Introduction
Les maladies allergiques connaissent une augmentation pandémique dans les pays industrialisés, touchant plus de 150 millions de personnes en Europe. La population pédiatrique est particulièrement touchée, avec un enfant sur trois souffrant d'une allergie. Si des facteurs génétiques contribuent, ils n'expliquent pas à eux seuls l'explosion de l'incidence observée aujourd'hui. L'allaitement maternel est depuis longtemps reconnu pour ses nombreux avantages pour la santé de la mère et de l'enfant. En ce qui concerne la prévention des allergies, l'effet n'est pas démontré au-delà des 4 premiers mois de vie.
L'importance de l'allaitement maternel
L'allaitement maternel comporte de nombreux avantages pour la mère et l'enfant et est ainsi recommandé pour tous les nourrissons. L'allaitement maternel est recommandé pour tous les nourrissons. Selon les dernières Enquête nationale périnatale en date, près de 70% des mères essaient naturellement de mettre au sein leurs enfants dès les deux premières heures après l’accouchement. Ce chiffre en dit long sur la relation entre l’instinct maternel et l’allaitement.
Avantages pour le nourrisson
Le principal avantage d’allaiter vos jumeaux est de leur offrir votre lait maternel, qui représente la meilleure nutrition possible.
- Nutrition optimale : Le lait maternel est spécialement conçu pour répondre aux besoins nutritionnels du nourrisson.
- Protection contre les infections : L'allaitement maternel offre une protection contre les infections. Une importante étude parue en 2004 [3] a montré qu’au cours de leur première année d’existence, les bébés allaités ont un risque de décès plus bas de 20 % par rapport aux bébés non allaités.
- Réduction du risque de maladies allergiques : L'allaitement maternel exclusif durant les 3 à 4 premiers mois de vie, chez l’enfant à risque, est néanmoins rapporté sur le développement d’un eczéma atopique [25, 26], ainsi que sur l’asthme du nourrisson [27, 28]. L’effet sur l’asthme à plus long terme reste controversé [29].
- Développement cognitif : L’allaitement peut jouer un rôle dans le développement cognitif.
- Prévention de l'obésité : L'allaitement maternel peut aider à prévenir l'obésité infantile.
- Réduction du risque de mort subite du nourrisson (MSN) : Plusieurs études ont montré que l’allaitement abaissait le risque de mort subite du nourrisson (MSN), grâce sans doute à plusieurs mécanismes.
- Les anticorps du lait sont fabriqués spécialement par la glande mammaire. Pendant l’allaitement, des globules blancs spéciaux migrent vers les seins, s’y installent, et fabriquent des anticorps spéciaux, dirigés contre tous les germes présents dans l’environnement de la mère, essentiellement des IgA.
Avantages pour la mère
Les études sur les bienfaits de l’allaitement pour les mères sont moins nombreuses, mais il existe suffisamment de preuves pour affirmer que l’allaitement améliore la santé de la mère. À long terme, l’allaitement réduit les risques de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, ainsi que les risques de cancer du sein et des ovaires.
- Réduction du risque de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, ainsi que les risques de cancer du sein et des ovaires.
- Favorise le lien mère-enfant.
Allaitement et prévention des allergies : ce que disent les études
S’agissant de la prévention des allergies, l’effet n’est pas démontré au-delà des 4 premiers mois de vie. On a longtemps invoqué un effet préventif net pour le bébé si l’allaitement maternel était exclusif et durait au moins 6 mois. Les plus récentes revues de la littérature [5] sont moins péremptoires à ce sujet. Il est cependant à mentionner que les études randomisées et contrôlées sont rares en raison de l'enjeu éthique et que l'évidence s'appuie essentiellement sur des études observationnelles.
