La période de lactation est une phase cruciale dans la vie d'une femelle mammifère, qu'il s'agisse d'une chèvre, d'une jument ou d'une vache. Cette étape, suivant la mise bas, est marquée par des besoins nutritionnels accrus pour soutenir la production de lait, essentielle à la croissance et au développement du jeune. Une gestion nutritionnelle adéquate durant cette période est primordiale pour garantir la santé de la mère et de son petit, ainsi que pour optimiser la production laitière.

Préparation à la Lactation : Prévention des Troubles Métaboliques

Chez les caprins, le mois de février marque le début de la période de mise bas printanière. Une préparation adéquate est essentielle pour prévenir les troubles métaboliques, notamment la toxémie de gestation. Cette condition survient lorsque le rumen est comprimé par l'utérus en fin de gestation, réduisant la capacité d'ingestion de la chèvre. Si l'apport énergétique est insuffisant, l'animal mobilise ses réserves graisseuses.

Pour prévenir la toxémie, il est conseillé d'éviter que les chèvres ne soient trop grasses ou trop maigres au moment de la reproduction. En situation à risque, l'administration de 50 à 60 grammes par jour de propylène glycol en granulés, quatre semaines avant et trois semaines après la mise bas, peut être bénéfique. Un drainage hépatique peut également être envisagé. En cas de symptômes, une perfusion rapide de glucose et d'anti-inflammatoires est nécessaire.

Dans la pratique, l'introduction progressive de fourrages de qualité et de concentrés utilisés en lactation avant la mise bas est recommandée. Des aides au fonctionnement digestif, comme les hépato-protecteurs ou le propylèneglycol, peuvent être envisagées, surtout en cas de ration riche en sucre ou de transition alimentaire rapide.

Besoins Nutritionnels Spécifiques des Juments en Lactation

La lactation est une étape physiologiquement exigeante pour la jument, nécessitant une attention particulière à son alimentation. Couvrir ses besoins nutritionnels est essentiel pour assurer une production de lait de qualité, indispensable à la croissance du poulain, et pour favoriser une reprise rapide du cycle ovarien.

Lire aussi: Stratégies Alimentation Sèche Lactation

Production Laitière et Besoins Énergétiques

Après le poulinage, la jument allaite son poulain pendant 6 à 7 mois, produisant en moyenne 2 à 3,5 kg de lait par 100 kg de poids vif par jour, soit 10 à 20 litres par jour selon les races. Chez les poneys, cette production peut atteindre 4 à 5 kg pour 100 kg de poids vif. Le pic de production se situe entre le 2ᵉ et le 3ᵉ mois, avec une bonne persistance par la suite. Au moment du sevrage, la jument produit encore environ 2 kg de lait par 100 kg de poids vif par jour.

La jument compense la faible valeur énergétique de son lait par une production abondante. C'est durant cette période qu'elle a ses plus grands besoins nutritionnels, pouvant atteindre 2 à 2,3 fois ses besoins d'entretien au moment du pic de lactation.

Exemple : Pour une jument de 500 kg au premier mois de lactation, ses besoins journaliers sont de 8,5 UFC (4,1 UFC pour l'entretien + 4,4 UFC pour la production laitière), soit le double des besoins d'entretien.

Besoins Azotés, Minéraux et Vitamines

Les besoins azotés suivent l'évolution des besoins énergétiques. La ration totale en fin de gestation et en lactation doit contenir environ 100g MADC/1UFC. La jument en lactation a des besoins spécifiques en acides aminés indispensables (AAI), comme la lysine (10g/100kg PV par jour). Un déficit en azote ou en AAI peut entraîner une baisse de la production de lait.

Les besoins en calcium (Ca) et phosphore (P) augmentent également en période de lactation. La ration totale doit contenir 0,6% de Ca et 0,4% de P. De plus, la jument a des besoins élevés en vitamines (A, D3 et E) ainsi qu'en minéraux et oligo-éléments.

Lire aussi: Optimiser production laitière

Alimentation Pratique de la Jument Allaitante

La ration de base de la jument allaitante est le fourrage de bonne valeur nutritive (herbe ou fourrage conservé). Selon la saison et la qualité du fourrage, un aliment concentré peut être ajouté pour atteindre les besoins élevés en énergie et en azote. Cela peut être un mélange fermier (céréales, luzerne ou soja, CMV) ou un aliment complémentaire du commerce.

Il est préférable d'augmenter les apports alimentaires progressivement. Pour les juments nourries principalement à l'herbe, une complémentation minérale et vitaminée est conseillée.

Pour les juments de sport, de course ou de loisir, une complémentation avec des concentrés est souvent nécessaire, même au pâturage. Pour les juments de trait ou de loisir, l'alimentation est basée sur les ressources herbagères disponibles. Au moment du sevrage, les apports alimentaires doivent être progressivement diminués pour encourager l'arrêt de la production de lait.

Besoins Nutritionnels des Vaches Laitières en Début de Lactation

Chez les vaches laitières, les besoins énergétiques augmentent considérablement en début de lactation, tandis que l'appétit ne suit pas le même rythme. Cette situation crée un déficit énergétique qui peut affecter la production laitière et la fertilité.

Déficit Énergétique et ses Conséquences

En début de lactation, la vache puise dans ses réserves adipeuses pour compenser le déficit énergétique. Une vache peut perdre jusqu'à 40 à 50 kg de réserves adipeuses, ce qui équivaut à l'énergie nécessaire pour produire 400 à 500 kg de lait. Un excès de perte de poids peut entraîner des problèmes sanitaires (cétose-stéatose) et zootechniques (baisse de la production laitière, problèmes de reproduction).

Lire aussi: MTC et lactation : une approche holistique

Le déficit énergétique entraîne une forte libération d'acides gras non estérifiés (AGNE) par le tissu adipeux. Le foie transforme ces AGNE en triglycérides, mais une limitation de la réexportation des triglycérides peut entraîner une stéatose hépatique.

Gestion du Déficit Énergétique

Le contrôle du déficit énergétique doit commencer avant le vêlage. Une amélioration de la densité énergétique de la ration peut être obtenue en utilisant des fourrages riches destinés aux vaches en lactation et/ou en introduisant des concentrés dans la ration. L'état corporel des animaux doit être surveillé pour vérifier l'importance du déficit.

Besoins Protéiques en Début de Lactation

Contrairement aux réserves énergétiques, les réserves protéiques sont limitées en début de lactation. Il est donc recommandé de ne pas tolérer un déficit PDI cumulé supérieur à 10 kg au cours du premier mois de lactation. Les rations de début de lactation sont souvent plus riches en PDI que celles destinées aux vaches en pleine lactation.

Un déficit PDI peut entraîner une diminution de la production laitière et une mauvaise digestion. Un excès d'azote dégradable peut solliciter excessivement les processus hépatiques de détoxication et diminuer le taux de réussite à l'insémination.

Alimentation Stratégique Autour du Vêlage

L'alimentation des vaches laitières autour du vêlage est un défi. Il faut trouver un compromis entre la nécessité d'éviter les changements rapides de ration et l'augmentation considérable des besoins nutritionnels. La valorisation de l'aptitude des animaux à utiliser leurs réserves est essentielle.

L'aliment liquide peut être une solution économique pour concentrer la ration en début de lactation, en apportant des sucres et en stimulant l'ingestion. Les solutions hépato-protectrices, contenant des vitamines du groupe B, de la méthionine, de la choline et des extraits végétaux, peuvent également être bénéfiques.

tags: #alimentation #au #pic #de #lactation #besoins

Articles populaires: