Les coliques du nourrisson, bien que bénignes, sont une source d'inquiétude pour de nombreux parents. Elles se manifestent par des pleurs inexpliqués, souvent accompagnés de cris stridents et d'un visage rouge, même chez les bébés allaités. Cet article a pour but de vous informer sur les causes possibles, les symptômes et les traitements disponibles pour soulager votre bébé.
Prévalence et durée des coliques
Les coliques du nourrisson touchent environ 20% des bébés de moins de 3 mois. Ces troubles digestifs peuvent parfois perdurer jusqu'à 5 mois. Il est important de noter que les coliques disparaissent spontanément le plus souvent à la fin du 3e mois de vie.
Symptômes des coliques
Les symptômes des coliques du nourrisson peuvent être déconcertants pour les parents. Ils se manifestent par :
- Des cris inexpliqués, perçants et violents, survenant souvent à la fin des repas.
- Des pleurs qui peuvent perdurer plusieurs heures.
- L'émission de rots et de gaz intestinaux.
- Un visage rouge et des signes de souffrance, tels que se tortiller ou agiter les jambes dans tous les sens.
- Les crises de colique ont lieu plus fréquemment en fin d’après-midi ou en début de nuit, et lorsque le bébé est allongé.
Causes possibles des coliques
La plupart du temps, aucune cause n'est retrouvée face aux coliques du nourrisson. Le système digestif de bébé est encore immature à cet âge. Les chercheurs supposent que la digestion de certains sucres est plus difficile.
- Immaturité du système digestif : Durant les premiers mois, le système digestif du nourrisson est extrêmement sensible, car il ne fonctionne pas encore de façon optimale. Il est donc tout à fait normal que certains bébés produisent de 15 à 20 gaz par jour.
- Le lactose : Le lactose, sucre contenu dans le lait maternel (particulièrement riche en lactose en début de tétée), est souvent incriminé. L'enzyme (la lactase) qui permet sa digestion peut être produite en trop petite quantité au niveau de l'intestin. Une trop grande quantité de lactose peut aussi dépasser les capacités de digestion de l'enzyme.
- La déglutition : Bien que les bébés allaités avalent moins d’air que les bébés nourris au biberon, il arrive que certains enfants aient une mauvaise coordination de la déglutition après la succion, tout en gérant la respiration. Ce phénomène est aussi observé lorsque la maman a un réflexe d’éjection du lait très fort.
- Causes moins fréquentes : Il existe des causes moins fréquentes de coliques du nourrisson comme l’intolérance au lactose et l’allergie aux protéines de lait de vache (APLV). Des pleurs survenant plus ou moins rapidement après le biberon font partie des divers symptômes d’une APLV. Le pédiatre confirmera ce diagnostic suite à des tests biologiques et l’essai d’un régime alimentaire sans protéines de lait de vache.
Allaitement et coliques : conseils pour les mères
Il est préférable d'allaiter dans une atmosphère calme, idéale pour la relation mère-enfant. Durant la tétée, prenez garde que bébé n’avale pas trop d’air, ce qui favorise les ballonnements.
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- La composition du lait maternel : Au fil de la tétée, le lait maternel évolue : sa composition devient plus grasse à mesure que le nourrisson draine le lait du sein de sa mère. Si maman change de sein pendant la tétée avant que bébé n’ait le temps de finir le premier sein, il consomme moins d’énergie et demande à boire plus souvent. Face à ce lait ingurgité plus fréquemment et moins gras, l’estomac de bébé se vide plus rapidement et une grande quantité de lactose (sucre du lait) arrive dans l’intestin. Il est alors plus difficile pour bébé de digérer correctement ! Tant que bébé tète et avale du lait, continuez d’offrir le premier sein jusqu’à ce qu’il le lâche ou s’endorme. S’il a encore faim, vous pouvez offrir le second.
- L'air : S’il a tendance à avaler de l’air, après la tétée, soyez attentive à ce que votre enfant fasse plusieurs rots pour évacuer l’air ingéré.
Traitements et solutions pour soulager les coliques
Bien qu'il n'existe pas de traitement miracle pour les coliques, plusieurs solutions peuvent aider à soulager votre bébé :
- Massage abdominal : Un massage abdominal doux permet aux gaz intestinaux de progresser dans le côlon et de diminuer les spasmes.
- Bouillotte tiède : L'application d'une bouillotte tiède sur le ventre de bébé, adaptée aux nourrissons, est une solution pour soulager les douleurs.
- Laits anti-coliques : Si bébé souffre de coliques du nourrisson, inutile d’arrêter l’allaitement sans un avis médical. Il existe des laits anti-coliques spécifiques dont la teneur en lactose est réduite. En cas de mal-digestion, vous, parents, pourrez opter pour un lait infantile plus pauvre en lactose, et éventuellement enrichi en lactase en accord avec le médecin de votre enfant.