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Régime maternel pendant la grossesse et l'allaitement
Le régime maternel durant la grossesse et l'allaitement joue potentiellement un rôle dans le développement des sensibilisations allergiques chez l’enfant, par le passage de faibles quantités de protéines à travers la barrière placentaire [7] ou dans le lait maternel [8]. Si ce mode de sensibilisation reste controversé [9], plusieurs études récentes constatent une corrélation entre la consommation maternelle d'allergènes tels que l'arachide, l'oeuf ou le lait de vache et le développement de sensibilisations chez le nourrisson, néanmoins sans qu'une implication pathogène puisse être prouvée[10, 11]. Basées sur cette observation, des stratégies de prévention primaire ont été proposées, impliquant une éviction maternelle des aliments potentiellement allergéniques durant la grossesse et l’allaitement. Ces mesures n’ont néanmoins pas permis de réduire l’incidence des allergies alimentaires [12], de l’eczéma ou de l’asthme chez l’enfant[13].
Compléments alimentaires pendant la grossesse et l'allaitement
Les compléments alimentaires durant la grossesse et l’allaitement n’ont pas non plus fait la preuve de leur efficacité. Un effet protecteur des probiotiques [14] ou des huiles de poissons riche en acides gras poly-insaturés [15 - 17] durant la grossesse a été suggéré sur les sensibilisations allergiques ou l’eczéma de l’enfant. Ces dernières observations ne semblent néanmoins pas se confirmer dans d’autres études[18, 19]. Le rôle d’un apport insuffisant en vitamine D durant la grossesse est également débattu, avec des conclusions contradictoires en ce qui concerne le risque d’eczéma [20], de sensibilisations ou allergies alimentaires [21, 22] et d’asthme [23, 24].
Lait hydrolysé
Un lait partiellement ou extensivement hydrolysé peut contribuer à la prévention. En Suisse, les nourrissons présentant un risque d'allergie sont placés très fréquemment sous hydrolysat partiel (lait HA). Si cette pratique est défendable, chez la majorité des enfants, en raison du facteur coût-bénéfices, nous recommandons néanmoins d'évaluer soigneusement les mesures de prévention chez les enfants avec un risque élevé d'allergie, éventuellement après discussion avec le spécialiste. Lorsque l’allaitement n’est pas possible, le choix du type de formule à recommander est souvent difficile. En effet, le rôle des diverses formules partiellement ou extensivement hydrolysées dans la prévention des maladies allergiques est débattu depuis de nombreuses années. Un effet préventif de certaines de ces formules chez les enfants avec un risque élevé d’allergie [30, [38 - 43] a néanmoins pu être démontré. Cet effet est principalement rapporté pour la prévention de l'eczéma mais également pour les allergies alimentaires et l’asthme. Il n’a en revanche pas été retrouvé dans toutes les études évaluant l’efficacité des hydrolysats [44 - 46]. Notons que des problèmes méthodologiques rendent l’interprétation et la comparaison de ces études difficiles. Les formules à hydrolyse partielle ou à hydrolyse extensive ne semblent pas équivalentes dans leur rôle préventif, bien que le degré d’hydrolyse seul n’ait pu être corrélé avec l’efficacité sur la prévention des allergies [47]. L’effet préventif est en effet démontré pour les laits extensivement hydrolysés à base de caséine mais également pour les laits partiellement hydrolysés à base de petit-lait dans les 4 premiers mois de vie [48, 49]. Une méta-analyse récente n’a par ailleurs pas permis de confirmer la supériorité des formules extensivement hydrolysées sur celles partiellement hydrolysées [41], qui avait été rapportée précédemment [50, 51]. A noter que l’effet préventif pourrait être lié à des formules spécifiques puisqu’il a été montré que des formules extensivement hydrolysées différentes peuvent avoir des effets différents [6]. Dans le choix de la formule, la balance coût-bénéfice est bien évidement également à prendre en compte. Notons encore que les préparations à base de soja, de même que les autres préparations d’origine végétale ou animale n’ont pas montré d’effet préventif chez les enfants à haut risque d’allergie [40], [46], [52].
