La question du nombre idéal de répétitions au développé couché pour favoriser la prise de masse musculaire est un sujet de débat constant dans le monde du fitness. Contrairement à une idée reçue, il n'existe pas de formule magique unique. La prise de muscle est un processus complexe, influencé par divers facteurs, et l'accent doit être mis sur l'accumulation de stimulations musculaires, que la charge soit lourde ou légère. En d'autres termes, ce sont les efforts répétés sur plusieurs semaines, mois, voire années, qui contribuent le plus à la croissance musculaire.
Importance de la charge de travail et du nombre de répétitions
Bien que la charge de travail et le nombre de répétitions soient importants, il est possible de progresser en musculation avec différents protocoles. L'idée n'est pas d'improviser ses séances, mais plutôt d'expérimenter plusieurs méthodes d'entraînement tout en ayant un programme structuré de manière cohérente.
Méthodes pour choisir sa charge de travail
Plusieurs méthodes permettent d'estimer la charge maximale (1RM) sur un exercice, qui sert de base pour déterminer l'intensité de travail.
Test Max
Cette méthode consiste à soulever la charge la plus lourde possible sur une seule répétition. Cependant, elle n'est pas adaptée à tous les niveaux, notamment pour les débutants ou les personnes peu expérimentées, car la technique n'est pas encore parfaite et le risque de blessure est accru. De plus, un test max ne peut pas être effectué sur tous les exercices de musculation.
Estimation à partir du 10RM
Une méthode plus simple consiste à multiplier son 10RM (charge maximale pour 10 répétitions) par 1,3 pour obtenir une estimation de la charge max. Par exemple, si l'on est capable de faire une série de 10 répétitions à 70 kg au développé couché, la charge maximale estimée serait d'environ 91 kg (70 x 1,3). Il s'agit cependant d'une estimation et non d'une valeur absolue.
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Intensité de travail basée sur le pourcentage du 1RM
L'intensité de travail est le pourcentage de la charge maximale utilisée pendant une série. Cette méthode est couramment utilisée dans la préparation physique pour jauger la difficulté d'une série et l'intégrer à une programmation cohérente. Par exemple, si le max au développé couché est de 90 kg et la séance du jour impose 4 séries de 5 répétitions à 90% d'intensité, il faudra charger la barre à 81 kg et faire les 4 séries.
Alternance des séries courtes et longues
Pour optimiser la prise de masse, il est conseillé d'alterner les phases de séries longues et courtes. Par exemple, s'entraîner pendant 4 à 6 semaines avec des séries courtes (5 à 8 répétitions par série) permet d'explorer différentes fourchettes de répétitions et d'apporter de la variété aux séances, tout en optimisant le développement de certaines qualités physiques comme la force et l'endurance.
La charge de travail à utiliser est directement liée à la fourchette de répétitions à effectuer. Si la séance du jour nécessite de faire des séries de 6 répétitions, il faudra choisir une charge permettant d'effectuer environ 6 répétitions. Il n'est pas grave de choisir une charge qui permet d'aller jusqu'à 8 répétitions, car ce n'est pas une science exacte et il n'est pas nécessaire d'aller à l'échec musculaire à chaque série.
Si l'on doit faire 5 séries de 6 répétitions au développé couché, il est peu probable de pouvoir faire ces 5 séries avec la même charge. Il faudra alors, lorsque la fatigue s'accumule, réduire la charge pour être en mesure de réaliser les 6 répétitions prévues dans le programme.
Au fil de la progression, il est possible d'affiner la fourchette de répétitions idéale en fonction de l'objectif. Si le but est de développer la masse musculaire et la force, il est inutile de s'attarder sur des séries trop longues.
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Faire évoluer les variables d'entraînement
Lorsque les résultats se font moins visibles après plusieurs mois, il faut modifier le programme pour continuer à progresser. Augmenter la charge de travail est un bon réflexe, mais il est également possible de faire évoluer d'autres variables si l'augmentation de la charge n'est pas possible.
