L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une décision personnelle et peut être une expérience émotionnellement et physiquement intense pour les femmes. Après une IVG, qu'elle soit médicamenteuse ou instrumentale, il est naturel de se poser des questions sur le retour à la normale du corps, notamment en ce qui concerne les hormones de grossesse. Cet article vise à fournir des informations claires et complètes sur les changements hormonaux après une IVG, les symptômes à surveiller et les conseils pour une récupération optimale.
Effets indésirables et complications possibles après une IVG
Il est important de connaître les effets indésirables et les complications qui peuvent survenir après une IVG, qu'elle soit médicamenteuse ou instrumentale.
IVG médicamenteuse
Les effets indésirables les plus fréquents sont les douleurs, dont l'intensité varie d'une femme à l'autre. Elles sont souvent similaires aux douleurs menstruelles, mais plus intenses, et sont provoquées par les contractions utérines. Des troubles gastro-intestinaux tels que des nausées, des vomissements et des diarrhées peuvent également survenir.
Des saignements, souvent plus abondants que les règles, accompagnent toujours l'expulsion de la grossesse. Ils surviennent généralement dans les 3 à 4 heures suivant la prise du misoprostol (deuxième médicament) et peuvent persister jusqu'à 30 jours après la prise du premier médicament. Il est important de noter que les saignements ne sont pas la preuve de l'expulsion complète de la grossesse, et une visite de suivi est indispensable.
Les complications après une IVG médicamenteuse sont rares, mais peuvent inclure une hémorragie ou une infection. Il est crucial de contacter rapidement un professionnel de santé en cas de fièvre, de pertes de sang très abondantes, de fortes douleurs abdominales ou de malaise.
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IVG instrumentale
Des lésions au niveau du col de l'utérus ou de la paroi utérine sont des complications très peu fréquentes. Des complications liées à l'anesthésie peuvent également survenir, comme pour toute autre intervention. Les complications après l'intervention sont similaires à celles de l'IVG médicamenteuse : hémorragie, infection ou douleurs persistantes.
Une consultation de contrôle est programmée 15 à 21 jours après l'IVG pour s'assurer de l'absence de complications, qu'elle soit médicamenteuse ou instrumentale.
Disparition des symptômes de grossesse et retour des règles
Les symptômes de grossesse, tels que la fatigue persistante, les nausées ou la sensibilité des seins, disparaissent généralement quelques jours après l'IVG, qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale. Si ces symptômes persistent au-delà de sept jours, il est conseillé de consulter un professionnel de santé.
Les règles reviennent généralement 4 à 6 semaines après l'IVG. Cependant, ce délai peut varier en fonction de la méthode contraceptive choisie et du moment où elle a été débutée. Avec une pilule œstroprogestative, les règles surviendront à la fin de la première plaquette. Avec un DIU hormonal, les règles peuvent être irrégulières ou absentes.
Il est important de noter qu'un test de grossesse peut rester positif jusqu'à trois semaines après une IVG. C'est la visite de contrôle qui permettra de confirmer que l'IVG a fonctionné.
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Hormones de grossesse : le taux HCG et son évolution après une IVG
Après une IVG, il est important de surveiller le taux d'hormone Chorionique Gonadotrope (HCG), l'hormone de grossesse, afin de s'assurer que la grossesse est bien interrompue et qu'il n'y a pas de complications.
Le test de grossesse permet de mesurer le taux HCG, qui diminue progressivement après une IVG. Le protocole en cas d'IVG médicamenteuse nécessite une à deux consultations médicales, et un entretien psychosocial est obligatoire pour les mineures.
La vérification du fonctionnement de l'IVG médicamenteuse peut se faire par comparaison des dosages BHCG pré et post IVG. Lorsque le taux de Bêta HCG (dosage d'hormones de grossesse dans le sang) est inférieur à 2000 mUI/ml 2 semaines après l'IVG, cela signifie que l'avortement a fonctionné. Si le taux de Bêta HCG est supérieur au taux initial, la grossesse est évolutive et l'IVG par médicament n'a pas fonctionné.