Probiotiques et prébiotiques
Il a été suggéré qu’une colonisation précoce par des souches de lactobacilles et bifidobacteries, appartenant aux probiotiques, serait à même d'induire une protection contre les allergies [53]. Une diversité réduite de la flore intestinale dans les premiers mois de vie est par ailleurs associée à un risque augmenté d’asthme dans l’enfance [54]. L'administration de probiotiques ou de prébiotiques (oligosaccharides favorisant la croissance des probiotiques) a ainsi été proposée en complément alimentaire chez le nourrisson. Les diverses souches de probiotiques étudiées ont fait l’objet d’une revue Cochrane de leur efficacité contre placebo [55]. Bien qu’une réduction significative de l’eczéma ait pu être mise en évidence, cet effet n’est pas constant parmi les différentes études. Un effet préventif des probiotiques sur les autres maladies atopiques n’a par ailleurs pas pu être démontré. De même, une récente méta-analyse n’a pas montré de bénéfice sur le développement de l’asthme [56]. En ce qui concerne l’administration de prébiotiques, une réduction significative du risque d’asthme et d’eczéma chez le nourrisson à risque d’allergie a été observée. Un mélange spécifique d’oligosaccharides a notamment montré un effet protecteur sur l’eczéma chez l’enfant à faible risque [57], ce qui semble se confirmer d’après une récente revue systématique [58]. Il reste néanmoins à déterminer si cette mesure doit être restreinte aux enfants à risque d’allergie ou si les enfants à faible risque peuvent également en bénéficier. D’autres études sont ainsi nécessaires avant de pouvoir recommander de manière systématique l’utilisation de prébiotiques pour la prévention primaire des allergies.
Diversification alimentaire
La diversification alimentaire peut débuter chez tous les enfants dès l’âge de 4 à 6 mois, sans restriction spécifique. Le rôle de l'alimentation du nourrisson dans le développement des allergies a fait l’objet de nombreuses investigations [39], [66, 67], dont la plupart se sont portées sur le calendrier d’introduction des aliments solides. Partant du principe qu’un enfant n’est pas apte sur le plan développemental à intégrer une alimentation solide avant l’âge de 4 mois, cette période est généralement considérée comme l’âge minimal de diversification. La stratégie visant à retarder l’introduction des solides a été préconisée dans le passé comme mesure de prévention des allergies, en particulier pour les aliments à fort potentiel allergénique. Cela n’a néanmoins pas permis de réduire l’incidence des allergies alimentaires [69], [71, 72], ni d’autres manifestations atopiques [66] (asthme, eczéma atopique), y compris chez l’enfant considéré à risque [73, 74]. Au delà de l’inefficacité de l’introduction retardée, plusieurs études observationnelles montrent même que l’introduction retardée de ces allergènes pourrait être associée à une augmentation significative de l’eczéma ou des sensibilisations et/ou allergies notamment aux oeufs, aux arachides et au lait de vache [66]. A l’inverse, de récentes observations rapportent une diminution de l’incidence des allergies alimentaires lors de l’administration précoce et régulière de poisson [76]. De même, des études observationnelles et, tout récemment, une étude randomisée (LEAP study) conduite en Angleterre démontrent que l’introduction précoce d’arachides diminue la fréquence des allergies à cet aliment. L’introduction précoce de ces aliments fait néanmoins encore l’objet d’importantes controverses [34], [77, 79] et ne peut être actuellement généralisée. La diversité du régime alimentaire ainsi que sa composition ont également été évoquées comme facteurs protecteurs pour le développement des allergies [80, 81]. Une diète riche en fruits et légumes aurait ainsi une incidence favorable sur le développement d’allergies alimentaires à l’âge de 2 ans [70]. Une alimentation de type méditerranéen aurait également un effet préventif sur l’apparition d’un asthme plus tard dans la vie [82].
