L'incontinence urinaire et les contractions du bas-ventre sont des problèmes de santé qui peuvent considérablement affecter la qualité de vie. Bien que souvent associées au vieillissement, ces conditions ne sont pas une fatalité et peuvent être prises en charge efficacement. Cet article explore les causes, les différents types d'incontinence, les symptômes associés et les solutions disponibles pour aider à mieux comprendre et gérer ces problèmes.
Comprendre les Contractions du Bas-Ventre et leurs Liens avec l'Incontinence Urinaire
Spasmes de la vessie
Un spasme de la vessie est une contraction musculaire involontaire de la paroi de la vessie. Ces spasmes entraînent fréquemment une incontinence par impériosité. Un spasme, ou contraction de la vessie, n’est pas douloureux mais très gênant, puisqu’il y a une urgence à uriner et cela se produit encore et encore, le jour comme la nuit. Ce problème entraîne souvent des fuites urinaires. L’incontinence urinaire par impériosité est une affection plutôt qu’une pathologie. Liée au vieillissement, elle touche en grande majorité des femmes et peut considérablement impacter le quotidien.
Symptômes associés
- Urgence d’uriner.
- Fuites urinaires.
Les fuites urinaires ne sont pas systématiques, mais avec une vessie brusquement et fortement contractée, elles peuvent devenir inéluctables.
Fonctionnement de la vessie
Les contractions musculaires de la vessie concernent un muscle appelé détrusor. Le détrusor est géré par une partie du système nerveux, le système neurovégétatif. Ainsi, nous ne pouvons le contrôler. L’hyperactivité de la vessie peut être causée par des problèmes neurologiques et de graves maladies comme la maladie de Parkinson, ou des lésions de la moelle épinière. Fréquemment, les spasmes de la vessie se produisent après la ménopause.
Traitements disponibles
Des médicaments antimuscariniques amoindrissent les symptômes de la vessie hyperactive. Ils peuvent calmer les spasmes de la vessie et atténuer les fuites urinaires. Un antispasmodique urinaire (mirabégron) est aussi utilisé contre l’incontinence par impériosité. Parfois, une chirurgie est proposée. Lorsqu’aucun médicament ne convient (notamment à cause des effets secondaires), ni la chirurgie, un urologue peut pratiquer des injections de toxine botulique ou « Botox ». Votre médecin pourrait vous faire suivre une rééducation vésicale.
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Les Différents Types d'Incontinence Urinaire
En France, 3 millions de personnes souffrent de fuites urinaires, affectant aussi bien les femmes que les hommes. L’incontinence urinaire désigne une perte ou une émission d’urine involontaire de jour comme de nuit. On distingue plusieurs types d'incontinence :
- Incontinence urinaire d’effort: Caractérisée par une fuite involontaire d’urine sans sensation de besoin d’uriner, survenant lors d’un effort physique, d’une toux, d’un éternuement, d’un éclat de rire ou en soulevant une charge. Chez les femmes, elle peut résulter de grossesses, d'accouchements délicats ou d'un prolapsus génital. Chez les hommes, elle est souvent liée à une chirurgie de la prostate ou du rectum.
- Incontinence urinaire par impériosité: Définie par une perte involontaire d’urine précédée d’un besoin urgent et irrépressible d’uriner. Elle est due à une trop grande sensibilité de la vessie qui se contracte alors qu'elle n'est pas pleine. Le stress, la ménopause, l’alcool ou des maladies comme le cancer de la vessie ou l’Alzheimer peuvent en être à l’origine.
- Incontinence par regorgement: Correspond à une vessie trop pleine qui se libère sous forme de gouttes. Chez les hommes, elle est souvent causée par une obstruction qui fatigue le muscle vésical.
- Incontinence urinaire mixte: Association des symptômes de l’incontinence d’effort et de l’incontinence par impériosité.
- Énurésie: Perte d’urine inconsciente survenant à un âge où le contrôle de la miction est normalement acquis (5 ans).
- Incontinence fonctionnelle: Fuites urinaires résultant d’une incapacité mentale ou physique non liée au contrôle de la miction.
- Incontinence transitoire: L’incontinence peut être soudaine et transitoire par exemple lorsqu'elle est secondaire à la prise d'un médicament ayant des effets diurétiques ou d'un traitement chirurgical.
Facteurs Favorisant les Fuites Urinaires
Plusieurs facteurs peuvent favoriser l'apparition des fuites urinaires, tant chez les femmes que chez les hommes.
Hygiène de vie
Une mauvaise hygiène de vie peut contribuer aux fuites urinaires. Il est conseillé d'éviter de boire de grandes quantités d'eau avant de se coucher, d'espacer la consommation d'eau durant la journée et d'éviter les boissons diurétiques comme certaines tisanes, la bière et l'alcool. Il est également recommandé de limiter les produits irritants pour la vessie tels que le café, le thé, les boissons gazeuses, le chocolat, les agrumes, les épices et les produits allégés riches en édulcorants. Modérer la consommation de tabac est également conseillé.
Âge
Le vieillissement entraîne une altération du fonctionnement de la vessie et du sphincter, ce qui peut conduire à l'apparition ou à l'aggravation de l'incontinence urinaire. Les facteurs incluent le vieillissement de la paroi vésicale, la prise de certains médicaments diurétiques, des interventions chirurgicales dans la région pelvienne, une période d'immobilisation consécutive à une fracture du bassin, à une thrombose veineuse ou à un AVC, le développement de maladies ou de troubles neurologiques (comme Parkinson, la sclérose en plaques, les lésions de la moelle épinière) et la dégénérescence cérébrale (comme dans la maladie d'Alzheimer).
Sport
Une insuffisance musculaire du plancher pelvien, associée à une mauvaise gestion de la pression abdominale sur le bas du ventre, est souvent la cause des fuites urinaires à l’effort. Pour réduire les fuites urinaires pendant le sport, il est conseillé de porter des vêtements de sport bien ajustés, de limiter la consommation de liquides avant l'exercice, d'utiliser des techniques de respiration comme le « souffle à l'effort » et d'envisager l'utilisation de protections absorbantes.
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Facteurs spécifiques aux femmes
- Grossesse: À partir du 2e trimestre de grossesse, l’incontinence urinaire devient un phénomène courant pour 3 à 4 femmes sur 10. L'utérus grossit et appuie sur la vessie, empêchant une vidange correcte. Le poids du bébé tire sur les muscles, les ligaments et les nerfs, les distendant. Il est important d’en parler avec votre médecin traitant ou votre sage-femme.
- Ménopause: La ménopause peut contribuer aux fuites urinaires en raison de la diminution des taux d'œstrogènes, de l’affaiblissement des muscles du plancher pelvien et de l'atrophie vaginale.
Facteurs spécifiques aux hommes
- Causes physiques: L'obstruction chronique de l'urètre ou du col de la vessie, l’hypertrophie de la prostate, des calculs urétéraux, des tumeurs, des rétrécissements de l'urètre ou des problèmes avec les muscles du plancher pelvien.
- Chirurgie: Les fuites urinaires peuvent résulter d'une intervention chirurgicale visant à traiter des conditions telles qu'une hypertrophie bénigne de la prostate, un cancer de la prostate (la prostatectomie) ou du rectum.
- Pathologies: Le diabète sévère, des maladies urologiques (cystite, irritation de la vessie liée à une tumeur…) ou neurologiques (sclérose en plaques, maladie de Parkinson…).
Le Rôle du Stress et des Émotions dans l'Incontinence Urinaire
Pendant les moments de stress, une forte dose de cortisol est libérée. Tous les muscles du corps se contractent, y compris ceux du plancher pelvien. Cela provoque des fuites, les mêmes qu’on constate dans les cas d’incontinence urinaire et qu’on ne peut pas gérer. Les fuites surviennent lors d’un effort physique ou d’une émotion forte. Même ponctuelles, une forte émotion (joie, tristesse), une anxiété ou une angoisse brusque peuvent causer des fuites urinaires ou favoriser leur persistance.
Impact du cortisol et de l'adrénaline
Ces situations sont une source de stress difficilement gérable et durant lesquelles une forte dose de cortisol (hormone du stress) et d’adrénaline est libérée par le cerveau. Si l’adrénaline augmente les battements de notre cœur, le cortisol fait contracter tous les muscles du corps, y compris ceux du plancher pelvien, puis ils se relâchent tout aussi brusquement, entraînant une fuite urinaire plus ou moins importante.
Techniques de relaxation
- Les techniques de relaxation réduisent les tensions musculaires et nerveuses (Yoga).
- Prenez une profonde inspiration et expirez doucement. Répétez autant de fois que nécessaire jusqu’à ce vous vous sentiez plus calme.
- Les techniques de méditation développent une meilleure conscience de vous-même et de vos émotions.
- Les exercices de Kegel, réalisés régulièrement renforcent les muscles du plancher pelvien.