Par exemple, si l'on est capable de faire 10 répétitions à 70 kg au développé couché à la semaine 1 du programme, on peut essayer de faire 12 répétitions avec 70 kg à la semaine 3. Si l'on réussit, on peut tenter 10 répétitions avec 75 kg à la semaine 4.
Il ne faut pas être trop attaché à la charge de travail, même si cela reste une variable importante d'un programme de musculation. Il est plus efficace de construire une périodisation cohérente en utilisant des fourchettes de répétitions bien distinctes que d'essayer de faire des tests max.
Importance de la variation des répétitions
Varier le format des répétitions produit de meilleurs résultats, à la fois en force et en hypertrophie musculaire. Différents nombres de répétitions impliquent différents objectifs.
Séries courtes (4-6 répétitions)
Les charges lourdes et les séries courtes génèrent avant tout une prise de force, mais aussi plus indirectement une croissance musculaire. Les exercices de base comme le squat, le soulevé de terre, le rowing et le développé couché sont à privilégier. Les entraînements de force sont intenses et nécessitent plus de repos entre les séries pour générer un maximum de force.
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Séries moyennes (8-12 répétitions)
Ce type d'entraînement augmente avant tout la masse musculaire et, de manière secondaire, la force. L'afflux sanguin ou congestion est notable avec l'entraînement en hypertrophie. Les répétitions sont généralement comprises entre 8 et 12 répétitions.
Séries longues (30-100 répétitions)
Ce type d'entraînement recrute avant tout l'endurance des muscles et n'apporte que peu de progrès en terme de volume musculaire. Les seuls muscles qui réagissent bien en terme de croissance musculaire à ce type de format sont les cuisses, les fessiers et les mollets.
Facteurs stimulant la prise de masse
Les causes de la croissance musculaire ne sont pas complètement comprises, mais les 3 principaux facteurs d'adaptations à l'entraînement qui profitent à l'hypertrophie musculaire sont :
- La surcharge progressive au fil du temps (élévation des charges ou accumulation du volume)
- Les dommages musculaires (micro-déchirures des fibres musculaires nécessitant réparation)
- La fatigue cellulaire (pousser un muscle à sa limite métabolique)
Le premier facteur est le plus concret, mais les dégâts musculaires et la fatigue stimulent également fortement la croissance musculaire.
Importance de la surcharge progressive
La surcharge progressive est le principal facteur de l'hypertrophie. Il est donc tentant de croire que la gamme de répétitions importe peu et qu'il suffirait d'augmenter le volume d'entraînement ou la charge dans le temps pour prendre du muscle.
Bien que les études montrent que l'on peut faire des gains musculaires dans n'importe quelle plage de répétition tant que l'on progresse (avec des charges à l'échec), les résultats ne sont pas égaux en termes de retour sur investissement, que ce soit en effort et en temps.
Seuil d'intensité minimum
En dehors des novices ou des personnes très faibles, la charge utilisée doit être assez lourde pour provoquer une croissance. Il existe un seuil d'intensité minimum pour les adaptations hypertrophiques à la suite de l'entraînement. En termes simples, le poids utilisé doit être suffisamment lourd pour provoquer la croissance musculaire, soit plus de 60 à 70 % de son 1RM hors du stade débutant.
La raison pour laquelle les charges doivent être supérieures à 60 % du 1RM afin de stimuler l'hypertrophie musculaire est que cela représente le seuil minimal de recrutement / activation des fibres musculaires à «contraction rapide», celles impliquées dans l'explosivité, la production de force et avec le plus grand potentiel de croissance musculaire.
Les faibles charges ne sont pas optimales car elles ne fournissent pas une tension suffisante afin de recruter efficacement les fibres musculaires qui nous intéressent. Certes, il est prouvé qu'elles peuvent activer les fibres musculaires à «contraction rapide» (dites IIa et IIx), mais seulement si la série est portée à l'échec total.