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Allaitement des jumeaux
Allaiter des jumeaux peut paraître complexe, mais avec les bonnes pratiques, tout se déroule très bien. Exit les doutes sur la capacité des femmes à allaiter leurs bébés : vous pouvez allaiter vos jumeaux, les nourrir exclusivement, et même prolonger cet allaitement ! Allaiter simultanément offre des avantages physiologiques : les bébés qui tètent en même temps peuvent stimuler le réflexe d’éjection du lait dans l’autre sein.(7) Cela est particulièrement utile si l’un des bébés est moins vigoureux ou à une succion moins efficace. Que ce soit pour allaiter des jumeaux ou un enfant individuel, il est toujours recommandé de donner les deux seins. Beaucoup de mères s’inquiètent de ne pas produire assez de lait pour nourrir les jumeaux. Les mères de jumeaux produisent en général deux fois plus de lait que celles qui donnent naissance à un seul bébé. « Au jour 14, les mères de jumeaux avaient presque deux fois plus de lait exprimé que les mères de jumeaux simples ; une moyenne de 816 ± 430 mL par rapport à 482 ± 372 mL ( p < 0,05). Pour avoir une production de lait abondante, il existe également quelques pratiques à intégrer à votre quotidien. Les chercheurs recommandent trois positions d’allaitement principales pour les jumeaux. (9,10). Être maman, c’est un engagement H24 ! Bien sûr, comme pour un bébé, en avoir deux nécessite également de les nourrir la nuit. Allaiter ses jumeaux la nuit se fait de la même manière que le jour. Cependant, certains conseils permettent aux mamans de ne pas subir ces allaitements tardifs et d’éviter l’épuisement. Mais ce qui nous intéresse ici, c’est l’avantage que cela offre à l’allaitement. En ayant vos bébés à côté de vous, vous pouvez essayer de les allaiter allongée sur le dos. Prenez soin de vous, de votre alimentation, de votre temps de sommeil, et de votre santé mentale. Même Superwoman n’a que deux bras. Créez des « espaces d’allaitement » un peu partout dans la maison. Donnez-vous le droit d’en avoir marre. Demandez à être suivie par un expert. Avoir des jumeaux nécessite un temps d’adaptation. Lorsqu’on a un bébé, le quotidien est déjà chamboulé, alors qu’en est-il avec deux ? Avant même la naissance de vos jumeaux, n’hésitez pas à parler de votre souhait d’allaiter. Entourez-vous bien et apprenez à déléguer pour mieux organiser vos journées. Ainsi, votre allaitement se déroulera encore mieux que prévu, sans charge mentale supplémentaire.
Le colostrum
Le colostrum est le premier lait produit par la mère après l'accouchement. Il est riche en anticorps et en facteurs de croissance, ce qui le rend particulièrement bénéfique pour le nouveau-né. Il est très rare d’avoir des études randomisées (où les participants sont assignés à un groupe ou un autre par tirage au sort) en matière d’allaitement. En effet, il ne serait pas éthique de demander à une mère de donner le biberon si elle souhaite allaiter, et inversement.
Précautions d'hygiène et risques potentiels
Non contents de ne pas contenir tous les ingrédients nécessaires à la construction d’un individu en bonne santé, les laits industriels peuvent en contenir d’indésirables. Les autorités sanitaires de l’Union européenne, l’Organisation Mondiale de la Santé s’en inquiètent et insistent sur le fait que les laits en poudre ne sont pas des produits stériles et que leur utilisation réclame des précautions d’hygiène particulières. Par ailleurs, étant des produits industriels, ils sont éventuellement sujets à des erreurs de fabrication. C’est ainsi qu’en 2003, en Israël, deux bébés sont décédés et une vingtaine d’autres ont été hospitalisés [49] après avoir consommé un lait de soja en poudre qui ne comportait qu’un dixième de la quantité de vitamine B1 indiquée sur le paquet. Autre « accident industriel » : en novembre 2005, Nestlé a dû retirer de la vente des centaines de milliers de briques de lait de la marque Nidal Novaïa 1 et 2, en France, en Italie, en Espagne et au Portugal, suite à la saisie en Italie de produits contaminés par un produit chimique, le ITX, utilisé dans les encres d’imprimerie des emballages. Cette substance peut traverser l’emballage lorsqu’elle est à proximité de matières grasses. Les porte-parole de Nestlé ont bien sûr assuré que le niveau de la substance trouvé dans le produit n’était pas dangereux pour la santé, mais la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) déclarait quant à elle : « Il est encore trop tôt pour déterminer si la présence d’ITX rendait le lait nocif. Enfin, ces laits peuvent être contaminés au moment de la préparation.
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