L'accident vasculaire cérébral (AVC), souvent perçu comme une affection touchant principalement les personnes âgées, peut également survenir chez les enfants, y compris pendant la période anténatale et lors de l'accouchement. Bien que rare, l'AVC périnatal et postnatal peut avoir des conséquences graves pour la mère et l'enfant. Cet article explore les causes, les symptômes, les traitements et les mesures de prévention liés à l'AVC pendant la grossesse et le post-partum.

AVC chez l'Enfant : Une Réalité Méconnue

L'AVC chez l'enfant diffère de celui de l'adulte en termes de causes et d'effets. Chez les enfants, la cause la plus fréquente d'AVC est un caillot sanguin, qui se forme lorsque le sang se solidifie. Un nourrisson peut ne présenter aucun signe d'infarctus cérébral, que ce soit dans l'utérus ou peu après la naissance. Les crises chez un nourrisson peuvent se manifester par des contractions des bras, des jambes ou du visage, des mouvements saccadés ou des pauses respiratoires et du regard. L'AVC périnatal est une cause fréquente de paralysie cérébrale.

Une étude portant sur 111 enfants ayant subi un AVC périnatal a révélé que 68 % d'entre eux étaient également atteints de paralysie cérébrale.

AVC Pendant la Grossesse et le Post-Partum : Un Événement Rare Mais Grave

L'AVC constitue la première cause de mortalité chez la femme et la troisième chez l'homme. Il s'agit d'une urgence médicale absolue, car l'arrêt brutal de la circulation sanguine dans un vaisseau irriguant le cerveau peut entraîner des séquelles persistantes dans 40 % des cas. Les femmes, en raison des nombreux changements hormonaux qu'elles subissent au cours de leur vie, sont plus susceptibles de développer des facteurs de risque d'AVC, notamment l'hypertension artérielle. La grossesse est une période particulièrement à risque, car 15 % des femmes enceintes développent une hypertension artérielle.

Les AVC survenant pendant la grossesse ou dans le post-partum (jusqu'à 6 semaines après la naissance) sont encore peu documentés. Provoqué par l'obstruction d'un vaisseau par un caillot ou par la rupture d'un vaisseau sanguin dans le cerveau, l'AVC entraîne chaque année l'hospitalisation de 55 000 à 60 000 femmes en France. Cet événement rare peut entraîner de lourdes séquelles pour la femme et pour l'enfant à naître et reste encore mal compris. La femme enceinte est potentiellement plus à risque en raison d'une hypercoagulabilité sanguine, d'une augmentation du débit cardiaque, d'une augmentation du volume sanguin total et de modifications de la structure des parois des artères.

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Une étude menée aux États-Unis, portant sur les dossiers de 37 360 772 femmes hospitalisées entre 2007 et 2015 lors de leur grossesse, âgées de plus de 18 ans, a permis de constater que le nombre d'AVC ne diminue pas chaque année, mais que sa prise en charge s'améliore, avec un taux de mortalité qui diminue. Une prévalence accrue de certains facteurs de risque cardiovasculaires joue également un rôle dans le risque de faire un AVC.

Facteurs de Risque et Prévention de l'AVC

La prévention reste la meilleure stratégie pour lutter contre les AVC. Elle repose principalement sur le dépistage et le traitement des facteurs de risque vasculaires tels que :

  • Le niveau de pression artérielle
  • L'excès de cholestérol
  • Le diabète
  • L'obésité
  • Le tabagisme
  • La sédentarité

Une étude publiée dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé publique France s'est penchée sur les taux d'incidences des AVC et des syndromes coronaires aigus (SCA) lors de moments forts de la grossesse : le péri-partum (période du séjour de l'accouchement) et le post-partum (période couvrant les six premières semaines suivant l'accouchement). Les chercheurs ont mis en évidence une incidence particulièrement élevée de tous les types d'AVC et de SCA pendant le péri-partum et le post-partum. Les facteurs de risques identifiés sont notamment l'obésité, le tabac, le diabète, la diminution importante du volume sanguin après l'accouchement, les changements hormonaux rapides, l'âge de la mère ou encore l'hypertension. Ainsi, les chercheurs recommandent de mettre en place des campagnes de prévention plus importantes pour sensibiliser les personnes concernées.

