Le fer est un oligoélément essentiel au bon fonctionnement de l'organisme, jouant un rôle crucial dans le transport de l'oxygène et la production d'énergie. Bien que fondamental, son apport doit être surveillé, en particulier chez les enfants, afin d'éviter les carences comme les excès, tous deux pouvant entraîner des conséquences néfastes. Cet article explore les bienfaits du fer, les risques liés à une supplémentation inappropriée, et les recommandations pour une gestion optimale chez l'enfant.

Rôle et importance du fer

Le fer est l’oligoélément le plus abondant du corps humain. Il est indispensable à de nombreux mécanismes physiologiques, du transport de l’oxygène par l’hémoglobine à la synthèse de l’ATP, la source d’énergie cellulaire, par les mitochondries. Le fer joue un rôle important en tant qu'élément constitutif de l'hémoglobine, une protéine des globules rouges qui est indispensable au transport de l'oxygène des poumons vers toutes les cellules du corps humain. Il participe également au processus de division cellulaire.

Deux protéines représentent 70% des sources du fer corporel : l’hémoglobine dans le sang et la myoglobine des muscles.

Besoins en fer chez l'enfant

Les besoins en fer varient en fonction de l'âge et du sexe. Chez les enfants, les besoins en fer sont accrus en période de croissance. Les jeunes filles ont des besoins en fer de l’ordre de 1,65 mg/j, ces besoins sont liés à la croissance et à la compensation des pertes liées aux premières menstruations. Il est donc logique qu’elles soient plus carencées proportionnellement.

Sources de fer

Dans les aliments, le fer existe sous deux formes principales : héminique et non héminique. La viande rouge, la volaille, le poisson et les fruits de mer renferment du fer à la fois héminique et non héminique. Les fruits séchés, la mélasse, les grains entiers, les légumineuses, les légumes verts, les fruits à écales, les graines, les œufs et les produits laitiers renferment uniquement du fer non héminique. Le taux d’absorption moyen du fer héminique est d’environ 25 % (de 15 % à 35 %), tandis que celui du fer non héminique est d’environ 5 % (de 2 % à 20 %). La différence d’absorption est attribuable à la présence de certains composés dans les végétaux (acide phytique et tannins).

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L’exposition au fer est principalement alimentaire. Les produits carnés, les produits de la mer, les céréales et le chocolat figurent parmi les aliments les plus riches en fer. Néanmoins leur assimilation dans notre organisme est différente.

Facteurs influençant l'absorption du fer

Certains éléments peuvent affecter l'assimilation du fer. Par exemple, la vitamine C favorise l'absorption du fer. Il est donc intéressant de manger avec des aliments riches en fer, des fruits et des légumes riches en vitamine C.

Carence en fer chez l'enfant

La carence en fer est une des plus présentes dans le monde, plus de 1,5 milliard de personnes seraient concernées par cette carence. En France, 42 % des enfants sont touchés ! Elle peut être provoquée par une maladie (comme des ulcères gastriques, un cancer colo-rectal, des diarrhées chroniques…) ou être en lien avec un apport quotidien insuffisant : alimentation déséquilibrée, régime végétalien, programme minceur…

Symptômes de la carence en fer

Lorsqu'on est carencé en fer, on peut ne pas être attentif à certains signes. On associe ces signes à un coup de fatigue, une mauvaise alimentation et parfois même à une autre carence. Par exemple, une carence en fer peut entraîner une fatigue quotidienne. Nous manquons d'hémoglobine dans nos globules rouges, car ceux-ci sont constitués de fer. Ainsi, lorsque nous en manquons, cette substance ne délivre plus assez d'oxygène dans notre corps et nous nous sentons épuisés. Une carence en fer peut également conduire à être plus facilement essoufflé. La respiration devient difficile même avec peu d'effort en raison du manque d'oxygène. De même, si l’on ne cesse de vous dire ces derniers temps que votre teint est pâle et que vous semblez manquer de vitalité, cela pourrait aussi être un signe de carence. Les rhumes en chaîne et autres infections sont des symptômes de carence en fer.

Par ailleurs, une carence en fer non traitée peut provoquer à termes des palpitations cardiaques plutôt inhabituelles. Une carence peut conduire à des troubles du sommeil, un état de fatigue prolongé, surtout chez les adolescentes qui ont des règles abondantes. Cela peut même conduire, pour les femmes enceintes, à des naissances prématurées, et/ou à des enfants nés à des poids inférieurs à la norme voire avec des risques de déficits mentaux dans de rares cas. Le syndrome des jambes sans repos serait lui aussi en partie lié à un déficit de fer, plus présentement chez les femmes enceintes.

