Introduction

L'histoire de l'ancienne clinique maternité Sainte Anne de Béthune est intimement liée à l'évolution des soins de santé dans la région de l'Artois et aux transformations qu'a connues l'enseignement médical et les établissements hospitaliers au fil des décennies. Cet article se propose de retracer cette histoire, en s'appuyant sur les données disponibles et en les contextualisant dans le cadre plus large de l'histoire de la médecine et de la société.

Les Origines de la Polyclinique de l'Artois

L'histoire de la clinique Anne d'Artois, aujourd'hui située rue Émile-Basly à Béthune, commence en 1945 avec la fondation de la polyclinique de l'Artois par Pierre et Paule Meresse. Initialement située rue Boutleux, dans le centre de Béthune, cette polyclinique est avant tout une histoire de famille. En janvier 1991, les enfants de Pierre et Paule Meresse, Catherine Desplanque-Meresse et Jean-Pierre Meresse, prennent la succession de leurs parents, Catherine assurant la présidence et la direction générale. En 1997, la polyclinique déménage dans de nouveaux locaux, plus agréables et fonctionnels, rue Basly, aujourd'hui rue Émile-Basly et baptisée clinique Anne d’Artois.

Le Contexte Historique et Médical

L'implantation et le développement de la clinique maternité Sainte Anne de Béthune s'inscrivent dans un contexte historique et médical particulier. La fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle sont marqués par d'importantes avancées médicales, notamment dans le domaine de l'obstétrique et de la puériculture. Dans le même temps, les préoccupations sociales liées à la mortalité infantile et maternelle se font de plus en plus pressantes.

L'Évolution des Soins de Maternité

Les maternités, telles que la clinique Sainte Anne, jouent un rôle essentiel dans l'amélioration des conditions d'accouchement et la réduction des risques pour la mère et l'enfant. Elles offrent un environnement médicalisé et encadré, où les femmes peuvent accoucher dans des conditions d'hygiène et de sécurité optimales.

Les Défis de l'Après-Guerre

L'après-guerre voit l'institution confrontée à d'autres problèmes. La Première Guerre mondiale, avec son cortège de destructions et de traumatismes, a profondément marqué la région de Béthune. La reconstruction et le retour à la normale constituent des défis majeurs pour les autorités et les populations locales.

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L'Université Catholique de Lille et son Influence

L'Université Catholique de Lille, fondée en 1875, a joué un rôle important dans le développement de l'enseignement médical et des soins de santé dans la région. Elle a notamment contribué à la formation de nombreux médecins et à la création d'établissements de soins, tels que des hôpitaux et des maternités.

Les Facultés et Instituts

L'Université Catholique de Lille comprend plusieurs facultés et instituts, dont la Faculté de Médecine et de Pharmacie. Ces établissements dispensent un enseignement de qualité et mènent des recherches scientifiques de pointe dans le domaine de la santé.

L'Immobilier Universitaire

La question immobilière est une préoccupation majeure pour l'Université Catholique de Lille. Le développement de l'université et l'augmentation du nombre d'étudiants nécessitent des locaux adaptés et fonctionnels. Divers aménagements, en un premier temps, permirent d'y remédier. L'université a donc investi dans la construction de nouveaux bâtiments et la rénovation des anciens.

La Chapelle Universitaire Saint-Joseph

La chapelle universitaire Saint-Joseph, bénie le 18 novembre 1924, est dédiée à saint Joseph, patron de l’Université. Les vitraux, éléments majeurs de son décor, ne furent installés qu’en 1929, sous l’impulsion de Mgr Emile Lesne, recteur de l’Université. Il organisa un concours pour leur création, définissant un programme thématique inspiré de l’Évangile. Ainsi, ces vitraux, véritable catéchèse visuelle destinée aux étudiants, retracent 36 épisodes marquants de la vie du Christ, du récit de la Nativité à celui de la Pentecôte. Leur disposition suit un parcours symbolique, débutant par une petite porte à droite du chœur, en lien avec les bâtiments universitaires, pour s’achever comme un chemin de Croix de fenêtre en fenêtre.

