La retraite est un sujet central de la vie active, et comprendre comment valider des trimestres est essentiel pour planifier son avenir financier. La durée d'assurance retraite, qui comprend les périodes travaillées et cotisées ainsi que certaines périodes non cotisées, joue un rôle crucial dans le calcul du montant de la retraite. Cet article explore en détail le nombre de cotisations nécessaires pour valider un trimestre retraite, en tenant compte des différentes situations et des évolutions législatives.
Importance de la durée d'assurance retraite
Le montant de votre retraite dépend notamment de votre durée d'assurance retraite. Elle comprend principalement les périodes travaillées et cotisées, mais elle inclut aussi certaines périodes non cotisées. Pour bénéficier d’une retraite calculée au taux maximum de 50 %, c’est-à-dire au taux plein, il est nécessaire de réunir un certain nombre de trimestres. Le nombre de trimestres à valider dépend de l’année de naissance de l’assuré. Les trimestres cotisés ne correspondent pas au nombre d’heures ou de trimestres civils travaillés.
Mode de calcul des trimestres
Votre durée d’assurance retraite comprend les périodes au cours desquelles vous avez travaillé et cotisé sur un salaire minimum. Les trimestres sont validés en fonction du montant annuel de vos revenus soumis à cotisations. Le nombre de trimestres validés ne dépend pas du nombre de trimestres civils travaillés sauf l'année du départ en retraite.
Revenus minimums pour valider des trimestres
Depuis 2014, le revenu minimum qui permet de valider 1 trimestre est égal au montant du Smic horaire brut en vigueur au 1er janvier de l'année multiplié par 150 heures.
En 2025, le SMIC horaire brut à prendre en compte est de 11,88 euros (au 1ᵉʳ janvier 2025). Pour valider un trimestre, il faut percevoir un salaire soumis à cotisations au moins égal à 150 fois ce SMIC horaire brut. Il faut donc que vous ayez perçu un salaire minimum de 1 782 € pour valider un trimestre et que vos cotisations à l’assurance vieillesse aient bien été versées pour le valider. Le trimestre est alors dit « validé ».
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En conséquence, pour valider des trimestres supplémentaires, votre salaire ou revenu cotisé à retenir devra ainsi être de :
- 3 564 € pour valider deux trimestres,
- 5 346 € pour valider trois trimestres,
- 7 128 € pour valider quatre trimestres.
Les cotisations retraite sont calculées chaque mois dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (3 925 € brut en 2025). Donc, l'Assurance retraite valide au maximum 2 trimestres en un mois.
De 1972 à 2013, le revenu minimum permettant de valider 1 trimestre était le montant du Smic horaire brut en vigueur au cours de chaque période travaillée, multiplié par 200 heures.
Particularités de l'année de départ en retraite
L'année de votre départ en retraite, le nombre de trimestres retenus est la combinaison du nombre de trimestres validés par votre salaire limité au nombre de trimestres civils travaillés à la date de votre départ en retraite.
En cas de départ en retraite en cours d’année civile, le décompte des cotisations s’arrête au dernier jour du trimestre civil précédant la date de votre admission à la retraite. Par exemple, en cas de départ en retraite au 1er septembre, le décompte des cotisations s’arrête au 30 juin. Même si votre salaire valide 4 trimestres, seuls 2 sont retenus.
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Le nombre de trimestres d'assurance est limité à 4 par année civile. Toutefois, les trimestres accordés gratuitement (appelés majorations de durée d'assurance) pour enfants notamment, ne sont pas imputés sur une année en particulier.
Périodes non cotisées prises en compte
Votre durée d’assurance retraite comprend aussi des périodes non cotisées, notamment :
- Périodes d'arrêt de travail pour maladie ou accident du travail au cours desquelles vous avez perçu des indemnités journalières : 1 trimestre est validé pour chaque période d'indemnisation de 60 jours
- Congé de maternité au cours duquel vous avez perçu des indemnités journalières : 1 trimestre est validé pour chaque période d'indemnisation de 90 jours
- Périodes au cours desquelles vous avez perçu une rente accident du travail pour incapacité permanente au moins égale à 66 % : 1 trimestre est validé pour chaque trimestre civil qui comprend 3 mensualités de votre pension d'invalidité
- Périodes au cours desquelles vous avez perçu une pension d'invalidité : 1 trimestre est validé pour chaque trimestre civil qui comprend 3 mensualités de votre pension d'invalidité
- Périodes de chômage, sous conditions
- Service national : 1 trimestre est validé pour 90 jours d’incorporation.
