L'alimentation d'un poulain nouveau-né, qu'il soit orphelin ou non, est une étape cruciale pour assurer sa croissance et son développement harmonieux. Cet article vous apportera des informations détaillées sur l'alimentation au biberon d'un poulain nouveau-né, en abordant les aspects essentiels tels que le colostrum, le lait maternisé, la transition vers les aliments solides et les erreurs à éviter.
Importance du colostrum
À la naissance, le poulain est vulnérable car il naît sans anticorps. Le colostrum, premier lait produit par la mère, est indispensable car il contient des anticorps en grande quantité. Quand le poulain va le boire pendant son premier jour de vie, il va être protégé d’un certain nombre de pathogènes de son milieu. Le colostrum contient de nombreux autres éléments indispensables comme des hormones et des enzymes qui vont permettre le développement du système intestinal du poulain.
Si le poulain est orphelin à la naissance, il convient de s'assurer qu'il reçoive une dose suffisante de colostrum dans les 6 à 12 premières heures de vie, ceci afin d'assurer sa protection immunitaire.
- Traire la mère si cela est possible pour récupérer le colostrum.
- Distribuer un colostrum qui aura été préalablement congelé. Il existe dans certaines régions des banques de colostrum pour les poulains orphelins.
La quantité de colostrum qu’un poulain doit boire dépend de sa qualité et un calcul simple permet de la déterminer. Lors d’un défaut d’absorption du colostrum détecté une fois les 24 heures de vie passées (poulain ayant peu tété, ou test d’IgG sanguin montrant un défaut de transfert d’immunité), l’administration de plasma hyperimmun est indiquée, à raison de 1 litre sur 30 minutes par voie intraveineuse lente.
Lait maternisé : un substitut de qualité
Lorsque l'allaitement naturel est impossible, à cause du décès de la jument, d'une mammite, de jumeaux ou autre, un allaitement artificiel est mis en place. Les laits pour bovins ou caprins affichent des teneurs en protéines et matières grasses qui ne sont pas adaptées.
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Plusieurs options de lait maternisé sont disponibles sur le marché, spécialement formulées pour répondre aux besoins nutritionnels du poulain :
- Reverdy Lait Poulain : Lait maternisé pour poulain très proche du lait de jument, enrichi en protéines sériques à haute valeur nutritionnelle, en oligo-éléments et vitamines. Formulé uniquement à partir de produits laitiers, de qualité "alimentation humaine".
- EDHYA MILK : Aliment d'allaitement spécial poulain, enrichi en vitamines et minéraux et conditionné en seau de 10 kg.
- NUTRIMILK BREEDING : Aliment composé complet destiné à remplacer le lait de la jument, élaboré par les laboratoires Farnam ® (Horse Master®). Il est utilisé pour les poulains orphelins (mort de la mère au poulinage ou peu de temps après, refus d’allaiter par exemple).
Il est important de respecter la fréquence des repas et les petites quantités par repas, surtout lors des premières semaines.
Préparation du lait maternisé
Voici les instructions générales pour la préparation du lait maternisé :
- Verser la quantité appropriée de poudre de lait dans de l'eau bien chaude (se référer aux instructions du fabricant). Pour Reverdy Lait Poulain, verser 120 g (soit 4 dosettes) par litre d'eau bien chaude.
- Mélanger vigoureusement avec un fouet afin d'obtenir une préparation homogène.
Les biberons doivent être nettoyés avant chaque tétée, à défaut d’être stérilisés. Le lait ne doit pas être préparé à l’avance et tout lait non consommé doit être jeté.
Administration du lait maternisé
Les premières semaines, le lait sera distribué au biberon à l’aide d’une tétine en caoutchouc type « agneau ». Bien s’assurer que le poulain déglutit et que le lait ne coule pas à la commissure des lèvres. Le réflexe de succion peut être vérifié en faisant sucer son doigt enduit de lait au poulain. Pour faire téter le poulain, mettre celui-ci en position debout et maintenir les naseaux au-dessus de la ligne des yeux. Si le poulain, après avoir manifesté des réflexes de succion et tété, s'affaitblit et refuse de boire le biberon suivant, appeler immédiatement le vétérinaire (entérotoxémies fréquentes chez le jeune).
