La bronchiolite aiguë du nourrisson est une infection respiratoire très fréquente qui touche chaque hiver 30% des enfants de moins de 2 ans en France. Après deux années marquées par la Covid-19 pendant lesquelles les cas de bronchiolites ont été très peu nombreux, l’épidémie cette année est particulièrement forte. La bronchiolite est une infection virale contagieuse le plus souvent bénigne qui concerne environ 480 000 enfants chaque hiver. Elle touche les bronchioles (petites bronches) des nourrissons et se caractérise par un épisode de gêne respiratoire dont les signes sont une toux et une respiration rapide et sifflante. Sa phase aiguë dure en moyenne 10 jours dont les deux premiers nécessitent une attention accrue portée au nourrisson.
Qu'est-ce que la Bronchiolite ?
La bronchiolite est une infection respiratoire aiguë des petites bronches, due à un virus respiratoire. Elle provoque une inflammation des parois des petites bronches et une augmentation des sécrétions responsables d’un phénomène d’obstruction. La bronchiolite est une infection virale très contagieuse des bronches les plus petites, les bronchioles, qui amènent l’air tout au fond des poumons. Elle s’observe chez l’enfant de moins de 2 ans et surtout chez le nourrisson de moins de 8 mois.
Chaque hiver en France, 30 % des enfants de moins de 2 ans sont affectés par la bronchiolite. La majorité des cas de bronchiolite (50 à 80%) est causée par le virus respiratoire syncytial (VRS). Toutefois, il arrive aussi qu’elle soit bactérienne ou parasitaire. On estime que 90 % des enfants de moins de 2 ans ont été contaminés par le virus au moins une fois. Dans près de 30 % des cas, le virus atteint les poumons et provoque une infection des petites bronches, une bronchiolite.
Causes et Transmission
La bronchiolite est généralement causée par le virus respiratoire syncitial (VRS). Dans 80 % des cas, la bronchiolite est due au virus respiratoire syncitial (VRS) mais elle peut également être secondaire à un autre virus, ou d’origine bactérienne. Très contagieuse, la bronchiolite se transmet par la salive, la toux, les éternuements. Le virus est présent dans la salive et les sécrétions nasales. Le virus peut rester sur les mains et les objets (comme les jouets, les tétines, les doudous).
La bronchiolite se propage généralement de mi-octobre à la fin de l’hiver, avec un pic durant le mois de décembre. Parents, frères et sœurs, et proches qui sont porteurs du virus ne présentent habituellement aucun symptôme, ou un simple rhume. Ils risquent donc de le transmettre facilement, sans savoir qu’ils sont contaminés.
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Symptômes de la Bronchiolite
La bronchiolite débute généralement par un simple rhume (nez bouché ou qui coule) et une légère toux. Une bronchiolite commence comme une simple rhinopharyngite, avec une légère fièvre, un nez qui coule et une toux sèche. Puis, la toux est plus fréquente, la respiration peut devenir sifflante. La toux devient ensuite plus fréquente, et la respiration peut devenir sifflante. Votre nourrisson peut être gêné pour respirer et avoir du mal à manger et à dormir. L’enfant peut être gêné pour respirer et avoir du mal à manger et à dormir. Il peut aussi avoir de la fièvre. Le nourrisson présente ensuite une respiration rapide entrecoupée de pauses, notamment pendant les repas. Il est agité, boit de moins en moins et repousse ses biberons. Ses bronches sont encombrées par des sécrétions qu’il n’arrive pas à évacuer. Parfois, on peut entendre des sifflements respiratoires.
Dans un deuxième temps apparaissent des difficultés respiratoires : le nourrisson respire moins bien, de manière plus rapide et superficielle ; sa respiration est sifflante ; il peut aussi éprouver des difficultés à s’alimenter au biberon.
Il est important de noter que certains nourrissons peuvent présenter 2 voire 3 épisodes de bronchiolite.
Signes d’une Extrême Gravité
Ces signes d’une extrême gravité sont surtout observés en milieu hospitalier. La détresse respiratoire aiguë : avec désaturation en oxygène, décompensation respiratoire, tirage et cyanose. En règle générale, la détresse respiratoire dure de 2 à 3 jours, puis régresse.
Quand Consulter ?
BON À SAVOIR: En cas de signes de bronchiolite ou de doutes, contactez votre médecin traitant qui confirmera le diagnostic. En cas de doute face aux signaux d’alerte, une consultation médicale permet de réagir vite ou de lever les inquiétudes. Les parents d’enfants en bas âge sont invités à consulter en priorité leur médecin traitant si l’enfant a du mal à respirer, à manger ou à téter.