Causes psychologiques
Il est important de comprendre que les fuites urinaires peuvent également avoir des causes psychologiques. Certaines personnes incontinentes présentent un terrain dépressif. Face au deuil et aux conflits familiaux, un sentiment d’impuissance s’installe. Le découragement qui s’ensuit peut provoquer une perte de contrôle de la vessie. L’angoisse chronique maintient une personne dans un état de stress permanent. Fortement impacté, le plancher pelvien n’assure plus assez bien son rôle dans le contrôle de la vessie.
Cystite Interstitielle : Une Cause Possible de Douleurs au Bas-Ventre et d'Envies Fréquentes d'Uriner
La cystite interstitielle, aussi appelée syndrome de la vessie douloureuse, est une inflammation non infectieuse chronique de la vessie. Elle provoque des douleurs au bas du ventre et des envies fréquentes d’uriner. Les manifestations et les douleurs dues à la cystite interstitielle peuvent être soulagées par des traitements et un changement d’habitude. Les causes de la cystite interstitielle sont inconnues. Selon les chercheurs, elle pourrait être due à des lésions des parois de la vessie qui la rendent plus vulnérable aux substances, parfois toxiques, contenues dans l’urine. La vessie se voit alors plus facilement irritée. Le potassium serait un des éléments qui provoquerait les épisodes inflammatoires. D’autres hypothèses avancent des facteurs divers, allergiques, génétiques ou encore environnementaux. Plusieurs facteurs pourraient entrer en compte dans le développement de cette maladie. Avoir des antécédents dans sa famille pourrait augmenter le risque d’être également atteint.
Prévalence et symptômes
La cystite interstitielle concerne avant tout les femmes (plus de 90 % des cas). Les hommes et les enfants peuvent être infectés mais cela est très rare. Chez les hommes, l’inflammation de la vessie peut également provoquer des douleurs au niveau de l’appareil génital et lors de l’éjaculation.
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Diagnostic et traitement
Pour savoir si vous êtes atteint de cystite interstitielle, il est conseillé de consulter un médecin. Il n’est pas forcément évident de savoir si l’on a une cystite interstitielle car il est possible d’en être atteint sans le savoir. Vous pouvez n’avoir aucun symptôme les premières années et les voir se développer progressivement et provoquer des douleurs répétées de plus en plus aiguës. Les manifestations de l’inflammation de la vessie font bien souvent penser à d’autres infections, comme une cystite bactérienne qui reviendrait (cystite à répétition). Le traitement de la cystite interstitielle sert à réduire les douleurs et à minimiser, voire éviter les symptômes. 90 % des patients parviennent à vivre avec et à soulager leurs symptômes en utilisant à la fois des traitements médicamenteux (analgésiques et anti-inflammatoires non-stéroïdiens) et des méthodes naturelles. Le médecin peut également prescrire des traitements complémentaires comme des antidépresseurs qui détendent la vessie ou des antihistaminiques pour contrôler les envies d’uriner.
Traitements naturels
Le traitement naturel de la cystite interstitielle passe surtout par l’alimentation, avec des aliments à privilégier et d’autres à éviter. Les aliments recommandés sont des aliments alcalins, non acides, comme les légumes et fruits bien mûrs. Certains traitements naturels, comme la naturopathie ou l’homéopathie, peuvent aider à soulager la cystite interstitielle en jouant sur la réduction du stress. Les aliments déclencheurs de l’inflammation peuvent varier d’une personne à une autre.
Prolapsus et Incontinence : Un Lien Important
45% des femmes âgées entre 40 et 80 ans ont un risque de souffrir d’une descente d’organe. Le terme de prolapsus définit la descente d’un organe. Le prolapsus utérin correspond ainsi à la descente de l’utérus dans le petit bassin.
Causes du prolapsus
Un prolapsus survient lorsque les moyens de fixation de l’utérus font défaut : muscles releveurs du périnée, ligaments. Cet événement est favorisé par des grossesses répétées, un accouchement trop rapide ou s’étant accompagné de déchirures du périnée, la naissance d’un gros enfant, en particulier après un forceps. La baisse des estrogènes liée à la ménopause facilite également l’apparition d’un prolapsus génital en raison de la perte d’élasticité des tissus qu’elle induit.
Manifestations du prolapsus
- Les longues marches, courses à pied, et toutes les activités physiques qui demandent un impact répété sur le sol peuvent entraîner une pesanteur au niveau du bas du ventre.
- Difficultés à uriner ou à évacuer les selles. Certaines femmes ont l’impression d’être obligée de « remonter leur vessie » grâce à des manipulations intimes pour pouvoir aller aux toilettes.
