Le vaginisme, souvent considéré comme un trouble de la sexualité, affecte environ 1 % des femmes en âge de procréer, selon le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Il se caractérise par une contraction inconsciente et prolongée des muscles du vagin lors des rapports sexuels, rendant la pénétration douloureuse, voire impossible. Cet article explore les causes, les types et les solutions pour ce trouble souvent tabou.
Qu'est-ce que le vaginisme ?
Le vaginisme est un dysfonctionnement sexuel caractérisé par une contraction involontaire, répétée et persistante des muscles du plancher pelvien qui entourent le tiers externe du vagin lors de toute tentative de pénétration (pénis, doigt, tampon, spéculum). Cette contraction peut rendre la pénétration impossible ou très douloureuse. Selon l'OMS (Organisation mondiale de la santé) et le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV), la définition du vaginisme est axée sur cette contraction vaginale involontaire.
Il est important de noter que, par définition, les organes génitaux sont normaux et indemnes de toute pathologie. Cependant, à chaque tentative de pénétration, l'orifice vaginal se referme par un mécanisme réflexe totalement involontaire des muscles périvaginaux. Ces spasmes involontaires sont hors du contrôle de la femme. Chez certaines femmes, la simple anticipation d'une pénétration vaginale peut déclencher cette contraction.
Beaucoup de médecins comparent cette contraction à un clignement de l'œil lorsqu'une poussière nous gêne ou qu'un insecte s'en approche. En général, la contracture musculaire n'est pas douloureuse en elle-même. Par contre, une douleur peut être ressentie en cas de tentative de pénétration alors que le vagin est « fermé ». Ce n'est donc pas le vaginisme qui provoque une éventuelle douleur, mais, parfois, la tentative de pénétration. La femme rentre alors dans un cercle vicieux : l'appréhension de la douleur déclenche la contracture, provoquant ainsi la douleur, ce qui ne fait qu'augmenter l'appréhension de la pénétration. Lorsqu'elle est présente, cette douleur est très réelle, et non « dans la tête ».
Types de vaginisme
Il est possible de distinguer deux types de vaginisme selon le moment où celui-ci est apparu :
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Vaginisme primaire : La pénétration s'est avérée impossible ou difficile depuis toujours. Cette forme est la plus fréquente et apparaît souvent au début de la vie sexuelle de la femme. La femme est donc souvent vierge.
Vaginisme secondaire : Il apparaît après une vie sexuelle satisfaisante et sans problème particulier.
On peut aussi distinguer les vaginismes selon leur étendue :
Vaginisme global : Il se produit dans toutes les situations et avec tout objet (partenaire, tentative de pénétration, examen gynécologique, tampon, rapport sexuel…).
Vaginisme situationnel : Il ne se produit que dans certaines situations, par exemple avec un partenaire mais pas d'autres, ou lors de rapports sexuels mais pas avec des tampons ni lors d'examens pelviens, ou vice versa. Le vaginisme ne rend donc pas toujours toute pénétration impossible.
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Causes du vaginisme
Les causes du vaginisme sont variées et souvent psychosomatiques, liées à des peurs ou des traumatismes. Loin d'être purement physiques, les causes de cette dysfonction sont en réalité psychosomatiques et donc souvent en lien avec des peurs ou encore des traumatismes. Comprendre pourquoi on souffre de vaginisme peut permettre de s'en libérer et d'envisager une vie sexuelle plus agréable et sereine.
Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine d’un vaginisme. Ces facteurs sont très variés et dépendent de l’histoire de chaque personne. Il peut s’agir d’un problème organique, d’une vulvodynie, d'interdits moraux et /ou religieux, d'une éducation stricte, d'un traumatisme sexuel, de la peur d’une grossesse, etc. Quelle que soit la cause identifiée, le résultat est le même : une contraction forte du périnée, source de douleurs et limitant les possibilités du corps.Un vaginisme peut entraîner la personne qui en souffre dans un cercle de difficultés où les douleurs déjà ressenties génèrent de l’angoisse à l’idée d’être pénétrée, ce qui renforce le réflexe de fermeture du périnée à l’origine des souffrances.
Les dyspareunies primaires (depuis toujours) sont souvent associées à une méconnaissance de l’anatomie féminine et/ou une éducation sexuelle pauvre ou stricte. Des antécédents de traumatismes et de violences physiques, psychiques ou sexuelles peuvent également s’inscrire à l’origine des troubles.