- Phytothérapie : La phytothérapie est une médecine douce de plus en plus adoptée. Essentiellement basée sur l’usage des plantes, cette médecine alternative peut se montrer efficace lorsqu’il s’agit de traiter certains maux. PEDIAKID propose une solution naturelle et pratique associant des extraits naturels de Fenouil, Menthe poivrée, Camomille et Mélisse) : PEDIAKID Bébé Gaz.
Plantes bénéfiques pour soulager les coliques
- Le fenouil : Ce légume présente une saveur anisée qui plaît beaucoup pour ses qualités gustatives et culinaires. Traditionnellement, on faisait appel à cette plante vivace pour ses effets antispasmodique, anti-inflammatoire et analgésique. De nos jours, la tisane de fenouil s'avère fonctionnelle en cas de douleurs abdominales. Elle constitue un remède contre les coliques et les gaz des nourrissons. D’un côté, les propriétés antispasmodiques du fenouil lui permettent de limiter la formation de gaz intestinaux. L’anéthol, son principe actif aux propriétés digestives, favorise une meilleure dilatation des vaisseaux sanguins des intestins. Les fibres douces qui le composent sont également à la base de ses pouvoirs bienfaisants sur l’appareil digestif. Ajoutons que sa consommation s’adapte parfaitement aux plus jeunes.
- La camomille : La camomille est une plante aux bienfaits multiples utilisée par les spécialistes depuis plusieurs siècles. Ce relaxant doux soulage la nervosité, l’agitation et la tension. Il peut également être utilisé pour apaiser les maux de ventre. Elle est particulièrement indiquée en cas de brûlures d’estomac, d’indigestion, de spasmes digestifs, de nausées et de vomissements.
- La menthe poivrée : Cette plante hybride fait partie de la famille des Lamiacées. Elle a vu le jour grâce au croisement de la menthe aquatique et de la menthe verte. La plante aux vertus médicinales possède plus d’un atout dans son sac. Sa consommation favorise la vidange gastrique. Cela signifie que l'estomac se vide plus vite et que les sensations de distensions (gonflements) sont rapidement soulagées. Grâce à sa haute teneur en menthol, la menthe poivrée agit comme un tonique et un stimulant digestif, pancréatique et nerveux. Ses propriétés spasmolytiques, diminuant les spasmes, sont appréciées en cas de nausées, de gaz ou d'inflammation de l'intestin. Ses effets anti-inflammatoires et carminatifs sont cliniquement prouvés.
- La mélisse : Cette plante herbacée vivace à l’odeur citronnée très appréciée nous vient du bassin méditerranéen. Elle est de la même famille que la menthe. C’est un végétal extrêmement doux dont les bienfaits sont visibles à tout âge. La mélisse présente des propriétés digestives et relaxantes. Son effet carminatif dissipe les gaz et les ballonnements des nourrissons. Tout comme le fenouil, la camomille et la menthe poivrée, il est recommandé de profiter de ses pouvoirs via une tisane ou une infusion. Donnez une cuillère à café de ce liquide plusieurs fois par jour à votre petit bout.
Autres conseils et astuces
- Conseils généraux : Essayez, dans la mesure du possible, d’apporter une réponse appropriée pour calmer ses pleurs : parlez-lui calmement ; prenez-le dans les bras. Le bercement et les massages abdominaux très doux, le peau à peau en plaçant votre bébé son ventre contre le vôtre, les jambes légèrement remontées peuvent le calmer. Par ailleurs, n’hésitez pas à noter lorsque votre bébé mange afin de savoir quand le moment de le nourrir est arrivé et ainsi éviter de prendre à tort ses cris pour de la faim et lui donner tout le temps le biberon ou le sein.
- Positionnement : Positionner son enfant sur le ventre, de préférence avec les jambes repliées, est un bon moyen de l’apaiser, à condition de ne pas le laisser sans surveillance. Il est également intéressant de tenir votre nourrisson couché sur le ventre le long de votre avant-bras, l’autre main posée sur son dos ; ou de l’installer de cette manière sur vos cuisses, tout en lui massant le dos.
- Rots : Les rots sont une étape incontournable après chaque repas ! En tétant le sein comme le biberon, le bébé ingère en effet de l’air, qu’il lui faut évacuer pour ne pas subir des dérangements gastriques ou intestinaux supplémentaires. Dans tous les cas, mieux vaut nourrir le tout-petit dans le calme, y compris au moment de faire son rot.
