La colique est un terme qui fait frémir tout propriétaire de cheval. Première cause de mortalité équine, ce syndrome nécessite une intervention vétérinaire rapide. Cet article vise à vous éclairer sur les causes, les symptômes et les traitements possibles de la colique chez le cheval.

Qu'est-ce que la colique chez le cheval ?

Il est important de comprendre que la colique n'est pas une maladie en soi, mais un syndrome. Le terme « colique » regroupe différents symptômes mais désigne spécifiquement une douleur d’origine abdominale chez le cheval. Il s'agit d'un ensemble de symptômes liés à des douleurs intestinales, voire abdominales au sens large. Autrement dit, « colique » signifie simplement « mal de ventre ». Cette affection est la cause du plus grand nombre de décès chez le Cheval. Cependant, seuls 10% des cas nécessitent un recours à la chirurgie ou sont fatals.

Les coliques sont définies comme des douleurs abdominales ayant diverses origines digestives voire extra-digestives. En effet, une douleur abdominale va déclencher de nombreux symptômes tous plus ou moins identiques quelle que soit l’origine de la douleur (estomac, intestins ou parfois d’autres organes). Une colique étant une manifestation douloureuse, les symptômes vont varier en fonction du cheval et de son expression de la douleur. Il existe une classification en 5 stades d’intensité de la douleur lors des coliques du cheval.

Les causes de la colique

Les coliques ont des causes diverses et multiples qui peuvent se conjuguer. Ce sont des pathologies d’origine multifactorielle. Il est cependant possible de distinguer des facteurs de risque, dont certains sont propres au cheval et d’autres relèvent de son utilisation, de son environnement et de la conduite d’élevage. Elles peuvent concerner divers segments de l'appareil digestif.

Voici les principales causes de colique chez le cheval :

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  • Dysfonctionnement digestif : C’est le cas le plus fréquent. Les troubles du transit chez le cheval peuvent être liés à toutes sortes de dysfonctionnements. Le rôle du vétérinaire va être de diagnostiquer à quel niveau se situe le problème. Puis de préciser au maximum le diagnostic, de façon à choisir le meilleur traitement le plus rapidement.

    • Impaction alimentaire : L’impaction alimentaire est la seconde cause de coliques chez le cheval toutes catégories confondues. Il s’agit du fameux « bouchon de paille », le côlon est alors impacté par de l’ingesta le plus souvent au niveau d’une zone du côlon appelée « courbure pelvienne ». Une trop grande quantité d'aliment sec s'accumule, formant un bouchon. C'est une des coliques les plus fréquentes.
    • Ulcères gastriques : Fréquents, ils forment une catégorie de coliques un peu à part, souvent peu intenses mais récidivantes. En effet, chez le cheval, il est proportionnellement assez petit (15 à 20L), et ne peut pas évacuer le trop-plein par vomissement (l’entrée est « à sens unique »).
    • Impaction de l’iléon : Il s’agit d’une accumulation de particules alimentaires dans l’iléon (partie terminale de l’intestin grêle) formant un bouchon. Ce bouchon peut être levé par traitement médical précoce (laxatifs, perfusions).
    • Distension gazeuse : Elle est souvent consécutive à un arrêt du transit et donc à un autre type de colique, mais peut être douloureuse. Suite à un dysfonctionnement digestif, des fermentations gazeuses excessives se produisent dans le gros colon. Lorsque celui-ci est distendu par du gaz, cela favorise les déplacements.
  • Déplacement intestinal : Lorsque celui-ci est distendu par du gaz, cela favorise les déplacements. Il est a noter que l’entrappement néphrosplénique est l’un des deux type de colique qui peut être prévenue par une chirurgie. Elle se nomme « fermeture chirurgicale de l’espace néphro-splénique » et s’effectue sous laparoscopie (chirurgie à l’aide de caméra internes par de petites ouverture dans le flanc) sur cheval debout. Le colon va se déplacer vers la gauche et se coincer entre la rate et la paroi abdominale gauche. Parfois, le colon peut même remonter jusqu’à l’espace situé entre le rein gauche et la rate. Le colon va se déplacer et se retrouver entre le caecum et la paroi abdominale droite. NB : Les déplacements du colon sont souvent secondaires à une surcharge. Ils se résolvent avec un traitement médical dans 70% des cas environ.

