et isolées et n’ont généralement aucun rapport direct avec l’épilepsie. Elles surviennent lors d'un épisode de fièvre supérieure à 38°C. D’après les estimations, entre 2 et 7 % des nourrissons et des jeunes enfants sont touchés, de 3 mois jusqu’à 5 ans. Le plus souvent, les convulsions fébriles affectent les enfants entre 1 et 3 ans, avec un pic de fréquence autour de 18 mois. Après l’âge de 2 ans, elles deviennent plus rares, le cerveau étant alors moins sensible à la fièvre. Tous les contextes où un jeune enfant a de la fièvre, par exemple en cas d’infection bactérienne ou virale, peuvent être à l’origine de convulsions fébriles de l’enfant. Les convulsions résultent de la fièvre, et pas de la cause de la fièvre. Les convulsions se produisent généralement lors de la montée de la température corporelle ou dans les premières heures d’une fièvre élevée. Généralement, la crise convulsive est unique et isolée, mais elle peut récidiver dans 25 à 50 % des cas après le premier épisode. La récidive a lieu généralement dans les deux ans qui suivent la première crise (90 % des cas). Les convulsions fébriles de l’enfant ne constituent pas une forme particulière d’épilepsie. Le risque de développer une épilepsie à la suite d’épisodes de convulsions fébriles est aujourd’hui encore controversé. Il est estimé à 1 % après une crise de convulsions fébriles simples et à 10 % après des convulsions fébriles compliquées.

  • Infections : Une cause infectieuse comme une méningite, ou une encéphalite herpétique, peuvent provoquer une crise épileptique.

  • Traumatismes crâniens : Bien plus sérieuses, des convulsions peuvent également arriver lors d’un traumatisme, lors d’une chute par exemple. « Il suffit parfois d’une chute du canapé, ou bien souvent de la table à langer pour provoquer des convulsions. Si un hématome se forme dans le cerveau de l’enfant, la convulsion peut provoquer des mouvements oculaires, et des signes dissociés », dit le médecin. L’enfant ne se remet pas en quelques minutes. Un hématome sous-dural ou extradural aigu peut compliquer un traumatisme crânien accidentel de l’enfant.

    Lire aussi: Gestion des convulsions non fébriles

  • Troubles métaboliques : Les enfants qui connaissent des problèmes de reins, ou une maladie qui les prive de sodium potassium et calcium peuvent également connaître des épisodes de convulsion.

  • Intoxications : La convulsion peut survenir après l’absorption de médicament, par exemple, ou en présence de monoxyde de carbone, qui peut arriver dans les foyers en hiver, lorsque les chauffages ne sont pas aux normes. « Ce sont les enfants qui connaissent les effets en premiers, car ils sont plus petits et en position allongée ».

  • Épilepsie : Enfin, parfois, les crises peuvent également révéler le début d’une épilepsie. Les épilepsies constituent un groupe hétérogène de maladies qui partagent la caractéristique de crises épileptiques se répétant sans facteur déclenchant. Une première crise d’épilepsie peut être inaugurale d’une épilepsie. Il est important de vérifier qu’il n’y a pas eu de crises passées inaperçues ou non diagnostiquées comme telles avant l’épisode amenant à consulter. Un avis neuropédiatrique est indispensable en cas d’épilepsie du nourrisson. Parmi les épilepsies débutant chez le nourrisson, le syndrome des spasmes infantiles doit être connu, car les crises caractéristiques de ce syndrome, les spasmes épileptiques, peuvent être frustes, avec un risque d’errance diagnostique et de retard de prise en soins préjudiciables. D’autres syndromes épileptiques peuvent débuter chez le nourrisson, comme par exemple, la plupart des épilepsies focales secondaires à une dysplasie corticale focale, qui sont responsables de crises focales, stéréotypées, souvent résistantes au traitement médical. De manière exceptionnelle, l’épilepsie du nourrisson peut être d’origine monogénique. Une des causes d’épilepsie monogénique la plus fréquente est le syndrome de Dravet. (anciennement syndrome de West)Il s’agit d’une épilepsie grave du nourrisson, débutant entre 3 et 12 mois (habituellement vers l’âge de 6 mois) associant un type particulier de crises : les spasmes épileptiques, qui surviennent le plus souvent en cluster, un EEG intercritique anormal pouvant aller jusqu’à un tracé hypsarythmique (ondes lentes et pointes multifocales diffuses et asynchrones de grande amplitude, disparition de l’activité de fond), ainsi qu’une stagnation ou régression psychomotrice, parfois absentes si le diagnostic est précoce. C’est une épilepsie rare, génétique, non héréditaire, qui débute dans la première année de vie par des crises convulsives prolongées dans un contexte fébrile ou post-vaccinal.

Que Faire en Cas de Crise Convulsive ?

