Les douleurs à la main et au poignet peuvent sérieusement entraver la qualité de vie en limitant les activités quotidiennes, professionnelles et sportives. Les mains et les poignets sont des zones de notre corps particulièrement exposées aux traumatismes et impliquées dans une multitude de mouvements quotidiens. Près de 25 % des adultes souffrent de douleurs chroniques à la main ou au poignet. Un diagnostic précoce permet de traiter efficacement les douleurs avant qu’elles ne deviennent chroniques. Par exemple, une tendinite non traitée peut se transformer en une lésion plus sérieuse.

Anatomie et importance de la main

La main est bien plus qu’un simple outil fonctionnel : elle est une extension de notre identité, de notre communication et de notre lien avec le monde. La main joue un rôle central dans le langage corporel et l’expression des sentiments humains. Tenir la main d’un autre est toujours chargé émotionnellement. Les gestes des mains accompagnent et renforcent les paroles, transmettant des émotions et des intentions sans mots. Dans le langage des signes, elle devient même le principal moyen de communication.

La main n’est pas seulement un outil fonctionnel. Dans l’imaginaire collectif et l’inconscient humain, elle revêt une importance capitale. Elle est à la fois un instrument de travail, un moyen de communication et un symbole culturel et spirituel puissant.

Composition complexe

La main est une structure complexe composée de :

  • 27 os (incluant les os du carpe, du métacarpe et les phalanges).
  • Nerfs et tendons, exposés à des compressions ou des contraintes prolongées.

Impact psychologique

Une blessure à la main peut donc avoir un impact psychologique profond, affectant la confiance en soi, les relations sociales et le bien-être général.

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  • Perte d’autonomie : la main est essentielle dans les activités quotidiennes : manger, s’habiller, écrire, travailler.
  • Isolement social : les limitations fonctionnelles ou esthétiques peuvent pousser à éviter les interactions sociales, par gêne ou par peur du jugement.
  • Angoisse liée à la récupération : les patients se demandent souvent s’ils retrouveront leur pleine mobilité ou leur apparence d’origine.

En plus de la réhabilitation physique, le kinésithérapeute joue un rôle clé dans le soutien moral du patient.

Causes des contractions de l'extenseur du poignet

Les tendinites du poignet sont très variées en raison du nombre important de tendons qui croisent la région du poignet. Les lésions tendineuses sont aussi très variées et touchent les structures tendineuses, les insertions des tendons sur l’os, les gaines synoviales. Elles sont la conséquence d’un traumatisme initial ou de surmenage ou malmenage mécanique local et se déclenchent à cause de micro traumatismes répétés sur les tendons. Les tendinites touchent toute la population mais les sportifs sont les plus exposés.

Les contractions de l'extenseur du poignet, souvent associées à des tendinopathies, peuvent avoir diverses origines. Identifier ces causes est crucial pour un traitement ciblé et efficace.

Tendinopathies et Ténosynovites

  • Tendinopathies (ou tendinites) : Les tendinites sont des inflammations des tendons causées par une surutilisation ou des mouvements répétitifs. Il s'agit d'une usure des tendons qui se fixent sur une petite boule osseuse externe du coude appelée épicondyle. Il en résulte un état inflammatoire du tendon, à l'origine de la douleur qui augmente lorsque les muscles sont utilisés.
  • Ténosynovites : Inflammation de la gaine entourant les tendons, limitant le mouvement. Ce sont des tendinopathies qui se manifestent plus souvent sous la forme de téno-synovite associant inflammation du tendon et de sa gaine. Il peut s’y associer des crépitations audibles : c’est “l’aï crépitant”. La palpation locale réveille la douleur comme la réalisation des mouvements contre opposition.

Conditions médicales

  • Arthrose : L’arthrose est une dégénérescence inflammatoire des articulations, notamment le cartilage, conduisant à des douleurs, des raideurs, des déformations et une perte de capacité fonctionnelle. Inflammation articulaire : les oedèmes ou gonflements ou encore hydarthrose sont fréquents en cas d’arthrite ou de goutte.
  • Polyarthrite rhumatoïde : Cette maladie auto-immune provoque une inflammation des articulations, y compris celles des mains et des poignets.
  • Goutte : La goutte est causée par une accumulation de cristaux d’acide urique dans les articulations.

