La péridurale est une technique d'anesthésie locorégionale largement utilisée, notamment pendant l'accouchement, pour soulager la douleur. Cet article vise à fournir des informations complètes sur la péridurale, en abordant les risques potentiels, les délais d'intervention et d'autres aspects importants afin de vous aider à prendre des décisions éclairées.
Qu'est-ce que la péridurale ?
La péridurale est une forme d'anesthésie locorégionale qui consiste à injecter un anesthésique local à proximité des nerfs qui sortent de la moelle épinière dans le bas du dos. Plus précisément, un petit tube appelé cathéter est inséré dans l'espace péridural, permettant l'administration continue d'analgésiques. Cette technique bloque temporairement les nerfs rachidiens, responsables de la sensibilité et de la motricité, supprimant ainsi la douleur dans la région ciblée.
Elle est particulièrement utilisée pendant l'accouchement pour soulager la douleur liée aux contractions utérines. La péridurale peut également être utilisée pendant ou après une intervention chirurgicale, en particulier pour celles qui peuvent entraîner une douleur importante.
Comment se déroule la pose d'une péridurale ?
La pose d'une péridurale se déroule généralement en plusieurs étapes :
- Préparation : Le médecin anesthésiste désinfecte la peau dans le bas du dos et injecte un anesthésique local pour insensibiliser la zone où sera inséré le cathéter.
- Insertion de l'aiguille : Une aiguille est insérée entre deux vertèbres lombaires (généralement entre la 3ème et la 4ème) pour atteindre l'espace péridural.
- Placement du cathéter : Un cathéter souple est introduit à travers l'aiguille dans l'espace péridural, puis l'aiguille est retirée, laissant le cathéter en place.
- Administration de l'anesthésique : L'anesthésique local est injecté à travers le cathéter, bloquant ainsi la transmission de la douleur.
Pendant la procédure, il est important de rester immobile et de faire le dos rond pour faciliter l'accès à l'espace péridural. L'équipe médicale s'assure également que le bassin de la mère est situé plus bas que sa tête pendant l'accouchement, afin de maintenir l'anesthésique dans la partie basse de la colonne vertébrale.
Lire aussi: Retraite : Année 1970
Délais d'intervention et efficacité
Il n'y a pas de dilatation minimale du col utérin requise pour poser une péridurale. Vous pouvez donc en bénéficier à n’importe quel moment du travail selon l’intensité de la douleur ressentie. L'anesthésiste peut intervenir jusqu'au dernier moment ou presque. Néanmoins, il faut 20 minutes environ pour poser une péridurale. Les produits agissent au bout de 5 à 10 minutes, mais atteignent leur pleine efficacité au bout de vingt minutes seulement.
Plusieurs problèmes peuvent retarder la mise en place de la perfusion péridurale une fois que le patient arrive à l’unité de soins post-anesthésiques (USA), notamment un manque de fournitures ou une pharmacie occupée.
Avantages de la péridurale
La péridurale offre plusieurs avantages, notamment :
- Soulagement efficace de la douleur : La péridurale est l'une des méthodes les plus efficaces pour soulager la douleur pendant le travail et l'accouchement.
- Maintien de la conscience : La future maman reste consciente et peut participer activement à l'accouchement.
- Adaptabilité : La dose d'anesthésique peut être ajustée en fonction des besoins de la patiente.
- Réduction du stress : En limitant le stress et la dépense énergétique, la péridurale peut être particulièrement bénéfique pour les patientes épileptiques.
- Bien-être maternel : La péridurale est en effet bénéfique lorsque la future maman souffre de certains problèmes cardiaques, d'asthme ou d'hypertension.
Risques et inconvénients potentiels
Bien que la péridurale soit généralement considérée comme sûre, elle comporte certains risques et inconvénients potentiels :
- Effets secondaires courants : Sensation de chaleur dans la partie basse du corps, difficultés à bouger les jambes, tremblements, difficultés à uriner nécessitant la pose d'une sonde urinaire, baisse de la pression artérielle voire sensations de vertige, maux de tête après l'accouchement, etc.
- Prolongation de l'accouchement : La péridurale peut parfois ralentir l'accouchement ou réduire les contractions de l'utérus.
- Brèche méningée : Dans de rares cas, l'aiguille peut provoquer une fuite de liquide céphalorachidien, entraînant des maux de tête importants. Un "blood-patch" peut être nécessaire pour traiter cette complication.
- Complications neurologiques : Bien que très rares, des complications neurologiques peuvent survenir, telles que des hématomes qui compriment les terminaisons nerveuses.
- Réactions allergiques : Absolument. Bien que rare, il est possible d'avoir une réaction allergique à certains médicaments anesthésiques.
Il est important de noter que de nombreuses idées reçues circulent concernant la péridurale et ses effets à long terme. Par exemple, il est fréquent de penser que tout problème de lombalgie ou de sciatalgie après un accouchement est dû à la péridurale. Or, dans la plupart des cas, cela provient du travail obstétrical et de l’accouchement par la pression continue du fœtus dans le bassin et/ou d’une mauvaise position du dos ou des jambes pendant le travail. De même, un tatouage n’est pas une contre-indication à l’analgésie péridurale.
Lire aussi: Grossesse : Le 7ème mois expliqué
Contre-indications à la péridurale
La péridurale n'est pas adaptée à toutes les patientes. Certaines contre-indications incluent :
- Troubles de la coagulation : La péridurale est susceptible de provoquer l'apparition d'hématomes qui compriment les terminaisons nerveuses et risquent d'entraîner des complications neurologiques.
- Infections : Certaines fièvres liées à des infections constituent également des contre-indications.
- Contre-indications de dernière minute : Il arrive que la péridurale soit réalisée tardivement et des contre-indications de dernière minute sont toujours possibles.
Alternatives à la péridurale
Il existe d'autres moyens de lutter contre la douleur pendant l'accouchement, notamment :
- Techniques de relaxation et de respiration profonde.
- Acupuncture.
- Anesthésie générale : Quand la péridurale (ou la rachianesthésie) est contre-indiquée, il est possible de pratiquer une anesthésie générale, mais cette solution reste exceptionnelle.
- Médicaments contre la douleur injectés dans le sang : L’utilisation de médicaments contre la douleur injectés dans le sang reste également exceptionnelle, du fait des risques sur la mère et sur le fœtus (dépression respiratoire, baisse de la pression sanguine, diminution des contractions, etc.).
Questions fréquentes sur l'anesthésie en général
Voici quelques questions fréquemment posées sur l'anesthésie en général :
- La consultation d’anesthésie est-elle obligatoire ? Oui, la consultation d’anesthésie est obligatoire et seul un anesthésiste (ou un interne en anesthésie) peut vous faire cette consultation. Pour toute intervention programmée, elle doit être faite au minimum 48 heures avant l’intervention. Il s’agit d’un temps légal de réflexion pour le patient. Votre intervention sera reportée si vous n’avez pas eu cette consultation dans le temps légal. En cas d’intervention en urgence, il n’y a pas de durée minimale légale.
- Faut-il être systématiquement à jeun avant une anesthésie ? Oui, toute anesthésie nécessite que le patient soit à jeun, même si vous n’aurez qu’une partie du corps endormie (appelée aussi anesthésie loco-régionale). Il est habituellement recommandé de ne pas absorber d’aliments dans les 6h qui précèdent l’anesthésie. Jusqu’à deux heures avant l’anesthésie, il est autorisé de boire de l’eau, du café ou du thé sans lait ou encore un jus de fruit sans pulpe.
- Puis-je me laver les dents avant le matin de l’intervention ? Sans problème.
- Vais-je avoir mal après mon opération ? La douleur après une intervention dépend de l’acte chirurgical que vous avez subi (certaines interventions sont plus douloureuses que d’autres) mais également de la technique d’anesthésie employée (anesthésie générale, anesthésie locale, anesthésie loco-régionale). Dans tous les cas un traitement antalgique sera systématiquement prescrit pour la période postopératoire.
- Je viens subir une intervention en ambulatoire, pourrai-je conduire ma voiture en sortant ? Non, il est interdit de conduire le jour même d’une intervention même si vous n’avez pas eu d’anesthésie générale. Les produits anesthésiants peuvent avoir des effets rebonds avec des périodes d’amnésie et des troubles de la concentration, interdisant la pratique de la conduite. Il est également déconseillé de prendre des décisions importantes après une anesthésie.
- Combien de temps après l’intervention vais-je retourner dans ma chambre ? Tout dépend du type d’intervention et du type d’anesthésie. Vous aurez obligatoirement un passage par la salle de réveil à la suite de votre anesthésie où on surveillera que vous n’avez pas mal, que vous n’avez pas envie de vomir, et que l’anesthésie est bien éliminée.
- Puis-je garder mes bijoux pendant l’intervention ? Il est demandé de se séparer des ses bijoux avant de passer au bloc opératoire pour des raisons d’hygiène et de sécurité.
- Et mon maquillage ? Il vous est demandé de ne pas vous maquiller avant de vous faire opérer.
Consultation d'anesthésie : une étape essentielle
La consultation d'anesthésie est une étape essentielle pour évaluer votre état de santé et discuter des options d'anesthésie possibles. Cette consultation est obligatoire, même si vous préférez a priori vous passer d'une péridurale. Lors de cette consultation, n'hésitez pas à poser toutes vos questions et à exprimer vos préoccupations.
Tabagisme et anesthésie
Il est impératif de ne pas fumer la veille et le jour de l’intervention. Il est important de savoir que plus la durée de l’arrêt du tabac avant l’intervention est longue et plus les risques de complications seront diminués. Si l’arrêt du tabac a lieu 6 à 8 semaines avant l’intervention chirurgicale, ce risque devient égal à celui des personnes non fumeuses. Le tabagisme augmente le risque des complications chirurgicales (deux à quatre fois plus de complications de cicatrice, de risque d’éventration après laparotomie, de médiastinite, de lâchage de suture digestive, de thrombose de prothèses vasculaires, de retard de consolidation osseuse). De même chez l’enfant, il existe une relation entre l’intensité du tabagisme passif et la fréquence des complications respiratoires en chirurgie ORL.
Lire aussi: Prise en charge après une fausse couche
tags: #fumer #après #péridurale #risques #et #délais