- Périodes de chômage partiel intervenues à partir du 1er mars 2020 : il est validé 1 trimestre pour 220 heures indemnisées
- Périodes de stage : les stages que vous avez suivi en tant demandeur d'emploi et les stages suivants sont pris en compte : Travaux d'utilité collective (Tuc), Stages pratiques en entreprise, Stages Jeunes volontaires, Programmes d'insertion locale, Stages d'initiation à la vie professionnelle : 1 trimestre est validé pour chaque période de 50 jours de stage.
- Trimestres accordés pour enfants
- Trimestres accordés en tant qu’aidant assumant, à votre foyer familial, la prise en charge permanente d'un adulte handicapé atteint d’une incapacité permanente au moins égale à 80 % : 1 trimestre est validé par période de 30 mois, dans la limite de 8 trimestres (la personne accompagnée doit être votre conjoint ou un de vos ascendants ou descendants ou un collatéral ou un ascendant, un descendant ou un collatéral de votre conjoint
- Majorations de durée d’assurance accordées si vous continuez de travailler au-delà de 67 ans
- Trimestres accordés grâce à un compte professionnel de prévention (C2P).
D'autres situations peuvent être prises en compte (périodes de détention provisoire, période d'inscription sur la liste des sportifs de haut niveau, période de volontariat, etc.).
L'année de votre départ en retraite, les conditions de prise en compte des périodes non cotisées ne peuvent pas conduire à décompter un nombre de trimestres supérieur au nombre de trimestres effectivement écoulés jusqu'à la date de votre départ en retraite.
Par exemple, si vous partez à la retraite au 1er juillet et êtes en arrêt de travail pour accident du travail du 1er janvier au 30 juin (soit 181 jours), un trimestre peut être validé pour 60 jours d'arrêt indemnisés mais seuls 2 trimestres seront retenus correspondant aux 2 trimestres effectivement écoulés entre le 1er janvier et le 30 juin.
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Trimestres assimilés
Certains trimestres sont dits « assimilés » lorsqu’ils correspondent à des périodes d’interruption d’activité, comme les congés maladie ou le chômage, durant lesquelles les cotisations ne sont pas versées. Ces trimestres assimilés sont toutefois comptabilisés au moment du calcul intégral de votre retraite.
Nombre de trimestres nécessaires pour une retraite à taux plein
Le nombre de trimestres nécessaires pour faire valoir une carrière complète et percevoir une retraite à taux plein varie entre 167 (41 ans et 9 mois) pour les personnes nées entre le 1er janvier 1958 et le 31 décembre 1960 et 172 (43 ans) pour celles nées à partir de 1965. Tout dépend donc de votre année de naissance.
Voici un tableau récapitulatif :
| Vous êtes né : | Nombre de trimestres exigé pour le taux plein |
|---|---|
| Entre le 1er janvier 1958 et le 31 décembre 1960 | 167 (41 ans 9 mois) |
| Entre le 1er janvier 1961 et le 31 aout 1961 | 168 (42 ans) |
| Entre le 1er septembre 1961 et le 31 décembre 1961 | 169 (42 ans 3 mois) |
| En 1962 | 169 (42 ans 3 mois) |
| En 1963 | 170 (42 ans 6 mois) |
| En 1964 | 171 (42 ans 9 mois) |
| En 1965 | 172 (43 ans) |
| En 1966 | 172 (43 ans) |
| En 1967 | 172 (43 ans) |
| À partir du 1er janvier 1968 | 172 (43 ans) |
Si vous partez à la retraite avant 67 ans sans avoir le nombre de trimestres exigé, le montant de votre retraite est réduit en fonction du nombre de trimestres qui vous manquent. Cette réduction s'appelle la décote.
Si vous avez travaillé dans d'autres secteurs que le secteur privé et cotisé à plusieurs caisses de retraite, c'est votre durée d'assurance totale, tous régimes confondus, qui est prise en compte pour déterminer si vous avez droit ou non à des pensions de retraite à taux plein.
Bonifications pour enfants
Si vous avez des enfants, vous bénéficiez de huit trimestres « de majoration » pour chacun de vos enfants nés depuis 2010, si vous êtes affilié(e) au régime général de retraite :
- Quatre trimestres majorés sont réservés à la maman au titre de l’incidence de la maternité sur la carrière professionnelle. En cas d'adoption, ces trimestres sont attribués automatiquement à la mère, sauf manifestation contraire des parents.