Dès 2012, les premières réflexions sur la rénovation de la chapelle sont conduites. En 2016, Pierre Giorgini, alors Président-Recteur de l’Université a saisi la Commission diocésaine d’art sacré, sur la base d’un cahier des charges demandant que les projets de rénovation intègrent une pluralité des usages à la fois cultuels et culturels.2021 marque l’aboutissement des travaux de rénovation de la Chapelle qui retrouve cette année-là sa splendeur d’antan. Sols, vitraux, peintures, dorures, la chapelle a été refaite à neuf, notamment grâce à la vente de l’évangéliaire de Saint Mihiel et à l’aide précieuse du mécénat. La banque CIC NORD OUEST faisant notamment don du marbre de l’ancienne façade de son siège social à Lille pour rénover le sol.

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En 2023, le livre Chemins de Lumière, consacré à l’histoire de la chapelle Saint-Joseph revient sur sa rénovation et ses vitraux représentant la vie de Jésus de la Nativité à la Pentecôte.

Un nouvel orgue a également été inauguré le 25 mai 2021. Par ailleurs, l’ancien orgue à tuyau Merklin, qui ornait jadis la chapelle, a été démonté et offert à l’église Notre-Dame-de-Bon-Secours de Nieppe. Là-bas, il connaît une nouvelle vie après sa restauration, perpétuant ainsi son héritage musical.

En 2024, la Chapelle Universitaire Saint-Joseph célèbre un siècle d’histoire et reste résolument tournée vers l’avenir.

L'Évolution des Pratiques Médicales et des Technologies

L'histoire de la clinique maternité Sainte Anne est également marquée par l'évolution des pratiques médicales et des technologies. Au fil des décennies, de nouvelles techniques d'accouchement, de nouvelles méthodes de diagnostic et de nouvelles thérapeutiques ont été mises au point et intégrées dans les pratiques de la maternité.

L'Importance de la Recherche Médicale

La recherche médicale joue un rôle essentiel dans l'amélioration des soins de santé. Les maternités, comme la clinique Sainte Anne, participent à des études cliniques et à des programmes de recherche visant à mieux comprendre les mécanismes de la grossesse et de l'accouchement, et à développer de nouvelles stratégies de prévention et de traitement.

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La Modernisation des Équipements

La modernisation des équipements est un enjeu constant pour les établissements de santé. Les maternités doivent investir dans des équipements de pointe, tels que des échographes, des moniteurs fœtaux et des incubateurs, afin de garantir des soins de qualité et de répondre aux besoins des patientes.

Les Défis Actuels et les Perspectives d'Avenir

Aujourd'hui, la clinique maternité Sainte Anne de Béthune, devenue clinique Anne d'Artois, est confrontée à de nouveaux défis. L'évolution des attentes des patientes, les contraintes budgétaires et les enjeux de la démographie médicale sont autant de facteurs qui nécessitent une adaptation constante.

L'Importance de la Qualité des Soins

La qualité des soins est une priorité absolue pour les maternités. Elles doivent mettre en place des procédures rigoureuses et des systèmes de contrôle qualité afin de garantir la sécurité des patientes et des nouveau-nés, et de répondre aux normes les plus élevées.

Le Développement de Nouvelles Activités

Pour assurer sa pérennité, la clinique maternité Sainte Anne de Béthune doit développer de nouvelles activités et diversifier son offre de soins. Elle peut notamment proposer des consultations de suivi de grossesse, des cours de préparation à l'accouchement, des ateliers d'allaitement et des consultations de pédiatrie.

