Au fil des années, les rôles parentaux ont évolué, et les prestations parentales offrent désormais aux pères la possibilité de prendre des congés pour s'occuper de leur enfant. Cette évolution favorise un partage plus équitable de l'éducation et des tâches entre les parents, permettant un temps de repos partagé face aux bouleversements qu'entraîne l'arrivée d'un enfant. Elle contribue également à transformer les normes sociales qui associaient autrefois la responsabilité des enfants aux seules femmes, souvent au détriment de leur carrière.
Comprendre les Différents Congés Liés à la Naissance
Il est essentiel de distinguer les différents types de congés liés à la naissance d'un enfant :
Congé prénatal: Accordé à toutes les femmes enceintes, sans condition d'ancienneté, d'une durée de 6 semaines (non obligatoire).
Congé de naissance: Jours de congés (généralement 3 jours ouvrables) accordés à tout salarié, sans condition d'ancienneté, pour chaque naissance survenue dans son foyer. La mère ne peut bénéficier de ce congé, qui se confond avec le congé maternité.
Congé maternité: Composé d'un congé prénatal de 6 semaines (8 semaines pour un 3e enfant) et d'un congé postnatal de 10 semaines (18 semaines pour un 3e enfant). Il s'agit d'une incapacité médicale temporaire de travailler pour raison d'accueil d'enfant, durant laquelle l'emploi de la salariée est protégé et payé à un taux d'au moins deux tiers des revenus antérieurs.
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Congé paternité: Congé pour accueil d'enfant destiné au père, pendant lequel il est rémunéré et son emploi protégé.
Congé parental: Octroyé au père ou à la mère d'un enfant nouveau-né, à l'issue du congé maternité ou paternité.
Congé d’adoption: Congé accordé lors de l'adoption d'un enfant de moins de 16 ans, donnant droit à des indemnités journalières. La durée est de 16 semaines, portée à 18 semaines si le nombre total d’enfants de moins de 16 ans au foyer est porté à 3, et à 22 semaines si plusieurs enfants sont adoptés en même temps.
Congé de Paternité et Accueil de l'Enfant : Conditions Générales
Le père salarié a droit à un congé spécifique de paternité et d'accueil de l'enfant. Si la mère de l'enfant vit avec une autre personne salariée, cette personne a également droit au congé. Le congé est ouvert sans condition d'ancienneté, et quel que soit le type de contrat de travail (CDI, CDD ou contrat temporaire).
Le salarié doit informer son employeur par lettre recommandée avec accusé de réception de la date prévisionnelle de l’accouchement et des dates de début de la ou des périodes de congés, au minimum un mois avant celles-ci. La lettre congé paternité doit indiquer la date de début du congé parental et sa durée.
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Certaines pièces justificatives devront être fournies par la suite à l’employeur :
- Selon le cas, une copie intégrale de l’acte de naissance de l’enfant ou de l’acte de reconnaissance de l’enfant
- Si nécessaire, la copie de l’acte d’enfant sans vie et un certificat médical d’accouchement d’un enfant né mort et viable.
- Un justificatif des liens du père avec la mère de l’enfant : extrait d’acte de mariage, copie du Pacs, certificat de vie commune ou de concubinage datant de moins d’un an ou, attestation sur l’honneur de vie maritale cosignée par la mère de l’enfant.
L’employeur doit fournir au début de chaque période de congé choisie une attestation de salaire à transmettre à l’Assurance Maladie pour déterminer le montant des indemnités journalières.
Après son congé parental, une visite médicale obligatoire doit être effectuée par le salarié dans un délai de 8 jours après la reprise du travail.
Après le congé, le salarié doit retrouver son précédent emploi ou un emploi similaire et une rémunération au moins équivalente. Il a droit à un entretien professionnel.
L’employeur ne peut pas refuser d’accorder le congé de paternité, le congé maternité ou le congé parental ou d’adoption. En cas de déplacement de ce congé, il doit également être prévenu suffisamment tôt et donner son accord. L’employeur doit en être informé au minimum un mois à l’avance. En cas de refus de l’employeur, le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes.
