La colique est un terme générique qui désigne une douleur abdominale chez le cheval. Bien qu'elle soit la principale cause de décès chez les chevaux, seulement 10 % des cas nécessitent une intervention chirurgicale ou sont fatals. Le traitement dépend de l'origine de la colique. Il est donc important de connaître les causes, les symptômes et les traitements possibles.
Causes de la colique chez le cheval
Les coliques chez le cheval sont des douleurs abdominales d'origine digestive ou extra-digestive. Les causes des coliques sont diverses et multiples et peuvent se combiner. Bien qu'il ne s'agisse pas d'une maladie, mais d'un syndrome regroupant un ensemble de symptômes, il est essentiel de comprendre les différents types de coliques et leurs causes.
On distingue principalement trois grands types de coliques :
Dysfonctionnement digestif
C'est le cas le plus fréquent.
- Impaction alimentaire : C'est la deuxième cause de colique chez le cheval. Elle est due à une accumulation d'ingesta, souvent de la paille, dans le côlon, généralement au niveau de la courbure pelvienne. On parle alors de "bouchon de paille".
- Le bouchon : Il peut se former dans l'intestin grêle ou le gros intestin. Lorsque le contenu digestif est trop peu liquide, il ne peut plus avancer, ce qui entraîne un arrêt du transit et une accumulation de matière. Le bouchon ainsi formé distend le tube digestif et provoque de la douleur. Si le cheval continue à s'alimenter, le bouchon augmente de taille.
- Dysmicrobisme : Le contenu ingéré est plus "lourd" que la normale, ce qui alourdit le tube digestif et entraîne une mauvaise circulation et un blocage du transit.
- Ulcères gastriques : Ils sont fréquents et forment une catégorie de coliques à part, souvent peu intenses mais récidivantes.
- Impaction de l'iléon : Accumulation de particules alimentaires dans l'iléon (partie terminale de l'intestin grêle) formant un bouchon. Ce bouchon peut être levé par un traitement médical précoce (laxatifs, perfusions).
- Impaction : Surcharge du caecum ou du côlon en particules solides, formant un bouchon. C'est l'une des coliques les plus fréquentes chez le cheval.
- Distension gazeuse : Souvent consécutive à un arrêt du transit et donc à un autre type de colique, mais peut être douloureuse.
- Blocage de la vidange rectale : Le cheval n'arrive pas à évacuer les crottins.
Déplacement intestinal
Suite à un dysfonctionnement digestif, des fermentations gazeuses excessives se produisent dans le gros colon. Lorsque celui-ci est distendu par du gaz, cela favorise les déplacements.
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- Le déplacement : L'intestin est libre dans l'abdomen et peut se déplacer lors de surcharge ou de gaz qui vont le déformer. L'intestin peut alors se coincer à une place anormale, ce qui augmente son dysfonctionnement.
- Déplacement du colon à gauche : Le colon se déplace vers la gauche et se coince entre la rate et la paroi abdominale gauche. Parfois, le colon peut même remonter jusqu'à l'espace situé entre le rein gauche et la rate.
- Déplacement du colon à droite : Le colon se déplace et se retrouve entre le caecum et la paroi abdominale droite.
- Entrappement néphrosplénique : L'un des deux types de coliques qui peut être prévenue par une chirurgie, appelée "fermeture chirurgicale de l'espace néphro-splénique", effectuée sous laparoscopie (chirurgie à l'aide de caméras internes par de petites ouvertures dans le flanc) sur cheval debout.
Torsions et incarcérations
Lorsqu'une portion d'intestin effectue une torsion complète, ou se trouve incarcérée dans un petit espace, l'apport sanguin est compromis et le segment se nécrose progressivement. Le cheval est généralement très douloureux, se roule violemment et transpire. La chirurgie est alors indispensable pour sauver le cheval.
- La torsion : L'intestin vrille complètement sur lui-même, ce qui entraîne un gonflement en amont car les aliments ne peuvent plus passer. De plus, cette torsion entraîne un effet garrot et coupe l'irrigation sanguine de la partie tordue, ce qui peut conduire à la nécrose de ce morceau d'intestin.
- Torsions de l'intestin grêle : Elles se produisent plus fréquemment au niveau du petit intestin (tube de 5 cm de diamètre sur 25 mètres de long) en raison de sa longueur. Celui-ci peut également s'incarcérer dans le canal inguinal et provoquer une hernie inguinale, chez l'étalon (le plus souvent après un effort ou un parcours de saut d'obstacles).
- Torsion complète du gros colon : Une affection rare mais très douloureuse et grave. Une intervention chirurgicale immédiate est indispensable pour espérer sauver le cheval.
- Hernie inguinale : Une partie de l'intestin passe au travers d'un des anneaux inguinaux (par lequel passent les cordons des testicules) et reste coincée. Le transit est alors totalement interrompu.
- Foramen épiploïque : L'intestin vient se coincer dans un petit orifice à l'intérieur de l'abdomen. Les conséquences sont les mêmes que pour la hernie inguinale, et il faut opérer d'urgence. Dans le même principe, l'intestin grêle peut aussi s'enrouler autour d'une boule de gras, ou parfois se nouer sur lui-même.
- Volvulus du gros colon : Torsion du gros colon sur lui-même. Cette colique est la plus grave et la plus fulgurante.
Autres causes
- Iléus paralytique : Paralysie de l'intestin (occlusion intestinale sans obstruction physique).
- Coliques liées à un transit accéléré (diarrhée) : Avec des spasmes douloureux.
- Coliques dont l'origine de la douleur n'est pas digestive : Atteinte d'autres organes (rein, utérus).
Facteurs de risque des coliques
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de coliques chez le cheval. Certains sont liés au cheval lui-même, d'autres à son mode de vie, à son entretien ou à son alimentation.
Facteurs de risque liés au cheval
- Race : Les pur-sang, les arabes et les chevaux de selle seraient plus prédisposés, mais cela n'est pas prouvé.
- Sexe : Les étalons et les hongres seraient plus prédisposés, mais cela n'est pas prouvé.
- Âge : L'âge serait un facteur de risque, mais les données sont contradictoires. L'âge est à mettre en relation avec le niveau d'activité et l'alimentation.
- Tics et pica : Le tic à l'appui est révélateur d'ennui et d'inactivité, qui seraient des facteurs de risque. Un cheval atteint de pica absorbe de la terre et du sable, ce qui serait facteur de risque.
- Antécédents de coliques : Un cheval ayant déjà fait des coliques serait plus exposé.
Facteurs de risque liés au mode de vie du cheval
- Vie en box : La vie en box favorise l'inactivité, ce qui serait un risque de coliques.
- Changement de lieu de vie : Les changements de lieu de vie seraient des facteurs de risque, en particulier lors du passage du pâturage à la vie en box.
- Changement d'activité : Au changement d'activité correspondent en général des changements d'alimentation et de lieu de vie, qui seraient des facteurs de risque.
- Niveau d'activité : Une activité intense ou l'inactivité accroîtrait les risques de coliques.
- Transports : Le transport est facteur de stress, ce qui accroîtrait le risque de coliques, mais cela n'est pas prouvé.
Facteurs de risque liés à l'entretien du cheval
- Personne s'occupant du cheval : Le risque de développer des coliques serait plus faible lorsque le propriétaire s'occupe lui-même de son cheval.
- Parasitisme gastro-intestinal : Le parasitisme gastro-intestinal augmenterait le risque de coliques.
- État de la dentition : L'état de la dentition conditionne la prise alimentaire et son rendu physique, lequel jouerait un rôle dans l'apparition des coliques.
Facteurs de risque liés aux conditions climatiques
- Modifications du climat : Les modifications climatiques seraient en relation avec l'apparition de coliques, mais les données épidémiologiques sont contradictoires.
Facteurs de risque liés à l'alimentation et à l'abreuvement
- Type d'aliment : La présence de concentrés dans la ration et la consommation de paille augmenteraient le risque de coliques.
Symptômes de la colique chez le cheval
Les symptômes de la colique peuvent varier en fonction de la cause et de la sensibilité du cheval à la douleur. Il est donc important d'observer régulièrement son cheval pour détecter tout signe anormal.
Les signes les plus courants sont :
- Abattement
- Le cheval reste plus couché que la normale
- Refus de manger
- Le cheval se regarde les flancs
- Gratte le sol
- Se roule de façon violente et/ou répétée
- Prend une position de "chien assis"
- Transpire beaucoup
- État de dépression
- Augmentation de la fréquence cardiaque (tachycardie)
- Muqueuses congestives (couleur rose foncé), liserées voire violacées en cas d'état de choc
- Bruits intestinaux diminués voire absents
- Déshydratation
Diagnostic de la colique chez le cheval
Dès les premiers signes de colique, il est important d'agir vite et de contacter un vétérinaire. L'examen clinique du cheval permettra au vétérinaire de déterminer la gravité de la colique et d'orienter le diagnostic.
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L'examen comprend généralement :
- Observation du comportement général du cheval
- Examen des muqueuses pour vérifier l'état d'hydratation
- Prise de la fréquence cardiaque pour évaluer le niveau de douleur
- Auscultation abdominale à l'aide d'un stéthoscope pour écouter les bruits intestinaux
- Palpation transrectale pour localiser les anomalies au niveau du tube digestif (bouchon, déplacement, torsion)
- Sondage naso-gastrique pour évaluer le contenu de l'estomac et vérifier qu'un bouchon dans l'intestin n'entraîne pas un débordement dans l'estomac.
Des examens complémentaires peuvent également être réalisés :
- Analyses sanguines pour déterminer l'urgence de la situation et la nécessité d'une opération
- Échographie pour confirmer un déplacement du colon, évaluer la distension et la motilité de l'intestin grêle
- Paracentèse abdominale
Traitement de la colique chez le cheval
Le traitement de la colique dépend de la cause et de la gravité de la situation. Il peut être médical ou chirurgical.
Traitement médical
En cas d'inconfort abdominal modéré, les coliques peuvent être traitées de manière conservative dans un premier temps.
Le traitement médical comprend généralement :
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- Retrait de tout accès à la nourriture (ou mise en place d'un panier de jeûne)
- Marche du cheval en main
- Administration d'antispasmodiques et d'analgésiques pour apaiser le transit et diminuer la douleur. De la morphine peut être administrée si la douleur est importante.
- Administration de laxatifs spéciaux, comme l'huile de paraffine, pour lutter contre la constipation. La paraffine est généralement administrée dans l'estomac du cheval via le sondage naso-gastrique.
- Perfusion pour stabiliser la circulation sanguine et lutter contre la déshydratation.
Il est important d'attendre et d'observer le cheval pendant au moins 24 heures. Si son état s'aggrave à nouveau, il faut l'emmener rapidement dans une clinique équine.
Traitement chirurgical
Si le traitement conservateur n'a pas fait effet ou si l'état du cheval est trop grave, l'opération est la solution.
L'intervention chirurgicale consiste à ouvrir la cavité abdominale pour localiser la cause et, si possible, l'éliminer. Le vétérinaire examine de manière ciblée les différentes parties de l'intestin et les autres organes abdominaux.
La durée de l'opération varie en fonction de la complexité de la situation et peut durer entre une heure et demie et trois heures.
Le coût d'une opération pour traiter la colique du cheval se situe en moyenne entre 5 000 et 15 000 euros, mais il peut parfois être plus élevé.
Que faire en cas de suspicion de colique ?
Si vous suspectez une colique chez votre cheval, voici les premières mesures à prendre :
- Contactez immédiatement votre vétérinaire.
- Retirez tout accès à la nourriture, ou utilisez un panier si vous ne pouvez pas faire autrement.
- Faites marcher votre cheval en main.
- Ne mettez pas votre cheval dans un paddock ou dans le manège en liberté.
- Ne donnez pas d'huile à votre cheval, pour aider à passer. Votre vétérinaire peut pratiquer cet acte car il en a les compétences.
- Si vous en avez les compétences et sur prescription de votre vétérinaire, vous pouvez injecter un antalgique simple comme la noramidopyrine (Calmagine) par voie intra veineuse ou intra-musculaire. Ne faites jamais de Finadyne® car ce puissant anti-inflammatoire va masquer la douleur pendant quelques heures.
- Réfléchissez jusqu'où vous souhaitez aller en termes de budget afin d'avertir le vétérinaire des frais que vous souhaitez ou pouvez réaliser.
Prévention des coliques chez le cheval
Il n'est pas possible de supprimer complètement le risque de colique chez le cheval, car certaines causes sont indépendantes de nos actions. Cependant, plusieurs mesures préventives peuvent être mises en place afin de diminuer le risque d'apparition de coliques.
Gestion de l'alimentation
Puisque les coliques sont majoritairement liées à l'alimentation, sa gestion est primordiale.
- Respecter une durée minimale d'ingestion de 5 heures par jour avec au minimum 4 à 5 kg de foin par jour, si possible dans un filet à foin.
- Fractionner la ration en plusieurs petits repas dans la journée.
- Donner de l'eau à volonté, pas trop froide et de façon non brutale.
- Respecter une transition alimentaire sur une semaine en mélangeant le nouvel aliment avec l'ancien.
- Proscrire le blé qui favorise une forte fermentation.
- Assurer une bonne conservation des aliments.
- Pour les chevaux coliquards chez qui ces mesures ne suffisent pas, il existe des compléments pour soutenir et stimuler le transit.
Mode de vie
- Favoriser les sorties régulières au pré, car plus un cheval est confiné au box, plus le risque d'apparition de coliques est élevé.
Entretien
- Suivre les recommandations de votre vétérinaire pour la gestion du parasitisme de votre cheval.
- Assurer un bon état de la dentition.
Assurance cheval
Le traitement d'une colique peut s'avérer coûteux. Afin de couvrir les frais vétérinaires, vous pouvez opter pour une assurance cheval. De cette manière, c'est l'assurance qui prend en charge tout ou une partie des frais engendrés par la colique.
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