Si vous n'avez toujours pas vos règles 5 semaines après l'IVG, il est important de réaliser une prise de sang pour doser les hormones Bêta Hcg. Il est conseillé de faire cette prise de sang entre 4 semaines et 6 semaines après l'IVG, surtout si vous n'avez toujours pas vos règles. L'autre option est que vous ayez commencé une contraception en continu immédiatement à la suite de votre IVG. À ce moment-là, il peut être normal que vous n'ayez pas vos règles et ce pendant des mois après l'IVG.
Contraception après une IVG
La fertilité revient rapidement après un avortement, c'est pourquoi l'utilisation d'une contraception doit être envisagée dès le premier jour de l'interruption de la grossesse, si besoin. Au cours des différentes consultations effectuées pour réaliser l'IVG, vous recevrez une information détaillée sur les méthodes contraceptives disponibles et pourrez échanger avec le médecin ou la sage-femme afin de choisir la contraception qui vous convient le mieux.
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Aucune méthode n'est contre-indiquée après une IVG, sauf cas particulier. Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l'intervention, pendant le premier cycle suivant l'IVG.
La contraception que vous avez choisie peut être mise en place dès la réalisation de l'IVG. Un dispositif intra-utérin (au cuivre ou à la progestérone) peut être posé immédiatement après la réalisation de l'IVG instrumentale (sauf en cas d'épisode infectieux) ou lors de la visite de suivi pour une IVG médicamenteuse. Une contraception hormonale, œstroprogestative (pilule, patch transdermique) ou progestative (pilule, implant, injection intra musculaire) peut être débutée le jour même ou le lendemain d'une IVG instrumentale, ou le jour de la prise de misoprostol pour une IVG médicamenteuse.
Les préservatifs externes (dits masculins) ou internes (dits féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida.
Aspects psychologiques et soutien émotionnel
Après une IVG, il est normal de ressentir une variété d'émotions. Parler, se sentir écoutée et soutenue peut s'avérer essentiel. N'hésitez pas à vous confier à une personne de confiance ou à en parler avec un professionnel de santé ou un psychologue. Vous pouvez aussi contacter l'antenne du Planning familial la plus proche de chez vous ou le numéro vert national "IVG, contraception, sexualité" afin d'être orientée vers des associations légitimes et adéquates, et/ou vers un psychologue. Vous pouvez également vous rendre dans un centre de santé sexuelle ou un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS).
Il est important de noter qu'il n'existe pas de pathologie psychologique spécifique au décours d'une IVG. L'impact psychologique de l'avortement est difficile à évaluer puisque l'IVG est vécue de manière différente par chacune. Si l'on en ressent le besoin, avant ou après l'IVG, il est possible de demander à bénéficier de la consultation psycho-sociale proposée (et obligatoire pour les mineures). Il est également possible de se tourner vers les associations qui peuvent apporter un soutien important. À plus long terme, un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place.
Idées reçues sur l'IVG
Il existe de nombreuses idées reçues sur l'IVG, qu'il est important de déconstruire :
- "L'IVG rend stérile ou diminue la fécondité" : Faux. L'IVG, réalisé dans de bonnes conditions, n'a pas d'impact sur la fertilité de la femme.
- "L'IVG produit un dérèglement hormonal" : Faux. L'IVG modifie temporairement l'équilibre hormonal, mais le cycle menstruel reprend normalement après quelques semaines.
- "L'avortement provoque des troubles psychiques" : Faux. Il n'existe pas de pathologie psychologique spécifique au décours d'une IVG.
- "L'IVG est utilisée seulement par les femmes qui n'ont pas de moyen de contraception" : Faux. Dans un peu plus de deux cas sur trois, les femmes qui ont recours à une IVG utilisaient un moyen de contraception qui n'a pas fonctionné.
- "Les mineures doivent demander l'accord de leurs parents" : Faux. Une femme mineure peut demander une IVG sans l'accord de ses parents.
- "L'IVG médicamenteuse est une méthode plus simple que l'IVG instrumentale" : Faux. Chacune des méthodes présente des avantages et des inconvénients qui seront à discuter avec le professionnel de santé.
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