Pour faire cela, il faut s'entraîner à l'échec total, soit avec une charge de 30 à 50 % de son 1RM pour plus de 20 ou 40 répétitions pour que l'échec total soit relativement possible, proche du vomissement. Cela est épuisant, demande du temps et on peut finir par ne jamais arriver au niveau d'effort escompté.
Importance du temps sous tension et du volume
La croissance musculaire nécessite également des dommages musculaires et une fatigue métabolique. Il faut donc une certaine quantité de temps sous tension pour créer des dégâts musculaires suffisants pour forcer l'adaptation et fatiguer les fibres musculaires. Plus simplement, il faut accumuler suffisamment de volume dans le sens de la progression pour prendre de la masse musculaire (environ 50 à 80 répétitions par semaine suivant l'individu).
Bien que l'on puisse prendre du muscle avec peu de répétitions lourdes (>80% 1RM), il faut accumuler bien plus de volume de travail afin d'obtenir les mêmes résultats sur l'hypertrophie et, in fine, il vaut mieux s'entraîner dans une gamme moyenne.
Gamme de répétitions idéale
S'entraîner dans la gamme de 5 à 10 répétitions avec un 5 à 10 RM permet d'utiliser une charge suffisamment lourde afin de recruter toutes les fibres musculaires, avoir un temps sous tension suffisamment long pour produire des dégâts musculaires notables et accumuler suffisamment de volume pour fatiguer les muscles et forcer la progression.
Dans cet article, l'objectif est de maximiser les gains en hypertrophie avec une gamme de répétitions particulière, pas la force maximale, pas la puissance, pas l'endurance musculaire, pas la vascularisation, etc.
Intérêt de mélanger les gammes de répétitions
Chez le pratiquant naturel, la force est étroitement liée au développement musculaire. Pour faire simple, s'entraîner pour devenir plus fort entraîne des gains musculaires d'une plus ou moins grande importance selon le volume accumulé.
Au lieu de s'entraîner uniquement dans la gamme d'hypertrophie, il faut aussi inclure des séries avec peu de répétition / lourdes pour prendre en force et ainsi augmenter directement / indirectement son potentiel de gains musculaires.
Si l'on devient plus fort dans une gamme inférieure de répétitions, on pourra soulever plus lourd lorsque l'on reviendra dans une gamme moyenne de répétitions. Au final, on en revient toujours au même point : potentialiser les gains en masse musculaire par le gain en force. On pourra alors forcer son corps à s'adapter et à augmenter sa masse musculaire.
Notion de charge et de volume
La notion de «charge / volume» se réfère au total de poids déplacé pour cette partie du corps en multipliant le nombre de répétitions par la charge.
Dans la gamme 6 à 12 répétitions, les poids permettent de maintenir une bonne technique, de ne pas tricher sur l'amplitude de mouvement, de se rapprocher de l'échec et de ne pas se blesser aux articulations.
De plus, la charge est généralement suffisante pour que l'on impose toujours une forte tension sur le muscle, et l'on est plus susceptible d'être limité par la fatigue musculaire que la fatigue anaérobie systémique. On peut donc produire de meilleurs résultats par unité de temps investie par rapport aux séries avec beaucoup ou peu de répétitions. On a là le meilleur des deux mondes en agissant sur les principaux facteurs de l'hypertrophie musculaire.
Cependant, les gammes haute ou basse de répétitions ont également leur rôles dans la construction musculaire du fait des différents paramètres entrant en jeu et des besoins indirects (force, innervation, capillarisation, etc.). Il ne faut donc pas se limiter à une seule gamme de répétitions.
Approche hybride
Si l'on essaye de prendre du muscle, on a besoin d'une variété de gammes de répétition afin de prendre en force maximale, améliorer sa technique, gagner en puissance, bénéficier à sa capacité de travail et ainsi stimuler indirectement son potentiel de masse musculaire. Il ne faut pas oublier que le premier levier de gain musculaire est la surcharge progressive (avec la nutrition adéquate).
