L'autisme, ou trouble du spectre autistique (TSA), est un trouble du neurodéveloppement qui se manifeste dès l'enfance et accompagne la personne tout au long de sa vie. Il est essentiel de comprendre les signes de l'autisme chez l'enfant de 3 ans afin de permettre un dépistage précoce et une prise en charge adaptée.
Qu'est-ce que l'autisme ?
L’autisme est un trouble du neurodéveloppement (TND) qui se manifeste dès la petite enfance et perdure tout au long de la vie. On utilise couramment le terme autisme pour désigner les troubles du spectre autistique (TSA), un ensemble de troubles du neurodéveloppement affectant la communication, les interactions sociales et le comportement. Le DSM-5 le définit comme des « déficits persistants de la communication et des interactions sociales observés dans des contextes variés ».
La notion de « spectre » est importante car elle ne fige pas une personne autiste sur une échelle. Chaque personne étant différente, chaque trouble étant spécifique, le spectre permet de définir une place selon différentes capacités : le langage, la perception, les émotions, les capacités motrices… Ainsi, un enfant autiste pourra maîtriser la communication verbale, mais pourra se sentir en difficulté pour percevoir et comprendre ce que l’autre lui demande.
En France, près d’1 personne sur 100 serait concernée par l’autisme, soit environ 700 000 à un million de personnes, dont 100 000 ont moins de 20 ans. Les garçons sont trois fois plus à recevoir ce diagnostic.
Cette évolution reflète une meilleure compréhension de l’autisme comme un spectre de manifestations diverses. Le DSM-5 précise ceci : « Au sein du diagnostic de trouble du spectre de l’autisme, les caractéristiques individuelles sont notées grâce à l’emploi de spécifications (avec ou sans déficit intellectuel associé ; avec ou sans altération du langage associée ; associé à une pathologie médicale ou génétique connue ou à un facteur environnemental ; associé à un autre trouble développemental, mental ou comportemental), ainsi que de spécifications décrivant les symptômes autistiques (âge lors des premiers soucis ; avec ou sans perte de compétences acquises ; sévérité). Ces spécifications offrent au clinicien la possibilité d’individualiser le diagnostic et d’enrichir la description clinique des personnes atteintes. Par exemple, de nombreuses personnes qui avaient antérieurement un diagnostic de trouble d’Asperger auraient maintenant un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme sans altération du langage ni déficit intellectuel.
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On retrouve fréquemment (mais pas systématiquement) certaines comorbidités chez les personnes avec autisme.
Les signes d'alerte chez l'enfant de 3 ans
Les premiers symptômes des troubles du spectre autistique apparaissent dès l’enfance et sont variables d’un enfant à l’autre. Les parents peuvent détecter certains signes d’alerte chez leur enfant avant ses 3 ans. Il est important de noter que cette liste n'est pas exhaustive et que les signes peuvent varier selon les formes d'autisme.
- Difficultés de communication :
- Retard ou absence de langage.
- Difficulté à initier ou à maintenir une conversation. Un autiste, même léger, ne va pas lancer une conversation ou l’entretenir.
- Difficulté à comprendre les mimiques et les gestes (communication non verbale).
- Ne pointe pas du doigt ou pointe dans le but d’obtenir quelque chose en échange et non pas pour partager un évènement. Par exemple pointe un gâteau quand il a faim mais ne pointe pas un avion qui passe dans le ciel pour le montrer à ses parents.
- Absence de babillage ou peu de vocalisation.
- Ne répond pas à son prénom.
- Difficultés d'interaction sociale :
- Semble ignorer les autres ou être craintif à l’idée d’entrer en contact avec eux.
- Les enfants autistes peuvent sembler indifférents aux sollicitations des autres.
- Désintérêt pour les personnes (défaut du contact).
- Absence de réactions joyeuses à l’arrivée des parents.
- Absence ou faible attention conjointe : c’est la capacité à partager un évènement avec autrui, à attirer et à maintenir son attention vers un objet ou une personne dans le but d’obtenir une observation commune et conjointe. Le pointage est un exemple d’attention conjointe.
- Absence d’intérêt pour les autres enfants ou semble être craintif et/ou maladroit à l’idée d’entrer en contact avec eux. Cela peut passer pour de la timidité ou de la maladresse sociale.
- Difficulté à comprendre les codes sociaux.
- Comportements répétitifs et intérêts restreints :
- Un enfant autiste peut adopter un comportement et des mouvements inadaptés avec, par exemple, une gestuelle stéréotypée (battement de bras « flapping », sautillement, balancement…).
