L'histoire d'Hagar dans le désert est un récit poignant de foi, de survie et de la promesse divine. Cette histoire, centrale dans les traditions abrahamiques, met en lumière la force d'une mère face à l'adversité, la miséricorde divine et l'origine de lieux saints.

Le contexte d'Abraham et de la filiation

Mon intérêt pour Abraham, figure commune aux trois grandes religions monothéistes, m'a conduit à étudier les sociétés tribales sahariennes touarègues et maures. L'islam constituait l'un des systèmes de représentation dans ces sociétés. Une recherche sur le sacrifice en islam m'a orienté vers l'étude des significations du « sacrifice d'Abraham ».

L'analyse structurale des textes testamentaires, notamment par Sir Edmund Leach, considère ces récits comme des textes mythiques relevant de l'analyse structurale. Leach souligne l'importance des principes masculins et féminins de la Divinité et de sa Création. La distinction des genres est inscrite aux fondements cognitifs et symboliques de toute société.

Dans la Genèse, deux versions distinctes de la création présentent des gestions différentes de la distinction des principes masculin et féminin. La différence de genre est posée comme hiérarchie, où le masculin précède le féminin. Les textes testamentaires mettent en avant les fonctions de la filiation unilinéaire pour organiser la vision biblique du monde.

L'épreuve d'Hagar et d'Ismaël

Sarah, l'épouse d'Abraham, étant stérile, elle propose à Abraham d'avoir un enfant avec sa servante égyptienne, Hagar. De cette union naît Ismaël. Cependant, des années plus tard, Sarah donne naissance à Isaac. La jalousie et la crainte de Sarah pour l'héritage d'Isaac conduisent Abraham à devoir éloigner Hagar et Ismaël.

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Allah demanda au prophète Ibrahim de préparer sa femme Hajar et son bébé Ismaël à un long voyage. La famille traverse le désert d’Arabie, où les dunes de sable s’étendent sur des kilomètres.

L'errance dans le désert

Ibrahim a fait gravir à Hajar et Ismaël une colline appelée Marwa et les laissa à l’abri d’un arbre et équipés d’un sac de dattes et d’eau. Puis il retourna chez lui.

Livrés à eux-mêmes dans le désert aride, Hagar et Ismaël sont confrontés à une épreuve extrême. Les provisions d’Hajar et Ismaël furent vite épuisées et la mère et le fils étaient extrêmement déshydratés. Hagar, désespérée, court entre les collines de Safa et Marwa à la recherche d'eau. Ce geste, répété sept fois, symbolise sa détermination et sonInvocation à l'aide. Désespérée, Hajar gravit sept fois les collines Marwa et Safâ en courant, plissant les yeux pour voir si un nomade passait au loin.

La source de Zamzam et la promesse divine

Alors qu'elle est au bord du désespoir, Allah répond à sa prière. Puis Hagar entendit une voix. Celle de l’archange Gabriel qui apparut en frappant le sable de son aile. Un torrent d’eau jaillit et Hajar s’abreuva et remplit sa gourde d’eau. L'ange Gabriel apparaît et fait jaillir une source d'eau, connue sous le nom de Zamzam. Cette source miraculeuse sauve Hagar et Ismaël de la mort.

Hajar avait alors une source d’eau pour échanger avec les voyageurs qu’elle croisait. Bientôt, la mère et le fils avait toute la nourriture et l’eau dont ils avaient besoin. De plus en plus de personnes étaient attirés par l’eau qui coulait et installaient leur campement aux alentours. Ils en envoyaient à leur famille et commençaient une toute nouvelle vie à la Mecque. Le désert aride se transforma en village animé.

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Cet événement est interprété comme une manifestation de la miséricorde divine et une promesse de protection pour la descendance d'Ismaël. La source de Zamzam devient un lieu sacré et une source de bénédiction pour les pèlerins.

La Mecque et la Kaaba

L'établissement d'Hagar et d'Ismaël près de la source de Zamzam est considéré comme l'origine de la ville de La Mecque. Des années plus tard, Ibrahim retourna à la Mecque pour voir son fils devenir un homme. Il apprit qu’Hajar était décédée en son absence. Ensemble, Ibrahim et Ismaël continuèrent d’appeler la population à vénérer Dieu mais il n’y avait pas de lieu de culte qui Lui était dédié. Ibrahim et Ismaël construisent ensemble la Kaaba, un sanctuaire dédié à Allah.

Ibrahim souhaitait avoir un lieu spécialement construit pour que les croyants trouvent la paix et se concentrent sur les louanges à Allah. Ibrahim et son fils travaillèrent ensemble pour construire la Kaaba. Ils choisirent une petite butte, surélevée des terres environnantes et commencèrent à former les fondations. Ismaël trouva les pierres alors que son père les positionnait pour ériger de hauts murs. À l’aide d’une grande pierre en guise de plateforme, Ibrahim s’adressa à son peuple et leur conseilla vivement d’obéir à Allah. Cette immense pierre peut encore être observée près de la Kaaba. Elle fut nommée la ‘Station d’Ibrahim’.

