L'utilisation de plastiques dans les biberons et autres contenants alimentaires a soulevé des inquiétudes croissantes concernant la migration de substances chimiques, en particulier le bisphénol A (BPA) et son substitut, le bisphénol S (BPS), vers les aliments. Cet article examine les risques potentiels pour la santé associés à l'utilisation de biberons contenant du BPS, en mettant l'accent sur les produits de la marque Avent.
Contexte du Bisphénol A et de son Remplacement par le Bisphénol S
Mis au point à la fin du 19ème siècle, le BPA fut étudié dans les années 1930 dans la recherche d’hormones de synthèse visant à limiter les avortements spontanés, mais il fut laissé de côté au profit du distilbène. Le BPA est un composé chimique utilisé dans la fabrication de plastiques de type polycarbonate et de résines époxy. On utilise le polycarbonate pour fabriquer divers produits en plastique rigide : CD, DVD, verres de lunettes, vitrage de sécurité, prises et interrupteurs électriques, équipements médicaux, boitiers électroniques (téléphones portables, ordinateurs, bouilloires et cafetières électriques…). On les utilise principalement pour protéger de l’oxydation les équipements et les objets qu’elles recouvrent : coques de navire, ponts ou meubles métalliques, sols, éoliennes, intérieur de réservoirs et tuyauteries en métal ou béton, réseaux d’adduction d’eau potable (cuves et canalisations), amalgames dentaires. Enfin, une large proportion de papiers thermiques actuellement utilisés pour les terminaux d’impression de petite taille (reçus de cartes de crédit, pompes à essence, etc.) sont recouverts sur l’une de leur face d’une poudre de BPA.
En raison de préoccupations liées à ses effets potentiels sur la santé, notamment son rôle de perturbateur endocrinien, le BPA a été interdit dans les contenants alimentaires en France depuis 2015. Suite à cette interdiction du bisphénol A dans les emballages et contenants alimentaires en 2015, il a fallu trouver une molécule aux propriétés relativement similaires pour le remplacer. Le bisphénol S apparaissait alors comme une alternative. Le bisphénol S (ou BPS) est un composé chimique de synthèse qui appartient à la famille des bisphénols. Il est utilisé dans les emballages et contenants alimentaires. Il remplace le bisphénol A, classé comme perturbateur endocrinien. Depuis, le bisphénol S entre dans la composition de nombreux plastiques de contenants et d'emballages alimentaires. On le trouve dans des produits de la vie courante comme des biberons, de la vaisselle en plastique, des boîtes et récipients pour micro-ondes ou pour conserver les aliments, mais aussi dans des bouteilles d'eau, des boîtes de conserve, des canettes et dans les tickets de caisse.
Risques Potentiels du Bisphénol S pour la Santé
Bien que le BPS ait été introduit comme une alternative plus sûre au BPA, des études récentes ont mis en évidence des risques potentiels pour la santé associés à son utilisation. Le problème est que les molécules qui composent ces plastiques migrent vers l'alimentation sous l'effet de la chaleur. Elles sont ainsi ingérées par l'organisme et se retrouvent dans le sang. Dans une étude publiée le 17 juillet 2019 dans la revue Environmental Health Perspectives, des chercheurs franco-canadiens ont pointé du doigt la toxicité du bisphénol S. Ces scientifiques ont choisi de réaliser des tests sur des porcelets, des animaux ayant un système digestif très proche du nôtre. Ces cochons ont reçu des injections de composés contenant du bisphénol A et du bisphénol S. A l'issue de leurs tests, les chercheurs ont pu montrer que le bisphénol S "persistait plus longtemps dans l'organisme et à des concentrations beaucoup plus élevées" que le bisphénol A. Ainsi, "le remplacement du bisphénol A par le bisphénol S conduit à multiplier par environ 250 les concentrations dans le sang d'une substance hormonalement active", précise Véronique Gayrard, co-auteure de l'étude.
Concrètement, on reproche au bisphénol S d'être encore plus dangereux que le bisphénol A car on le retrouve plus longtemps dans l'organisme à des concentrations plus élevées. Mais il faut savoir qu'il n'y a pas que le bisphénol S qui est pointé du doigt. Il existe une dizaine de bisphénols dont on ne connaît pas vraiment la toxicité sur la santé et qui entrent malgré tout dans la composition de plastiques utilisés dans la vie courante, complète la chercheuse de l'Inserm.
