L'allaitement maternel est une période cruciale où les besoins nutritionnels de la mère augmentent considérablement pour soutenir à la fois sa santé et le développement du bébé. Bien que le lait maternel soit naturellement adapté aux besoins du nourrisson, apportant les nutriments essentiels et une protection immunitaire, la question de la supplémentation en vitamines et minéraux se pose souvent. Cet article examine les avantages, les inconvénients et les considérations importantes concernant les compléments alimentaires pendant l'allaitement.
Besoins nutritionnels accrus pendant l'allaitement
Allaiter, c'est fournir les nutriments essentiels à son nourrisson tout en conservant des apports suffisants pour soi. Ce que mange la maman est utilisé pour la production de lait, nécessitant ainsi d'augmenter les apports nutritionnels d'environ 500 kcal supplémentaires par jour pendant les 6 premiers mois d'allaitement. Il faut donc augmenter les apports alimentaires, mais de façon qualitative. La composition du lait en nutriments, vitamines et minéraux va dépendre de l'alimentation de la mère. Tous les types de nutriments passent dans le lait. Et à la différence de la grossesse, aucun aliment n'est vraiment à proscrire pendant l'allaitement!
Les compléments alimentaires : sont-ils nécessaires ?
Alors que le marketing autour du post-partum et de l’allaitement va bon train, il y a lieu de s’interroger : faut-il prendre des vitamines et compléments alimentaires lorsqu’on allaite, hors prescription médicale ? La réponse est nuancée.
Situations justifiant une supplémentation
Carence avérée : « A priori, je n’en vois qu’une qui puisse compromettre l’allaitement, c’est la carence en vitamine B12 », nous indique Carole Hervé. Les femmes allaitantes et végétaliennes doivent surveiller leurs apports et, si besoin, se supplémenter, en période d’allaitement comme le reste du temps, puisque leur alimentation ne leur en apporte pas a priori. Sans supplémentation, les mères végétaliennes (ou vegan) qui allaitent ont un lait carencé en vitamine B12.
Régimes alimentaires spécifiques : Les mères qui suivent un régime alimentaire particulier (notamment végétalien) peuvent présenter une carence en certaines vitamines, en particulier du groupe B.
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Bébés prématurés ou avec faible poids de naissance : Les enfants qui naissent prématurés, les jumeaux et les triplés qui doivent se partager le stock de fer, les enfants dont le poids de naissance est plus petit que celui attendu en fonction de leur âge gestationnel sont à risque de carence en fer.
Recommandations médicales : Nombre de sages-femmes et de gynécologues prescrivent ou recommandent d’office des vitamines et minéraux via des compléments alimentaires, pendant la grossesse comme durant l’allaitement.
Quand l'alimentation peut suffire
Une alimentation omnivore, avec de la viande et/ou du poisson et/ou des œufs, et/ou des produits laitiers, permet a priori de couvrir les besoins en vitamine B12. En dehors de ce cas spécifique, le risque de ne pas couvrir ses besoins en vitamines, minéraux, et autres oligo-éléments alors qu’on allaite, c’est de pousser l’organisme à puiser dans ses réserves. En d’autres termes, le lait maternel contiendra tout ce qu’il faut, mais, à défaut d’obtenir ce qu’il faut via l’alimentation, l’organisme de la mère ira chercher ce qu'il manque dans les réserves maternelles.
Les nutriments clés et leur importance
Durant l'allaitement, les besoins en nutriments des mères augmentent significativement pour soutenir à la fois leur propre santé et celle de leur bébé. Les vitamines, minéraux, acides gras essentiels et acides aminés jouent des rôles vitaux dans ce processus, contribuant à renforcer le système immunitaire du bébé, à soutenir sa croissance et son développement cérébral.
Fer : Le fer est vital pour prévenir l'anémie chez la mère et favoriser le développement cognitif et physique du bébé.
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Calcium : Le calcium est crucial non seulement pour le développement osseux du bébé mais aussi pour préserver la densité osseuse de la mère.
Oméga-3 (DHA) : Les acides gras Oméga-3, et en particulier le DHA, sont importants pour le développement cérébral et visuel du bébé.
Vitamine D : La vitamine D est cruciale pour le développement osseux du bébé, et un apport insuffisant peut affecter négativement la santé osseuse de la mère et de l'enfant.
Vitamines du groupe B : Les vitamines B1, B2, B6, B12 contribuent au fonctionnement normal du système nerveux. Elles soutiennent également le métabolisme énergétique. Elles sont les alliées antifatigues de la maman, avec la vitamine B9.
Vitamine A : La vitamine A, ou rétinol, soutient la vision, la peau, le système immunitaire, et les processus de spécialisation cellulaire qui ont lieu pendant le développement de l'enfant.
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Iode : L'iode est un composé essentiel pour la synthèse des hormones thyroïdiennes chez la mère.
Compléments alimentaires spécifiques
Gélules Coup de Pouce allaitement : Ces gélules sont des compléments alimentaires BIO à base de plantes spécialement conçues pour stimuler la lactation. Elles ont une triple action : soutenir la lactation grâce au fenugrec et au chardon-marie, apporter sérénité et relaxation grâce à la mélisse, et apporter vitalité et bien-être grâce au cynorrhodon, riche en vitamine C. La dose journalière recommandée est de 3 gélules, 3 fois par jour.