- Sensation de pesanteur, comme une « boule » qui descend au niveau du périnée, du pelvis, voire du rectum.
- Démangeaisons au niveau de la vulve, associées éventuellement à des pertes vaginales.
Mécanismes en jeu
Lorsque le plancher pelvien (l’ensemble des muscles qui soutient les organes génitaux) cède, la vessie ou le rectum peuvent franchir ce plancher et subir « une descente » le long de la paroi du vagin. On parle alors de cystocèle pour la vessie et de rectocèle pour le rectum. L’utérus est maintenu dans le bassin par des muscles, des ligaments et des tissus. Si ces derniers s’affaiblissent, l’organe glisse dans le canal vaginal et une partie peut en sortir. La petite « boule » qui sort par le vagin est le col de l’utérus.
Traitements des Fuites Urinaires
Plusieurs solutions existent pour lutter contre les fuites urinaires :
- Médicaments: Si aucun traitement n’est efficace pour l’incontinence urinaire d’effort, votre médecin traitant peut vous prescrire un traitement pour l’incontinence urinaire mixte ou par impériosité. Pour les femmes, après la ménopause, un traitement local vaginal par œstrogènes peut être utilisé.
- Rééducation du périnée: Grâce aux exercices de contraction et de relaxation (Kegel). Mesdames, vous pouvez aussi essayer la gymnastique périnéale, une sonde connectée à domicile ou les boules de Geisha.
- Chirurgie: Un sphincter urinaire artificiel ou des ballons ajustables peuvent être installés pour comprimer l'urètre à sa sortie de la vessie. Pour les femmes, il existe aussi depuis quelques années la chirurgie par bandelette, une intervention qui vise à introduire sous l’urètre une bandelette qui empêchera les fuites.
- Boissons chaudes : Graines de fenouil, infusions à la cannelle ou aux noix de Cyprès, feuilles de prèle de champs et ortie jaune, sont conseillées.
Erreurs Courantes et Bonnes Pratiques pour Gérer les Fuites Urinaires
Les fuites urinaires peuvent être un problème gênant et inconfortable pour de nombreuses personnes. Cependant, il existe des erreurs courantes à éviter et des bonnes pratiques à adopter pour mieux gérer le problème et maintenir un périnée en bonne santé.
Erreurs à éviter
- Ignorer les fuites urinaires: Elles peuvent être le signe d’un trouble sous-jacent qui nécessite une attention médicale.
- Pousser les muscles du périnée vers le bas lors de la contraction: Pour solliciter une contraction efficace du plancher pelvien, il faut serrer les muscles vers l’intérieur et vers le haut, comme pour retenir les urines et les gaz.
- Rester assis pendant de longues périodes dans une position inconfortable.
- Faire des séries d’abdominaux type crunches: Préférer les exercices de gainage.
- Porter des talons hauts: Cela peut affecter la posture et augmenter la pression sur le plancher pelvien.
- Négliger la constipation chronique: Elle peut aggraver les fuites urinaires en exerçant des pressions délétères sur le périnée et la vessie.
- Aller aux toilettes à tous moments « au cas où »: Il faut uriner seulement lorsqu’on en a envie.
- Ne pas vider correctement votre vessie: Veillez à bien vous asseoir sur les toilettes pour vider complétement la vessie car une mauvaise position peut entraîner une vidange incomplète. Évitez de pousser pour uriner, préférez un balancement d’avant en arrière en fin de miction. De même, arrêtez le stop-pipi.
- Consommer trop de caféine et d’alcool, ni d’aliments épicés, acides ou trop sucrés: Ces substances peuvent irriter la vessie et augmenter les envies fréquentes et pressantes.
Bonnes pratiques
- Consulter un médecin ou un spécialiste en urologie: Si vous souffrez de problèmes urinaires plus ou moins fréquents ou persistants, d’incontinence fécale (gaz et/ou selles) ou de douleurs pelviennes.
- Pratiquer la rééducation périnéale: Pour renforcer les muscles du plancher pelvien et améliorer le contrôle de la vessie. Cette rééducation périnéale peut être menée en cabinet de sage-femme ou de kinésithérapeute, ou encore à domicile.
- Contracter le plancher pelvien avant chaque effort et expirez lors de l’action: Si vous devez porter des charges lourdes.
- Uriner régulièrement lorsque vous en ressentez le besoin et ne vous retenez pas trop longtemps: Pour maintenir un bon contrôle de la vessie.
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