Facteurs de risque

  • Gestes répétitifs : manipulation d’outils, souris d’ordinateur, mouvements sportifs.
  • Mauvaise posture prolongée : poste de travail mal réglé, poignet en hyperextension.
  • Surcharge ou choc mécanique : port de charges lourdes, mouvements brusques.
  • Compensations posturales : tensions ailleurs dans le corps (épaule, coude, cervicales…).
  • Fatigue musculaire ou manque d’échauffement : effort à froid, mouvements intenses sans préparation.
  • Sports à risque : les sports de rame (aviron, kayak, canoë), les sports de raquette (tennis, tennis de table, badminton, squash, baseball), les sports de lancer (javelot, poids, marteau, disque), l’automobile, le cyclisme, la moto, la gymnastique.
  • Métiers à risque : Les métiers qui exigent des tâches répétitives, impliquant les doigts, le poignet ou l'avant-bras, sont particulièrement à risque et notamment les peintres en bâtiment, les plombiers, les charpentiers et couvreurs, les bouchers ou les cuisiniers. Il en est de même pour les musiciens et les professions nécessitant un usage excessif de la souris d'ordinateur.
  • Équipement inadéquat : Chez le joueur de tennis, la cause peut être dans l'équipement, comme un cordage trop serré, une poignée trop petite, des balles humides ou lourdes.

Symptômes

Les symptômes de la tendinite sont des douleurs qui apparaissent au niveau du tendon. Elles peuvent survenir lors de l’étirement passif ou de la mise en tension par contraction musculaire, ou lors de la palpation par le médecin. Parfois, on entend et on sent le frottement du tendon dans sa gaine. La douleur peut être très vive. Lorsqu’elle n’est pas traitée de façon adaptée, une tendinite peut devenir chronique.

  • Douleur sur le côté du poignet et de la base du pouce, provoquée par des mouvements d'inclinaison.
  • Douleur située au-dessus de la main provoquée surtout par l'extension de l'ensemble des doigts et en particulier de l'annulaire et du médius.

Symptômes typiques

  • Douleur localisée au poignet, parfois irradiant vers la main ou l’avant-bras.
  • Sensation de brûlure ou de raideur.
  • Gêne à la mobilisation ou à la prise d’objets.
  • Dans certains cas : gonflement localisé, perte de force ou de précision dans les gestes fins.

Diagnostic

Le diagnostic est clinique avec présence de la triade douloureuse : douleur à l’étirement, douleur à la palpation, douleur à la contraction isométrique résistée. On retrouve parfois une tuméfaction du tendon et un oedème local avec une crépitation du tendon sur son trajet caractéristique de ce type d’atteinte. Le diagnostic différentiel entre tendinopathie “vraie” et ténosynovite (= atteinte de la gaine des muscles fléchisseurs ou extenseurs) est réalisée en échographie et IRM. L’imagerie échographique et IRM montre des altérations de la structure tendineuse atteinte.

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Le diagnostic d'épicondylite est un diagnostic essentiellement clinique. Toutefois, il est possible de demander :

  1. Une radiographie standard du coude : son intérêt est de rechercher d'autres maladies comme I'arthrose ou la présence d'un corps étranger infra articulaire. Dans les anciennes épicondylites, elle peut montrer des calcifications au niveau de I'épicondyle.
  2. Une échographie permet de confirmer le diagnostic.
  3. L'RM va confirmer la présence d'inflammation au niveau des tendons. Elle est parfois source d'inquiétude en montrant des tendons fissurés ou rompus alors que cela n'a pas d'incidence pour le traitement.
  4. L'EMG est parfois discuté quand les symptômes évoquent une compression d'une branche nerveuse.

Traitements

Chaque patient bénéficie d’un programme personnalisé en fonction de son diagnostic et de ses objectifs. Les exercices spécifiques jouent un rôle clé dans la réhabilitation et le soulagement des douleurs à la main et au poignet.

Le traitement est souvent long et incomplètement efficace. On distingue :

Traitement médical

Le traitement des tendinites du poignet et de la main chez le sportif est d’abord médical avec la prescription d’antalgiques et d’anti-inflammatoires non stéroïdiens pour stopper la réaction inflammatoire et réduire les douleurs.

