L'agression psychologique, souvent subtile mais insidieuse, se manifeste dans divers contextes, allant des relations conjugales aux interactions professionnelles, et même dans le cadre des soins médicaux. Cet article explore les différentes facettes de cette forme de violence, ses conséquences, et les efforts mis en œuvre pour la combattre et la prévenir.
La Violence Psychologique au Sein du Couple : Un Délit Reconnu
En France, le législateur a pris conscience de la gravité de la violence psychologique au sein du couple. Fin juin, le parlement a adopté à l’unanimité une loi visant à lutter contre les violences conjugales, incluant la création d'un délit spécifique de violence psychologique. Ce délit est défini comme « des actes répétés, qui peuvent être constitués de paroles et/ou d’autres agissements, d’une dégradation des conditions de vie entraînant une altération de la santé physique ou mentale ».
Cette reconnaissance légale est une avancée importante, car elle permet de mieux protéger les victimes de ces agressions souvent invisibles mais profondément destructrices. Il est essentiel de comprendre que la violence psychologique peut prendre de nombreuses formes, allant des remarques dévalorisantes aux comportements de contrôle excessif, en passant par l'isolement social et économique.
Les Phases Psychologiques de la Séparation et l'Aggravation de la Douleur
Un constat essentiel est que la décision de séparation est presque toujours unilatérale. Parmi les phases psychologiques de la séparation, la colère contre l’autre est un moment inéluctable. La défiance est au rendez-vous et il est évident que la situation tendue aggrave la douleur psychologique créée chez chacun par la séparation. Le fait que la séparation physique soit souvent reportée, pour des raisons financières ou judiciaires, aggrave le quotidien. La violence psychologique peut s'intensifier durant cette période, exacerbant la souffrance émotionnelle des personnes impliquées.
Les Agressions du Quotidien : Reconnaître et Éviter les Pièges
Les petites agressions quotidiennes sont partout : sous-entendus, ragots, phrases à double sens, poussées de colère… Comment les reconnaître et les éviter ? Ce type « d’agressions du quotidien », nous serions un paquet à les faire subir à notre entourage. Il m’a embêté. Du coup je l’ai embêté.
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Pour la psychologue, il existe d’autres formes d’agressions, qui peuvent être motivées par d’autres intentions que celle de blesser (même si l’effet est effectivement blessant pour la cible). Frapper, insulter quelqu’un, tout le monde est d’accord : c’est une agression avec une intention de blesser. Imaginons une autre situation : vous annoncez à votre mère que vous ne pourrez pas être présent-e à une soirée qu’elle organise, et elle dégaine une petite phrase du genre « Oh… j’avais prévu de préparer ton plat préféré… ». Il est possible que votre môman n’ait pas d’autre idée derrière la tête… et en même temps, il est tout à fait possible qu’en filigrane, elle soit en train de vous dire « PARDON ?! Ce qui est extrêmement pratique dans ces types d’agressions passives et indirectes, c’est que la source de l’agression peut tout à fait nier son intention (parfois, elle peut ne pas la réaliser) et vous dire : « quoi, moi ?
Dans sa recherche, Deborah Richardson note que nous déclarons utiliser fréquemment des formes d’agressions passives et indirectes, et que nous les utilisons contre les personnes avec lesquelles nous interagissons le plus. Dans nos vies, nous vivrons plus souvent ces « agressions du quotidien » que des agressions directes et physiques. Nous devrons plus souvent faire face aux remarques insidieuses, aux attitudes hostiles, aux ragots… Tous les types d’agressions ont des conséquences, plus ou moins importantes, plus ou moins graves.
Il est donc crucial de développer une conscience de ces micro-agressions et d'apprendre à y répondre de manière constructive. Cela passe par une communication assertive, la capacité à poser des limites claires, et la reconnaissance de ses propres émotions et besoins.
Violences Obstétricales et Gynécologiques : Une Forme Spécifique d'Agression Psychologique
Le domaine de la santé reproductive des femmes n'est pas exempt de violence psychologique. Des témoignages poignants révèlent des expériences traumatisantes vécues lors de consultations gynécologiques ou d'accouchements.