En cas de crise convulsive, il est essentiel de garder son calme et d'agir de manière appropriée pour assurer la sécurité de l'enfant :

  • Sécurité avant tout : Pendant la durée des convulsions, ne touchez pas la victime et écartez ce qui pourrait la blesser. Mettre l’enfant en sécurité, protéger sa tête tant qu’il se secoue, éviter qu’il tombe. Écarter tout objet autour de la victime pour éviter des chocs et des blessures accidentelles.

    Lire aussi: Causes et traitements des convulsions fébriles

  • Ne pas entraver la crise : N’essayez pas d’arrêter les mouvements, cela ne sert à rien et peut être plus néfaste. Ne tentez pas de mettre quoi que ce soit dans la bouche de la victime : elle risquerait soit de vous mordre, soit de l’avaler. Ne rien mettre dans sa bouche (ni objet, ni médicament, ni vos doigts).

  • Position latérale de sécurité : Lorsque la convulsion est terminée, mettre l’enfant sur le côté en position latérale de sécurité : tournez-le sur le côté, tête légèrement plus basse que le corps pour laisser la salive s’écouler. Il est fréquent qu’il vomisse, cette position évite qu’il fasse une fausse route. Couche notre enfant sur le côté (en position latérale de sécurité), de préférence dans une pièce fraîche non surchauffée (18-20 °C).

  • Surveillance : Ne pas laisser la victime seule dès la fin de la crise. L’enfant est très endormi, ronfle parfois. La récupération est LENTE et PROGRESSIVE, et peut prendre 20 à 30 minutes.

  • Quand appeler les secours : Deux cas de figure se présentent. Soit la personne a une épilepsie connue et fait de temps en temps des crises, dans ce cas les choses devraient rentrer dans l’ordre sans appeler les secours. Généralement, il est inutile d’appeler les services de secours, si la crise dure moins de 5 minutes et que l’enfant récupère en moins de 10 minutes. Notre bébé convulse ? C’est un cas d’urgence et il faut téléphoner à notre médecin ou au Samu (15). Après avoir appelé le Samu, on vérifie que son nez et sa bouche sont bien dégagés. Il peut y avoir des vomissements, au besoin, on maintient donc sa bouche ouverte. Toute victime de convulsions doit être hospitalisée, d’autant plus s’il s’agit d’une première crise convulsive.

Diagnostic des Convulsions

Le diagnostic des convulsions fébriles de l’enfant repose essentiellement sur les symptômes caractéristiques de la crise convulsive associés à une fièvre élevée. Le médecin s’appuie sur les données recueillies au cours de la crise par l’entourage de l’enfant. Pour le spécialiste, il est important que l’adulte en présence observe la forme de la convulsion pour la détailler par la suite : « est ce que les bras et jambes bougent de la même façon des deux côtés, y a-t-il des mouvements oculaires, une bouche qui se tord, ces signes qui peuvent être le fait d’une activité désordonnée d’une zone du cerveau » explique-t-il. « Ce sont des éléments qui vous seront demandés en cabinet comme aux urgences, pour déterminer la crise et en trouver la cause » explique-t-il.

Néanmoins, des examens peuvent être nécessaires pour rechercher la cause de la fièvre ou une origine neurologique aux convulsions. Dans la majorité des cas, un interrogatoire et un examen clinique complets permettent d’éliminer les causes nécessitant un traitement en urgence (méningite ou encéphalite, hématome intracrânien, troubles ioniques) et de décider de réaliser ou non une ponction lombaire, une imagerie cérébrale ou un ionogramme sanguin. Devant une crise d’épilepsie survenant en climat fébrile, une ponction lombaire est indiquée dans les situations suivantes : suspicion de méningite (syndrome méningé, fontanelle bombante, anomalie du tonus…), suspicion d’encéphalite (trouble du comportement, crise focale et/ou prolongée au-delà de 15 minutes ou suivie d’un déficit post-critique) et systématiquement avant l’âge de 6 mois même si isolée et résolutive. Après 6 mois, l’âge ne doit pas, à lui seul, faire réaliser une ponction lombaire. La PL n’est donc pas recommandée après l’âge de 6 mois sans aucun signe de méningite ou d’encéphalite (syndrome méningé, trouble du comportement et syndrome septique). Une surveillance hospitalière de courte durée (4 heures) peut être envisagée pour les crises fébriles simples chez les nourrissons âgés de moins de 12 mois. La réalisation d’un scanner cérébral avant ponction lombaire n’est pas systématique chez l’enfant. Son indication repose sur le contexte étiologique suspecté et la clinique. Un scanner cérébral est notamment conseillé en l’absence d’amélioration de troubles de conscience ou en l’absence d’amélioration d’une anomalie neurologique focale entre deux examens séparés d’au moins 30 minutes. Il faudra tenir compte du contexte clinique (administration de benzodiazépines ou autres antiépileptiques de secours et/ou crise prolongée qui peuvent décaler le retour à la conscience normale) pour le délai entre deux évaluations cliniques. L’EEG n’est pas un examen urgent (sauf s’il y a un doute sur la persistance de crises) mais doit être fait après une première crise non fébrile ou inhabituelle pour un patient épileptique connu. Il sera suivi d’une demande d’avis spécialisé.