Le vaginisme secondaire doit faire rechercher une cause organique : gynécologique (infection vaginale, traumatisme obstétrical, chirurgie pelvienne …), anatomique (malformations), métabolique (spasmophilie).
Symptômes du vaginisme
- Douleurs lors de la pénétration (doigts, tampons, spéculum, jouet sexuel, pénis…). La douleur est le plus souvent décrite comme une sensation de brûlure ou d’un déchirement.
- Peur, angoisse à l’idée que quelque chose puisse s’introduire dans le vagin.
Lors d’une tentative de pénétration (par un doigt, un objet ou un pénis), la sensation de douleur donne l’impression d’un brûlement ou d’un déchirement. Les femmes la décrivent ainsi : « C’est comme s’il frappait un mur » ; « C’est comme s’il était trop gros pour moi » ou encore « Je sens que je vais me déchirer ». Dans certains cas, la pénétration n’est pas douloureuse, mais en revanche impossible.
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Impact sur la vie sexuelle
Le vaginisme peut faire partie d'un phénomène plus complet de refus, voire de phobies sexuelles, d'aversion sexuelle et de troubles du désir ou de l'excitation. Mais souvent, il n'empêche pas la réponse sexuelle normale, l'excitation, la lubrification et l'orgasme produits par la stimulation clitoridienne.
Le vaginisme n’empêche pas une vie sexuelle épanouie. Rappelons-le, la sexualité ne se limite pas à la pénétration. Le plaisir comme le plaisir sont d’ailleurs parfaitement possibles malgré ce trouble. Le dialogue entre les partenaires est donc essentiel afin de comprendre, ou de faire comprendre, que les contractions ne sont pas volontaires et ne dépendent pas de l’envie sexuelle ou du/de la partenaire.
De nombreux couples, vivant ensemble depuis des années, n’ont pas de rapports sexuels à cause du vaginisme. Certains d’entre eux ont même eu des enfants grâce à la méthode dite « seringue » (le sperme, éjaculé à l’extérieur, est recueilli par la femme grâce à une seringue et déposé dans son vagin). Beaucoup de femmes vivant avec le vaginisme ont une vie sexuelle très active, sans toutefois avoir de rapports sexuels avec pénétration. Il se peut que le couple soit heureux dans la situation telle qu’elle est, et qu’il préfère ne pas tenter de la changer.
Diagnostic du vaginisme
Un médecin devrait être en mesure de vous répondre après vous avoir posé quelques questions et suite à un examen. L’examen gynécologique est nécessaire pour éliminer une cause physique à cette impossibilité de pénétration. Il faut notamment vérifier qu’il ne s’agit pas d’une vestibulodynie ou de toute autre vulvodynie.
Il est possible également que, dans certains cas, un hymen trop résistant soit la cause de cette impossibilité de pénétration, et non un cas de vaginisme. Il faut cependant se garder de considérer l’hyménotomie (incision chirurgicale de l’hymen) comme le moyen garanti de récupérer des fonctions sexuelles normales. Dans la plupart des cas, en effet, cette impossible pénétration est due à un vaginisme. Or, ce dernier est causé par une contraction des muscles pelviens, la présence ou non de l’hymen n’interférant pas sur celle-ci. Cette opération, si elle peut avoir un effet psychologique positif sur la femme et sur sa peur, n’a pas d’incidence directe sur le vaginisme.
- l’interrogatoire : il permet de comprendre ce qui pousse la patiente à se prendre en charge (ex. désir de grossesse) et d’écouter son histoire sexuelle (échecs répétés lors de tentatives de pénétrations, avec un ou différents partenaires, avec tampon, doigts …).
- l’examen clinique : chez les personnes atteintes de vaginisme, les organes génitaux sont sans particularités. L’examen reste “superficiel” et permet d’éliminer d’autres causes organiques (infections, lichen, endométriose, etc) qui nécessitent un traitement spécifique.
Solutions et traitements
Le vaginisme est un problème beaucoup plus commun qu'on ne le croit. Les femmes vivant avec le vaginisme ont souvent honte. Elles n'en parlent à personne. C'est malheureux, car il est plus facile de traiter le vaginisme lorsqu'il ne se manifeste que depuis quelques mois plutôt que depuis plusieurs années… C’est pour combattre ces tabous et permettre aux femmes de parvenir à un épanouissement sexuel que l’association LES CLÉS DE VÉNUS a été créée. Son but est d’informer le grand public de ces dysfonctionnements sexuels et de venir en aide aux femmes qui en sont atteintes et à leurs proches.