Sophie*, qui prend la parole sur la violence gynécologique qu'elle a subit "pour faire changer les choses", confie : "Je ne savais même pas que je pouvais avoir aussi mal quelque part. C'était une douleur atroce". A 20 ans, son gynécologue, qu'elle consulte depuis plusieurs années et en qui elle a confiance, lui pose un stérilet sans lui proposer d'anesthésie. Quand elle essaye de lui dire combien elle a eu mal, il lui répond : "Pourtant vous avez bien crié, des cris proches de la jouissance". Sidérée, elle quitte le cabinet où elle ne remettra plus jamais les pieds.
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Pour Ana, 24 ans, il s'agissait plutôt d'une "violence psychologique". A 16 ans, sa gynécologue lui impose de mettre un implant contraceptif car elle supporte mal la pillule. "Elle m'a dit que de toute façon j'allais perdre mon mec si je décidais de rester avec le preservatif". L'adolescente n'a pas le temps de réfléchir, l'implant est posé dans la foulée. "Deux jours plus tard je me suis évanouie parce que c'était beaucoup trop fort pour mon corps. Et quand j'y suis retournée pour le faire enlever, j'avais vraiment l'impression de la déranger", affirme-t-elle.
Ces violences, souvent taboues, peuvent prendre la forme de remarques désobligeantes, de gestes brusques et non consentis, de pressions exercées pour imposer un choix médical, ou encore de refus de prise en compte de la douleur de la patiente.
Lutter Contre les Violences Obstétricales et Gynécologiques : Un Enjeu de Santé Publique
Des années et beaucoup de discussions avec des amies sont nécessaires pour que les jeunes femmes se rendent compte que ces violences n'étaient ni normales, ni de leurs faits. C'est justement pour cela que Sonia Bisch a fondé le collectif "Stop aux Violences Obstétricales et Gynécologiques" en 2017, après son accouchement. Elle est aussi à l'initiaive d'une pétition pour que ces violences soient reconnues par le droit européen, qui a déjà récolté près de 140.000 signatures. "Il y a besoin que les gouvernements s'emparent de la question, agissent et que les médecins se remettent en cause !", lance-t-elle. Inscrire ces violences dans la Convention européenne d'Istanbul, qui protègent les femmes, forceraient les pays membres à changer leurs legislations sur le sujet.
Chaque mois, le collectif reçoit 200 témoignages : remarques grossophobes ou racistes des praticiens, actes intrusifs sans consentement et même dans certains cas refus de soin. Par conséquent, nombreuses sont celles qui ne consultent plus. "On les comprend parce que quand on est violentées, on a plus envie derrière", se désole Sonia Bisch. Pourtant, le suivi gynécologique est primordial, notamment pour éviter les cancers du sein ou de l'uterus.
Pour la docteure Joëlle Belaisch Allart, la présidente du collège national des gynécologues et obstétriciens français, il faut tout faire pour rétablir la confiance entre patientes et soignants. Des recommandations et une charte ont été publiées, qui insistent sur les principes de bienveillance et surtout de consentement. "Il faut désormais des consentements explicites des patientes. Il faut qu'elles aient lu la charte et qu'on leur demande si on peut les examiner. Je pense si on arrive à ce genre de climat, beaucoup de choses seront résolues", affirme-t-elle. Aucun examen clinique, c'est-à-dire un toucher vaginal, rectal ou une palpation mammaire, n'est obligatoire lors d'une consultation.
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Si vous estimez être victime de violences gynécologiques, vous pouvez porter plainte auprès de l'ordre des médecins ou témoigner en envoyant un message sur les réseaux sociaux du collectif Stop VOG.
La Violence en Milieu Pénitentiaire : Un Contexte Particulier
La violence psychologique peut également se manifester dans le contexte carcéral, tant envers le personnel pénitentiaire qu'entre les détenus. L'agression d'une surveillante pénitentiaire par un détenu connu pour des "faits de violence" et "des troubles psychiatriques" illustre cette réalité.