- Journal alimentaire pour les mamans qui allaitent : De nombreuses mamans qui allaitent ajoutent du cumin et du thym à leur alimentation. Si le souci est autre, il est conseillé de commencer un journal alimentaire énumérant les ingrédients consommés par la maman. Cela permet de cibler l’élément déclencheur de l’inconfort digestif.
- Coussins à noyaux de cerises : Le massage du ventre ou l’usage de coussins à noyaux de cerises constituent également un soulagement pour le bébé.
- Hygiène nasale: L’hygiène nasale est cruciale, surtout en hiver. Nettoyez en douceur le nez de votre enfant avec le sérum physiologique Physiodose, essentiel pour soulager l'encombrement nasal.
Quand consulter un médecin ?
Bien que les coliques du nourrisson soient bénignes et cessent spontanément, il est important de consulter un médecin dans les cas suivants :
- Si les coliques s’accompagnent de vomissements ou de douleurs abdominales.
- Si l’enfant a de la fièvre, car les coliques peuvent en fait révéler une infection, notamment une gastro-entérite.
- Si malgré les recommandations, les régurgitations de votre bébé ne se calment pas, si elles perturbent son sommeil ou si elles vous semblent gênantes voire douloureuses.
- Si votre enfant pleure à la fin de chaque repas, la première chose à faire est de consulter sa courbe de poids.
Différencier coliques et autres troubles digestifs
Il est important de bien comprendre ce que sont les coliques. Un bébé présente des coliques du nourrisson, s’il pleure de manière excessive et non consolable plus de 3 heures par jour, plus de 3 jours par semaine depuis plus de trois semaines. Ces pleurs, parfois impressionnants, ne sont pas forcément l’expression d’un inconfort digestif contrairement à ce que leur nom pourrait laisser penser.
- Coliques vs. constipation : La constipation reste exceptionnelle chez les nouveau-nés (c’est-à-dire chez l’enfant de moins d’un mois), tout comme les gaz et ballonnements. En revanche, elle concerne davantage les plus grands bébés puisque 15% des bébés de moins de 1 an souffrent de constipation.
- Coliques vs. diarrhée : La diarrhée aiguë est l’apparition d’au moins trois selles liquides en quelques heures. Pour un bébé de plus de trois mois, il est nécessaire de surveiller d’éventuels autres symptômes (fièvre, vomissements) et d’observer son état général : est-il comme d’habitude ? Joue-t-il ? Mange-t-il ? Dans les 2 cas, l’important est d’éviter la déshydratation. Plus votre nourrisson est jeune, plus le risque est élevé. La première cause de diarrhée aiguë est la gastro-entérite.
- Coliques vs. régurgitations : Les régurgitations sont fréquentes et bénignes. Ce sont des rejets de lait qui interviennent peu de temps après la tétée, et notamment au moment du rot. Elles peuvent survenir de jour comme de nuit et persister dans le temps. En effet, la fermeture de son estomac ne permet pas encore de contenir toute la quantité de lait ingérée et une position allongée, une tétée trop rapide ou trop agitée peut provoquer de petites remontées de lait.
Importance du soutien parental
Entendre votre bébé pleurer peut être une épreuve qui met à mal votre cœur de parent. N’hésitez pas à consulter votre professionnel de santé, afin qu’il pose un diagnostic, vous conseille et vous rassure. Seul face à votre enfant inconsolable, couchez bébé sur le dos dans son lit en toute sécurité. Quittez la pièce pour boire un verre d’eau. Respirez calmement et profondément, puis appelez un proche. Réassurance parentale, repos sur tierce personne régulier, réseaux de soutien à la parentalité et professionnels de santé à l’écoute sont essentiels.
Ces pleurs incontrôlables peuvent vous donner le sentiment d’être impuissants. Si vous vous sentez dépassés par cette situation, n’hésitez pas à consulter le médecin de votre enfant et à vous faire aider par des membres de votre famille ou des amis. Il faut absolument que vous restiez calmes et ne pas vous « énerver » contre ce bébé : ne secouez jamais votre tout-petit , ne le secouez pas, même si vous perdez patience car cela n’arrangera pas la situation et risquera d’entraîner des séquelles cérébrales très graves. Pour accompagner au mieux votre enfant à passer ce cap et éviter d’être angoissés à votre tour, n’hésitez pas à alterner de grands moments de câlins et des moments où vous laissez votre bébé crier quelques instants seul. Aussi, n’hésitez pas à multiplier câlins, peau à peau, massages, bisous, comptines et autres mots rassurants pour apaiser votre enfant. Votre présence et votre attention de maman et papa, avec une grande patience, constituent sans aucun doute le plus efficace des traitements pour calmer les « coliques » de votre bébé.
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