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Congé de Paternité et Hospitalisation de l'Enfant
En cas d'hospitalisation immédiate de l'enfant après sa naissance dans une unité de soins spécialisés, le père de l'enfant a droit à un congé spécifique. Le père doit être salarié. Si la mère de l'enfant vit en couple avec une personne salariée qui n'est pas le père de l'enfant, cette personne peut également bénéficier de ce congé.
Ce congé spécifique de paternité en cas d'hospitalisation de l'enfant peut être pris en plus du congé de paternité et d'accueil de la naissance de l'enfant.
Depuis le 1er juillet 2021, en cas d'hospitalisation immédiate de l'enfant après sa naissance, le salarié a droit à un congé d'une durée maximale de 30 jours calendaires consécutifs, pendant toute la période d'hospitalisation. Ce congé s'ajoute à la durée du congé de paternité et d'accueil. Le congé prend fin à la sortie de l'hospitalisation de l'enfant.
Le salarié bénéficiant du congé informe son employeur sans délai en transmettant un document justifiant de l'hospitalisation de l'enfant. L'employeur ne peut pas s'opposer à la demande du salarié. Sauf dispositions conventionnelles plus contraignantes, le salarié peut prévenir son employeur par écrit ou par oral. Il lui précise les dates de début et de fin du congé qu'il souhaite prendre. Il est préférable, pour des raisons de preuve en cas de litige, de lui adresser une lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) ou une lettre remise en main propre contre décharge.
Le demandeur adresse à sa CPAM un document justifiant de l'hospitalisation immédiate de l'enfant après sa naissance dans une unité de soins spécialisés.
Conditions d'Indemnisation
Tout salarié accueillant un enfant peut prétendre à des indemnités journalières pendant son congé parental, à condition de pouvoir justifier :
- D’au moins 1 an d’ancienneté dans l’entreprise à la date de naissance de l’enfant ou à la date de son arrivée dans le foyer en cas d’adoption ET
- De minimum 10 mois d’immatriculation au régime de sécurité sociale à la date du début du congé ET
- Avoir effectué au moins 150 heures de travail salarié ou assimilé au cours des 3 mois civils ou des 90 jours précédant le début du congé OU
- Avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le montant du SMIC horaire au cours des 6 mois civils précédant le début du congé OU
- En cas d’activité saisonnière ou discontinue, avoir travaillé au moins 600 heures ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 2 030 fois le montant du SMIC horaire au cours de l’année précédant le début de votre congé.
Pour être indemnisé, le bénéficiaire du congé doit remplir toutes les conditions suivantes :
- Posséder un numéro de sécurité sociale depuis au moins 10 mois à la date du début du congé
- Avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédant le début du congé (ou avoir cotisé sur un salaire au moins équivalent à 12 058,20 € au cours des 6 derniers mois précédant le début du congé)
- Cesser toute activité salariée, même en cas de travail pour plusieurs employeurs (en cas de demande de congé chez un employeur et de poursuite de l'activité chez l'autre, la CPAM peut réclamer le remboursement de la somme versée)
Pour l'activité saisonnière ou discontinue, les conditions d'indemnisation sont :
- Posséder un numéro de sécurité sociale depuis au moins 10 mois à la date du début du congé
- Avoir travaillé au moins 600 heures (ou avoir cotisé sur un salaire au moins équivalent à 24 116,40 €) au cours des 12 derniers mois précédant le début du congé
- Cesser toute activité salariée, même en cas de travail pour plusieurs employeurs (en cas de demande de congé chez un employeur et de poursuite de l'activité chez l'autre, la CPAM peut réclamer le remboursement de la somme versée)
Montant des Indemnités Journalières
L’indemnité journalière (congé parental rémunération) versée pendant le congé parental est calculée sur la base du gain journalier de base du ou de la salariée pendant les 3 mois précédant le congé (dans la limite du plafond mensuel de la sécurité sociale de l’année en cours, à savoir 3 428 € maximum pour le salaire congé paternité au 1er janvier 2022).
