La date prévue d'accouchement (DPA) est un jalon important de la grossesse. Elle sert de repère administratif, notamment pour le calcul du congé maternité. Cependant, il est essentiel de comprendre qu'il s'agit d'une estimation. La durée de la grossesse peut varier considérablement d'une femme à l'autre. On considère qu'un accouchement a lieu à terme entre 37 et 42 semaines d'aménorrhée (SA). Un accouchement est considéré comme "à terme dépassé" si la grossesse dépasse 42 SA.
Qu'est-ce que le dépassement de terme ?
En France, on considère que la grossesse dure 41 semaines. Au-delà de cette durée, on parle de grossesse prolongée. Selon les résultats des enquêtes nationales périnatales, 15 à 20% des femmes enceintes en France ont une grossesse prolongée.
La date du terme est calculée en ajoutant 40 semaines à la date des dernières règles ou en se basant sur l'échographie du premier trimestre. Cependant, il est important de noter que la date de conception est souvent inconnue ou estimée. La conception peut se produire à n'importe quel moment après les règles, généralement 12 à 16 jours avant les règles suivantes. Si le cycle menstruel est long mais régulier, l'ovulation est probablement plus tardive. Se baser sur la date des dernières règles n'est qu'une approximation, à plus ou moins quelques jours.
La durée de la grossesse elle-même n'est pas connue avec certitude. On l'estime le plus souvent autour de 266 jours, avec une variation de +/- 7 jours. Cette durée peut varier notamment selon la parité (les primipares ont des grossesses plus longues), l'âge et l'origine ethnique.
Pourquoi un dépassement de terme ?
Il semblerait que certaines familles soient plus promptes à avoir une grossesse prolongée. Le surpoids et l’obésité prolongeraient également la grossesse par des phénomènes hormonaux. Autre cause : la datation reste aléatoire et le médecin peut s’être trompé de quelques jours. Mais la majeure partie du temps, on ne sait pas l’expliquer. Certains diront que votre bébé prend son temps, qu’il choisit son moment…
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Selon le Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France (SYNGOF), il existe des facteurs de risque à l’allongement de la grossesse : premier enfant, âge de la mère avancé, antécédent de dépassement de terme. Il y a aussi des raisons mécaniques comme des problèmes de contractilité de l’utérus ou un défaut de maturation du col de l’utérus. Parfois aussi il n’y a pas d’explications
Les risques potentiels d'un accouchement à J+7
Passé un certain nombre de jours de dépassement, le placenta, qui fournit les nutriments et l’oxygène au fœtus durant la grossesse, risque d’avoir du mal à jouer son rôle. Les échanges mère-enfant sont en effet moins performants au-delà de 41 SA. Quant au liquide amniotique, lui aussi essentiel à bébé, il peut s’altérer ou voir sa quantité diminuer. Une souffrance fœtale peut alors survenir (hypoxie fœtale)…
Bien que la plupart des bébés nés après terme soient en bonne santé, il existe un risque accru de complications telles que :
- Macrosomie: Le bébé peut être plus gros que la moyenne (poids de naissance > 4 kg), ce qui peut entraîner des difficultés lors de l'accouchement.
- Liquide méconial: Le bébé peut expulser du méconium (premières selles) dans le liquide amniotique, ce qui peut causer des problèmes respiratoires à la naissance.
- Souffrance fœtale: Le bébé peut montrer des signes de détresse pendant le travail.
- Peau sèche et fripée: La peau du bébé peut être sèche et peler.
- Hypoglycémie néonatale: Le bébé peut avoir un faible taux de sucre dans le sang après la naissance.
Que faire en cas de dépassement de terme ?
La première chose à faire si le jour J vous n’avez pas mis au monde votre chère tête blonde surnommée « Désirée », c’est de vous rendre à la maternité. Là, vous aurez une consultation afin d’évaluer l’état de votre col (toucher vaginal) et de voir comment va bébé (monitoring). Une prise de votre tension sera aussi effectuée. La suite sera décidée par votre maternité.
Deux attitudes sont possibles lorsqu'une mère atteint sa date de terme théorique : attendre en surveillant, ou déclencher l'accouchement.
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Surveillance rapprochée
Vous serez ensuite suivie de manière plus fréquente que durant le reste de la grossesse : à partir de 41 SA, une fois ce rendez-vous à la maternité passé, vous aurez un contrôle tous les deux jours. Une échographie est le plus souvent pratiquée : elle permet de s’assurer de la bonne forme de votre bébé, de déterminer si le liquide amniotique ne vient pas à manquer et si le placenta n’est pas en train de se détériorer. Analyse du rythme cardiaque, mouvement du bébé, rien n’est laissé au hasard !
Cette approche consiste à surveiller attentivement la mère et le bébé pour s'assurer qu'ils vont bien. La surveillance peut inclure des monitorings fœtaux, des échographies pour vérifier la quantité de liquide amniotique et l'état du placenta, ainsi que des examens du col de l'utérus.
Déclenchement de l'accouchement
Déclencher l’accouchement est souvent la première option envisagée. Vous vous demandez quelle est la date limite à laquelle il ne faudra plus attendre ? Généralement à 42 SA, soit 40 semaine de grossesse, la naissance doit être envisagée rapidement. Traduction : au-delà de 7 jours de dépassement, un accouchement sera programmé.
Le déclenchement de l'accouchement consiste à provoquer artificiellement le travail. Il peut être proposé si la surveillance révèle des signes de souffrance fœtale ou si la grossesse dépasse 42 SA. Le déclenchement peut être réalisé à l'aide de médicaments (ocytocine, prostaglandines) ou par des méthodes mécaniques (décollement des membranes, rupture artificielle des membranes).
Pour déclencher l’accouchement, la sage-femme peut :
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- effectuer un décollement de membranes
- poser du gel sur le col (de l’utérus, il va s’en dire, pas de votre chemisier)
- poser une perfusion d’ocytocine de synthèse
Si malgré tout bébé refuse de sortir ou si des anomalies de risques cardiaques sont observées, la césarienne peut être envisagée afin de ne pas courir de risque. Sinon, avant la date fatidique du déclenchement, il vous reste plein de méthodes pour essayer de provoquer le destin : les infusions à la sauge ou autres plantes, faire l’amour… ou le ménage de fond en comble dans votre maison.
Décision partagée
La décision d'attendre ou de déclencher l'accouchement doit être prise en concertation avec l'équipe obstétricale, en tenant compte des souhaits de la mère et des risques et bénéfices de chaque option. Certaines femmes préféreront attendre que le travail commence naturellement, tandis que d'autres préféreront un déclenchement pour éviter les risques associés à un dépassement de terme prolongé.
Il est important de noter qu'aucune des deux stratégies, attente ou déclenchement systématique, n'est indiscutablement meilleure que l'autre. La solution réside peut-être dans l'amélioration des moyens de surveillance, en optimisant l'utilisation des méthodes les plus efficaces.
Amélioration des méthodes de surveillance
Le monitoring en cours de grossesse semble remis en cause par plusieurs études comme outil de prédiction fiable. Des recherches sont nécessaires afin d'évaluer les méthodes les plus pertinentes, comme les dosages d'hormones.
Impact sur le taux de césariennes
La plupart des études donnent un taux de césariennes comparables entre les deux stratégies, surveillance ou déclenchement. En cas de déclenchement systématique, certaines césariennes seront dues à des échecs de déclenchement. Un déclenchement sur col très favorable a de meilleures chances de fonctionner.
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