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La vigilance des parents ou des professionnels de la petite enfance doit être renforcée si l’enfant :
- est âgé de moins de 6 semaines ;
- est ancien prématuré âgé de moins de 3 mois ;
- boit moins de la moitié de ses biberons à trois repas consécutifs ;
- dort en permanence, ou au contraire, pleure de manière inhabituelle et ne peut s’endormir ;
- vomit systématiquement ;
- souffre déjà d’une maladie respiratoire ou cardiaque identifiée.
Traitement
La bronchiolite n’a pas de traitement spécifique. La prise en charge repose avant tout sur un lavage de nez régulier et la surveillance des signes d’aggravation de l’état du nourrisson. Le traitement pour l’enfant consiste à le soulager en attendant la guérison spontanée de l’infection par des gestes simples :
- désencombrer régulièrement le nez de l’enfant ;
- hydrater régulièrement ;
- fractionner les repas en proposant des repas plus fréquents mais avec de petites quantités.
Le traitement de la bronchiolite du nourrisson se fait généralement à la maison, grâce à quelques mesures expliquées aux parents par le médecin. Dans 95 % des cas, la bronchiolite ne nécessite pas une hospitalisation et peut donc être prise en charge par un médecin de ville. Ce dernier vous rappellera les mesures hygiéno-diététiques (lavage de nez, fractionnement des repas…) et vous donnera les consignes de surveillance de votre enfant. Les services d’urgences accueillent les cas les plus graves.
La HAS tient à rappeler les recommandations sur la prise en charge médicale du premier épisode de bronchiolite aigue chez les nourrissons qui s’appuient sur la définition de trois stades de gravité de la maladie. Ainsi, les formes légères ne nécessitent pas d’hospitalisation : le médecin de premier recours (médecin généraliste, pédiatre, PMI…) explique la technique du lavage de nez aux parents et leur donne des conseils pour surveiller l’évolution de l’état de santé de leur enfant afin qu’ils sachent réagir en cas de signes d’alerte. Les formes modérées, elles, font l’objet d’une évaluation pouvant orienter les nourrissons vers une prise en charge en ville ou, au cas par cas, à l’hôpital. Les formes graves sont orientées d’emblée vers l’hôpital et si nécessaire vers une unité de soins intensifs. Dans la grande majorité des cas, le recours à une hospitalisation n’est pas nécessaire.
La phase aiguë de la bronchiolite dure en moyenne 10 jours. Le médecin de soins primaires devra s’assurer de la mise en place des mesures éducatives et de surveillance destinées aux parents, si besoin par les professionnels de premier recours et les réseaux bronchiolite. Les missions de ces derniers sont amenées à évoluer pour tenir compte de ces nouvelles recommandations.
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Enfin, le traitement médicamenteux n’est pas indiqué dans la prise en charge de la bronchiolite aiguë. Les bronchodilatateurs, l’adrénaline, le sérum salé hypertonique n’ont pas d’indication dans cette maladie. L’antibiothérapie doit être réservée aux cas rares de surinfection bactérienne. Il apparaît essentiel que le médecin explique aux parents comment surveiller leur bébé, comment l’alimenter, sécuriser son environnement de couchage, quels signes d’aggravation doivent les alerter et comment y réagir.
Kinésithérapie Respiratoire
La kinésithérapie respiratoire n’est pas systématiquement prescrite. La kinésithérapie respiratoire comprend un ensemble de techniques permettant de désobstruer le nez et les voies respiratoires encombrées de votre nourrisson. La consultation en kinésithérapie commence systématiquement par un bilan clinique complété par un interrogatoire des parents, sans oublier des précautions d’hygiène élémentaires. Les techniques de kinésithérapie respiratoires traditionnelles comme le clapping ou la vibration par exemple sont contre-indiquées. La technique de l'augmentation du flux expiratoire (AFE) n’est pas efficace dans la prise en charge des nourrissons hospitalisés pour une bronchiolite aiguë. En l’absence de données, la kinésithérapie respiratoire de désencombrement bronchique n’est pas recommandée en ambulatoire. Toutefois la HAS et le CNPP soulignent la nécessité de poursuivre la recherche et de mener des études permettant de mesurer l’impact de cette technique, en particulier sur le recours aux hospitalisations.
Les techniques utilisées peuvent inclure :
- Le désencombrement des voies aériennes supérieures, qui consiste à laver ou désobstruer le nez, en associant une instillation locale de sérum physiologique.
