Le foie, un organe vital du système digestif, peut être affecté par divers troubles, entraînant parfois des douleurs. Cet article explore les causes, les symptômes et les traitements de la colique hépatique, en particulier en relation avec la consommation d'alcool.
Le Foie : Un Organe Essentiel
Le foie joue un rôle crucial dans plusieurs fonctions corporelles, notamment la sécrétion de bile pour la digestion, la production de protéines comme l'albumine, la régulation du glucose et du cholestérol, et la dégradation des substances nocives telles que le mauvais cholestérol, les médicaments et l'alcool.
Colique Hépatique : Une Douleur Mal Nommée
La colique hépatique est une douleur intense située dans le creux de l'estomac ou sous les côtes à droite. Bien que souvent associée au foie, cette douleur est généralement due à des problèmes de la vésicule biliaire, tels que des calculs biliaires. En réalité, les douleurs hépatiques se décrivent sous le nom de colique hépatique, mais cette douleur est en réalité sans rapport direct avec le foie.
Causes de la Colique Hépatique et Douleurs Hépatiques
Calculs Biliaires
À partir de la bile, peuvent se former des calculs biliaires, des dépôts de consistance « pierreuse », pouvant atteindre la taille d’un grain de sable, jusqu’à celle d’un petit caillou. En France, environ 10 % des adultes sont porteurs de calculs dans la vésicule et jusqu'à 30 % des personnes de plus de 60 ans. Ces calculs peuvent être cholestéroliques ou pigmentaires. Les calculs pigmentaires prédominent chez les enfants et sont souvent provoqués par une augmentation de la destruction des globules rouges, lors de certaines maladies, qui augmente la concentration en bilirubine. La colique hépatique est provoquée par l’obstruction des voies biliaires (voies d’écoulement de la bile à la sortie du foie ou de la vésicule biliaire) par un calcul (lithiase) ou le déplacement de ce dernier dans le canal cystique. "Le calcul bloque le passage de la bile (elle est stockée dans la vésicule biliaire et permet la digestion) et provoque une mise en tension brutale des voies biliaires".
Facteurs de Risque des Calculs Biliaires
Les personnes à risque de colique hépatique sont celles sujettes aux calculs biliaires. Les femmes sont plus touchées que les hommes en raison des œstrogènes et de leur impact sur le cholestérol. L’âge altère la faculté de la vésicule à se contracter donc à expulser la bile. Puisqu’il s’agit de caillot de cholestérol, le diabète, surpoids et obésité sont les principaux facteurs déclenchants.
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Inflammation de la Vésicule Biliaire (Cholécystite)
La vésicule biliaire et son contenu peuvent développer une inflammation importante, surtout lorsque le calcul bloque l'entrée (et la sortie) de la vésicule, empêchant totalement l'évacuation. Des bactéries peuvent ensuite y proliférer. Toute maladie diminuant les défenses de l'organisme favorise l'infection (cancer, diabète, Sida, etc.). Le cancer de la vésicule est une complication possible des calculs gênants l’écoulement de la bile depuis plusieurs années.
Hépatites Virales
L’hépatite correspond à une inflammation du foie pouvant être causée par des substances toxiques (alcool ou médicaments) ou des virus.
Hépatite A : Le virus de l’hépatite A est présent dans les matières fécales et se transmet par le contact avec des eaux sales, des aliments non lavés ou souillés, ou encore certaines pratiques sexuelles.
Hépatite B : Le virus de l’hépatite B, particulièrement contagieux, peut s’avérer chronique, ce qui augmente alors les risques de transmettre la maladie. Son mode de transmission ? Les liquides et les sécrétions biologiques.
Hépatite C : Le virus de l’hépatite C est généralement asymptomatique, mais peut se révéler par des symptômes similaires à ceux précédemment décrits (fatigue, nausées, douleurs abdominales, urines foncées, jaunisse). Il se transmet essentiellement par le sang.
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Hépatite D : Également appelé virus delta, il ne peut affecter qu’un organisme ayant auparavant (ou au même moment) été en contact avec le virus de l’hépatite B.