Traitement des Convulsions

Le traitement de la convulsion est urgent, lorsque celle-ci persiste, mais après avoir observé ses caractéristiques cliniques. Il repose essentiellement sur le diazépam, le clonazépam et la phénytoïne. Dans la plupart des cas, la crise convulsive de l’enfant est brève et ne nécessite pas de traitement particulier. Le diazépam est administré par voie rectale et plusieurs administrations peuvent être nécessaires si les convulsions se prolongent ou se répètent dans les 24 heures.

Face à des convulsions, le médecin va probablement administrer du Valium à notre enfant. Ce médicament servira à faire cesser les convulsions si elles n’ont pas déjà disparu d’elles-mêmes. Dans l’éventualité d’une nouvelle crise, il nous laissera une ordonnance afin qu’on en ait chez nous et il nous expliquera dans quelles conditions et comment l’utiliser. Il va aussi identifier la cause de la fièvre. Il faudra enfin éventuellement traiter l’infection qui avait provoqué la fièvre ou le trouble métabolique à l’origine des convulsions.

Notre médecin pourra nous prescrire un traitement préventif à donner à bébé en cas de forte fièvre pour éviter de nouvelles crises. En cas de survenue d’une récidive de crise fébrile à domicile, une dose de diazépam intrarectal doit être administrée si celle-ci n’a pas cédé au terme de 5 minutes.

Si le diagnostic d’épilepsie est confirmé, le traitement ne doit être introduit que si le diagnostic d’épilepsie est confirmé. La molécule doit être choisie en fonction du type de crise épileptique, du syndrome épileptique et parfois de l’étiologie. Il faut débuter par une monothérapie et chercher la dose minimale efficace en introduisant progressivement le traitement. Le traitement ne devra pas être arrêté brutalement. L’enfant devra être revu 1 à 2 mois après l’introduction pour vérifier l’efficacité sur les crises et les effets indésirables, puis tous les 6 mois.

Convulsions Fébriles : Spécificités et Pronostic

Les convulsions fébriles de l’enfant sont des crises convulsives survenant lors d’un épisode de fièvre élevée chez les nourrissons et les jeunes enfants. Souvent très impressionnantes pour l’entourage, elles sont le plus souvent bénignes et isolées et n’ont généralement aucun rapport direct avec l’épilepsie.

Il s’agit d’une convulsion de courte durée, survenant pendant un épisode de fièvre chez des enfants EN BONNE SANTÉ, entre 6 mois et 6 ans. Votre enfant n’est pas épileptique et n’a pas de risque accru de le devenir. Environ un tiers des enfants auront à nouveau des convulsions fébriles avant l’âge de 6 ans, il est donc possible que votre enfant en fasse à nouveau. Les convulsions ne sont pas favorisées par une fièvre très élevée, ou qui augmente rapidement, et peuvent donc survenir avec des températures peu élevées, ou prolongées.

En l’absence d’autres troubles, la survenue de convulsions fébriles n’impacte pas le développement psychomoteur et intellectuel de l’enfant. Les convulsions fébriles de l’enfant peuvent être très impressionnantes pour l’entourage de l’enfant (parents, famille, assistantes maternelles, personnel de crèche ou d’école, …).

Les convulsions laissent rarement des séquelles. Cela arrive surtout lorsqu’elles sont le signe d’une maladie sous-jacente (méningite, encéphalite ou épilepsie sévère).

Facteurs de Risque et Prévention

Si les convulsions ne sont pas héréditaires, des antécédents familiaux dans la fratrie ou chez les parents représentent effectivement un risque supplémentaire. Les récidives surviennent dans 30 % des cas, en moyenne. Leur fréquence varie selon l’âge de l’enfant : plus il est jeune, plus le risque de récidive est élevé.

Les traitements antipyrétiques n’ont pas montré d’efficacité dans la prévention de la récurrence de crises fébriles au cours d’un épisode fébrile.

Vivre avec l'Épilepsie : Un Défi pour l'Enfant et sa Famille

Il est important que les éléments suivants soient pris en compte : la connaissance de la maladie et la connaissance des éventuels facteurs déclenchants des crises et des risques liés aux crises (qui dépendent du type d’épilepsie et de son contrôle). La plupart des enfants épileptiques peuvent avoir une vie normale, mais il peut arriver que certains sports soient contre-indiqués. L’épilepsie est une maladie chronique avec un vécu souvent difficile pour l’enfant et pour la famille.

tags: #convulsion #du #nourrisson #causes #et #traitement

Articles populaires: