La reproduction chez les chèvres, en particulier chez les chèvres naines, est un sujet fascinant. Cet article explore en détail le nombre de chevreaux par portée, les facteurs qui influencent la prolificité, et les soins nécessaires pour assurer la santé de la mère et des petits.

Introduction à la reproduction chez les chèvres naines

La chèvre naine est une race domestique issue de croisements entre des chèvres originaires d’Afrique de l’Ouest et de la région du Tibet. Ces chèvres sont appréciées pour leur petite taille, leur nature sociable et leur capacité à s’adapter à divers environnements. La reproduction chez ces animaux est un aspect essentiel de leur élevage, et comprendre les facteurs qui l’influencent est crucial pour les éleveurs.

Comprendre le cycle de reproduction des chèvres

Saison de reproduction

L’espèce caprine présente une activité sexuelle saisonnière liée au photopériodisme. La saison sexuelle s’étale de juillet à décembre, ce qui groupe les mises-bas de décembre à mai en reproduction naturelle. Les chaleurs apparaissent naturellement à l’automne, de septembre à février. Chez Pampilles & Compagnie, le cycle naturel est respecté sans chercher à forcer la cadence.

Puberté et maturité sexuelle

La puberté chez la chèvre intervient généralement entre 4 et 8 mois. Cependant, il est déconseillé de la faire reproduire avant l’âge de 10 à 12 mois, une fois qu’elle a atteint sa maturité physiologique et un poids suffisant. Une gestation trop précoce peut nuire à la santé de l’animal et à celle de ses petits.

Techniques de reproduction

Parmi les techniques de reproduction, on distingue la lutte libre, la lutte en main et l’insémination artificielle. La lutte libre consiste à introduire un ou plusieurs boucs dans un lot de chèvres durant toute la période de la saison sexuelle. La lutte en main consiste à présenter un bouc à chaque chèvre en oestrus (ou chaleurs). Cette technique permet d’enregistrer et de contrôler les saillies, donc la paternité des futurs reproducteurs.

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Combien de chevreaux par portée ?

Généralités

La chèvre a une prolificité moyenne de 1,8 chevreaux par mise-bas. C’est-à-dire que le « chevriage » ou « biquetage » délivre à peine deux chevreaux. La chèvre peut toutefois avoir jusqu’à quatre voire cinq petits. Généralement, une chèvre peut avoir entre 1 et 4 chevreaux par portée, avec une moyenne de 2 à 3 petits.

Facteurs influençant le nombre de chevreaux

Après quinze années d’élevage et plus d’une centaine de mises bas, il est clair que le nombre de chevreaux varie énormément selon la race, l’âge de la chèvre et ses conditions d’élevage. Les primipares donnent généralement naissance à 1 ou 2 chevreaux, tandis que les reproductrices expérimentées peuvent facilement avoir 3 petits, et exceptionnellement 4 ou 5.

  • Race : Les chèvres Saanen affichent une prolificité légèrement supérieure à celles des Alpines, avec respectivement 2,4 et 2,2 chevreaux de moyenne.
  • Âge : Les primipares donnent naissance à 1,8 chevreaux en moyenne. Les multipares expérimentées, entre 3 et 7 ans, atteignent leur pic de prolificité avec une moyenne de 2,6 chevreaux par mise bas.
  • Conditions d’élevage : L’état corporel de la mère au moment de la saillie conditionne largement le nombre d’ovulations et donc de chevreaux potentiels. Les chèvres en excellent état, sans être grasses, donnent systématiquement plus de petits que celles amaigries ou stressées.

Statistiques personnelles

Les statistiques personnelles d'un éleveur révèlent des tendances intéressantes sur la prolificité des chèvres. Sur l’ensemble d'un troupeau, la moyenne s’établit à 2,3 chevreaux par portée, ce qui correspond aux données classiques pour des chèvres laitières bien conduites. Cette performance satisfaisante résulte des efforts constants pour maintenir les reproductrices en excellent état corporel et leur offrir une alimentation optimale.

Signes de gestation et préparation à la mise bas

Durée de gestation

La durée moyenne de gestation chez la chèvre est de 5 mois, soit environ 150 jours.