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Des carences en fer sans anémie existent et sont même très fréquentes (la teneur en globules rouges reste normale), cette carence empêche le fonctionnement normal de nombreuses fonctions de l’organisme : fonctions cognitives troublées (réflexion, concentration, mémoire…), fatigue, adaptation à l’effort plus difficile…

Diagnostic de la carence en fer

La carence en fer est évaluée à l'aide d'une formule sanguine complète en mesurant la ferritine dans le sang. La ferritine est une protéine présente dans toutes les cellules du corps, mais surtout dans les cellules qui servent d'organes de stockage du fer comme la moelle osseuse, les muscles squelettiques, la rate, le foie, et, bien sûr, les cellules sanguines. Une carence en fer est diagnostiquée lorsque les analyses ne dépassent 15 µg/L de ferritine dans le sang. Ce seuil est une indication moyenne, il dépend du sexe, de l’âge, de l’état de santé et il sera ajusté en fonction de ces éléments.

Une carence prolongée de fer entraine une anémie dite « ferriprive », entrainant un déficit en globules rouges dans le sang. Chez l’homme, elle est déclarée quand l’hémogramme (analyse des globules rouges) indique un taux d’hémoglobine inférieur à 130 g/L et à 110 g/L chez la femme. On considère une anémie comme sévère quand le taux d’hémoglobine est inférieur à 70 g/L.

Groupes à risque

Un déficit en fer ne touche pas tout le monde de la même manière. Certains groupes de population présentent un risque accru de carence, nécessitant une supplémentation pour éviter l’anémie et préserver leur santé. Les femmes qui sont en âge de procréer sont les plus touchées, viennent ensuite les enfants.

Supplémentation en fer : quand et comment ?

La supplémentation en fer est indiquée dans le cas d’une carence diagnostiquée par un médecin à travers des tests sanguins ou lorsque l’alimentation est carencée en ce minéral. La cure de fer s'adresse aux personnes anémiées, carencées en fer. Les femmes réglées et enceintes sont généralement carencées. Les enfants en croissance et les sportifs peuvent aussi avoir recours à une cure.

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La prise de compléments de fer doit impérativement être faite sous contrôle médical si celui-ci apporte plus de 15 mg par jour.

Différentes formes de fer

Les sels de fer ordinaires comme le sulfate de fer, le fumarate de fer, le gluconate fer indiqués par voie orale… Aucune de ces formes de fer n’est dépourvue d’effets indésirables, pouvant conduire à un arrêt soudain de la prise du traitement. Le sulfate de fer et fumarate de fer : utilisés pour combattre les carences en fer, ces forme de fer soufrent d’une mauvaise assimilation par l’organisme et peuvent entrainer de gros problèmes de digestion : constipation, maux de ventre, diarrhées, selles noires… Le gluconate fer : de même que son cousin, il est utilisé contre l’anémie et les carences en fer. Il soufre de mêmes maux, une mauvaise biodisponibilité. Comme il est mal assimilé par l’organisme, il va lui aussi vous donner des problèmes digestifs (nausées, maux de ventre, constipations), voire des vomissements.

Le bisglycinate fer est souvent décrit comme mieux assimilé que les sels de fer vus précédemment, même si ce bénéfice est encore controversé par plusieurs études cliniques réalisées au sein de la communauté scientifique. Il limite certes les effets secondaires mais n’en est pas dépourvu pour autant. Il est jusqu’à 5 fois mieux assimilé par l’organisme que les formes de fer. Il a ainsi une tolérance digestive maximale : pas de maux de ventre, ni constipation, ni nausées… Le bisglycinate de fer est une forme bien assimilée et mieux tolérée, cependant, son dosage doit être maîtrisé, car, en excès, lui aussi peut être dangereux. Il est toujours recommandé de ne pas dépasser 14 mg par jour en auto-supplémentation.

Effets secondaires et précautions

L’ingestion de fer sous forme de compléments alimentaires peut provoquer de la constipation, des diarrhées ou des nausées. Lorsqu’il est pris sous forme sulfate, ces troubles digestifs concernent près de 50% des personnes. Le fer ferrique (Fe3+) provoque moins d’effets indésirables que le fer ferreux (Fe2+), le plus fréquemment relaché par les compléments.