Types d'AVC et leurs Causes

Il existe deux principaux types d'AVC : l'AVC ischémique et l'AVC hémorragique.

  • L'AVC ischémique est lié à l'obstruction d'une artère, souvent en raison d'un caillot (embol). Dans ce cas, les cellules du cerveau ne sont plus irriguées et donc, ne sont pas suffisamment nourries en oxygène et en glucose. Si les cellules sont privées de sang sur une courte durée, elles sont fragilisées, mais elles peuvent retrouver leur fonction initiale. Si les cellules sont privées de sang sur une longue durée, elles meurent et la personne a une perte fonctionnelle qui peut s'avérer permanente. La cause principale de l'AVC ischémique est l'athérosclérose (accumulation de dépôts de cholestérol sur les parois des artères). Dans 1 % des cas, l'AVC ischémique peut avoir une origine veineuse : on parle alors de thrombose veineuse cérébrale. Cette thrombose survient beaucoup plus chez les femmes jeunes, car elle est favorisée par les facteurs hormonaux comme les contraceptifs estroprogestatifs, la grossesse et l'accouchement.
  • L'AVC hémorragique est dû à une hémorragie intra ou extra cérébrale. Cela se manifeste par l'éclatement d'un vaisseau sanguin, ce qui perturbe le flux sanguin normal et provoque un écoulement de sang dans le tissu cérébral ou dans la zone qui entoure le cerveau. La cause principale des AVC hémorragiques est une tension artérielle élevée (hypertension artérielle). Dans certains cas, la rupture peut survenir sur une anomalie préexistante de l'artère : un anévrisme ou une malformation artério-veineuse existant depuis la naissance.

Un accident ischémique transitoire (AIT), parfois appelé « mini-AVC », est souvent le signe précurseur d'un AVC ischémique imminent. Les AIT surviennent lorsqu'une zone cérébrale n'est plus irriguée par le sang pendant une courte période. L'AIT est un signal d'alarme car le risque de survenue d'un AVC plus grave dans les jours suivants est grand.

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Symptômes de l'AVC

Compte tenu de l'urgence médicale que constitue un AVC, il est très important d'en connaître les symptômes. Ceux-ci sont extrêmement divers car ils dépendent de la localisation exacte de la lésion. Néanmoins, il faut connaître ces symptômes pour être capable de donner l'alerte, même s'ils sont transitoires :

  • Une déformation de la bouche
  • Une faiblesse ou un engourdissement soudain d'un seul côté de la bouche
  • Des troubles de la parole et de la compréhension
  • Une perte de force ou un engourdissement d'un côté du corps, d'un bras ou d'une jambe
  • Des troubles de l'équilibre
  • Des maux de tête intenses
  • Une baisse de vision : perte de la vue d'un œil ou vision double

Il existe un moyen mnémotechnique permettant d'identifier un AVC et de réagir à temps (formule VITE) :

  • V comme Visage paralysé
  • I comme Impossible de bouger un membre
  • T comme Trouble de la parole
  • E comme Éviter le pire en composant le 15

Diagnostic de l'AVC

Même si les symptômes et les résultats de l'examen clinique suggèrent un AVC, des examens complémentaires sont nécessaires pour déterminer :

  • Si un AVC a réellement eu lieu
  • La nature de l'AVC (ischémique ou hémorragique)
  • La sévérité et la nécessité d'un traitement immédiat
  • Le moyen de prévenir les futurs AVC
  • La nécessité ou non d'une rééducation

Les examens souvent réalisés sont :

  • Une mesure du taux de glycémie
  • Un scanner cérébral
  • Une IRM cérébrale
  • Une tomodensitométrie
  • L'IRM pondérée en diffusion
  • Une angiographie cérébrale
  • Un échocardiogramme
  • Un électrocardiogramme (ECG)

Traitements de l'AVC

Le traitement de l'AVC diffère selon le type. Les chances de récupération après un AVC varient d'une personne à l'autre. Elles dépendent de plusieurs facteurs, dont la gravité de l'AVC, la rapidité de la prise en charge médicale, et l'efficacité de la rééducation.