Signes avant la mise bas

Quelques jours avant la mise bas, la chèvre montre des signes de préparation :

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  • Isolement ou recherche de calme
  • Mamelle tendue
  • Vulve relâchée
  • Nidification possible (grattage de la paille)

Préparation de l’environnement

Prévoyez un endroit où la chèvre pourra s’isoler du troupeau, sans pour autant être trop loin (ce qui pourrait la stresser). Paillez bien le sol pour le rendre confortable et pour absorber tous les liquides expulsés lors de la mise bas. Prévoyez de l’eau propre à disposition, éventuellement tiédie dans le cas de températures basses pour inciter la maman à boire. Mettez du bon foin à disposition. Et prévoyez une lampe chauffante dans le cas de températures froides (pour les élevages caprins, il est conseillé de maintenir un chevreau nouveau-né dans une ambiance de 18°C et de descendre à 16°C les jours suivants).

Signes imminents de la mise bas

  • Le ventre s’arrondit essentiellement au dernier mois de gestation.
  • Les derniers jours à dernières heures avant la mise bas, vous pourrez observer un pis (mamelles) gonflé de lait avec parfois quelques gouttes perlant des trayons.
  • Le ventre, qui était rond comme un ballon, changera de forme et s’affaissera vers le bas (si l’on regarde depuis l’avant ou l’arrière, il prendra une forme de poire).
  • Quelques heures à quelques minutes avant la mise bas, la chèvre recherchera un coin tranquille et s’isolera du troupeau. Les contractions seront alors de plus en plus fortes.

Déroulement de la mise bas

Phases de la mise bas

La mise bas dure en moyenne entre 30 minutes et 1h. Elle se déroule en plusieurs phases :

  • Phase de préparation
  • Sortie des chevreaux (1 à 3 en général mais rarement plus … et heureusement !)
  • Expulsion des annexes (placenta)

Étapes de la mise bas

S’en suivra rapidement l’arrivée de la poche amniotique contenant un liquide jaune sombre, avec le chevreau positionné tel un plongeur avec ses pattes-avant semi-tendues sur lesquelles est posée sa tête. Le passage de la tête et des épaules sont les étapes les plus difficiles pour la chèvre, particulièrement si elle n’est pas parfaitement dilatée. Le reste du corps du chevreau sortira plus facilement et rapidement avec le reste des eaux contenues dans les poches. L’expulsion du ou des chevreaux suivants sera plus rapide que le premier. Tout cela devra se dérouler rapidement, en 5 ou 10 minutes en moyenne par chevreau.

Soins post-partum

La mère se lèvera rapidement pour lécher son bébé, cela permettra de le nettoyer, le sécher et le stimuler. Elle lui "parlera" avec de petits bêlements répétés auquel il répondra, ce sera alors un moment primordial pour développer le lien mère/chevreau (les 3 premiers jours sont cruciaux pour cela et il est parfois nécessaire d’isoler momentanément la petite famille du troupeau pour l’établissement de ce lien) et chacun sera alors capable de se reconnaître par l’odeur et la voix. Ces léchouilles, bêlements, petits coups de nez et de pattes sont de forts stimuli pour inciter le chevreau à se lever et à aller téter. Le placenta restera accroché à la chèvre quelques minutes à quelques heures après l’expulsion. N’y touchez pas et laissez-le se décrocher seul (c’est la délivrance).

Problèmes potentiels lors de la mise bas

Les problèmes à la mise bas sont généralement dus à une mauvaise position du chevreau qui bloque le déroulement de la naissance. Un problème de dilatation insuffisante peut être également en cause. Il existe alors des produits (allopathique ou homéopathique) à avoir dans sa pharmacie qui peuvent aider la chèvre à se dilater. Si la mise bas dure trop longtemps (au-delà d’une heure ?), alors que la chèvre est prête, c’est-à-dire qu’elle a fait les eaux, qu’elle est correctement dilatée, alors il est probable que la mise bas se déroule mal.