Hépatite E : Le virus de l’hépatite E se transmet principalement par la consommation d’eau non potable, d’aliments non lavés ou souillés, ou de viandes crues d’animaux porteurs du virus.
Hépatite Médicamenteuse
Due à l’ingestion de médicaments en excès, ou auxquels vous êtes allergique. L’hépatite aiguë provoque une inflammation au cours de laquelle le foie grossit et devient sensible.
Stéatose Hépatique Non Alcoolique (NASH)
Si votre foie gonfle de manière chronique, il se peut que vous souffriez d’une NASH (stéato-hépatite non alcoolique). Elle caractérise une inflammation du foie parce que celui-ci est gras. Ceci se manifeste par une sensation de lourdeur au niveau du foie et peut évoluer vers la cirrhose voire un cancer du foie si on ne réagit pas à temps.
Cirrhose
Provoquée par des maladies telles que l’hépatite C ou B, la stéatite non alcoolique ou par une consommation excessive d’alcool, l’inflammation chronique du foie finit par détruire les cellules hépatiques, en créant un tissu fibreux composé de nodules anormaux : c’est la cirrhose. Pendant plusieurs années, la cirrhose ne présente aucun symptôme. La cirrhose est une maladie du foie qui a essentiellement l’alcool pour cause, celui-ci étant considéré comme une substance véritablement toxique pour le foie. Même si vous buvez modérément, le problème se trouve au niveau d’une fréquence régulière.
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Insuffisance Hépatique
On parle d’insuffisance hépatique lorsque le foie ne peut plus filtrer les toxines et produire assez de protéines vitales. En conséquence, le foie commence par gonfler puis peut ensuite s’atrophier.
Impact de l'Alcool sur le Foie
Dès la consommation de deux verres d’alcool par jour, les risques pour le foie sont bien présents. Première conséquence : la stéatose, qui correspond à l’accumulation de graisse dans les cellules hépatiques. Les douleurs au niveau du foie ne sont pas systématiques et, en leur absence, il est plus difficile de diagnostiquer cette pathologie. Si elle est réversible au premier stade, la stéatose risque de s’aggraver et de s’installer en cas de persistance à consommer de l’alcool en excès.
Symptômes de la Colique Hépatique et des Troubles Hépatiques
La colique hépatique est davantage un symptôme qu’une maladie. Il s'agit d'une douleur brutale dans le creux de l'estomac ou sous les côtes du côté droit. Cette douleur est constante et s'intensifie rapidement. La colique hépatique dure de 30 minutes à quelques heures.
Symptômes Associés
La crise de colique hépatique peut durer d’une trentaine de minutes à plusieurs heures. Elles peuvent être associées, dans certains cas, à des nausées ou des vomissements.
Signes d'Alerte
La persistance d’une douleur au-delà de plusieurs heures ou l’absence de soulagement avec des antalgiques, l’apparition d’une fièvre ou d’un ictère doivent faire suspecter une complication et immédiatement consulter un médecin ou un service d’urgence. Une grande partie de ces symptômes ressemble à ceux éprouvés pour une cirrhose, ou une fibrose très avancée.
Examen Clinique en Cas de Cirrhose
Concernant la cirrhose, un examen clinique peut déjà orienter le diagnostic de votre médecin : si votre foie est palpable sous les côtes à droite, qu’il est volumineux et dur ; si votre rate est palpable à gauche ; si les paumes de vos mains sont rouges et révélatrices d’érythrose palmaire. Enfin, en cas de cirrhose, des angiomes stellaires (sortes de petites étoiles) sont visibles sur votre peau. En présence de ces signes, votre médecin doit vous orienter vers un gastro-entérologue ou un hépato-gastro-entérologue.
Questions à Poser au Patient
Comment est la douleur ? Violente ? D'apparition brutale ou progressive ? À quel endroit ? Avez-vous des nausées ou des vomissements ? La langue chargée ? Avez-vous une jaunisse (un ictère) ? Les urines foncées ? Avez-vous du cholestérol ?