Une supplémentation en fer mal dosée peut présenter des dangers. Pris en excès, sa surcharge peut conduire à des pathologies graves, notamment des troubles cardiaques, hépatiques et neurodégénératifs. Respecter les dosages recommandés et de ne se supplémenter qu'en cas de carence avérée, diagnostiquée par un professionnel de santé, est primordial. Il est toujours recommandé de ne pas dépasser 14 mg par jour en auto-supplémentation.

Interactions médicamenteuses

Le fer diminue l’absorption de certains médicaments comme les antibiotiques de la famille des cyclines et des quinolones, les traitements de l’ostéoporose ou les hormones thyroïdiennes.

Excès de fer : un danger méconnu

Le fer est un oligo-élément essentiel, mais sa supplémentation doit être encadrée, car un excès peut entraîner des effets secondaires graves tels que le stress oxydatif, des pathologies inflammatoires et des troubles digestifs. L’ excès de fer peut être causé par l’hémochromatose génétique, des transfusions sanguines ou une supplémentation excessive. Attention aux compléments américains dosés à plus de 14 mg ! Ces compléments, même s’ils sont en vente libre, doivent être utilisés avec une plus grande précaution encore que ceux dosés à 14mg , et toujours uniquement en cas de carence avérée .

Un excès de fer entrainerait un désordre immunitaire et au sein de nombreux organes internes tels que le foie (cirrhose, carcinome hepatocellulaire) ou les reins (ischémie).

Traitement de la carence en fer

Seul le traitement de l'anémie par carence en fer repose sur un apport de fer en cure de deux à trois mois, suivant la prescription médicale. S'il s'agit de compenser une faiblesse passagère, la cure sera d'un mois. "La supplémentation en fer a évolué ces dernières années, permettant à ce minéral d'être mieux assimilé par l'organisme, explique Philippe Bruneau, expert en compléments alimentaires. La nouvelle génération de fer est micro-encapsulé (enrobé avec des acides gras), soit "liposomé , pour permettre à ce minéral de passer la barrière gastrique sans provoquer de désagrément au niveau intestinal, ni de selle noire". Il existe également des boissons riches en fer végétal (Floradix), bien assimilées, mais il faut accepter le "mauvais" goût. La prise de fer doit être couplée à la vitamine C et à la vitamine B12, ses cofacteurs d'assimilation.

Lors d'un traitement, la ferritine est contrôlée après 3 mois, et après avoir préalablement interrompu le traitement par fer pendant au moins deux semaines. Lorsque le taux est normal, le traitement peut être arrêté.

Prévention de la carence en fer

La meilleure solution, reste toujours d’avoir une alimentation saine et équilibrée. Avoir différentes sources de fer dans son alimentation doit vous permettre d’arriver à avoir l’apport conseillé journalier.

Comme vous pouvez le voir, avoir un bon apport en fer lors de votre repas n’est pas une tâche facile, car tout le fer consommé n’est pas assimilé par l’organisme, donc manger des aliments riches en fer en quantité adaptée et régulièrement est essentiel. Pour finir, il faudrait manger ce type de recette riche en fer tous les jours pour se rapprocher de l’apport quotidien conseillé.

Le fer et l'environnement

Très peu volatil, les concentrations de fer dans l’air sont minimes, allant de 50-90 ng/m3 à 1.3 µg/m3 en fonction de la qualité de l’air (urbanisation, pollution, industries). Le fer et ses composés sont très peu solubles dans l’eau et sont souvent associés à des particules insolubles. Le fer se retrouve dans le sol et notamment dans les sédiments sous formes d’oxydes minéraux complexes à des concentrations oscillant entre 4 à 100 mg/g.

Les personnes travaillant dans les domaines de l’industrie de chimie lourde, l’industrie du bâtiment et des transports, l’industrie du textile, des peintures, des cosmétiques et agroalimentaire, l’imagerie médicale, l’environnement, l’agriculture et de l’industrie high-tech, sont beaucoup plus exposées au fer et à ses composés que la population générale. L’inhalation des poussières contenant des particules de fer devient alors la voie d’exposition principale.

Les effets sanitaires de la pollution atmosphérique augmentent en fonction des concentrations des substances polluantes dans l’air et du temps d’exposition. La réduction d’émissions de particules de fer et d’oxyde de fer est une affaire publique comme individuelle. Des mesures politiques peuvent être mises en pratique dans les villes par une amélioration des émissions des transports et des systèmes énergétiques et écologiques plus performants.

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