Le calcul du salaire journalier de base est la somme des 3 derniers salaires bruts perçus avant la date d'interruption du travail, divisé par un coefficient de 91,25. Le salaire pris en compte ne peut pas dépasser le plafond mensuel de la sécurité sociale en vigueur lors du dernier jour du mois qui précède l'arrêt (soit 4 005 € par mois en 2026 ou 3 925 € en 2025). La CPAM retire à ce salaire journalier de base un taux forfaitaire de 21 %. Le montant ne peut pas être inférieur à 11,12 € ni supérieur à 104,02 € par jour.
Les indemnités congé parental sont versées sans délai de carence (le premier paiement congé maternité interviendra à réception des formulaires), tous les 14 jours calendaires, par la caisse d’assurance maladie du salarié.
Les indemnités journalières (congé maternité CAF ou congé parental CAF) sont soumises à l’impôt sur le revenu. Les indemnités journalières versées pendant le congé d’accueil de l’enfant ne sont pas cumulables :
- Avec les indemnités pour arrêt de travail pour maladie, accident du travail ou maladie professionnelle
- Avec le complément de libre choix d’activité de la prestation d’accueil du jeune enfant à taux plein ou partiel
- Avec l’allocation journalière de présence parentale (AJPP)
- Avec les allocations chômage versées par Pôle emploi.
Congé de Paternité et Mère en Situation de Handicap : Accompagnement Spécifique
Lorsqu'une femme en situation de handicap envisage la maternité, un accompagnement spécifique est essentiel pour assurer une grossesse et un accouchement dans les meilleures conditions possibles. Cet accompagnement comprend plusieurs aspects :
Suivi Médical Avant et Pendant la Grossesse
- Bilan de santé préconceptionnel: Il est recommandé de réaliser un bilan de santé avec un gynécologue ou une sage-femme pour discuter des antécédents médicaux, des éventuelles pathologies, des vaccinations et des besoins spécifiques liés au handicap. Ce bilan permet également de prescrire de l'acide folique (vitamine B9) pour le bon développement du fœtus.
- Dépistage génétique: Si l'origine du handicap est génétique, un examen génétique peut être proposé pour évaluer le patrimoine génétique du futur enfant.
- Suivi médical régulier: Un suivi médical régulier est prévu avec un médecin, gynécologue ou sage-femme, pouvant nécessiter un suivi renforcé et des précautions particulières. Le premier examen prénatal doit se faire avant la fin du 3e mois de grossesse.
Accompagnement Spécifique
- CapParents (Services d'Accompagnement à la Parentalité des Personnes en Situation de Handicap): Ces services proposent un suivi adapté de la grossesse, comprenant des entretiens avec une psychologue et une préparation à l'accouchement.
- Protection Maternelle et Infantile (PMI): Les PMI offrent des consultations médicales, un suivi de grossesse et des consultations postnatales, un accompagnement avec des psychologues, des éducateurs ou encore des psychomotriciens, ainsi que des rendez-vous avec des assistants sociaux.
- Centres Ressources INTIMAGIR: Ces centres accompagnent les personnes en situation de handicap sur la vie intime, affective et sexuelle et la lutte contre les violences. Ils apportent aussi des renseignements concernant le soutien à la parentalité en lien avec les CapParents.
Hygiène de Vie et Recommandations
- Alimentation et hydratation: Il est important de manger varié, équilibré et boire de l’eau régulièrement pour rester en bonne santé et apporter tous les nutriments et l’énergie dont l'enfant a besoin pour bien se développer. La consommation de matières grasses, de sel et de produits sucrés doit être limitée.
- Activité physique: Il est recommandé de maintenir une activité physique douce et adaptée.
- Arrêt du tabac et de l'alcool: Il est recommandé d’arrêter le tabac et de ne pas boire d’alcool dès lors qu’il y a une suspicion de grossesse et durant toute la grossesse.
- Éviter la consommation de drogues: Il est recommandé de ne pas consommer de drogues pendant la grossesse.
