Depuis quelques années, une fausse information circule concernant Brigitte Macron, assurant qu'elle a changé de sexe. Cette théorie complotiste, partie de France, s'est répandue aux États-Unis, contraignant la Première dame à se défendre et à prouver son identité.
L'origine de la rumeur
Pour revenir aux origines de la théorie sur Brigitte Macron, il faut retourner en France en 2021 avec une internaute, Natacha Rey. Ancienne "gilet jaune", celle qui se présente comme journaliste indépendante développe sur ses réseaux une théorie : Brigitte Macron serait née homme et serait en réalité son frère, Jean-Michel Trogneux. La rumeur va prendre de l'ampleur au fil des mois, jusqu'à être reprise par un certain Xavier Poussard, directeur de la revue d'extrême droite Faits et Documents. Ensemble, ils ont un objectif clair : propager la rumeur à l'international.
L'ampleur de la rumeur aux États-Unis
Trois jours seulement après la déclaration d'Emmanuel Macron, l'influenceuse Candace Owens s'empare de la rumeur avec un tweet : "Il s'agit probablement du plus grand scandale politique de l'histoire de l'humanité. #JeanMichelTrogneux." L'influenceuse, forte de plus de 5 millions d'abonnés sur YouTube, rencontre alors Xavier Poussard et fait de l'affaire l'un de ses sujets de prédilection. Grâce à des personnalités influentes de la galaxie Maga (Make america great again), la fake news s'est installée aux États-Unis. L'influenceuse étasunienne Candace Owens affirme depuis des mois que Brigitte Macron est une femme transgenre et que son identité de naissance serait en fait Jean-Michel Trogneux (qui n'est autre que son propre frère).
La réaction du couple présidentiel
Face aux fausses rumeurs affirmant qu’elle est une femme transgenre, Brigitte Macron a déposé une plainte en diffamation aux États-Unis contre Candace Owens, militante ultra-conservatrice américaine. Le couple présidentiel a lancé cet été des poursuites contre la podcasteuse d'extrême droite pour avoir propagé et exploité les rumeurs qui circulent sur internet depuis des années selon lesquelles Brigitte Macron serait «née homme».
Le mois dernier, dans une interview à Paris Match, Emmanuel Macron était revenu sur cette calomnie qui empoisonne la vie de la Première dame depuis 2022 et sur les raisons qui l'ont poussé à porter plainte avec son épouse. « Il y avait une tradition consistant à dire : il faut laisser couler. C’est ce que nous avons fait au début. Au début, c’était en France. On nous a recommandé de ne pas déposer plainte. Reprenant : « Mais cela a pris une telle ampleur aux États-Unis que nous nous devions de réagir. Il est question de faire respecter la vérité. On parle de l’état civil de la Première Dame de France, d’une épouse, d’une mère de famille, d’une grand-mère. Ce n’est pas la liberté de parole que de vouloir empêcher de restaurer la vérité. Ceux qui vous parlent de cette prétendue liberté de parole sont ceux qui interdisent des journalistes dans le bureau ovale. « Il s’agit de défendre mon honneur ! Parce que c’est n’importe quoi », avait-il encore insisté.
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La stratégie de défense de Brigitte Macron
Pour se défendre, Brigitte Macron compte bien prouver que les rumeurs à son sujet sont fausses. Ce jeudi 18 septembre, la BBC rapporte que le couple présidentiel prévoit de présenter des preuves photographiques et scientifiques au tribunal pour prouver que l’ancienne professeure est une femme. Tom Clare, l’avocat de Brigitte Macron déclare auprès du média que cette dernière a trouvé les affirmations « incroyablement contrariantes » et qu’elles sont une « distraction » pour son mari.
L'avocat a ensuite précisé que le tribunal entendrait « des témoignages d'experts qui seront de nature scientifique » et que le couple était prêt à démontrer pleinement « de manière générique et spécifique » que les allégations de Candace Owens sont fausses. «Des témoignages d'experts seront également présentés, qui seront de nature scientifique et démontreront également la fausseté des déclarations» de l'influenceuse à ses millions d'abonnés, a-t-il encore précisé. Les plaignants vont également présenter des photographies de Mme Macron avec ses enfants ou enceinte. Lorsqu'on lui a demandé si les Macron fourniront des photos de la Première dame enceinte et élevant ses enfants, Tom Clare a répondu qu'elles seraient bien présentées au tribunal. "C'est un processus auquel elle [Brigitte Macron, NDLR] devra se soumettre publiquement. Mais elle est prête à le faire. Elle est fermement déterminée à faire le nécessaire pour rétablir la vérité", a également indiqué l’avocat.
« Il n'est pas encore temps de dévoiler toute notre stratégie », a-t-il dit. « Il est évident que c’est extrêmement pénible pour cette famille de devoir se présenter devant un tribunal et présenter ces preuves », a souligné Me Clare.
Les difficultés pour le couple présidentiel
L’avocat a également tenu à ajouter que ce procès n’était pas facile pour le couple. "C'est extrêmement bouleversant de penser qu'il faut […] apporter ce type de preuves", a-t-il dévoilé auprès de la BBC. Il a également indiqué que le président français était affecté par ces allégations. "Je ne veux pas insinuer que cela l'a déstabilisé. Mais comme pour toute personne qui jongle entre sa carrière et sa vie de famille, lorsque sa famille est attaquée, cela vous pèse. Et il n'y échappe pas", a révélé Tom Clare. Tom Clare, l’avocat de Brigitte Macron déclare auprès du média que cette dernière a trouvé les affirmations « incroyablement contrariantes » et qu’elles sont une « distraction » pour son mari. « Je ne veux pas suggérer que cela l’a d’une manière ou d’une autre dérangé. Mais comme toute personne qui jongle entre une carrière et une vie de famille, lorsque votre famille est attaquée, cela vous porte. Et il n’est pas à l’abri de cela parce qu’il est le président d’un pays », déclare-t-il.
Sans en dire plus, si ce n’est que tout cela était « incroyablement bouleversant » pour Brigitte Macron. « C’est incroyablement bouleversant de se dire que vous allez vous soumettre à ce type d’exercice, que vous devez apporter ce type de preuve », a-t-il insisté. L’avocat a par ailleurs affirmé que ces allégations de changement de sexe sont « regrettables » pour Emmanuel Macron. Précisant : « Je ne veux pas insinuer que cela l’a déstabilisé. Mais comme pour toute personne qui jongle entre sa carrière et sa vie de famille, lorsque sa famille est menacée, cela pèse sur lui.
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La nécessité de prouver la "malveillance réelle"
Si on peut se demander pourquoi Brigitte Macron va devoir fournir toutes ces preuves, la raison est très simple. Dans les affaires de diffamation contre des personnalités publiques aux États-Unis, les plaignants sont tenus de prouver la "malveillance réelle", à savoir que le défendeur a sciemment diffusé de fausses informations ou a agi avec un mépris imprudent pour la vérité. Aux Etats-Unis, les plaignants qui intentent une action en diffamation doivent prouver que le mis en cause a agi avec une "malveillance réelle", c'est-à-dire en étant conscient de diffuser de fausses informations ou en méprisant la vérité. L'avocat explique ainsi dans le podcast Fame Under Fire de la BBC : "C'est un processus auquel [Brigitte Macron] va devoir se soumettre publiquement. Mais elle est prête à le faire. Elle est fermement déterminée à faire le nécessaire pour rétablir la vérité".
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