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*Pour la première semaine : toutes les deux heures y compris la nuit, pour la quantité, jusqu'à ce que le poulain refuse le lait.
*Pour la seconde semaine : toujours toutes les deux heures la journée et jusqu'à ce que le poulain refuse le lait (on arrive progressivement à 3 biberons à chaque fois). Pour la nuit, j'ai sauté certaines distributions. En effet, à 2h du matin il m'est arrivé plusieurs fois de réveiller la pouliche qui a très peu bu.
*Pour la troisième semaine : j'ai progressivement introduit un truc génial, la louve à veau ! Un genre de méga biberon de 6L avec un couvercle et une grosse tétine, qui se pend à une barrière ou à un arbre. J'ai légèrement modifié la tétine (raccourcie en la repliant) pour qu'elle puisse mieux la prendre. J'ai alterné entre les biberons, qu'elle préfère, et la louve. L'intérêt de la louve, c'est que la pouliche boit comme elle veut quand elle veut, ça simplifie les choses et ça limite les risques de diarrhée.
A la naissance le poulain tète en moyenne 7 à 10 fois par heure. Les quantités ingérées à chaque tétée sont faibles (150-200g). Par exemple : 2h, 6h, 10h, 14h, 18h, 22h. La troisième semaine on abaissera le nombre de tétées à 5 en supprimant la tétée de nuit et en distribuant des quantités pouvant aller jusqu’à 1,5l. A un mois on peut habituer le poulain à boire au seau en distribuant 4 repas de 3 litres chacun. Cette accoutumance au seau peut être beaucoup plus précoce, certains poulains s’y habituent dès les premiers jours. On fera sucer les doigts enduits de lait au poulain et l’on trempera doucement les doigts dans le seau, pendant que le poulain tète. Cette opération nécessite un peu de patience, mais l’alimentation « à volonté » du poulain peut présenter des avantages. A 2 mois on peut passer à 3 repas de 5l et commencer à distribuer un aliment spécifique pré-sevrage (comportant des protéines de lait) à raison de 500 g au début pour arriver à : 1,5 kg à 3 mois, 2- 2,5 kg à 4 mois et 3- 4 kg à 6 mois. En parallèle, on réduira les quantités de lait distribuées pour réaliser un sevrage précoce à 4 mois. On peut même commencer à faire manger au poulain de petites quantités d’aliment dès l’âge de 1 mois, en lui présentant à la main, car il n’aura pas l’exemple de la mère.
Transition vers les aliments solides
En parallèle de l'alimentation lactée, il est conseillé de commencer à distribuer de l'aliment REVERDY FOAL dès l'âge de 15 jours. Certains aliments premier âge sont enrichis en produits laitiers ou lactosérum avec pour objectif de faciliter la transition et d'éviter tout ralentissement de croissance lié au stress.
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Dès l’âge de 1 mois, il est possible de commencer à faire manger au poulain de petites quantités d’aliment, en lui présentant à la main, car il n’aura pas l’exemple de la mère.
Plusieurs aliments sont spécialement conçus pour faciliter cette transition :
- EDHYA LACTOSTART : Petit granulé lacté enrichi en vitamines et probiotiques. Sa taille et sa tendreté sont spécialement adaptées aux poulains. Idéal pour un passage aux aliments solides, soulager la mère ou éviter le stress du sevrage.
- START UP : Muesli lacté formulé spécifiquement pour l'alimentation du poulain, des premières semaines jusqu'à 1 an.
Il est possible également de distribuer du foin d’excellente qualité (récolté tôt et dans de bonnes conditions) à volonté à partir de 2 mois. Le foin de luzerne est intéressant pour sa bonne valeur en protéines et son apport en lysine (acide aminé indispensable). Maintenir de l’eau propre à la disposition du poulain, ainsi qu’une pierre de sel pur.