Une centaine de personnes s'est rassemblée, ce matin du 6 février, pour bloquer le centre de détention d'Uzerche. Alors qu'elle procédait à une distribution de linge pour la literie, la fonctionnaire s'est fait "littéralement sauter dessus" par un détenu qui "l'a plaquée au sol". "Il n'a rien à faire ici", poursuit ce syndiqué à l'UFAP à propos du prisonnier dont il indique qu'il a effectué plusieurs séjours en établissement psychiatrique pénitentiaire. "Il en est sorti, on ne sait pas trop pourquoi. D'autant que l'individu n'en est pas à son coup d'essai. En relation avec les équipes pénitentiaires depuis près de trois ans, le détenu s'était déjà distingué par des faits de violence en agressant un officier, d'après les informations de Stéphane Brasdefer. Nous sommes un centre de détention, nous ne voulons pas de profils psychiatriques Stéphane Brasdefer Syndiqué à l'UFAP"Il existe déjà des structures pour ce genre de détenu", souligne le syndicaliste, demandant "plus de moyens et plus de personnel" pour affronter ce genre difficultés. Quant au prisonnier, il est actuellement retenu en quartier disciplinaire. Les syndicats ont indiqué que le transfert de prisonnier était au programme. Une enquête a été ouverte par le parquet de Tulle.
Cette situation soulève des questions importantes sur la prise en charge des détenus souffrant de troubles psychiatriques, la sécurité du personnel pénitentiaire, et la nécessité de moyens et de structures adaptés.
L'Enfant Objet de Marché : Une Violence Psychologique Inacceptable
Le reportage évoque également la question du désir d’enfant, en particulier en Chine où des enfants sont volés et vendus. Il s’agirait dans certains milieux paysans de permettre de disposer d’une descendance. Les acheteurs n’ont pas d’état d’âme car ils paient rubis sur l’ongle, 1000 dollars nous dit-on chaque enfant. Aucune considération pour les parents qui ont vu leur enfant disparaitre et errent des années durant pour le retrouver ; aucun réflexion sur l’idée que l’on ramène l’enfant, donc l’être humain, à un simple objet de commerce.
Ce n’était rien d‘autre que ce même sujet de l’enfant objet de marché que ce matin traitait la philosophe Sophie Agazinsky sur France Inter à l’occasion de la perspective de révision des lois sur la bioéthique. Faut-il comme le suggère notamment la ministre de la famille autoriser le port d’un enfant pour autrui interdit formellement notre code depuis 1994. Le droit à l’enfant -au passage jamais reconnu dans notre droit - permet-il, de « louer » un utérus, parfois de l’emprunter pour celle qui est dans le désir d’enfant et qui ne peut pas en avoir naturellement. L’enfant est-il dans le commerce même si on ne parle pas de vente, mais d’indemnisation. Il suffit de voir le commerce qui s‘est développé aux USA, en Grande Bretagne, en Espagne ou encore à Chypre pour être édifié sur cet argument. Mais là encore ce serait trop facile de taper sur les intermédiaires, aujourd’hui certains « sorciers de la vie », hier les passeurs s‘agissant des émigrés qui fuient leur pays pour venir ici. La question posée est celle de savoir si l’on peut faire un enfant à n’importe quel prix. Il est faux d’avancer que ces questions ne sont que des questions privées. Elles impactent les politiques publiques (par exemple de santé publique) et la conception, même que nous nous faisons de notre société et de notre civilisation. L’argument consistant à dire que certains ont commencé et que nous ne pouvons que suivre ne me satisfait pas plus. Je ne tomberai pas dans la facilité de rappeler tout ce que nous avons du et pu refuser avec raison et succès en ne cédant pas aux effets de mode.
Cette pratique constitue une violence psychologique inacceptable envers les enfants, réduits à un simple objet de transaction, et envers les parents, privés de leur enfant et plongés dans une souffrance indescriptible.
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