La colique néphrétique est une douleur intense et soudaine causée par un blocage des voies urinaires, généralement par un calcul rénal. Cet article explore en détail la définition, les causes, les symptômes et la prise en charge de la colique néphrétique, en s'appuyant sur les données disponibles et les recommandations médicales.
Définition de la colique néphrétique
La colique néphrétique se manifeste par une douleur aiguë, souvent décrite comme la plus intense que l'on puisse ressentir. Elle est provoquée par une obstruction des voies urinaires, le plus souvent due à la présence d'un calcul rénal qui empêche l'écoulement normal de l'urine.
Causes de la colique néphrétique
La cause la plus fréquente de la colique néphrétique est la présence de calculs rénaux. Ces calculs peuvent être composés de différents minéraux, tels que l'oxalate de calcium, le phosphate de calcium, la cystine ou la xanthine. D'autres causes plus rares peuvent inclure des malformations des voies urinaires, des tumeurs ou des caillots sanguins.
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de développer des calculs rénaux et, par conséquent, de souffrir de coliques néphrétiques :
- Facteurs liés au mode de vie:
- Hydratation insuffisante : Ne pas boire suffisamment d'eau peut concentrer les minéraux dans l'urine, favorisant la formation de cristaux.
- Alimentation : Un régime riche en protéines animales, en sel et en oxalate peut augmenter le risque.
- Facteurs médicaux:
- Infections urinaires récurrentes
- Maladies métaboliques telles que l'hyperparathyroïdie
- Anomalies des voies urinaires
- Certains médicaments
Par ailleurs, le cancer du rein, bien que moins directement lié à la colique néphrétique, peut se manifester par des signes loco-régionaux tels que la présence de sang dans les urines (hématurie) ou des douleurs lombaires, qui peuvent être confondus avec une colique néphrétique. Il est important de noter que le cancer du rein est deux fois plus fréquent chez l'homme que chez la femme, avec une incidence en 2003 de 5.7 / 100.000 chez la femme et 12.2 / 100.000 habitants chez l'homme. Les principaux facteurs de risque du cancer du rein sont le tabac et l'hypertension artérielle.
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Symptômes de la colique néphrétique
La colique néphrétique se caractérise par une douleur intense et soudaine, généralement localisée dans le flanc ou le bas du dos. La douleur peut irradier vers l'aine, les organes génitaux et la cuisse. Elle est souvent décrite comme une douleur spasmodique, avec des phases d'exacerbation et de rémission.
D'autres symptômes peuvent accompagner la douleur, tels que :
- Nausées et vomissements
- Agitation et incapacité à trouver une position confortable
- Présence de sang dans les urines (hématurie)
- Besoin fréquent d'uriner
- Douleur à la miction
- Fièvre et frissons (en cas d'infection associée)
Il est important de consulter un médecin rapidement en cas de suspicion de colique néphrétique, car certaines complications peuvent survenir, telles qu'une infection urinaire, une insuffisance rénale aiguë ou une septicémie.
Diagnostic de la colique néphrétique
Le diagnostic de la colique néphrétique repose sur l'évaluation des symptômes, l'examen physique et des examens complémentaires.
- Analyse d'urine (ECBU) : Elle permet de détecter la présence de sang, de cristaux ou de signes d'infection. Une hématurie (présence anormale d’hématies dans les urines) est un signe important. À l’ECBU, elle est définie par ≥ 10 hématies/mm³ ou ≥ 104/mL.
- Imagerie médicale :
- Échographie : Elle peut visualiser les calculs rénaux et les obstructions des voies urinaires.
- Uroscanner (TDM abdominal) : C'est l'examen de référence pour confirmer le diagnostic et localiser précisément le calcul. Il est suffisamment discriminant pour conduire directement à une chirurgie rénale.
- Urographie intraveineuse : Moins utilisée aujourd'hui, elle permet de visualiser les voies urinaires après injection d'un produit de contraste.
Dans le cadre du bilan d’une hématurie, il est également important de réaliser un NFSTP, un TCA, une créatininémie et de calculer le DFG CKD-EPI.
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Prise en charge de la colique néphrétique
La prise en charge de la colique néphrétique vise à soulager la douleur, à éliminer le calcul et à prévenir les récidives.
Traitement de la douleur
- Antalgiques : Des médicaments antidouleur, tels que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou les opioïdes, sont utilisés pour soulager la douleur.
- Antispasmodiques : Ils peuvent aider à détendre les muscles des voies urinaires et à faciliter l'élimination du calcul.
Élimination du calcul
- Traitement médical : Dans certains cas, le calcul peut être éliminé spontanément en buvant beaucoup d'eau (au moins 2 à 3 litres par jour) et en prenant des médicaments pour faciliter son passage.
- Lithotripsie extracorporelle (LEC) : Cette technique utilise des ondes de choc pour fragmenter le calcul en petits morceaux qui peuvent être éliminés plus facilement. Elle est réalisable quand un calcul de cystine est petit (< 12 mm), mais avec peu de résultats du fait de la consistance des calculs de cystine.