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Pour déterminer les risques sur la santé avec exactitude, il faudrait connaître précisément le mécanisme d'action des bisphénols. Toutefois, "étant donné que le bisphénol S est une molécule qui est structurellement très proche du bisphénol A, on peut suspecter que ses mécanismes d'action biologique sont les mêmes ou très similaires à ceux du bisphénol A, et donc qu'il pourrait être considéré comme un perturbateur endocrinien, avec des effets connus sur la reproduction (infertilité du fœtus ou de l'enfant à naître), le métabolisme (obésité…) et le cerveau…", indique notre interlocutrice. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que les bisphénols S et F font parler d'eux. En 2015, une étude française menée sur des rongeurs a montré qu'ils présentaient "des effets nocifs" sur la santé humaine et ne constituaient pas "des alternatives sûres au bisphénol A". En 2017, une étude américaine menée sur des souris a également montré que le bisphénol S posait un risque pour la santé reproductive. Chez les enfants, le bisphénol S favoriserait les risques d’obésité. Une étude réalisée par la faculté de médecine de l’Université de New-York (NYU School of Medicine) sur 1831 enfants âgés de 6 à 19 ans met en avant une corrélation entre exposition au bisphénol S et obésité.
En tant que composé hormonalement actif, le bisphénol S est un perturbateur endocrinien, qui pourrait avoir des effets importants sur la santé. Des études canadiennes et américaines menées entre 2013 et 2017 ont démontré que le BPS stimule les cellules cancéreuses, notamment dans le cas du cancer du sein, qu’il rendrait plus agressif. Et des chercheurs de l’Université du Texas ont prouvé que le bisphénol S active les récepteurs aux œstrogènes des membranes plasmiques. De fait, l’hypothèse de l’innocuité du BPS semble peu probable. Une autre étude américaine a démontré quant à elle que la bisphénol S avait des effets néfastes sur les capacités reproductives des souris.
Position de Philips Avent sur la Sécurité des Biberons
En tant que principale marque de produits de puériculture, Philips Avent considère la sécurité de ses consommateurs comme une priorité absolue. Nous la garantissons en assurant une conformité totale avec toutes les exigences de sécurité applicables définies par les législateurs au niveau mondial et local et en respectant les normes les plus strictes. Les autorités de réglementation en place régissent les matériaux autorisés pour la fabrication des biberons, ainsi que les autres matériaux destinés au contact alimentaire : Food and Drug Association aux États-Unis, Santé Canada au Canada, Autorité européenne de sécurité des aliments en Europe, ainsi que diverses autres autorités sanitaires dans d'autres parties du monde. Philips respecte rigoureusement et suit de près la législation relative à la fabrication de ses produits, et n'a pas connaissance d'études reconnues par des autorités sanitaires confirmant des risques pour la santé dus aux microplastiques dans les biberons. Philips Avent propose aux parents un choix de biberons en plastique ou en verre. Nos biberons en verre sont fabriqués en verre borosilicaté de qualité supérieure. Ils résistent à la chaleur et aux chocs thermiques, ce qui permet de les placer au réfrigérateur, de les chauffer et de les stériliser en toute sécurité.
Alternatives aux Biberons en Plastique
En attendant d'en savoir un peu plus sur les effets éventuels du bisphénol S sur la santé, les consommateurs peuvent éviter d'utiliser des contenants en plastique et opter pour des contenants en verre, en silicone ou en céramique par exemple, conseille la chercheuse. Si on fait chauffer des aliments dans des contenants en verre, il n'y aucun risque de migration. Pour repérer la présence de perturbateurs endocriniens dans les emballages, il est nécessaire de regarder de près sur l’étiquette ou le contenant le triangle de recyclage. Certains sont non toxiques, ou inertes. D’autres libèrent des phtalates, du bisphénol A, du styrène et d’autres perturbateurs endocriniens. Si l’emballage ou la boîte comporte le numéro sept, il peut contenir du bisphénol A et donc favoriser la migration de la molécule vers le contenu. Les plastiques deux, quatre et cinq sont à privilégier selon l’Institut national de l’information en santé environnementale (Canada).
Efforts de Recherche et Réglementation
Lancé depuis janvier 2019 et coordonné par l'Inserm, un projet européen baptisé OBERON a pour but de développer des batteries de tests afin d'identifier avec plus de précision et de certitude les perturbateurs endocriniens dont les bisphénols. Ceci est d’autant plus crucial que les dangers liés au bisphénol S semblent se retrouver également dans le bisphénol F. Mais la réponse à ces interrogations pourrait arriver dans les prochaines années. En janvier 2019 a été lancé un projet européen coordonné par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) nommé OBERON. L’objectif de ce programme est de développer les tests afin d’identifier le plus fidèlement possible les perturbateurs endocriniens dans les bisphénols.
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