- Au moment de jouer, il préfère souvent aligner ses jouets plutôt que de participer à des jeux de rôle ou d’imitation de son âge.
- Acceptant difficilement le changement et la nouveauté, il se construit des routines qui le rassurent. Routines quotidiennes : très importantes pour la personne atteinte d’autisme léger, elles sont des rituels qui le rassurent.
- Il s’attache à des centres d’intérêt très restreints, et peut y consacrer un temps anormalement long.
- Préoccupation persistante pour certaines parties d’objets : fait tourner la roue d’une petite voiture au lieu de jouer avec.
- Attachement inhabituel à des objets, l’enfant peut être fortement déstabilisé si on lui retire.
- Insistance à poursuivre les actes routiniers strictement et dans le détail : emprunter le même trajet pour se rendre au parc ou à l’école, faire différentes actions toujours dans le même ordre avant de se coucher, aligner toujours les peluches de la même manière.
- Particularités sensorielles :
- Par ailleurs, les enfants autistes présentent régulièrement des particularités sensorielles par exemple au toucher, aux bruits ou à la lumière. Hypersensibilité aux stimuli sensoriels : tous les sens peuvent être impactés.
- Autres signes :
- Apathie : état d’impassivité, manque d’intérêt émotionnel ou social
- Impression d’anormalité : bébé trop calme ou excité
- Intolérance au contact physique : n’aime pas être porté, pris dans les bras, cela peut déclencher des pleurs ou des mouvements de recul
- Impression d’indifférence au monde extérieur : semble pensif et peu sensible à son environnement immédiat
- Peu de réaction à la séparation
- Absence ou pauvreté des jeux, notamment les jeux de faire-semblant ou demander de l’imagination.
Le dépistage et le diagnostic
L’observation des premiers troubles de l’autisme chez l’enfant intervient souvent avant ses 3 ans. Un dépistage précoce permet une meilleure prise en charge. En tant que parents, vous vous posez des questions légitimes sur le développement et le comportement de votre enfant. L’entourage, le personnel de la crèche ou l’assistante maternelle ont, peut-être, également remarqué quelques troubles et vous en ont fait part.
Qui connait mieux votre enfant que vous ? C’est votre vigilance et votre attention de tous les jours qui vous permettront de détecter certains comportements chez votre enfant. Si c’est le cas, vous pourrez dans un premier temps prendre rendez-vous avec votre médecin traitant ou chez le pédiatre. Vous serez ensuite éventuellement redirigés vers un professionnel de santé spécialisé dans l’autisme. Il est important que vous agissiez assez rapidement dès les premières suspicions de tendances autistiques. En effet, un dépistage précoce permet une prise en charge et un meilleur accompagnement de l’enfant. Si vous avez des doutes, n’hésitez pas dans un premier temps à en parler autour de vous.
Il existe des outils de dépistage et d’évaluation qui permettent de repérer les signes d’alerte chez les enfants autistes. Le plus connu et le plus utilisé est le test M-Chat (Modified Check-list for Autism in Toddlers). Attention, les résultats de ce test ne posent en aucun cas un diagnostic. Les signes d’alerte détectés peuvent toutefois faire l’objet d’une prise en charge par une équipe pluridisciplinaire.
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Le diagnostic d’autisme léger doit être posé par un médecin, qui s’entoure généralement d’autres professionnels de santé.
Si votre visite chez le médecin ouvre sur une suspicion d’autisme, dites-vous que vous avez fait la bonne démarche. Vous serez dirigé par la suite vers des services spécialisés qui vous accompagneront, vous et votre enfant, sur un parcours adapté. Dans tous les cas, ne culpabilisez pas ! L’autisme n’a pas de lien avec un traumatisme vécu, la relation avec les parents, le milieu social ou l’origine ethnique. L’autisme est un trouble du développement neurobiologique précoce, sur lequel il faut agir dès les premiers éléments de diagnostic. La Haute Autorité de Santé (HAS) a élaboré des recommandations de bonnes pratiques professionnelles pour le diagnostic et pour l’intervention.
L'autisme léger (TSA de niveau 1)
La notion d’autisme léger est quant à elle utilisée pour désigner le TSA de niveau 1, dont les symptômes et leur impact sur le quotidien sont moindres par rapport aux niveaux 2 et 3. L’autisme léger, aussi appelé autisme de niveau 1, ou autisme de haut niveau, présente des particularités communes aux personnes avec autisme, mais jamais de retard mental ou de langage pour l’enfant. La forme d’autisme léger la plus connue était le syndrome d’Asperger, également intégré dans les troubles autistiques.