Bully-les-Mines : Patrimoine et Mémoire

La ville de Bully-les-Mines, située non loin de Béthune, possède également un riche patrimoine historique et mémoriel. Notre ville est fière de son passé, celui-ci a été marqué par l’exploitation minière mais également par les deux guerres mondiales. Le patrimoine est conséquent. En effet, de nombreux bâtiments sont classés monuments historiques, notamment l’ancienne « clinique-maternité Sainte barbe » ou des Marronniers de la « Compagnie des Mines de Béthune ». De nos jours, il s’agit du centre de psychothérapie et psycho-gériatrie « Les Marronniers ».

Les Monuments Classés

Le Monument aux morts, commandé par la Compagnie des Mines de Béthune, situé place de la Marne, dans le quartier des Brebis, est également classé aux monuments historiques. À noter que la grille, qui se trouve derrière est d’époque et servait à fermer le coron, lors des mouvements populaires.

Le second monument classé est celui de Fernand Marche, héros bullygeois mort à Verdun, le 1er août 1916. Son monument sculpté dans le bronze, par Armand Roblot, a été inauguré à l’entrée de la fosse n°1 de Bully, le 4 octobre 1925.

Le Patrimoine Remarquable

Bully-les-Mines possède également quelques bâtiments qui méritent le détour comme l’église Saint-Maclou, une église de caractère qui se situe dans le centre-ville.

Dans le quartier des Brebis, la salle Jean Vasseur est l’ancienne salle des fêtes de la Compagnie des mines de Béthune. Elle possède la particularité, d’avoir servi d’hôpital militaire, durant la grande guerre d’abord, pour les troupes françaises puis, pour les troupes britanniques.

Le monument aux morts, situé Square Clemenceau, est aussi à découvrir. Il est régulièrement classé dans les monuments, les plus emblématiques du département.

La Date Fatidique de Juin 1944 et les Héros de la Résistance

Le 6 juin 1944, le triomphe est arrivé contre la barbarie Nazi en France. Enfin ! Le débarquement sur les côtes de Normandie a eu lieu ! Les réseaux de Résistance restent à l’affût des messages émis sur « Radio-Londres » afin d’écouter les instructions à suivre.

Le 8 juin, comme tant d’autres résistants, Louis Monchy, Marcel Sagnol, Narcisse Houque et Alfred Josien ont reçu le message codé « Le canapé est au milieu du salon ». C’est une confirmation d’un ordre. Ces quatre jeunes Bullygeois n’hésitent pas une seconde, ils se rendent au « Café de l’étoile », commerce familial tenu par une amie et camarade de la Résistance, François Goulois. Ces cinq Bullygeois font tous partie des F.T.P. Cependant, un concours de circonstances, empêche Françoise de se joindre à eux pour cette mission. En effet, sa mère est souffrante. Les garçons quittent donc le café. Sans doute, se promettent-ils tous de se rejoindre à nouveau au « café de l’étoile » quand tout sera terminé, pour célébrer dans l’allégresse la libération de la France.

Ils sont exaltés de prendre activement part à la Libération, en se joignant aux F.F.I. Ils convergent vers Cambrai. En chemin, ils rencontrent des Français qui les alertent sur les zones à risques, où les patrouilles allemandes sont actives. Sont-ils conscients de la sournoiserie de Français qui continuent de collaborer avec l’ennemi ?

Le 10 juin, les quatre résistants pénètrent dans le bois de Bourlon. Ils restent sur leurs gardes, mais le 11 au soir, les autorités allemandes encerclent le bosquet où sont embusqués une cinquantaine de résistants. Les Allemands somment de se rendre mais les résistants ne faiblissent pas. S’en suit une fusillade entre les deux groupes. Par leur ténacité, les résistants font tomber 23 soldats allemands, dont le capitaine et commandant du détachement. Faute de munitions, les hostilités cessent vers 2H du matin. Les résistants épuisés tentent de s’échapper, certains y parviennent, d’autres sont débusqués et faits prisonniers, emmenés à l’école du village. Louis, Marcel, Alfred et Narcisse font partie de ces infortunés.