Il est cependant tout à fait possible de guérir de ce vaginisme. Le vaginisme n’est pas une fatalité, quelle que soit sa durée. Les femmes vaginiques croient souvent qu’elles sont « trop étroites » et que leur vagin doit être étiré. Cette pensée à elle seule est pénible ! En fait, les femmes vivant avec le vaginisme n’ont pas besoin « d’étirer » quoi que ce soit. Elles doivent simplement « désapprendre » ce réflexe musculaire involontaire. Pour cela, elles peuvent notamment apprendre à contrôler les muscles autour du vagin, ce qui peut se faire à l’aide d’exercices.
La première étape est d’en parler avec un professionnel de la santé sexuelle (psychologue, médecin, sage-femme, conseiller conjugal) avec qui on se sent écouté et en confiance. Cette consultation guidera le professionnel sur l’origine des douleurs et l’aidera à déterminer l’accompagnement le plus adapté. Comme pour toute consultation clinique, la patiente est en droit de refuser un toucher vaginal si elle ne le souhaite pas.
La prise en charge du vaginisme est globale, multimodale et pluridisciplinaire. Elle associe une approche corporelle à un volet psychologique. L’approche psychologique est essentielle avec une psychothérapie de type cognitivo-comportementale ou EDMR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), associée à des séances de sexologie. Les traitements médicamenteux peuvent être utiles mais ne doivent pas être proposés seuls. Ils restent peu efficaces et viennent en complément des thérapies corporelles et psychologiques.
Voici quelques pistes de traitement :
Parler et se faire accompagner : Se libérer du vaginisme passe dans un premier temps par la parole. Même si le sujet peut sembler gênant de prime abord, il concerne 6 à 15% des consultations en sexologie et ne doit donc pas être considéré comme un tabou. De plus, l’accompagnement thérapeutique donne en général de bons résultats. Le traitement du vaginisme passe ensuite par une rééducation sexuelle mise en place par un thérapeute.
Rééducation sexuelle et périnéale : Réalisée par un thérapeute ou un kinésithérapeute spécialisé, elle permet de tonifier les différents groupes de muscles et de se réapproprier progressivement les sensations du périnée.
Traitements médicamenteux : Ils peuvent être utiles mais ne doivent pas être proposés seuls. Ils restent peu efficaces et viennent en complément des thérapies corporelles et psychologiques.
Radiofréquence vulvo-vaginale : Cette méthode, réalisée par un praticien formé, utilise une énergie venant des ondes électromagnétiques dégageant une chaleur dans les tissus.
Chirurgie et injections : Selon la cause de l’inconfort, une prise en charge chirurgicale peut être indiquée (plastie des petites lèvres, plastie de la fourchette vulvaire). Des méthodes d’injections de graisse autologue ou d’acide hyaluronique sont efficaces pour traiter les fissures récidivantes, les épisiotomies et cicatrices de déchirures douloureuses, mais aussi pour la correction des symptômes tels que l’atrophie, la sécheresse, ou pour apporter du volume aux grandes lèvres.
Autres causes de douleurs pendant les rapports sexuels (Dyspareunie)
Faire l’amour est censé nous procurer du plaisir, pourtant de nombreuses femmes souffrent de façon régulière ou occasionnelle de dyspareunie, c’est-à-dire de douleurs lors des rapports sexuels. La dyspareunie est le terme médical utilisé pour désigner les douleurs qui surviennent au cours des rapports sexuels. Selon une étude britannique parue en 2012 dans le BJOG, le journal international des soins obstétriques et gynécologiques, 7,5 % des femmes souffrent de douleurs pendant les rapports sexuels. Un chiffre qui pourrait être largement en dessous de la réalité car le sujet est encore souvent tabou et beaucoup de femmes n’osent pas en parler.
Il existe de nombreuses raisons à cela, tant sur le plan physique que psychique. La dyspareunie peut se manifester de différentes manières. Le plus souvent les symptômes sont des sensations de brûlures, de coupures, de démangeaisons ou encore de contractions spasmodiques. Ces symptômes peuvent s’étendre sur une région très localisée de la zone intime ou de façon très diffuse. Si ces manifestations vous semblent profondes et intenses, il est vivement recommandé d’en rechercher la cause à l’aide d’un professionnel de santé.
On distingue :
- Les dyspareunies superficielles : Les douleurs se manifestent pendant la pénétration, lorsque le pénis ou le sex-toy atteint le fond du vagin.
- Les dyspareunies profondes : Les douleurs se manifestent pendant la pénétration, lorsque le pénis ou le sex-toy atteint le fond du vagin.