Les 1 000 Premiers Jours de l'Enfant
Le dispositif des 1 000 premiers jours prévoit un accompagnement des parents et futurs parents en situation de handicap au sein des services d’accompagnement à la parentalité des personnes en situation de handicap (CapParents). Vous pouvez bénéficier de conseils et d’accompagnements comme :
- Avant la grossesse : une consultation d’information pour les couples en désir d’enfant ;
- Pendant la grossesse : un suivi adapté à votre grossesse avec des entretiens avec une psychologue et une préparation à l’accouchement ;
- À la naissance de votre enfant : une aide lors du séjour à la maternité pour vous accompagner dans la rencontre avec votre enfant.
Aménagements du Domicile
Avec l’arrivée d’un bébé, des aménagements sont parfois nécessaires pour assurer la sécurité et l'accessibilité de votre domicile pour vous et votre enfant. Cela peut inclure par exemple l'installation de rampes, de barres d'appui, de systèmes de levage ou d'autres équipements adaptés à votre handicap. Pensez également à l’aménagement d’un espace pour l’enfant. Vous pouvez consulter un ergothérapeute qui peut vous orienter dans ces aménagements.
Aides Financières
Lors de l’arrivée d'un enfant et en cas de déménagement, il est possible de recourir à différentes aides de la Caf :
- L’aide personnalisée au logement (Apl) ;
- L’allocation de logement familiale (Alf) ;
- L’allocation de logement sociale (Als).
La Caisse d’allocations familiales (Caf) propose, sous conditions, des aides :
- La prime de naissance dans le cadre de la prestation d’accueil du jeune enfant (Paje).
Congé Supplémentaire de Naissance
Un congé supplémentaire de naissance est créé par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 à partir du 1er janvier 2026. Il s’ajoute aux congés de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant et d’adoption. Chaque parent pourra prendre le congé simultanément ou en alternance avec l’autre. La durée du congé est, au choix du parent, de 1 mois ou de 2 mois.
Des décrets d’application doivent préciser les conditions d’attribution et d’indemnisation du congé supplémentaire de naissance : il n’est pas possible de bénéficier de ce congé pour le moment.
Congé lié à la maladie ou handicap de l'enfant
Le congé d’annonce du handicap est un droit aux parents d’enfants handicapés leur permettant de prendre deux jours de congé pour annoncer la survenue d’un handicap à l’enfant. Ensuite, le congé de présence parentale laisse les parents s’organiser en fonction des besoins de l’enfant. D’une durée maximale de 310 jours ouvrés, et utilisable dans une limite maximale de 3 ans, ce congé est renouvelable en cas de rechute, ou lorsque la situation de l’enfant nécessite toujours des « soins contraignants et une présence soutenue ». Le congé du proche aidant, d’une durée de 3 mois maximum pour s’occuper de l’enfant handicapé, est renouvelable dans la limite d’un an. Le parent perçoit ici l’allocation journalière du proche aidant (AJPA). Parmi les droits des parents ayant des enfants handicapés, la loi travail (El Khomri) prévoit par ailleurs 2 jours de congés supplémentaires par enfant et par an, mais seuls les salariés ayant fait un arrêt-maladie peuvent les prendre. Plus intéressants sont les dons de jours de repos venant des autres salariés de l’entreprise. Outre l’aménagement prévu par le congé de proche aidant et la possibilité d’un temps partiel pour un parent avec enfant handicapé, un accord peut être passé entre salarié et employeur pour adapter les conditions aux besoins de l’enfant handicapé. Tous les parents bénéficient de ce dispositif de la naissance jusqu’au 6e anniversaire. Cette allocation aux parents d’enfants handicapés est versée par la CAF ou la MSA sous la forme d’une allocation journalière pour toute journée ou demi-journée (dans la limite de 22 jours par mois maximum). Le montant de l’AJPP varie selon la situation. Cette aide financière vise à compenser vos dépenses liées à la situation de handicap de votre enfant de moins de 20 ans. Souscrite à la place des aides financières déjà mentionnées, cette allocation aux parents d’enfants handicapés est versée par la MDPH.
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