Diagnostic
Devant des symptômes évocateurs, le médecin pourra prescrire un examen d’imagerie. La radiologie de l'abdomen permet parfois de voir certains calculs mais est souvent prise en défaut. L'échographie est l'examen le plus approprié. Elle permet d'étudier l'aspect de la vésicule biliaire des voies biliaires (ses parois, le nombre de calculs et leur taille).
Examens Complémentaires
L’IRM (imagerie par résonance magnétique) abdominale qui permet de détecter précisément certaines maladies comme l’hépatite et la stéatose hépatique. Tout d'abord, le médecin réalise un examen clinique par un interrogatoire du patient (concernant la nature des symptômes ainsi que ses antécédents personnels et familiaux). Le médecin palpe l'abdomen (au niveau de la région épigastrique et sous les côtes). "Afin de confirmer la colique par la présence de calculs, une échographie abdominale est nécessaire.
Traitement de la Colique Hépatique et des Troubles Hépatiques
Traitement Médicamenteux
Une colique hépatique peut se passer d’elle-même sans traitement si le calcul se débloque tout seul et est évacué dans l’intestin grêle. Il n’existe pas de traitement médicamenteux ayant une efficacité démontrée pour faciliter son expulsion. Le traitement consistera donc à soulager la douleur au moyen d’un antalgique adapté (prescrit par le médecin) en attendant que la crise cesse. En cas de colique hépatique, le médecin prescrit des antalgiques, anti-inflammatoires et antispasmodiques. La colique hépatique peut être soulagée avec des anti-inflammatoires non stéroïdiens et des antispasmodiques de type Spasfon°.
Cholécystectomie (Ablation de la Vésicule Biliaire)
Enfin, si les coliques hépatiques deviennent chroniques, vous pouvez opter pour un retrait de la vésicule biliaire. Cela vous soulagera durablement, d’autant plus que vivre sans vésicule n’a pas un impact trop important sur votre corps (éventuellement des selles plus liquides, que le médecin pourra contrer à l’aide d’un médicament). L'ablation se fait préférentiellement par cœlioscopie quand il n’y a pas de contre-indications à la pratique de ce geste. C'est une technique qui permet d'opérer la personne sans lui ouvrir l'abdomen. On insère par un petit trou une caméra qui guide le geste, et par deux autres trous on introduit les outils nécessaires à l'extraction de la vésicule biliaire. La cholécystectomie sous cœlioscopie permet d’ôter la vésicule biliaire avec une ouverture très limitée de l’abdomen. L’hospitalisation est alors de courte durée ( souvent en chirurgie ambulatoire) et le retour à domicile se fait le jour même. Les suites opératoires et la convalescence sont aussi très courtes. La cholécystectomie par laparotomie est plus invasive. Elle est pratiquée lorsque la cœlioscopie est contre-indiquée. La laparotomie consiste en ouverture de la paroi abdominale sous les côtes pour enlever les calculs. À la fin de l'intervention, une fois la vésicule biliaire enlevée, le chirurgien vérifie l’absence de calcul dans les canaux biliaires.
Traitement des Hépatites Virales
En ce qui concerne les hépatites virales aiguës, il est possible de se faire vacciner contre l’hépatite A et B (ce dernier vaccin protégeant également contre l’hépatite D).
Prise en Charge de la Cirrhose
Pour la cirrhose, sa prise en charge dépend de sa cause et consiste à limiter un maximum l’évolution de la maladie ou la survenue de complications.
Prévention de la Colique Hépatique
Il est possible de prévenir l'apparition d'une colique hépatique en adoptant une certaine hygiène de vie, en particulier alimentaire.
Alimentation
Une alimentation saine, pauvre en graisses saturées et en cholestérol (éviter beurre, fritures, viandes rouges, charcuterie, viennoiseries, plats préparés etc.) avec une consommation modérée d'alcool, peut avoir un rôle préventif. S’ils vous occasionnent des douleurs abdominales, la première chose à mettre en place est de suivre un régime alimentaire sain qui sera le premier remède naturel : pauvre en graisses, sucre et sel, et riche en fibres. A éviter donc les aliments riches à chaque repas si vous êtes très gourmand.
Activité Physique
La pratique d’une activité sportive est aussi très efficace et recommandée.
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