Sevrage : une étape délicate
La phase de sevrage est une période de stress pour le poulain, due à une transition vers une alimentation 100 % solide à base de fourrages et concentrés. Le sevrage se déroule généralement entre 5 et 6 mois. L’objectif de la préparation au sevrage est de diminuer le nombre de repas de lait et leur quantité et d’augmenter le nombre de repas en aliment complémentaire d’adulte et leur quantité. Le sevrage est compté à partir du moment où le poulain ne consomme plus du tout de lait. Il est alors éloigné de sa mère, avec des barrières de séparation et toujours est toujours placé avec d’autres chevaux. La croissance après le sevrage est une période à haut risque : les besoins nutritionnels doivent être absolument respectés. En effet, c’est à ce moment de sa vie que les os et la musculature vont se développer et se consolider. Des carences peuvent donc donner des fragilités du squelette ou un sous-développement des muscles de l’animal.
Erreurs à éviter
Une croissance trop rapide : C'est un point à surveiller lorsqu'on allaite artificiellement. Un excès de calcium au détriment du phosphore a pour conséquence de créer un phénomène de compétition dans l'assimilation des minéraux. On peut donc créer des carences en apportant trop d'un nutriment qui va bloquer l'assimilation des autres. Le rapport des minéraux entre eux est en réalité très complexe et il existe un grand nombre d'interactions. Retenez simplement que les excès sont tout autant préjudiciables que les carences. Entre la naissance et 1 an le poulain va prendre plus du double de sa taille et de son poids. Pour prevenir ces erreurs, il convient de bien respecter les besoins nutritionnels du poulain lors de cette période en apportant une ration ou un concentré équilibré et adapté.
Il ne faut jamais donner au poulain un complément minéral pour chevaux adultes. Le calcium et le phosphore sont déterminants pour le bon développement des os, des articulations et des tendons. Les besoins en calcium sont les plus importants entre le 7e et le 12e mois, mais ils sont alors suffisamment couverts par le foin et l’herbe. Le magnésium rend les os robustes et résistants. Pendant les premiers mois de vie du jeune cheval, les os doivent remplir leurs réserves en magnésium. En principe, le magnésium, est présent en quantité suffisante dans le foin, mais son taux peut varier en fonction de sa qualité. Le zinc est important pour la cicatrisation des plaies du poulain, notamment après la castration. L’iode permet d’avoir un métabolisme sain. Les poulains, et en particulier ceux de moins de deux mois, ne devraient pas avoir libre accès à une pierre à sel. Sa consommation pourrait entraîner des diarrhées et une addiction au sel, affectant les reins du poulain. Les besoins du poulain en sodium sont déjà couverts par un aliment complémentaire ou un complément minéral pour poulain.
Suivi de la croissance
De 0 à 3 ans, le poulain est en pleine croissance, il est donc essentiel d’ajuster son alimentation à ses besoins. La croissance de votre poulain se mesure avec le poids gagné au fil des jours. Elle est liée à la valeur énergétique de la ration ce qui va ainsi déterminer le format du poulain lorsqu’il sera adulte (taille et corpulence). Une sous-alimentation, même minime, sur le long terme peut avoir des conséquences irréparables, notamment des affections du squelette. Si elle est de courte durée, elle peut être compensée assez facilement. Selon la future utilisation du cheval, la croissance doit être différente. Pour un cheval de sport, elle doit être optimale, pour un cheval destiné à la boucherie, elle doit être maximale. La croissance dépend de chaque poulain et de la morphologie de ses parents. Pour un petit format adulte, la croissance est précoce et faible : pour un poney, il grandira dans les premiers mois de vie, assez rapidement mais cela s’arrêtera là. La malnutrition peut avoir des effets dévastateurs sur la croissance de l’animal : par exemple, un régime hypoprotéique peut engendrer une atteinte du développement des tissus nerveux, une carence énergétique va, quant à elle, atteindre les graisses de réserves et les muscles pour donner des sujets trop maigres comparé à leur âge.
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