Une bonne façon de s'y prendre est d'utiliser une approche hybride qui combine les deux méthodologies. En effet, la majorité des pratiquants ne sont pas suffisamment forts pour bénéficier d'une tonne de volume. Au lieu de cela et hors du stade très avancé, il est préférable de se concentrer sur le gain en force et ensuite les gains musculaires.
De plus, il existe des mouvements qui ne peuvent tout simplement pas être entraînés de manière efficace dans des gammes de répétitions faible ou élevée. Par exemple, essayer de faire des séries de 5 répétitions sur des élévations latérales et l'on ressentira tout le stress sur ses articulations au lieu des deltoïdes. Il faut donc savoir ajuster son entraînement suivant l'objectif mais également l'exercice que l'on utilise.
Organisation des exercices
Une bonne méthode est de travailler les mouvements d'isolation dans une gamme de répétitions supérieure à celle que l'on utilise pour les mouvements de base. En effet, les séries lourdes avec peu de répétitions (<5) sont généralement dédiées pour la force et cela passe par les mouvement polyarticulaires et non ceux d'isolation.
Il faut ainsi mettre en place des cycles de progression qui travaillent les mouvements principaux (Squat, couché, soulevé de terre, développé militaire) en force. Après cela, on passe à un entraînement à plus haut volume sur les mouvements dits « d'assistance », qui complètent les mouvements principaux en ciblant les points faibles techniques ou musculaires. On termine avec les mouvements dits « accessoires », qui entraînent les groupes musculaires intervenant dans les exercices principaux à l'aide des exercices d'isolation.
Exemple avec les pectoraux :
- Principal : Développé couché barre ou incliné à 15°
- Assistance : Développé couché à la claque (technique et force en position basse) + Développé couché aux haltères (force en position bassé + hypertrophie pectoraux + épaules)
- Accessoire : Ecartés poulies vis-à-vis ( hypertrophie des pectoraux) + Extension triceps (hypertrophie des triceps) + Curl marteau (prévention / renforcement de l'articulation des coudes et hypertrophie des biceps) + Elevations latérales (hypertrophie des épaules) + Face pull (prévention des bléssures et hypertrophie des épaules).
Répartition du volume hebdomadaire
Dans le contexte d'une routine visant le gain de masse, il faut passer la majeure partie de son temps en salle (50 à 75 % de son volume hebdomadaire) à utiliser des exercices de base et leur variations pour 5 à 10 répétitions par série (en RM) et un volume minimal de 20 à 30 séries par semaine suivant son expérience et cycle de progression.
On complète cela avec des séries lourdes et peu de répétitions (1 à 5 répétitions en RM) sur les exercices de base (squat, soulevé de terre, développé couché) pour 20 à 25 % de son volume d'entraînement hebdomadaire total. Cela est important pour développer la fonction nerveuse et maximiser les gains en force et donc bénéficier indirectement aux gains en hypertrophie.
Enfin, les séries à haut et très haut volume (+12 de répétitions par série) doivent être utilisées afin de clôturer ses entraînements et constituer le reste de son volume hebdomadaire (15 à 25%). Ici, on cherche à créer un maximum de stress métabolique et de dégâts musculaires.
C'est en quelque sorte l'aspect fun de son entraînement où l'on peut également l'adapter à la réhabilitation et le renforcement musculaire / articulaire. On compte ici l'utilisation de méthodes afin d'accumuler plus de volume d'entraînement, de fatigue et de congestion : drop set, rest pause, post fatigue, etc.
Exemples de programmes
Voici un exemple de programme, basé sur trois séances réparties sur une semaine :
Séance le lundi pour travailler le bas du corps
Après un échauffement, réalisez les trois exercices polyarticulaires suivants :
- le squat avec barre ;
- les fentes ;
- le soulevé de terre.
Pour chacun de ces exercices, réalisez 4 séries de 8 répétitions.
Séance le mercredi pour renforcer les épaules et les pectoraux
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