C'est un nom mythique, un acteur légendaire : Cary Grant, star de Elle et Lui, Charade ou La mort aux trousses. L'élégance de Cary Grant masquait les fêlures d'un homme aux origines modestes. Une personnalité multiple dont témoigne aussi sa filmographie. Lorsqu’on évoque les légendes d’Hollywood, le nom de Cary Grant résonne avec une élégance intemporelle et un charme irrésistible. Né à une époque où le cinéma muet laissait place aux premiers dialogues sonores, Cary Grant a su captiver le public non seulement par son apparence soignée mais aussi par son talent incontestable. Cet article invite les lecteurs à plonger dans la jeunesse et les premières années de carrière de cette icône, explorant comment il est devenu le symbole de la sophistication masculine et un acteur vénéré au-delà des générations. Préparez-vous à découvrir comment Cary Grant jeune a posé les bases d’une carrière légendaire qui continue d’inspirer et de charmer le monde entier.
Une enfance difficile à Bristol
Archibald Alexander Leach est né le 18 janvier 1904, dans le gris et froid Bristol, en Angleterre. Sa vie commence comme du Dickens. Son père, Elias, était un alcoolique qui repassait des costumes. Sa mère, Elsie, était une jolie femme, nerveuse et directive, qui couvait son fils unique jusqu’à l’étouffer. Cary Grant, cité par Scott Eyman, disait : « Je n’ai jamais connu le moindre moment heureux avec eux quand nous vivions sous le même toit. Et c’est un fait. C’est la vérité. »
En 1915, la mère de Cary Grant est internée sur ordre de son mari dans un hôpital psychiatrique (jusqu'en 1936). Elias fait interner une Elsie supposément fragile mentalement à Fishponds, dans un sinistre asile psychiatrique géré par l’État. L'acteur, âgé d'une dizaine d'années, se sent abandonné et développe, vis-à-vis d'elle, une forme de complexe d'Œdipe. Elias ne dira jamais à son fils, 11 ans à l’époque, ce qui était arrivé à sa mère, laissant le petit Archie supposer qu’elle l’avait abandonné, ou encore qu’elle était morte. Plus tard, il lui attribue sa méfiance maladive envers les femmes et l'échec systématique de ses relations de couple. Sans surprise, la disparition d’Elsie marque profondément le petit garçon. « Je me lavais en permanence, racontait-il, une habitude qui m’a suivi longtemps à l’âge adulte, avec la croyance subconsciente que si je frottais suffisamment fort, je pourrais peut-être aussi nettoyer l’intérieur. »
Le jeune Archie, qui a déjà traversé l’Atlantique avec la troupe d’artistes de cirque dont il fait partie, apprend sa résurrection par une lettre au ton laconique de son père (l’alcoolisme aura raison de ce dernier en 1935).
L'attrait de la scène et le départ pour l'Amérique
Le petit Archie, en manque d’affection, va bientôt trouver la chaleur dont il manque cruellement dans le petit théâtre local, où il devient garçon de courses. Très vite, il va découvrir dans cette joyeuse petite troupe une famille de substitution à laquelle se raccrocher. En 1918, il signe pour devenir apprenti de la Bob Pender Troupe, et laisse Bristol derrière lui pour partir en tournée sur les routes du pays en tant qu’acrobate.
Lire aussi: FIV Douce : Alternative Fertilité
Changer d’identité, en même temps que de continent, était alors salutaire pour le jeune Archie Leach qui fera plusieurs métiers dans le music-hall avant de tenter sa chance au cinéma. En 1920, Archibald Alexander Leach se retrouve à New York dans le cadre d’une tournée avec la troupe de Bob Pender. Scott Eyman dresse le portrait d’un jeune homme attentif et curieux, qui s’imprègne de l’expérience de ses brillants camarades de jeu comme George Burns, Gracie Allen, Jack Benny, Faye Wray ou le costumier Orry Kelly. Scott Eyman lui prête ces mots : « À mes débuts, j’étais très conscient de mon manque d’éducation. Je ne voulais pas que ça se voit, alors je me suis inventé un accent… Tout le reste je l’ai piqué à Noel Coward. »
La transformation en Cary Grant à Hollywood
À la fin des années 1920, l’allure et le charme hors norme d'Archibald Alexander Leach lui valent des petits rôles dans une poignée de pièces sur Broadway. En 1931, il se rend à Hollywood et se choisit le pseudonyme de Cary Grant. Si à l’écran, il dégage assurance et nonchalance, en plateau, il est rongé par le trac avant que la caméra ne tourne. « Je n’avais jamais vu un acteur aussi nerveux, aussi agité, » disait James Stewart, son partenaire dans Indiscrétions, cité par Scott Eyman.
En 1932, la direction de Paramount Pictures a transformé un Anglais d’origine modeste, Archibald Alexander Leach, né à Bristol en 1904, en leurre de cinéma. Pour ce faire, elle a commencé par lui attribuer un nom de fantaisie, composé de trois syllabes faisant office de nom mirage, d’indice scintillant. Il a été baptisé Cary Grant pour incarner un type, moitié clown, moitié héros sentimental, dont le public de cinéma est alors particulièrement friand. Comme un chien porte un collier, un prisonnier son matricule. Peu d'acteurs, cependant, s'inventent à ce point une personnalité autre, réussissent l'exploit d'une telle métamorphose psychologique et sociologique.
Ses premiers films n’ont pas été des succès retentissants mais ont servi à forger son expérience devant la caméra. C’est avec She Done Him Wrong (1933), aux côtés de Mae West, que Cary Grant commence véritablement à se faire un nom. Ce film non seulement lance sa carrière mais contribue aussi à sauver Paramount Pictures de la faillite pendant la Grande Dépression.
L'ascension vers la gloire et les collaborations marquantes
La décennie des années 1930 a aussi été marquée par les collaborations de Cary Grant avec certains des plus grands réalisateurs de l’époque. En 1937, il joue dans Topper, une comédie surnaturelle dirigée par Norman Z. McLeod, qui devient un grand succès au box-office. Mais c’est sa collaboration avec George Cukor qui le révèle véritablement comme un grand acteur comique ; ensemble, ils créent Bringing Up Baby (1938), où Cary Grant donne la réplique à Katharine Hepburn dans une performance qui reste à ce jour une référence en matière de comédie screwball.
Lire aussi: Cary Grant : Du Bristol à la gloire
Plus qu’aucun autre réalisateur, Alfred Hitchcock saura formidablement bien tirer profit de cette ambiguïté et de la part d’ombre de l’acteur. Dans La mort aux trousses, il est constamment pris pour un autre. Et dans Soupçons, le comportement équivoque de son personnage de playboy volontiers menteur amène sa riche épouse à penser qu’il a l’intention de se débarrasser d’elle.
L'impact sur le style et l'élégance masculine
Cary Grant est célèbre non seulement pour ses rôles au cinéma, mais aussi pour son style personnel qui a redéfini l’élégance masculine. Il était connu pour sa garde-robe impeccable, composée de costumes sur mesure, qui mettait en valeur sa silhouette athlétique et son charisme naturel. Son approche du style vestimentaire, à la fois classique et sophistiquée, a fait de lui une icône de mode intemporelle. Cary Grant prônait la simplicité dans le choix des vêtements, préférant des couleurs neutres et des coupes précises qui accentuaient l’élégance sans jamais tomber dans l’excès. Son influence sur la mode est telle que de nombreux designers modernes citent encore aujourd’hui Cary Grant comme une source d’inspiration pour leurs collections masculines.
Cary Grant dans la culture populaire
L’empreinte de Cary Grant dépasse largement les frontières du cinéma; il est devenu une figure emblématique dans la culture populaire mondiale. Sa manière unique de mêler charme britannique et humour subtil a influencé non seulement d’autres acteurs, mais aussi des personnages de fiction dans divers médias. Par exemple, le personnage de James Bond, tel qu’imaginé initialement par Ian Fleming, possède des traits qui semblent être inspirés directement par Cary Grant. Ses films continuent d’être étudiés dans les écoles de cinéma pour leur excellence en matière de performance et de production, faisant de lui un sujet permanent d’étude et d’admiration. Sa capacité à rester pertinent à travers les décennies illustre bien comment Cary Grant a su toucher et influencer des générations de fans et d’artistes autour du globe.
Vie privée et relations personnelles
Tourmenté, autoritaire, anxieux, maniaque, facilement dépressif avec une tendance à la neurasthénie (il subira un traitement au LSD), il a poussé ses moitiés à jeter l’éponge bien vite. Un seul enfant naîtra de ses unions, Jennifer, fille de Dyan Cannon, en 1966. Bien que les rumeurs de bisexualité aient circulé dès ses débuts, et notamment lors de sa vie en collocation avec Randolph Scott dans les années 30, rien n’a réellement éclaté au grand jour.
Lire aussi: L'évolution de Hugh Grant
tags: #Cary #Grant #enfance #jeunesse
