Les jeunes parents sont souvent confrontés à des conseils contradictoires en matière d'éducation, et la question de savoir s'il faut laisser pleurer son bébé est l'une des plus fréquentes. Cet article vise à explorer la signification des pleurs chez les nourrissons, les raisons pour lesquelles ils pleurent, et comment les parents peuvent répondre de manière appropriée à leurs besoins.

Les pleurs : Un moyen de communication vital

Les pleurs sont le seul moyen de communication des nourrissons. Pour les spécialistes, les pleurs sont une compétence vitale pour la survie de l'enfant, car un bébé est dépendant de son parent, qui doit s'occuper de lui. "Pour un bébé, les pleurs représentent sa manière de s'exprimer, de communiquer sur un besoin". C'est en pleurant qu'un bébé exprime à ses parents qu'il a faim ou soif, chaud ou froid, besoin d'être changé ou câliné.

Le Dr Stéphane Clerget, auteur de « 100 conseils du pédopsy », alerte plutôt sur les enfants qui ne pleurent pas ou peu. « C’est le cas dans certaines formes d’autisme très précoce. Comme l’autisme de Kanner. Dans ce cas, l’enfant est très peu expressif, dès ses premiers mois.

Les raisons des pleurs

Les bébés pleurent pour de nombreuses raisons, notamment :

  • Besoins essentiels: Faim, soif, besoin d'être changé, chaud ou froid.
  • Fatigue: Les bébés peuvent pleurer lorsqu’ils sont fatigués et qu’ils ont du mal à s’endormir.
  • Besoin de réconfort: Certains bébés ont besoin de réconfort et d’attention supplémentaires avant de s’endormir.
  • Inconfort: Une couche sale ou mouillée peut être source d’inconfort pour un bébé.
  • Coliques ou inconfort digestif: Certains bébés souffrent de coliques ou d’inconfort digestif, ce qui peut les faire pleurer, surtout en soirée.
  • Surstimulation: Les bébés peuvent devenir surstimulés par des stimuli tels que des lumières vives, des bruits forts ou des activités animées.
  • Besoin de routine: Les bébés aiment souvent avoir une routine prévisible avant de se coucher.
  • Anxiété de séparation: Certains bébés peuvent ressentir de l’anxiété lorsqu’ils sont séparés de leurs parents ou de leurs soignants.
  • Pleurs de décharge: Les pleurs de décharge apparaissent généralement dès les premiers jours de vie, avec un pic autour de la 3ème semaine. Ces pleurs sont souvent plus fréquents en fin de journée, entre 17h et 22h, et atteignent leur maximum autour des 2 mois du bébé. Les pleurs de décharge sont un moyen pour le bébé de se libérer de la tension nerveuse et de se calmer. Ils sont tout à fait normaux et font partie du développement émotionnel du bébé.

Comment répondre aux pleurs de bébé ?

Lorsqu’un bébé se met à pleurer, il faut tout d’abord chercher à répondre à ses besoins essentiels : on lui donne à manger (biberon ou sein), on change sa couche, on le couvre ou le découvre en fonction de la température de la pièce ou il se trouve, voire le prendre dans ses bras pour lui faire un câlin. « Un parent peut être dérouté face aux pleurs de son bébé. Il faut donc sans se précipiter, chercher à comprendre ce qui lui arrive », ajoute le Dr Clerget. Puis si ses besoins essentiels sont comblés, il faut penser à une éventuelle douleur, et voir si l’enfant n’a pas de fièvre, par exemple, ou calmer ses coliques en le berçant un peu.

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Voici quelques conseils supplémentaires pour apaiser les pleurs de bébé :

  • Changez la couche: Une couche sale ou mouillée peut causer de l’inconfort.
  • Apaisez-le avec le contact physique: Le contact peau à peau peut être apaisant pour de nombreux bébés.
  • Utilisez une tétine: Certains bébés trouvent du réconfort en suçant une tétine.
  • Créez un environnement apaisant: Assurez-vous que l’environnement du bébé est calme, sombre et propice au sommeil.
  • Marchez ou bercez: Certains bébés sont apaisés par le mouvement.
  • Soyez patient: Les bébés pleurent parfois simplement parce qu’ils ont besoin de réconfort et d’attention.
  • Lui parler doucement pour lui expliquer la situation, en le regardant, en lui chantant une chanson.
  • Faire du peau à peau.
  • Faire du portage.
  • Lui chanter une chanson, écouter de la musique, danser avec lui.
  • Sortir se promener.
  • Lui proposer un bain enveloppé ou une douche dans vos bras.
  • Lui proposer une tétée ou une tétine.
  • Lui faire un massage.

Faut-il laisser pleurer bébé ?

La question de savoir s’il faut laisser un bébé pleurer est souvent source de débats. Pour l’expert, il est inutile de laisser bébé pleurer, seul dans son lit. « Dans ce cas-là, on peut passer du temps pour rassurer l’enfant, au moins une demi-heure, pour lui laisser le temps de s’endormir ou au moins le préparer à la séparation de la nuit, surtout si le lit l’enfant n’est pas dans la chambre de ses parents.