- Quatre trimestres supplémentaires au titre de l’éducation de l’enfant. Ces trimestres de majoration au titre de l'éducation pouvaient être répartis à l’amiable entre les deux parents s’ils en faisaient la demande. Dans le cadre de la réforme des retraites 2023, deux trimestres sont réservés à la mère de famille et l'autre parent ne pourra bénéficier que de deux trimestres maximum.
Rachat de trimestres
Si vous ne parvenez pas au nombre de trimestres nécessaires pour prétendre à une retraite à taux plein, vous avez toujours la possibilité de « racheter » des trimestres manquants dans la limite de 12 maximum. Ils peuvent concerner les années d’études supérieures ou celles incomplètes pour lesquelles moins de quatre trimestres ont été validés. Le coût de rachat d’un trimestre de retraite évolue en fonction de votre âge, vos revenus et les options retenues pour permettre d’atteindre le nombre de trimestres nécessaires et partir à la retraite l’esprit libre. Chaque carrière est unique. Aussi, ce calcul doit être réalisé pour chaque individu.
Relevé de carrière
Véritable récapitulatif de votre carrière professionnelle, le relevé de carrière vous donne une vision globale des droits que vous avez acquis pour votre future retraite. Il vous permet également de vérifier que l’ensemble de votre carrière a bien été pris en compte. Vous devez le vérifier avant d’entamer les démarches pour prendre votre retraite. Vos trimestres sont reportés chaque année sur votre relevé de carrière, au plus tard le 31 mars de l’année suivant votre activité. Dans la rubrique « Mon profil/Gérer mes abonnements » de votre espace personnel, abonnez-vous au service « Carrière ».
Validation des trimestres et activité à temps partiel
La validation de vos trimestres d’activité dépend des sommes sur lesquelles vous avez cotisé et non de votre durée de travail. Ainsi, même vos emplois saisonniers ou stages rémunérés peuvent être pris en compte et vous créer des droits à la retraite.
Les activités partielles sont soumises à des cotisations retraite, qui ouvrent des droits à la retraite. Comme tout salarié, l’intérimaire bénéficie du régime général de la Sécurité Sociale ainsi que des régimes complémentaires qui complètent la retraite. Un trimestre de cotisations est validé à partir d’un salaire cumulé de 150 fois le Smic horaire. Donc, si la durée du travail à temps partiel payé au Smic est inférieure à 150 heures par trimestre, le salarié validera seulement deux ou trois trimestres même en travaillant toute l’année. Le salarié à temps partiel a la possibilité de cotiser sur la base d’un salaire à temps plein reconstitué, c’est-à-dire que son temps de travail peut être décompté comme du temps plein. Cette possibilité est ouverte à tous les salariés à temps partiel, qu’il s’agisse d’anciens salariés à temps plein ou de salariés recrutés directement sur un temps partiel, ainsi qu’aux personnes cumulant plusieurs activités à temps partiel. Néanmoins ce mécanisme de surcotisation suppose l’accord de l’employeur.
Chômage et retraite
Bien entendu. Vos trimestres sont validés et pris en compte dans le calcul du taux de votre retraite tant que vous restez indemnisés par France Travail. Les périodes de chômage indemnisé peuvent être assimilées à des trimestres d’assurance retraite au régime général de la Sécurité sociale dans la limite de 4 trimestres par an. Si vous avez cessé d’être indemnisé, la première période de chômage non indemnisé, qu’elle soit continue ou non, est prise en compte dans la limite d’un an et demi, soit 6 trimestres.
Si vous cumulez emploi à temps partiel et chômage et n'avez pas gagné suffisamment pour avoir 4 trimestres cotisés, vous bénéficierez du complément en trimestres assimilés pour le chômage. Exemple : Si, en travaillant à temps partiel, vous gagnez 5 000 € en 2024, vous validerez 3 trimestres « cotisés » (seuil de 4 513,50 €) et 1 trimestre « assimilé » au titre du chômage indemnisé.
Travailleurs indépendants
Si vous êtes un travailleur indépendant, vous êtes soumis aux mêmes conditions que les salariés. Sauf que, dans votre cas, vous n’êtes pas indexé sur le nombre d’heures travaillées, mais plutôt sur votre chiffre d’affaires. Il doit être au moins égal à 150 fois la valeur du SMIC horaire brut pour valider un trimestre.
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