Présent dès la naissance, il n’est souvent diagnostiqué qu’à partir de 3 ans, au moment de l’entrée à l’école. L’autisme léger (aussi appelé « high-functioning autism” en anglais), est un TSA de niveau 1 dont les symptômes n’empêchent pas ceux qu’ils concernent de s’intégrer socialement.
Le trouble du spectre autistique (TSA) de niveau 1 ou autisme léger se manifeste par le même type de symptômes qu’à d’autres niveaux. Cela permet aux autistes dits légers de passer plus facilement “inaperçus” que leurs pairs dont les troubles sont plus sévères.
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Même si les autistes dits légers vivent souvent de manière autonome, il ne faut pas minimiser leurs difficultés sur le plan social. Un suivi personnalisé et régulier leur permet de les surmonter.
Les particularités de l'autisme léger
Le spectre de l’autisme léger n’échappe pas à la “triade autistique” évoquée plus haut.
- Hypersensibilité aux stimuli sensoriels : tous les sens peuvent être impactés.
- Routines quotidiennes : très importantes pour la personne atteinte d’autisme léger, elles sont des rituels qui le rassurent.
- Un autiste, même léger, ne va pas lancer une conversation ou l’entretenir.
- Comprendre les codes sociaux est souvent un problème pour un autiste de haut niveau.
Troubles associés à l'autisme
Lors d’autisme atypique, une forme d’autisme plus rare, l’enfant présente certains de ces symptômes, de manière moins systématique que lors d’autisme infantile. Chez certains enfants autistes, des difficultés motrices peuvent également être présentes : gestes maladroits, démarche raide, par exemple. Les enfants atteints de syndrome d’Asperger ne présentent ni troubles de l’acquisition du langage, ni retard mental. Fréquemment, une résistance au changement est observée chez les personnes atteintes de syndrome d’Asperger, avec la présence de nombreux rituels quotidiens qui, s’ils ne sont pas respectés, provoquent une forte anxiété.
Les symptômes du syndrome de Rett apparaissent le plus souvent chez une petite fille dont les cinq premiers mois de vie se sont déroulés sans trouble du développement. Entre les âges de cinq et trente mois, l’enfant perd sa capacité à utiliser ses mains, à se déplacer, à parler et à établir des liens sociaux avec son entourage. Pendant cette période, la croissance de son crâne est inférieure à la normale. Les symptômes du trouble désintégratif de l’enfance apparaissent chez des enfants dont le développement était normal jusqu’à l’âge d’au moins deux ans. Ensuite, l’enfant commence à perdre ses acquis au niveau du maintien des liens sociaux, du langage, du jeu, des mouvements et de la propreté.
Les troubles du sommeil concernent plus de la moitié des enfants atteints d’autisme infantile, en particulier les filles. Le retard mental ne fait pas partie des critères de diagnostic de l’autisme. Il est présent chez environ 70 % des personnes atteintes d’autisme (40 % sous une forme sévère, 30 % sous une forme légère), mais ce n’est pas un élément systématique des troubles autistiques. L’anxiété et la dépression sont difficiles à dépister chez les personnes qui souffrent de retard mental. L’épilepsie est plus fréquente chez les personnes présentant des TED que dans la population générale. Elle concerne, selon les formes de TED, entre 5 et 40 % des patients. Le risque d’épilepsie est plus élevé chez les filles que chez les garçons, ainsi que chez les personnes qui souffrent d’un TED associé à un retard mental.
Prise en charge et accompagnement
Le trouble du spectre de l’autisme (TSA) est un trouble neurobiologique du développement et non une maladie, il n’est donc pas possible de le soigner. Si le diagnostic ne permet pas de soigner le TSA, il permet en revanche de mettre en place un accompagnement adapté qui peut favoriser l’intégration sociale des autistes.
À l’Ordre de Malte France, nous savons quels sont les symptômes de l’autisme, de l’autisme léger au plus handicapant chez l’enfant et l’adulte. Nous les accompagnons pour leur faciliter la vie et l’améliorer, en fonction du profil et des difficultés de chacun.
En cas de TSA dit léger, il est important pour les adultes d’être suivis par un médecin référent, au moins une fois par an. Si l’autisme dit léger permet une plus grande autonomie que les autres formes, cela ne veut pas dire qu’il n’est pas associé à des besoins spécifiques.
La Haute Autorité de Santé (HAS) publie régulièrement des recommandations pour le repérage, le diagnostic et l’accompagnement (prise en charge éducative, rééducation, adaptation sensorielle…).
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