- La toux provoquée, qui consiste à déclencher le réflexe de toux en comprimant la face antérieure de la trachée avec le doigt à la fin d’un temps inspiratoire.
- L’augmentation du flux expiratoire, aussi appelée désencombrement bronchique : cette technique mobilise les sécrétions vers le haut de l’arbre bronchique et permet de les évacuer grâce à l’expiration passive réalisée par les mains du kinésithérapeute sur le thorax et l’abdomen.
Le rôle du kinésithérapeute est aussi de surveiller l’évolution de la pathologie, et d’en informer le médecin traitant.
Prévention
La prévention reste donc essentielle. Au-delà des gestes barrières, la prévention est de mise. La prévention de la bronchiolite passe par des gestes simples et efficaces :
- Se laver les mains pendant 30 secondes, avec de l’eau et du savon avant et après un change et avant tétée, câlins, biberon, repas, etc. ou en utilisant une solution hydro-alcoolique s’il n’est pas possible de se laver les mains.
- À défaut d’un lavage de main avec de l’eau et du savon, utiliser du gel hydroalcoolique.
- En ouvrant les fenêtres de la pièce où il dort au moins 10 minutes par jour pour aérer.
- Aérer régulièrement les espaces de vie, a minima 10 minutes par jour.
- En évitant, quand cela est possible, d’emmener son enfant dans les endroits publics confinés (transports en commun, centres commerciaux, etc.) où il risquerait d’être en contact avec des personnes enrhumées.
- Éviter d’emmener un enfant ou une personne âgée dans des lieux publics confinés, comme les transports en commun, les centres commerciaux, les restaurants, etc.
- En limitant les visites au cercle des adultes très proches et non malades, pas de bisous ni passage de bras en bras, éviter les visites de jeunes enfants aux nourrissons de moins de 3 mois.
- Limiter les visites au cercle des adultes très proches et non malades.
- En ne partageant pas les biberons, sucettes ou couverts non lavés.
- Ne pas partager les biberons, sucettes ou couverts non lavés.
- En lavant régulièrement jouets et “doudous”.
- Laver régulièrement les jouets et les peluches.
- Se couvrir la bouche, quand on tousse ou éternue, avec le coude ou la manche.
- Porter soi-même un masque en cas de toux, rhume ou fièvre.
- Porter un masque quand on s’occupe de son bébé.
- Ne pas fumer à proximité d’un nourrisson, d’un enfant ou d’une personne âgée.
Deux solutions s’offrent aux parents pour protéger leur nourrisson d’une infection à VRS : la vaccination maternelle au cours de la grossesse contre le virus syncytial pour les enfants à naître pendant la saison épidémique ou l’immunisation avec un anticorps monoclonal pour les nouveaux nés et les nourrissons nés avant ou pendant la saison épidémique.
Traitements Préventifs
Depuis 2023, un traitement préventif est proposé aux nourrissons de moins d’un an, y compris aux nouveau-nés, pour les aider à passer leur première saison à risque de bronchiolite. Depuis septembre 2024, les femmes enceintes éligibles peuvent bénéficier d’un nouveau vaccin (Abrysvo), recommandé durant le 8ᵉ mois de grossesse. Ce vaccin, administré en une seule injection, est disponible jusqu’à janvier 2025. Une protection dès les premiers jours. Grâce à la transmission d’anticorps maternels, le nourrisson est protégé dès sa naissance jusqu’à l’âge de 6 mois. Une alternative sans injection pour bébé : c’est une solution préventive complémentaire offerte aux parents qui souhaitent éviter l’injection d’un traitement préventif directement au nourrisson.
Bronchiolite chez les Personnes Âgées
Les personnes âgées peuvent également développer des complications à la suite d’une bronchiolite : syndrome de détresse respiratoire aigüe, aggravation d’une maladie cardiopulmonaire ou pneumopathie. De telles complications peuvent, dans leur forme les plus graves, mener au décès. Selon Santé publique France, les plus de 75 ans représentaient 61 % des hospitalisations et 78 % des décès liés au VRS.
Pour les personnes âgées, le traitement vise également à garder le nez débouché, bien s’alimenter et s’hydrater. En cas de difficultés à respirer ou à manger, il est conseillé de consulter en priorité son médecin traitant. La Haute Autorité de santé recommande la vaccination des personnes âgées de 75 ans et plus ainsi que les personnes âgées de 65 ans et plus présentant des pathologies respiratoires ou cardiaques chroniques.
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