La Kaaba devient le centre spirituel de l'islam et un lieu de pèlerinage pour les musulmans du monde entier. D'après 'Ata, 'Aicha (qu'Allah l'agrée) a dit : « Certes Allah n'a institué le tawaf autour de la Ka'ba, les trajets entre Safa et Marwa et la lapidation des stèles que pour que l'on fasse Son rappel ».

Le sacrifice d'Ismaël

Plus tard, Allah met Ibrahim à l'épreuve en lui demandant de sacrifier son fils Ismaël. Dans un rêve, le prophète Ibrahim reçut pour mission de sacrifier son fils Ismaël à Allah. Ibrahim raconte son rêve à Ismaël et ils furent tous les deux d’accord pour se soumettre à la volonté de Dieu. Prêt à obéir à l'ordre divin, Ibrahim se prépare à sacrifier Ismaël. « Nous lui fîmes donc la bonne annonce d’un garçon (Ismaïl) longanime. Puis quand celui-ci fut en âge de l’accompagner, [Abraham] dit : "Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en penses". (Ismaël) dit : "Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé: tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants. Au moment où Ibrahim est sur le point de sacrifier son fils, Allah intervient et remplace Ismaël par un bélier. Ismaël s’allongea, prosterné, le front collé au sol, pendant que son père plaça un couteau tranchant contre son cou. « Puis quand tous deux se furent soumis (à l’ordre d’Allah) et qu’il l’eut jeté sur le front, voilà que Nous l’appelâmes "Abraham ! Tu as confirmé la vision. C’est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants. » Un bélier apparut comme sacrifice alternatif et Ibrahim abattu le mouton à la gloire d'Allah au lieu de tuer son fils.

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Cet acte de soumission et de foi est commémoré chaque année par les musulmans lors de l'Aïd al-Adha.

Le "Tawakkoul"

Nous allons parler aujourd’hui d’une nouvelle station d’épuration spirituelle, à savoir, le « tawakkoul ». Le « tawakkoul » constitue l’une des branches de la foi. Le « tawakkoul » signifie le fait de placer ta confiance en Dieu, de t’en remettre à Lui dans tout ce que tu entreprends ; de Lui déléguer toutes tes affaires. Le « tawakkoul » est une action du cœur ; une qualité fondamentale de la foi ; l’une des plus importantes dimensions de la religion, au point où l’imam Ibn al-Qayyim l’ait qualifié de la moitié de la religion ; la deuxième moitié étant « al-inaba », c’est-à-dire, le repentir ; et ce, conformément au verset coranique : « En Lui, je place ma confiance, et c’est vers Lui que je reviens repentant » (Coran 11 :88).

Le « tawakkoul » est une qualité des prophètes. En effet, ils ont fait face aux persécutions de leurs détracteurs en plaçant leur confiance en Dieu et en se remettant à Lui. Dieu dit : « Raconte leur l’histoire de Noé, quand il dit à son peuple « Ô mon peuple, si mon séjour parmi vous et mon rappel des signes de Dieu vous pèsent trop, alors c’est en Dieu que je place ma confiance. Concertez-vous avec vos associés et ne cachez pas vos plans. Quand à Ibrahim, que la Paix soit sur lui, lorsqu’il fut jeté au feu, ses derniers mots furent : « Dieu me suffit et c’est le meilleur des garants et protecteurs ». L’Ange Gabriel vint alors le voir alors qu’il était dans les airs (avant d’atterrir dans le feu) et lui dit : « As-tu besoin de quelque chose ? ». Ibrahim, que la Paix soit sur lui, répondit : « Venant de toi, non ! ».

Le « tawakkoul » fait également partie des qualités des croyants. Dieu nous parle dans le Coran de l’après-Ouhoud, Il dit : « Certes, ceux auxquels l’on disait : « Les gens se sont rassemblés contre vous ; craignez-les, cela accrut leur foi et ils dirent : « Dieu nous suffit, Il est notre meilleur garant » » (Coran 3 :176). Quel était la conséquence ? « Ils revinrent donc avec un bienfait de la part de Dieu et une grâce. Ibrahim, que la Paix soit sur lui, prit son épouse Hajar et son fils Ismaïl, les laissa dans ou oued sans végétation, puis, commença à partir. C’est alors que Hajar le suivit et lui dit : « Où pars-tu en nous laissant dans un oued sans eau, ni végétation ni compagnie ? ». Ibrahim que la Paix soit sur lui continua sa route sans se retourner. Elle lui réitéra la question plusieurs fois mais celui-ci ne répondit pas. Hajar dit alors : « Est-ce Dieu qui te l’ait ordonné ? » « Oui » dit-il. Hajar répondit alors telle une croyante dont l’âme est imprégnée par le sens du « tawakkoul » : « Alors, Il nous abandonnera jamais ». En vérité, le « tawakkoul » est une caractéristique indissociable de la foi. Dieu dit : « Les vrais croyants sont ceux dont les cœurs frémissent quand on mentionne Dieu. Et quand Ses versets leur sont récités, cela fait augmenter leur foi. Et ils placent leur confiance (tawakkoul) en leur Seigneur » (Coran 8 :2).

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