  • Torsions et incarcérations : Lorsque qu’une portion d’intestin effectue une torsion complète, ou se trouve incarcérée dans un petit espace, l’apport sanguin est compromis et le segment se nécrose progressivement. Le cheval est généralement très douloureux. Il se roule violemment et il transpire. La chirurgie est dans ce cas un passage obligé pour sauver le cheval. Puis, en se nécrosant, la paroi digestive devient perméable aux bactéries intestinales qui pénètrent dans la circulation. L’état général du cheval se dégrade en quelques heures et le pronostic vital diminue, même avec une chirurgie.

    • Hernie inguinale : Une partie de l’intestin va passer au travers d’un des anneaux inguinaux (par lequel passent les cordons des testicules) et rester coincé. Le transit est alors totalement interrompu. Les torsions se produisent plus fréquemment au niveau du petit intestin (tube de 5 cm de diamètre sur 25 mètres de long) en raison de sa longueur. Celui-ci peut également s’incarcérer dans le canal inguinal et provoquer une hernie inguinale, chez l’étalon (le plus souvent après un effort ou un parcours de saut d’obstacles).
    • Foramen épiploïque : l’intestin vient se coincer dans un petit orifice à l’intérieur de l’abdomen. Les conséquences sont les mêmes que pour la hernie inguinale, et il faut opérer d’urgence. Dans le même principe, l’intestin grêle peut aussi s’enrouler autour d’une boule de gras, ou parfois se nouer sur lui-même.
    • Iléus paralytique : Il s’agit d’une paralysie de l’intestin (occlusion intestinale sans obstruction physique).
    • Volvulus du gros colon : torsion du gros colon sur lui-même. Cette colique est la plus grave et la plus fulgurante. La torsion complète du gros colon est une affection fort heureusement rare qui fait partie des causes de colique les plus douloureuses et les plus graves. Une intervention chirurgicale immédiate est indispensable pour espérer sauver le cheval.
  • Blocage de la vidange rectale : le cheval n’arrive pas à évacuer les crottins. Dans certains cas, les signes de coliques sont liés à un transit accéléré (diarrhée) avec des spasmes douloureux. Il s’agit de coliques dont l’origine de la douleur n’est pas digestive.

Facteurs de risque

Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de colique chez le cheval :

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Facteurs liés au cheval:

  • Race: Les pur-sang, les arabes et les chevaux de selle seraient plus prédisposés.
  • Sexe: Les étalons et les hongres seraient plus prédisposés.
  • Âge: L'âge est à mettre en relation avec le niveau d'activité et l'alimentation qui seraient également des facteurs de risque de coliques.
  • Tics et pica: Le tic à l'appui est surtout révélateur d'ennui et d'inactivité qui seraient facteurs de risque de coliques. Un cheval atteint de pica absorbe de la terre et du sable, ce qui serait facteur de risque de coliques. Le pica est aussi révélateur d'ennui.
  • Antécédents de coliques: Un cheval ayant déjà fait des coliques serait plus exposé.

Facteurs liés au mode de vie du cheval:

  • Vie en box: La vie en box favorise l'inactivité. Elle serait ainsi un risque de coliques.
  • Changement de lieu de vie: Les changements de lieu de vie seraient facteurs de risque de coliques, en particulier lors du passage du pâturage à la vie en box.
  • Changement d'activité: Au changement d'activité correspondent en général des changements d'alimentation et de lieu de vie, qui seraient des facteurs de risque de coliques.
  • Niveau d'activité: Une activité intense ou l'inactivité accroîtrait les risques de coliques.
  • Transports: Le transport est facteur de stress qui accroîtrait le risque de coliques.

Facteurs liés à l'entretien du cheval:

  • Personne s'occupant du cheval: Le risque de développer des coliques serait plus faible lorsque le propriétaire s'occupe lui-même de son cheval.
  • Parasitisme gastro-intestinal: Le parasitisme gastro-intestinal augmenterait le risque de coliques.
  • État de la dentition: L'état de la dentition conditionne la prise alimentaire et son rendu physique, lequel jouerait un rôle dans l'apparition des coliques.

Facteurs liés aux conditions climatiques:

  • Modifications du climat: Les modifications climatiques seraient en relation avec l'apparition de coliques.

Facteurs liés à l'alimentation et l'abreuvement:

  • Type d'aliment: La présence de concentrés dans la ration et la consommation de paille augmenteraient le risque de coliques.

Les symptômes de la colique

Repérer un cheval atteint d’une colique peut s’avérer facile comme très compliqué. Ce syndrome se manifestant par une douleur, c’est la sensibilité du cheval qui déterminera la plus ou moins grande visibilité des symptômes. Il est donc recommandé d’observer son cheval régulièrement. Les symptômes vont varier en fonction du cheval et de son expression de la douleur. Ce sont ces signes de douleur qui vont généralement alerter le propriétaire puisque le cheval n’est pas dans son état normal.

Voici les signes les plus courants :

  • Il ne mange plus
  • Il regarde ses flancs
  • Il gratte le sol
  • Il se couche, ou se jette au sol
  • Il prend une position de « chien assis »
  • Il transpire beaucoup
  • Il est en état de dépression
  • Un cheval qui présente de l’abattement, reste plus couché que la normale, refuse de manger, se regarde les flancs, gratte, se roule de façon violente et/ou répétée, présente des signes couramment évocateurs de colique.
  • Fréquence cardiaque : augmentation (tachycardie) proportionnellement à la douleur. C’est un bon indicateur de la gravité des coliques du cheval.
  • État des muqueuses : congestives (couleur rose foncé), liserées voire violacées en cas d’état de choc du cheval.
  • Les bruits intestinaux : diminués voire absents, ils sont audibles par auscultation abdominale à l’aide d’un stéthoscope.
  • Déshydratation : plus ou moins avancée en cas de coliques sévères.
  • Le cheval est en état de dépression sévère

Diagnostic

Le rôle du vétérinaire va être de diagnostiquer à quel niveau se situe le problème. Puis de préciser au maximum le diagnostic, de façon à choisir le meilleur traitement le plus rapidement. C’est votre vétérinaire qui déterminera la gravité de la colique du cheval.

L’examen de votre cheval, comprenant systématiquement une palpation transrectale et un sondage naso-gastrique, sauf en cas d’impossibilité à les réaliser (si trop dangereux), lui permettra d’orienter le diagnostic vers une des causes citées plus haut.

  • La palpation transrectale permet de vérifier le bon positionnement ou le déplacement des intestins du cheval, en particulier du colon, ainsi que de juger de la distension gazeuse intestinale ou de détecter une masse.
  • Le contenu de l’estomac, évalué lors du sondage naso-gastrique, renseigne sur l’état du transit (vidange gastrique normale, ralentie ou arrêt complet voire reflux). Le reflux correspond au retour en arrière des sécrétions intestinales vers l’estomac et signe un arrêt complet du transit du cheval.
  • L’échographie peut compléter la palpation transrectale, en confirmant un déplacement du colon, en évaluant la distension et la motilité de l’intestin grêle du cheval.

Il peut également réaliser des examens complémentaires (analyses sanguines, paracentèse abdominale, échographie), pour juger de la nécessité et de l’urgence d’une chirurgie.

Lire aussi: Traitements pour la colique du cheval

Traitements

Dès les premiers signes de colique chez un cheval, il est important d’agir vite. Ce syndrome n’est pas anodin et nécessite une intervention rapide d’un vétérinaire. Une fois que le vétérinaire aura établi son diagnostic, il décidera si votre cheval peut recevoir des soins sur place ou bien si une hospitalisation est nécessaire. En cas de torsion par exemple, la question ne se pose pas : le cheval devra subir une intervention chirurgicale.

De l’origine de la colique dépend le traitement. En cas de d’inconfort abdominal modéré, les coliques peuvent être traitées de manière conservative dans un premier temps. Retirez tout accès à la nourriture (ou mettez un panier de jeune) et faites marcher votre cheval en main. Si vous en avez les compétences vous pouvez injecter un antalgique simple comme la noramidopyrine (Calmagine) par voie intra veineuse. Contacter votre vétérinaire pour les prescriptions nécessaires à la détention de ce médicament.

Traitement médical

Selon le diagnostic, un traitement conservateur est possible. Il consiste notamment en l’administration d’antispasmodiques et d’analgésiques. Des laxatifs spéciaux, comme l’huile de paraffine, peuvent également aider à lutter contre la constipation. Vétérinaire en train de faire un sondage nasogastrique. Des antispasmodiques ainsi que des anti-inflammatoires non stéroïdiens seront administrés pour apaiser le transit et diminuer la douleur. Si celle-ci est importante, de la morphine peut également être administrée. Dans la plupart des cas, le vétérinaire administre aussi de la paraffine dans l’estomac du cheval via le sondage nasogastrique. De plus, les perfusions permettent de stabiliser la circulation sanguine. Ensuite, il s’agit d’attendre et d’observer le cheval pendant au moins 24h. Si son état s’aggrave à nouveau, emmenez-le rapidement dans une clinique équine. Il est possible de relancer le transit avec des perfusions et de la paraffine.