Causes physiques de la dyspareunie
- L'endométriose : Cette maladie gynécologique qui se caractérise par la présence de lésions à l’intérieur du vagin, dans l’utérus ou sur la cloison rectale, est souvent responsable d'une dyspareunie profonde.
- Une infection sexuellement transmissible : Certaines maladies et infections sexuellement transmissibles comme la chlamydia, les trichomonas ou la gonorrhée peuvent occasionner de fortes douleurs dans le bas ventre lors des rapports sexuels.
- Un utérus rétroversé : On estime qu’environ 25% des françaises ont un utérus rétroversé, c’est-à-dire orienté vers l’arrière et non vers l’avant.
- La sécheresse vaginale : Un défaut de lubrification peut entraîner une dyspareunie superficielle tout comme profonde rendant les caresses, les frottements et la pénétration douloureuse. La sécheresse vaginale peut être liée à un dérèglement de la flore vaginale.
- La grossesse ou des séquelles suite à un accouchement : Après la mise au monde d’un enfant par voie basse, il peut subsister des lésions au niveau du vagin, du col utérin et de l’utérus. Si vous avez subi une épisiotomie, il se peut également que la cicatrice soit sensible pendant un long moment.
- Une sensibilité extrême du clitoris : Une mycose vaginale ou un herpès génital. Ces maladies peuvent faire enfler les lèvres et le clitoris, rendant douloureux le moindre contact physique. La mycose vulvaire a la particularité de rendre les lèvres rouges et gonflées : la pénétration devient difficile sans douleur. La vulvo-vaginite est une inflammation de la vulve et/ou du vagin qui provient d’un déséquilibre de la flore vaginale normale, composée en majeure partie de lactobacilles. Elle est souvent identifiable par des écoulements vaginaux anormaux.
- Conséquence de la ménopause : À la ménopause, la baisse des taux d’œstrogènes provoque une réduction des sécrétions vaginales, ce qui peut causer une sécheresse vaginale et rendre ainsi les rapports sexuels inconfortables, voire douloureux. Il se peut que ces symptômes se manifestent également les années précédant la ménopause, ce que l’on appelle périménopause.
- Une affection cutanée : La peau peut parfois devenir sensible lors d’un rapport sexuel à cause d’une substance irritante. Il peut s’agir par exemple d’une allergie au latex, à un savon, voire à certains spermicides. En cas d’affection cutanée, comme de l’eczéma ou une dermatite localisée à l’entrée du vagin ou sur le pénis, celle-ci peut être à l’origine d’une peau génitale sèche, fissurée et crevassée pouvant induire des douleurs lors des rapports sexuels.
Causes psychologiques de la dyspareunie
- Un manque de libido : L’absence de désir est l’une des causes les plus fréquentes de dyspareunie. Sans excitation sexuelle, le clitoris ne gonfle pas et le corps ne sécrète pas de cyprine, ce qui rend les rapports sexuels inconfortables et douloureux.
- Du stress et de l’anxiété : Ces facteurs peuvent jouer sur la lubrification du vagin et rendre la pénétration douloureuse, voire impossible.
- Des conséquences d’un manque d’estime de soi :
- De la peur d’avoir mal : Si vous avez déjà eu mal en faisant l’amour cela peut générer une appréhension de l’acte sexuel. Incapable de vous détendre, vous allez accentuer encore plus les douleurs.
- Du vaginisme : Le vaginisme est intimement lié aux causes psychologiques qui sont susmentionnées. Le vaginisme correspond à une contraction involontaire des muscles du périnée pour empêcher de manière inconsciente tout acte de pénétration.
Solutions pour la dyspareunie
Le traitement d’une dyspareunie dépend de son origine.
Suivre une psychothérapie ou des séances de sexologie afin de lever les blocages psychiques, d’améliorer son estime de soi ou de résoudre ses problèmes de couple.
Des traitements médicamenteux pour soigner les infections sexuellement transmissibles ou les maladies gynécologiques.
L’abandon de certaines positions sexuelles. Chez les femmes ayant un utérus rétroversé, la levrette peut être très douloureuse.
Du côté traitement naturel, l'homéopathie et la naturopathie peuvent soulager (mais pas traiter les causes physiques sous-jacentes de la dyspareunie). Les granules de Natrum muriaticum 9 CH et de Sepia 9 CH peuvent aider.
Les lubrifiants disponibles en pharmacie peuvent aider à réduire cette sécheresse.
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