Brigitte Bardot, icône du cinéma français et ardente défenseure des droits des animaux, approche de son 90ème anniversaire. À la veille de cet événement, elle adresse une lettre ouverte à la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, exprimant ses craintes quant à la possible remise en cause du règlement européen sur la protection des phoques. Un engagement de près de cinq décennies qui pourrait être remis en question.
Un engagement de longue date : la croisade de Brigitte Bardot contre le massacre des phoques
L'engagement de Brigitte Bardot pour la cause animale ne date pas d'hier. Retirée du cinéma depuis 1973, elle a rapidement mis sa notoriété au service de la défense des animaux. Son combat contre le massacre des phoques a débuté en 1977, lorsqu'elle s'est rendue sur la banquise canadienne. En mars de cette année-là, elle pose devant les photographes avec un blanchon, ces jeunes bébés phoques tués à coups de gourdin pour leur fourrure. Accompagnée par le capitaine Paul Watson, elle dénonce l'abattage des bébés phoques. Cette photo, devenue emblématique, a fait le tour du monde, mettant en lumière la cruauté de cette chasse commerciale.
L'opération médiatique est d'une ampleur considérable. Sur place, l'actrice est confrontée à l'hostilité des trappeurs et se retrouve même prise au piège. Malgré les difficultés, elle persiste et parvient à immortaliser une image forte : elle serrant un bébé phoque contre elle.
L'adoption du règlement européen de 2009 : une victoire historique, mais fragile
L'adoption en 2009 du règlement européen sur le commerce des produits dérivés du phoque a constitué une avancée majeure dans la protection de ces animaux. Ce règlement interdit la mise sur le marché, l'importation et le transit dans la communauté européenne, ainsi que l'exportation depuis celle-ci, de produits dérivés du phoque. Il protège chaque année plusieurs centaines de milliers de phoques d'une mort brutale et douloureuse. Pour Brigitte Bardot, cette adoption fut "une grande victoire".
En 2006, Brigitte Bardot sollicite un rendez-vous avec le Commissaire européen chargé de l’Environnement, M. Stavros Dimas qu’elle obtiendra le 9 juin 2006 afin de lui présenter l’ignominie de la chasse aux phoques et pour que l’Europe ne soit plus complice. Dans le même temps, la Fondation Brigitte Bardot saisit la Commission européenne pour qu’un nouveau règlement soit proposé qui prohibe » l’importation et le commerce, au sein de l’UE, des produits issus de la chasse aux phoques (peaux, graisse, huile…) « . Le 15 mai 2006, le Parlement européen répond aux revendications de la FBB en présentant une déclaration écrite qui vise à » interdire l’importation, l’exportation et la vente de l’ensemble des produits dérivés du phoque harpé et du phoque à capuchon « . Le 21 juillet 2008, Nicolas Sarkozy qui assure la présidence française de l’Union Européenne révèle dans son courrier sa volonté de privilégier une solution communautaire en vue de fermer définitivement les frontières des 27 pays membres de l’UE à ce commerce. Le 23 juillet 2008, le commissaire Euopéen Stravos Dimas, chargé de l’environnement, présentait sa proposition de règlement européen sur les produits dérivés de la chasse aux phoques visant à « interdire la mise sur le marché, l’importation et le transit dans la communauté, ainsi que l’exportation depuis celle-ci, de produits dérivés du phoque ».
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Cependant, ce règlement comporte des exceptions, notamment pour les produits issus de "chasses traditionnelles conduites par les Inuits et d'autres communautés indigènes et qui contribuent à leur subsistance". Une dérogation qui suscite des débats et des interrogations quant à son application et à ses potentielles dérives.
Les craintes de Brigitte Bardot : une remise en cause du règlement européen ?
Aujourd'hui, Brigitte Bardot s'inquiète de la possible remise en cause de ce règlement, comme elle l'exprime dans sa lettre ouverte à Ursula von der Leyen. Elle craint que des intérêts économiques ne priment sur la protection animale et que les avancées obtenues de haute lutte ne soient compromises.
"Je sais que la Commission a rouvert le débat sur le règlement européen qui protège chaque année plusieurs centaines de milliers de phoques des coups de gourdins qui leur fracassent le crâne avant d'être dépiautés, vivants, pour alimenter le marché de la fourrure", écrit-elle.
La réalité de la chasse aux phoques aujourd'hui : une cruauté persistante
Malgré les interdictions et les réglementations, la chasse aux phoques continue d'être pratiquée, notamment au Canada. Des entreprises canadiennes traquent les phoques pour leur peau, leur viande et pour fabriquer de l’huile. Si les blanchons ne sont plus censés être chassés, les phoques plus âgés restent des cibles. Les pêcheurs justifient cette pratique en prétendant que les phoques menacent les stocks de poissons, un argument contesté par les experts.
En effet, l’Ambassade du Canada à Paris reconnaît qu’il s’agit là d’un faux débat puisqu’elle précise que les facteurs responsables de la baisse des stocks de morue sont la pêche, la mauvaise condition physique des poissons, leur taux de croissance peu élevé et les changements environnementaux.
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De plus, les méthodes de chasse restent souvent cruelles. En 2001, une équipe de vétérinaires a observé la chasse et a examiné les cadavres dépecés, constatant un écart important entre la théorie et la réalité. Selon la réglementation canadienne : « Il est interdit de commencer à écorcher ou à saigner un phoque avant d’avoir confirmé sa mort au moyen d’un test de réflexe de clignement ». Là encore, la réalité est tout autre.
Le réchauffement climatique : une menace supplémentaire pour les phoques
Outre la chasse, les phoques sont également menacés par le réchauffement climatique. Plusieurs études le prouvent, le réchauffement climatique notamment au large des côtes de Terre Neuve fait obstruction à la formation d’une glace stable permettant aux femelles de mettre bas. L’ONG a en effet pu constater sur place que le golfe du Saint-Laurent n’était plus gelé comme il avait l’habitude de l’être, or ce sont sur ses glaces que les phoques donnent naissance à leurs petits. La fonte des glaces réduit leur habitat et met en péril leur survie.
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