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Assistance à la mise bas

Si vous devez aider le chevreau à naître, et après s’être assuré que la maman n’a pas de problèmes particuliers et que le chevreau est bien positionné (car inutile de tirer sur le chevreau si sa mauvaise position l’empêchera inexorablement de naître) : tirer en suivant le rythme des contractions. Dans le cas d’une naissance par le siège ou par les pattes arrière. Si vous ne pouvez pas résoudre le problème, appelez immédiatement votre vétérinaire qui pratiquera une césarienne. Dans tous les cas, il est très difficile de pouvoir intervenir sur des chèvres naines et toys à cause de leur petite taille, et le plus souvent, la césarienne est la seule solution possible.

Soins immédiats aux chevreaux nouveau-nés

Dans tous les cas et au moindre doute (mise bas difficile, un peu longue, naissance par le siège…), vérifiez que les voies respiratoires (bouche et nez du chevreau) ne soient pas obstruées par des mucosités. Pour les cas graves d’asphyxie et de suspicion de pénétration de liquide amniotique dans les voies respiratoires (que le chevreau soit conscient ou non), mettez immédiatement le chevreau la tête en bas en le tenant par les postérieurs, secouez-le fermement dans un mouvement de balancier. Il existe un produit qui aide à dilater les bronches pour que le liquide ressorte mieux, il doit être appliqué dans les minutes qui suivent la naissance.

Soins et gestion des chevreaux

Colostrum

La distribution du colostrum vital doit être surveillée attentivement car tous les chevreaux ne réussissent pas forcément à téter dans les premières heures. Cette première alimentation cruciale conditionne leur survie et leur développement futur.

Identification

L’identification précoce des chevreaux devient complexe dans les grandes portées où ils se ressemblent souvent. Cette organisation administrative, pourtant obligatoire, demande une méthode rigoureuse pour éviter les confusions.

Surveillance sanitaire

La surveillance sanitaire s’intensifie car les chevreaux nombreux se contaminent plus facilement entre eux. Cette promiscuité augmente les risques de propagation rapide des maladies infectieuses.

Espace vital

L’espace vital doit être adapté pour permettre à tous les chevreaux de se reposer et de se nourrir correctement. Cette gestion de l’espace devient critique quand 4 ou 5 petits se disputent l’accès aux mamelles.

Alimentation des chèvres

Principes fondamentaux

La chèvre est ruminante : son rumen doit fonctionner correctement, fibres (foin/branchages) = base de l’alimentation. Changement de régime → transition progressive obligatoire. Eau propre à volonté : l’eau est indispensable, surtout quand l’alimentation est sèche. Pierre à sel / blocs minéraux spécifiquement caprins : à disposition permanente.

Rations et compléments

Fourrage (foin) : de qualité, non moisi, bonne odeur, couleur verte ; à distribuer avant concentrés. Concentrés & céréales : uniquement en cas de besoin (gestation, lactation, terrain pauvre) et en quantité modérée.

Alimentation spécialisée

Après sevrage (vers 3 mois) : foin + eau à volonté. Quantité estimée pour petite taille : environ 0,5 kg de foin/jour (variable selon race, condition). Gestantes/allaitantes : ajouter granulés spécifique caprins, ou orge concassée, poignée de luzerne déshydratée. Mais attention à ne pas surcharger en concentrés. Éviter : blé, maïs ou pain en grande quantité.

Santé, soins et maintenance annuelle

Parage des onglons

Au moins 1 à 2 fois/an, parfois davantage selon terrain.

Vermifugation

2 à 4 fois/an selon conditions, parasite saisonnier.

Antiparasitaires externes

À prévoir également (tiques, poux…) selon environnement.

Vaccinations

Selon protocole vétérinaire local ; prévenir entérotoxémie, pasteurellose etc.

Surveillance

Palpation de l’état corporel (adipeuse/musculaire), observer diarrhées, boiteries, culottes sales.

Facteurs de risque et intoxications

Végétaux toxiques

On pense souvent que « les chèvres mangent tout », mais une intoxication sur deux est liée à une plante toxique. L’erreur vient de leur curiosité naturelle et de leur capacité à explorer tout ce qui les entoure. En milieu naturel ou dans un grand espace varié, elles gèrent très bien leur sélection alimentaire.

Autres sources d’intoxication courantes

En dehors des plantes, les chèvres peuvent aussi s’intoxiquer avec :

  • médicaments laissés à portée
  • produits ménagers
  • raticides, anti-limaces et autres pesticides
  • produits de bricolage ou de stockage

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