Il n’existe pas de traitement naturel qui puisse soigner une colique à lui seul. Toutefois, certains compléments alimentaires pour chevaux naturels peuvent être administrés en plus du traitement conservateur. Ils permettent de renforcer les fonctions naturelles du cheval et peuvent contribuer à son rétablissement. Demandez conseil à votre vétérinaire, qui saura déterminer au mieux ce dont votre cheval à besoin.

Traitement chirurgical

Si le traitement conservateur n’a pas fait effet ou si l’état du cheval est trop grave, l’opération est la (dernière) solution. Une fois le cheval placé sous anesthésie, le vétérinaire ouvre la cavité abdominale pour localiser la cause et, si possible, l’éliminer. Pour ce faire, il examine de manière ciblée les différentes parties de l’intestin et les autres organes abdominaux. En moyenne, une opération pour traiter une colique dure entre une heure et demie et trois heures. Notez toutefois que la durée de l’intervention chirurgicale ne peut pas être déterminée à l’avance. En effet, certains facteurs tels que des complications inattendues peuvent prolonger l’opération. Dans les cas de torsion ou de déplacements du tube digestif, une chirurgie peut être obligatoire. Elle est nécessaire dans environ 10% des cas. La chirurgie de colique est une opération risquée. Les complications sont fréquentes : lâchage de sutures, infection, fourbure, problème de transit… Les avancées dans les techniques chirurgicales et le suivi post-opératoire des dernières années ont néanmoins permis une bonne amélioration du taux de succès des chirurgies abdominales.

Coûts des traitements

Avant toute chose, vous devez déterminer le budget que vous souhaitez et pouvez engager pour soigner votre cheval. Le traitement d’une colique peut s’avérer conséquent : il faudra compter entre 100€ et 300€ pour un traitement médical en étant soigné aux écuries, entre 500€ et 800€ pour une surveillance en clinique, et entre 3000€ et 5000€ pour effectuer une opération chirurgicale. Il n’existe pas de réponse précise à cette question. Les coûts dépendent par exemple de la durée de l’opération, de la gravité du syndrome, de la quantité de médicaments nécessaires et du tarif local. En moyenne, le coût d’une opération pour traiter la colique du cheval se situe entre 5 000 et 15 000 euros, mais il peut parfois être plus élevé.

Ainsi, afin de couvrir les frais vétérinaires en cas de colique, vous pouvez opter pour une assurance cheval Cavalassur. De cette manière, c’est l’assurance qui prend en charge tout ou une partie des frais engendrés par la colique. De la chirurgie au traitement de la colique non opérée, vous pourrez bénéficier d’une garantie précieuse en fonction du niveau d’assurance choisi.

Prévention

On ne peut pas supprimer complètement le risque de colique chez le cheval, car certaines causes sont totalement indépendantes de nos actions. Ou encore les chevaux qui tiquent (aérophagie). Cependant, plusieurs mesures préventives sont à mettre en place afin de diminuer le risque d’apparition de coliques.

Puisque celles-ci sont majoritairement liées à l’alimentation, sa gestion est donc primordiale :

  • L’alimentation doit être essentiellement constituée de fourrages de bonne qualité, comme du foin ou de l’herbe.
  • Respecter une durée minimale d’ingestion de 5 heures par jour avec au minimum 4 à 5 kg de foin par jour, si possible dans un filet à foin
  • Fractionner la ration en plusieurs petits repas dans la journée
  • Donner de l’eau à volonté, pas trop froide et de façon non brutale
  • Respecter une transition alimentaire sur une semaine en mélangeant le nouvel aliment avec l’ancien
  • Proscrire le blé qui favorise une forte fermentation
  • Assurer une bonne conservation des aliments
  • Pour les chevaux coliquards chez qui ces mesures ne suffisent pas, il existe des compléments pour soutenir et stimuler le transit.

En effet, plus un cheval est confiné au box, plus le risque d’apparition de coliques est élevé. En conséquence, des sorties régulières au pré sont recommandées. La gestion des parasites intestinaux est bien évidemment primordiale. Il est impossible de se prémunir contre les coliques. Sand Clear de Farnam est un complément alimentaire essentiel pour la prévention des coliques de sable chez les chevaux et les poulains.

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