Les recherches en neuropsychologie montrent que lorsque le bébé pleure, cela libère du cortisol, l'hormone du stress. À forte dose et de manière répétée, cette hormone peut avoir un impact négatif sur le développement du cerveau, pouvant aller jusqu'à des pertes neuronales. Par ailleurs, si les parents n'interviennent pas en réponse à ses pleurs, le bébé apprend qu’il ne peut pas compter sur eux. En effet, le seul moyen de faire baisser son niveau de stress est la présence bienveillante des parents. Grâce aux câlins, au portage, une hormone particulière est sécrétée. Il s'agit de l’ocytocine : l’hormone du bonheur, de l’amour ou de l’attachement. Elle permet de diminuer le niveau de stress, le rythme cardiaque et la respiration.

La méthode 5-10-15

La méthode 5-10-15 consiste à rassurer son enfant puis le mettre à dormir, puis attendre 5 min avant d’aller le voir s’il pleure, le rassurer et le recoucher sans le prendre dans ses bras. S’il pleure à nouveau lorsque l’on a quitté la chambre, il faut alors patienter 10 mn avant d’aller le voir, le calmer à nouveau et quitter la chambre. S’il pleure toujours, il faut encore patienter 15 min avant d’aller le voir et le calmer puis quitter la chambre.

La méthode 5 10 15 est de plus en plus controversée. En effet, les neurosciences nous apprennent que laisser pleurer un bébé est non seulement mauvais pour son développement cérébral, mais est aussi dommageable à long terme. Faire attendre bébé et le laisser pleurer n’aurait aucune vertu pédagogique et provoquerait surtout chez lui un stress intense !

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Les pleurs de décharge

Les pleurs sont source d’apaisement pour un bébé : ce sont des pleurs de décharge, parfois. « Lorsqu’on pleure, notre corps secrète des hormones particulières, ce sont les endorphines. Elles participent à l’apaisement que l’on ressent, une fois que l’on a fini de pleurer » indique le Dr Clerget. Pour tout ce qui est pleurs de décharge : prendre l’enfant dans les bras, le bercer doucement, et le laisser pleurer. On ne va pas forcément chercher à arrêter les pleurs. Ce qu’on va plutôt chercher à faire, c’est rassurer l’enfant sur la présence de l’adulte. Et au bout d’un moment, si l’enfant a besoin de décharger, on peut tout simplement aller le coucher et l’accompagner là-dedans en lui disant : « Voilà, tu vas bientôt t’endormir.

Les dangers de secouer un bébé

Toutefois, pour les parents, les pleurs incessants de leur enfant peuvent être source d’angoisse ou de stress. Attention à ne pas céder à la colère dans ces cas-là ! En effet, « 1 enfant secoué sur 10 en décèdera, et les autres garderont des séquelles de ce mauvais traitement toute leur vie ! » met en garde le site du gouvernement. Mettre le bébé en sécurité dans son lit, en le couchant sur le dos. Il sera toujours préférable de laisser votre bébé pleurer seul dans un endroit sécurisé que de le garder avec vous jusqu'au point de craquer. Le syndrome du bébé secoué peut toucher tous les parents et provoque malheureusement des séquelles irréversibles et graves chez les bébés et peut aller jusqu’au décès.

Si vous sentez que vous n’arrivez pas à gérer la situation, et ne pouvez plus supporter les pleurs de votre bébé, ne vous énervez pas et ne le secouez jamais. Vous pourriez causer des lésions permanentes à son cerveau voir atteindre à sa vie.

Quand consulter un professionnel de la santé ?

Si les pleurs du bébé vous préoccupent ou semblent inhabituels, il est recommandé de consulter un professionnel de la santé pour exclure toute cause médicale sous-jacente. Consultez également si la durée et l'intensité des pleurs de votre bébé vous semblent anormales, vous pouvez prendre RDV avec son médecin ou son pédiatre pour en discuter. Il vous donnera des pistes de compréhension. En complément, vous pouvez également aller voir un ostéopathe. Vous pouvez aussi contacter une accompagnante OH MAMA CARE pour qu’elle vous apporte du soutien, vous rassure et chemine avec vous pour trouver des solutions.

Numéros d'aide et d'écoute

  • La ligne « Allo Enfance en danger » du Service national d’accueil téléphonique pour l’enfance en danger (SNATED).
  • La ligne « Allo Parents Bébé » de l’association Enfance et partage.
  • Le numéro vert de Allô Parents-Bébé au 08.00.00.34.56 du lundi au vendredi de 10h à 13h et de 14h et 18h
  • Allô Enfance en Danger au 119 c’est 24h/24 et 7jr/7.

L'importance de l'expérience et de l'instinct parental

C’est une phrase qui revient souvent : « Quand bébé pleure, fiez-vous à votre instinct pour agir ». Or, pour le Dr Stéphane Clerget, on ne parle pas vraiment d’instinct. « On se souvient plutôt de ce que l’on a connu enfant, si on avait un petit frère ou une petite sœur. Car les enfants sont très empathiques, et plus proches du langage non verbal que les adultes. Donc c’est plutôt de l’ordre du souvenir de ce que l’on a connu enfant que de l’instinct », détaille l’expert. Le spécialiste reconnaît surtout la valeur de l’expérience, qui peut apporter des réponses. « Un parent est bien plus à l’aise avec un deuxième ou un troisième enfant qu’il ne l’était avec le premier. Avec l’expérience, on apprend à reconnaître les pleurs ».

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