Ils sont transférés à Arras, quartier Turenne. Jugés sommairement par la justice arbitraire du tribunal de l’Oberfeldkommandantur. 28 résistants sont condamnés à mort. Pour eux, c’est le peloton d’exécution, le mercredi 14 juin de 20h15 à 21h06, ils sont fusillés par groupe de 6, dans les fossés de la citadelle d’Arras. Ce n’est que quatorze jours plus tard, soit le 28 juin, que les familles des quatre bullygeois sont informées de leur exécution, par la mairie. On les enjoint à récupérer leurs biens personnels, ils y trouvent des témoignages déchirants des derniers moments de Louis, Marcel, Alfred et Narcisse au travers de lettres qu’ils ont eu le droit de rédiger à leurs proches.

Le 20 septembre, les 4 valeureux bullygeois regagnent la commune. Leurs cercueils sont exposés au sein du salon d’honneur de la mairie. De grandioses funérailles eurent lieu le samedi 23 septembre. Le maire Alcide Dubois, prononça un émouvant discours, retraçant leur vie et fin à la fois tragique et héroïque. Les éléments locaux de la Résistance rendirent les hommages militaires à leurs défunts camarades de lutte. On procéda à la cérémonie religieuse, à l’église St Maclou.

L’impressionnant cortège était composé de la police municipale, de la résistance, d’un détachement canadien, de la Croix-Rouge française, de la délégation du Conseil municipal, des sapeurs-pompiers, de l’harmonie municipale et enfin des familles, amis et de la population Bullygeoise. Les cercueils étaient recouverts du drapeau tricolore, car ils sont morts pour la France. Ainsi les volontés de Louis, Marcel, Alfred et Narcisse furent respectées, en entretenant leurs mémoires.

L’Histoire est une matière primordiale, pour comprendre les différentes époques traversées par l’Humanité, mais la Mémoire c’est entretenir le souvenir des individus composant l’Humanité. L’Histoire et la Mémoire sont complémentaires, l’un ne doit jamais éclipser l’autre. L’Histoire dans ce récit c’est la Seconde Guerre Mondiale, la Mémoire c’est celle de ses 4 héros Bullygeois qui doit perdurer. Il faut saluer leur courage, mais aussi reconnaître leur vulnérabilité pendant cette lutte clandestine si périlleuse. La Résistance française était surnommée l’armée des ombres.

Les Assurances Sociales et leur Impact

La loi sur les Assurances Sociales, datant du 5 avril 1928, a profondément modifié le fonctionnement et l'esprit des établissements de santé. Elle a marqué une évolution de la charité, qui s'adressait exclusivement aux indigents, vers l'assistance à une proportion plus large de la population, désormais solvable grâce aux assurances.

Les Critiques et les Répercussions

Cette loi a suscité des critiques, notamment de la part des patrons et des médecins, qui redoutaient une emprise totale sur le libre exercice de la médecine. Cependant, elle s'est progressivement mise en place, à coups d'amendements et de textes additionnels.

L'Adaptation des Établissements de Santé

Les établissements de santé, comme la clinique maternité Sainte Anne, ont dû s'adapter à cette nouvelle donne. Ils ont dû trouver des moyens de retenir les consultants et de garantir des ressources cliniques suffisantes pour l'enseignement médical.

Les Études Médicales et les Examens à Nancy

Dans les années 1930, les étudiants en médecine de l'Université Catholique de Lille ont la possibilité de passer leurs examens dans la faculté officielle de leur choix, notamment à Nancy. Cette solution permet aux étudiants d'échapper à l'ostracisme lillois et d'obtenir des résultats satisfaisants.

L'Évolution du Corps Professoral

Le corps professoral de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Lille se renouvelle et se développe au fil des années. De nouvelles agrégations sont créées, et de nouveaux professeurs sont nommés.

Les Disparitions et les Hommages

Au fil des années, des figures marquantes du corps professoral disparaissent. Des hommages leur sont rendus pour leur contribution à la science, à la médecine et à l'enseignement.

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