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  • Traitement de l'AVC ischémique : Le traitement vise à déboucher le vaisseau cérébral le plus rapidement possible afin de limiter les lésions. Les traitements couramment appliqués sont la thrombolyse (injection d'un produit ayant pour but de dissoudre le caillot) et la thrombectomie (retrait mécanique du caillot).
  • Traitement de l'AVC hémorragique : La prise en charge est chirurgicale et consiste à rétablir un écoulement sanguin normal. Il s'agit ensuite de lutter contre les facteurs à l'origine de l'AVC et de son risque de rechute. Un traitement anticoagulant peut être prescrit pour fluidifier le sang et limiter les récidives.

Complications de l'AVC

Les conséquences d'un AVC varient selon la gravité et la rapidité du traitement. Certaines des complications sont :

  • L'hémiplégie (paralysie affectant un seul côté du corps)
  • L'aphasie (troubles du langage oral et écrit)
  • La dépression
  • Le déclin cognitif
  • Des troubles de la marche et de l'équilibre
  • Des crises d'épilepsie

Rééducation Après un AVC

La récupération après un AVC dépend de l'étendue des lésions cérébrales et de la rapidité du traitement. Les actions à mener pour la remise sur pied du patient peuvent inclure :

  • La kinésithérapie pour améliorer la mobilité et réduire la paralysie
  • L'orthophonie pour aider à retrouver la parole et les capacités de communication
  • La thérapie cognitive pour aider à améliorer la mémoire, la concentration et d'autres fonctions cérébrales
  • Le soutien psychologique pour faire face aux changements émotionnels et prévenir la dépression

AVC Périnatal : Une Forme Spécifique

L'infarctus cérébral artériel périnatal est la forme la plus fréquente d'AVC chez l'enfant, avec une prévalence de 1/4000 naissances. Une des caractéristiques de la neurologie néonatale est l'absence de concomitance obligée entre la survenue de la lésion cérébrale et les signes cliniques. On distingue :

  • L'infarctus néonatal (NAIS), diagnostiqué dans les 28 premiers jours de vie.
  • L'infarctus cérébral présumé périnatal, diagnostiqué chez les enfants de plus de 28 jours chez lesquels il est supposé que l'AVC est survenu entre la 20ème semaine de vie fœtale et le 28ème jour post-natal.

Les théories actuelles font intervenir en premier lieu le placenta. Les facteurs de risque sont en effet pour la plupart des déterminants ou des marqueurs de la pathologie vasculo-placentaire pouvant induire un dysfonctionnement de la circulation materno-fœtale, l'occlusion de capillaires et la constitution d'infarctus placentaires. L'autre hypothèse, moins probable, est une lésion des artères à destinée encéphalique lors de l'accouchement.

Le maintien de l'homéostasie néonatale et le traitement des convulsions sont recommandés à la phase aiguë des infarctus néonatals. La médecine physique et réadaptation a pour mission de reconnaître les difficultés des patients et de mettre en œuvre les moyens d'optimiser leurs performances fonctionnelles, de promouvoir la réadaptation, de favoriser la réinsertion dans l'environnement et d'une manière générale la qualité de la vie.

Angiopathie du Post-Partum : Une Cause Rare de Maux de Tête

L'angiopathie du post-partum est une pathologie rare qui touche parfois les femmes après leur accouchement et qui se caractérise par de violents maux de têtes après l'accouchement, parfois couplés à des vertiges. Elle est due à un rétrécissement excessif des artères du cerveau. Les symptômes incluent des céphalées brutales, des nausées, des vomissements, une sensibilité à la lumière et des vertiges. Dans certains cas, elle peut entraîner des signes évoquant un AVC ou des convulsions. Le diagnostic repose sur un examen clinique, un scanner et une angio-IRM. L'angiopathie du post-partum récupère dans la quasi-totalité des cas grâce à des traitements tels que les inhibiteurs calciques, le sulfate de magnésium et les antalgiques.

Importance d'une Prise en Charge Rapide

L'AVC est une urgence médicale qui peut entraîner des séquelles importantes. Sa prise en charge rapide est un facteur clé permettant de limiter les dommages cérébraux et améliorer les chances de récupération. La rééducation occupe une place très importante dans le processus de rétablissement après un AVC, afin de recouvrir au mieux les fonctions atteintes.

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