- Chirurgie : Dans certains cas, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour retirer le calcul, notamment en cas de calcul volumineux, d'obstruction sévère ou d'infection. L'examen fondamental pour le diagnostic est le TDM abdominal. Le diagnostic positif de cancer du rein sera ensuite porté sur l'examen de la pièce opératoire. Le bilan diagnostic initial permet de déterminer l'extension de la tumeur, la présence de métastase et donc de définir une stratégie thérapeutique précise.
Prévention des récidives
- Hydratation : Boire suffisamment d'eau est essentiel pour prévenir la formation de nouveaux calculs.
- Alimentation : Adapter son alimentation en fonction du type de calcul :
- Calculs d'oxalate de calcium : Limiter les aliments riches en oxalate (épinards, rhubarbe, chocolat).
- Calculs de phosphate de calcium : Réduire la consommation de sel et de protéines animales.
- Calculs d'acide urique : Limiter la consommation de viande rouge et d'alcool.
- Médicaments : Dans certains cas, des médicaments peuvent être prescrits pour réduire la production de certains minéraux ou pour modifier le pH de l'urine.
Xanthinurie héréditaire et cystinurie
La xanthinurie héréditaire et la cystinurie sont deux maladies génétiques rares qui peuvent provoquer la formation de calculs rénaux et des coliques néphrétiques.
- Xanthinurie héréditaire : Cette maladie est causée par un déficit en xanthine déshydrogénase, une enzyme impliquée dans la dégradation des purines. Elle se manifeste par une accumulation de xanthine dans l'urine, ce qui peut entraîner la formation de calculs de xanthine. Le diagnostic repose sur le dosage du taux d'acide urique dans le sang et les urines. Si l'hypo-uricémie est confirmée, il convient de procéder aux examens complets du métabolisme des purines, avec dosage de la xanthine et de l'hypoxanthine dans les urines et le plasma. Des taux élevés de xanthine dans les urines sont alors caractéristiques d'une xanthinurie héréditaire classique.
- Cystinurie : Cette maladie est due à un défaut de transport de la cystine, un acide aminé, au niveau des reins. Elle se caractérise par une excrétion excessive de cystine dans l'urine, ce qui peut entraîner la formation de calculs de cystine. Le diagnostic repose sur l'examen physique, la détection des calculs de cystine et le dosage de la cystine excrétée dans l'urine, qui, chez les enfants et les jeunes nourrissons, peut être normalisée pour la créatinine urinaire. L'analyse révèle une excrétion urinaire de cystine supérieure à 300 - 400 mg/jour.
Le traitement de ces maladies vise à prévenir la formation de calculs en augmentant l'hydratation, en alcalinisant l'urine et, dans certains cas, en utilisant des médicaments spécifiques.
Ectasie canaliculaire précalicielle (ECP)
L'ectasie canaliculaire précalicielle (ECP) est une malformation rare du rein caractérisée par une dilatation du segment médullaire des tubes collecteurs, associée à la formation de calculs rénaux, des coliques néphrétiques, une hématurie, une infection urinaire, une néphrocalcinose, une néphrolithiase calcique, une pyélonéphrite, une hypercalciurie et une hypocitraturie. Le diagnostic des patients symptomatiques est généralement posé entre l'âge de 30 et 50 ans. Les principales manifestations cliniques sont des calculs rénaux, une hématurie et des infections urinaires. L'urographie ou l'uroscanner peuvent révéler des conduits papillaires dilatés et des images canaliculaires striées ou en forme de bouquets de fleurs. Le traitement par citrate de potassium est efficace afin de réduire la calciurie et la fréquence de récidive des calculs rénaux.
Hématurie
L’hématurie, définie comme la présence anormale d’hématies dans les urines (≥ 10 hématies/mm³ ou ≥ 104/mL), est un signe important à prendre en compte dans le diagnostic et la prise en charge des coliques néphrétiques. Elle peut être visible à l’œil nu (hématurie macroscopique) ou non (hématurie microscopique). Il est crucial de déterminer si l'hématurie est d'origine urologique ou néphrologique pour orienter les investigations et le traitement.
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Cancer du rein
Bien que la colique néphrétique soit rarement un symptôme direct du cancer du rein, il est important de considérer cette possibilité, surtout en présence d'autres signes tels que l'hématurie, la douleur lombaire ou des symptômes généraux. Le cancer du rein représente 2 à 3 % de l'ensemble des cancers et est deux fois plus fréquent chez l'homme que chez la femme. Les principaux facteurs de risque sont le tabac et l'hypertension artérielle. Beaucoup de cancers du rein sont aujourd'hui de diagnostic fortuit sur une imagerie rénale (environ 45%). D'autres diagnostics sont portés sur des signes loco-régionaux (sang dans les urines ou hématurie, douleur ou masse lombaire)(45%) ou généraux (fièvre)(10%). Lorsqu'on suspecte un cancer du rein, il faut réaliser des examens complémentaires et un bilan d'extension.
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