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Plantes galactogènes : attention aux effets secondaires
Si globalement il n’y a aucune obligation à prendre des compléments alimentaires à base de vitamines et minéraux durant l’allaitement, hors carence avérée, certains peuvent être judicieux. Pourtant, ces plantes sont loin d’être indispensables à la réussite de l’allaitement maternel, et peuvent avoir des effets secondaires peu agréables, voire dangereux. Ainsi, le fenugrec donne faim, et peut provoquer des hypoglycémies. Le fenouil, quand son goût est agréable à notre palais, est réputé imiter l’action des œstrogènes dans le corps, ce qui pourrait en théorie aider à stimuler la lactation. Le moringa oleifera serait toutefois « une plante intéressante », estime Carole Hervé. « Son odeur fait parfois penser au henné ou au thé matcha. Il se consomme traditionnellement comme des épinards, et augmenterait la production de lait », nous détaille Carole Hervé. « C’est une plante très riche en vitamines et minéraux, mais son goût est fort, très herbé, et puis cela peut engendrer des selles plus molles, du fait de sa richesse en fibres », prévient Carole Hervé.
Complémentation en vitamine D chez le nourrisson
La nécessité de donner des compléments vitaminiques et minéraux aux bébés allaités reste un sujet controversé. Dans l'ensemble, les carences vitaminiques sont rares chez les enfants allaités par une mère correctement nourrie. Les seules exceptions sont la vitamine K pendant la période néonatale, et la vitamine D chez les enfants de peau sombre, ou qui sont peu exposés au rayonnement solaire. LLLI encourage toutes les mères à reconnaître l’importance de la vitamine D pour la santé de leurs enfants. Des recherches récentes montrent que le mode de vie actuel ne permet peut-être pas à toutes les mères allaitantes d’avoir assez de vitamine D dans leur propre corps pour en transmettre assez à leurs enfants par le lait maternel. En octobre 2008, l’American Academy of Pediatrics a émis la recommandation que les bébés reçoivent 400 IU de vitamine D par jour, dès les premiers jours de vie. Les enfants qui ne reçoivent pas assez de vitamine D risquent d’être atteints de rachitisme, et ont un risque accru d’infections, maladies auto-immunes, cancer, diabète et ostéoporose.
Supplémentation maternelle en vitamine D
Pour la supplémentation maternelle en vitamine D destinée à augmenter le taux lacté de vitamine D afin d’assurer un statut adéquat pour la vitamine D chez l’enfant, une dose maternelle de 160 μg/jour (6 400 UI) maintenait un bon statut infantile pendant 7 mois, tandis que des doses maternelles de 125 μg/jour (5 000 UI) ou une dose unique de 3 750 μg (150 000 UI) maintenaient un bon statut chez l’enfant pendant 28 jours. La prise maternelle de 60 μg/jour (2 400 UI) était insuffisante pour obtenir un bon statut chez l’enfant.
Complémentation en fer chez le nourrisson
Le fer est un minéral primordial pour la croissance et le développement du bébé. Une carence en fer pendant l’enfance est corrélée à un moins bon développement (motricité, langage, etc.) ; en conséquence, assurer un apport adéquat en fer est capital. Les enfants nés à terme ont acquis un stock de fer par voie placentaire, qui sera mobilisé et utilisé pendant les 4 à 6 premiers mois de vie.
Une supplémentation en fer à partir de 4 mois chez les bébés nés à terme et exclusivement allaités est corrélée à des paramètres sanguins augmentés (hémoglobine, ferritine notamment) attestant d’un stock de fer plus important. Toutefois, l’impact à long terme de l’amélioration de ces indices hématologiques à 4-6 mois est inconnu. Si une supplémentation en fer est donnée avant 6 mois, elle pourrait se poursuivre jusqu’à ce que l’enfant reçoive d’autres aliments riches en fer tels que la viande, le tofu, les haricots blancs, etc.
Précautions et recommandations
Consulter un professionnel de santé : Seul un professionnel de santé peut déterminer si vous avez besoin de compléments alimentaires ou non, et à quelle dose. Un accompagnement diététique peut être fortement recommandé en cas de doute sur l’alimentation.
Ne pas dépasser les doses journalières recommandées : Un surdosage peut avoir de graves conséquences sur la santé du futur bébé et de la maman.
Choisir des compléments de haute qualité : Recherchez des Produits Certifiés et optez pour des compléments alimentaires ayant obtenu des certifications de qualité de tiers indépendants.
Informer-vous sur les Ingrédients : Familiarisez-vous avec les ingrédients contenus dans les compléments et leur fonction.
Être prudent avec les promesses miraculeuses : Méfiez-vous des produits qui promettent des résultats rapides et spectaculaires.
Vérifier l'absence de substances dangereuses : Si vous consommiez des compléments alimentaires avant votre grossesse, il est important d’en parler avec votre médecin. Vous pourrez vérifier qu’ils ne contiennent aucune substance dangereuse pour la grossesse (algues, caféine, papaïne…) et qu’ils n’interagissent pas avec d’autres médicaments.
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