Crêches-sur-Saône, commune de Saône-et-Loire en région Bourgogne-Franche-Comté, recèle un riche passé dont témoignent ses châteaux, chapelles et autres vestiges historiques. Cet article se propose de retracer l'histoire de Crêches-sur-Saône à travers ses monuments emblématiques et les événements qui ont marqué son évolution.
Vestiges Gallo-Romains et Médiévaux
L'histoire de Crêches-sur-Saône remonte à l'époque gallo-romaine, comme en témoignent les découvertes archéologiques faites sur son territoire. Au hameau de Germolles, des tombes sous dalle ont été découvertes en 1897, au milieu de pierres de taille et de divers matériaux. Au lieu-dit "Les Loyes", une fouille de sauvetage menée en 1988 a mis au jour un gisement de la Tène, avec un foyer et de la céramique tournée à pâte noire.
Le Port d'Arciat abritait quatre anciennes stations gallo-romaines, tandis qu'au gué de la Paille, des substructions, de la céramique et des tuiles romaines ont été retrouvées. Des objets tels qu'une clé en bronze, une bague avec intaille, des monnaies gauloises et romaines, ainsi que de la céramique fine et sigillée ornée, témoignent de l'importance de ce lieu à l'époque romaine. Le chemin dit de Belleville, parallèle à la Via Agrippa, pourrait être une ancienne voie romaine, protégée des inondations grâce à sa position sur le coteau.
Le Château d'Estours
Le Château d'Estours est une ancienne maison forte du XIVe siècle située à Crêches-sur-Saône. Mentionné dès le XIe siècle, il fut pillé et incendié par les troupes de la garnison de Mâcon en 1471. Antoine de Feurs, prieur d'Hurigny et alors propriétaire, entreprit quelques transformations. En 1725, Louis Durret, ancien capitaine de cavalerie et nouveau propriétaire, engagea sa restauration avec l'aide d'un architecte lyonnais.
Le château a fait l'objet d'une inscription partielle au titre des monuments historiques en 1984, remplacée en 2018 par une protection étendue. Sont ainsi protégés les façades et toitures des ailes nord et ouest, la tour d'angle du XVe siècle avec son escalier en vis, les deux escaliers du XVIIIe siècle de l'aile ouest, l'oratoire voûté, la cheminée de la salle à manger et celle de la grande salle au rez-de-chaussée de l'aile ouest, la chambre n°3 avec sa cheminée et son décor, ainsi que les cheminées des chambres n°1, 2, 4 et 5 au premier étage de l'aile ouest, enfin les douves et le pont d'accès.
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Au XVe siècle, les seigneurs Duran et Renaud de Feurs, d'origine lyonnaise, furent les premiers seigneurs connus. Leurs descendants conservèrent le fief jusqu'en 1561, malgré des rivalités avec les habitants de Mâcon. Entre 1437 et 1443, les Écorcheurs s'introduisirent et se maintinrent au château, et en 1479, les milices mâconnaises pillèrent et brûlèrent la place. Une reconstruction partielle eut lieu à la fin du XVe siècle.
En 1609, la seigneurie passa à Charles Damas, après François de Nanton, époux de Philiberte de Feurs. Au XVIIe siècle, le domaine échut à des fermiers qui l'abandonnèrent. En 1713, il fut acquis par Louis Durret, qui fit réaliser des réparations et transformations en 1725 par l'architecte lyonnais Michel-Ange Caristie. Le propriétaire Louis Charrier de La Roche, évêque de Versailles, mourut en 1827. Ses héritiers vendirent le château en 1842, et Émile Devienne l'acheta en 1845.
Entre 1870 et 1871, Émile Devienne fit démolir l'aile sud, faisant disparaître les traces d'une ancienne entrée obstruée et la chapelle attestée dès le XVIe siècle. Le château occupe un quadrilatère irrégulier entouré de douves en eau. Seules subsistent les ailes nord et ouest. L'aile nord est flanquée à ses deux extrémités de tours carrées demi-hors-œuvre, et une fausse braie la sépare des douves. La porte charretière s'ouvre sous la tour nord et est précédée d'un pont de pierre, le passage débouchant dans la cour à côté d'une tour hexagonale adossée à la façade sud du logis. L'aile ouest associe deux bâtiments en enfilade, et l'un des angles extérieurs du bâtiment principal est défendu par une échauguette circulaire. À l'extrémité sud de l'aile ouest se dresse une grosse tour ronde, peut-être le donjon primitif, et dans l'angle formé par les deux ailes se trouve une haute tour d'escalier hexagonale. Les armes des familles Nanton et Damas y sont attestées.
Autres Châteaux et Maisons Fortes
Outre le Château d'Estours, Crêches-sur-Saône possédait d'autres châteaux et maisons fortes, aujourd'hui disparus ou transformés. Le Château de Germolles, construit au bord de Saône, datait du XIe ou XIIe siècle et fut détruit au cours de nombreuses batailles. Il fut brûlé le 16 septembre 1423. Le Château de Thoiriat, dont la construction actuelle date de 1780, avait été précédé d'un premier château édifié dès 1450.
La maison forte de Thoiriat, édifiée dès 1450, se dressait à côté du château moderne de Thoiriat.
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La Ferme Joug-Dieu et l'Hébergement des Pèlerins
La ferme Joug-Dieu, également appelée ferme du bon secours ou de l'hopeteau (hôpital), était une ancienne hébergerie connue sous le nom de "hospice de Joug-Dieu". Cette bâtisse aurait été habitée au XIIIe siècle par les religieux de l'abbaye de Joug-Dieu en Beaujolais. Les pèlerins se rendant à St-Jacques-de-Compostelle y trouvaient un gîte pour la nuit. La charité continua à s'exercer jusqu'en 1914.
L'Église Saint-Jacques
L'église Saint-Jacques est un monument à trois nefs restauré en 1867 et coiffé d'une toiture pyramidale de facture clunisienne. De l'ancienne église, il reste l'avant-chœur, le sanctuaire et la chapelle absidiale dite chapelle des tours, fondée par la famille de Feurs, seigneur d'Estours.
La Chapelle Saint-Roch
La chapelle Saint-Roch se trouve dans le hameau de Dracé les Ollières. Elle fut érigée en 1680 par Claude Janin, seigneur de Thoiriat. À l'intérieur, seul un autel en bois est visible.
Réflexions et Perspectives
L'histoire de Crêches-sur-Saône est riche et complexe, marquée par les influences gallo-romaines, médiévales et de l'époque moderne. Ses châteaux, chapelles et autres vestiges témoignent d'un passé mouvementé, fait de guerres, de reconstructions et de transformations. La préservation de ce patrimoine est essentielle pour comprendre l'histoire de la commune et la transmettre aux générations futures.
La commune de Crêches-sur-Saône, à travers ses monuments et son histoire, offre un aperçu fascinant de l'évolution du Mâconnais et de la Bourgogne. Son patrimoine architectural et archéologique mérite d'être valorisé et mis en lumière, afin de faire connaître la richesse de son passé et d'en faire un atout pour le développement touristique et culturel de la région.
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