  1. Médicaments : les anti-inflammatoires sont utilisés pour diminuer les douleurs aiguës et les inflammations. Les antalgiques et les anti-inflammatoires aident à soulager la douleur.
  2. Orthèse de stabilisation : Une orthèse de stabilisation thermoformée du poignet devra être confectionnée afin d’obtenir un repos relatif du tendon afin de permettre sa bonne cicatrisation. Il s'agit d'une attelle maintenant le poignet en extension pour détendre les muscles épicondyliens.
  3. Infiltrations : une infiltration de cortisone est souvent nécessaire afin de calmer les douleurs. Le résultat de l'infiltration est jugé après un mois, car le produit a un effet retard. Il est préférable de ne pas faire plus de trois injections. Une à 2 infiltrations de corticoïdes dans le tunnel dans lequel les tendons frottent (1ercompartiment des extenseurs). Elles peuvent se réaliser « à l’aveugle » ou sous contrôle échographique.
  4. Acupuncture : technique millénaire visant à rétablir l’équilibre énergétique pour réduire la douleur.

Kinésithérapie

La kinésithérapie est essentielle pour une rééducation en vue de la reprise du sport. Les objectifs sont: sédation des douleurs, restauration de la mobilité physiologique du poignet et de la main, restauration de l’extensibilité des muscles fléchisseurs et extenseurs du poignet et des doigts, renforcement musculaire excentrique pour remodeler le collagène et obtenir une bonne cicatrisation, renforcement musculaire pour stabiliser la région du poignet, correction des erreurs ergonomiques et des erreurs liés au matériel sportif, réadaptation sportive et reprise du sport au niveau antérieur avec passage de relai au préparateur physique et à l’entraîneur.

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  • Mobilisations articulaires : techniques douces pour restaurer la mobilité des articulations rigides.
  • Ultrasons : utilisation d’ondes sonores pour pénétrer profondément dans les tissus.

Les moyens thérapeutiques utilisés sont:

  • Cryothérapie pluriquotidienne en phase inflammatoire sous toutes les formes possibles : vessie de glace, sachet de glaçons, pack de froid type Coldpack, cryothérapie locale avec une machine délivrant un froid sec pour obtenir un choc thermique en quelques minutes avec des températures allant de -30°C à -78°C.
  • En dehors de la phase inflammatoire : massages décontracturants des muscles poly articulaires du poignet et de l’avant bras, MTP des insertions tendineuses sur le poignet et les métacarpiens.
  • Physiothérapie : une place large est réservée aux ondes de choc radiales et focales qui permettent de relancer un processus de cicatrisation avec des fibres saines.
  • Techniques de gain d’amplitude articulaire si besoin est.
  • Techniques de renforcement musculaire excentriques type protocole de Stanish.
  • Renforcement musculaire global de l’avant-bras, du poignet et de la main dans le but de stabiliser le poignet. Un poignet instable sera source de récidive et de lésions anatomiques plus importantes et sera difficilement compatible avec la pratique d’un sport.

Modifications des activités et exercices

  1. Modifications des activités : Au début, l'activité en cause doit être limitée, voire arrêtée pendant un mois, sans pour autant être complètement au repos. Chez le joueur de tennis, la modification de raquette permet dans un certain nombre de cas de poursuivre le sport. Le jeu à deux mains est un palliatif souvent peu confortable.
  2. Étirement musculaire : Allongez le bras devant vous pour que le coude soit complètement déplié tout au long du mouvement. Pliez la main vers le bas tout en fermant le poing, jusqu'à ce qu'un étirement soit ressenti dans I'avant-bras. Aidez-vous de l'autre main pour accentuer la fermeture du poing.
  3. Mouvement : Placez l’élastique autour de vos doigts et ouvrez-les contre la résistance.

Chirurgie

Mon attitude est de réserver l'intervention aux cas rebelles aux traitements cités, dont les symptômes datent de plus de six mois. L'anesthésie est loco-régionale dans la majorité des cas (seul le bras est endormi). Un garrot est posé en dessous de l'épaule. Il sert à arrêter la circulation du sang et me permettre de voir précisément ce que je fais pendant l'operation.

L'incision est effectuée sur le côté du coude, je repère le tendon en cause et je le coupe de son attache sur la boule osseuse (épicondyle). La face profonde du tendon est exposée et la partie endommagée est retirée. Le tendon est ensuite suturé avec un effet d'allongement. Même s'il n'est plus attaché à l'os, votre tendon reste fonctionnel, car je le fixe aux tendons voisins. Un drain, c'est-à-dire un tuyau permettant d'aspirer le sang, est laissé en place pendant un ou deux jours. La peau est suturée par un sûr jet intradermique, c'est-à-dire dans son épaisseur et au fil non résorbable afin de limiter la visibilité de la cicatrice. L'intervention dure en moyenne 30 minutes.

Après l’opération, un pansement stérile est mis en place qui sera changé par une infirmière tous les trois jours. L’immobilisation post opératoire se fait pendant trois semaines, dans une attelle en résine, avant de débuter la rééducation et la mobilisation progressive. La reprise du travail survient en général après trois à six mois, et cela, en fonction de votre profession, une activité de bureau pouvant être plus précoce. Les activités sportives débutent progressivement après le troisième mois. Les douleurs s’estompent progressivement sur plusieurs mois, un délai de 6 à 9 mois n’étant pas exceptionnel. La chirurgie n’est pas toujours à 100% efficace.

Prévention

La prévention des douleurs à la main et au poignet repose sur une combinaison de bonnes pratiques ergonomiques, d’exercices réguliers et d’un mode de vie adapté. Pour prévenir l’épicondylite, il est nécessaire d’éviter les facteurs pouvant entraîner une inflammation des tendons, à savoir l’absence d’échauffement ou d’étirements dans le cadre de sollicitations importantes, des mouvements répétés ou des traumatismes. Chez le sportif, il faut conseiller d’être vigilant en ce qui concerne le matériel, la technique, éviter notamment de travailler de manière intensive des coups tels que le revers, de jouer de manière intensive après une simple reprise.

Voici les meilleurs réflexes à adopter, validés par le terrain (et vos poignets):

  1. Soignez votre ergonomie de travail : Hauteur de bureau et de chaise: vos coudes doivent être à 90°, avant-bras soutenus. Souris ergonomique ou verticale: elle réduit l’hyperextension du poignet. Périphériques bien positionnés: clavier centré, poignet neutre (pas cassé vers le haut ou le bas). Pause toutes les 45 minutes: le meilleur remède à la surcharge, c’est… la pause.
  2. Échauffez-vous avant l’effort : Avant le sport, le jardinage, le bricolage ou même une grosse session clavier: Mobilisez doucement les poignets en rotation, flexion/extension. Activez les muscles de l’avant-bras avec quelques contractions légères. Astuce express: 1 minute d’échauffement = des heures de douleur évitées
  3. Étirez (sans brutaliser) : Après l’activité, quelques étirements doux peuvent faire toute la différence: Étirement des fléchisseurs: bras tendu, paume vers le haut, tirez doucement les doigts vers vous. Étirement des extenseurs: paume vers le bas, même mouvement. Maintenez 20-30 secondes, sans douleur.
  4. Renforcez progressivement : Un poignet fort est un poignet plus résistant: Travail avec une balle de préhension, un élastique ou un petit haltère. En douceur, sans chercher la performance: l’objectif, c’est la résistance, pas les biceps.
  5. Pensez à l’auto-massage et à la mobilité : Rouleau de massage ou balle de tennis pour les avant-bras. Mobilisation articulaire douce: cercles du poignet, mouvements lents et contrôlés. Si une zone est douloureuse ou raide, ne forcez jamais: l’ostéopathe est là pour ça.
  6. Exercices d’échauffement : avant toute activité, pratiquez des étirements doux pour préparer vos mains et poignets.
  7. Renforcement musculaire : intégrez des exercices pour améliorer la force des muscles de soutien du poignet et de la main.
  8. Identifier les gestes à risque tels que taper sur un clavier ou utiliser un smartphone pendant de longues périodes.
  9. Varier les activités : alternez entre différentes tâches pour éviter de solliciter constamment les mêmes muscles.
  10. Utilisation de la technologie : optez pour la reconnaissance vocale pour limiter la frappe sur un clavier.
  11. Échauffement et récupération : échauffez toujours vos poignets avant une séance sportive, notamment pour les sports de raquette ou de contact.
  12. Utilisation de protections : portez des gants ou des bandages pour stabiliser vos poignets lors d’activités à haut risque.
  13. Surveillance des premiers symptômes : restez attentif aux douleurs, raideurs ou engourdissements qui persistent après une activité.
  14. Auto-massage et soins à domicile : massez vos mains et poignets avec des mouvements circulaires pour détendre les tissus.

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