Chaque parcours en procréation médicalement assistée (PMA) est unique, jalonné d’espoirs, d’épreuves et parfois de longues attentes. La fécondation in vitro (FIV) est une technique d'aide médicale à la procréation qui permet de recréer en laboratoire les différentes étapes de la fécondation « naturelle », tout en maximisant les chances de succès et en les optimisant. Cet article explore en profondeur la FIV, son déroulement, les facteurs influençant son succès et les témoignages de femmes ayant persévéré dans ce parcours.
Qu'est-ce que la Fécondation In Vitro (FIV) ?
La fécondation in vitro, ou FIV, est une technique d’aide médicale à la procréation (AMP) qui vise à recréer artificiellement les étapes de la fécondation naturelle en laboratoire. L'objectif est de maximiser les chances de succès en recueillant plusieurs ovocytes, en sélectionnant les spermatozoïdes les plus aptes et en optimisant le développement des embryons.
Pour Qui ? L'Élargissement des Conditions d'Accès à la FIV
Comme toutes les techniques d’AMP, la fécondation in vitro est encadrée par la loi. Depuis 2021, les conditions d’accès ont été élargies en France. Aujourd’hui, l’AMP et par extension la FIV, est accessible à toutes les femmes, qu’elles soient en couple hétérosexuel, en couple de femmes ou dans un projet de soloparentalité. En dehors du contexte médical, il n’y a donc plus aucune discrimination d’accès à l’AMP, notamment sur l’orientation sexuelle ou le statut matrimonial. L’âge entre également en ligne de compte.
Pourquoi Recourir à la FIV ? Les Indications Médicales
Plusieurs raisons médicales peuvent conduire les équipes médicales à proposer une FIV.
Les Étapes Clés d'un Cycle de FIV
Un cycle de FIV est un processus complexe qui se déroule en plusieurs étapes, chacune ayant un rôle crucial dans le succès de la procédure.
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1. La Stimulation Ovarienne : Préparation des Ovocytes
Vos règles sont arrivées et pour une fois, elles sont source de réjouissance car la première étape peut débuter. Cette première phase consiste en une stimulation ovarienne, avec l’injection quotidienne d’hormones, qui sera surveillée par échographies et par prises de sang. Pour être plus précis, il existe 3 types de protocoles de stimulation : le protocole long, le protocole court avec « agoniste » et enfin un protocole court avec « antagoniste ». En réalité, les produits de stimulation ou les hormones sont les mêmes, mais les dosages et la période d’administration sont différents. Le choix du protocole dépend du profil hormonal, de la réserve ovarienne et de la qualité de la réponse sur un cycle antérieur.
- Le protocole long consiste d’abord à bloquer le cycle environ une semaine avant l’arrivée prévue des règles pour éviter une ovulation spontanée, grâce à l’injection d’un agoniste de la LH-RH pendant 10 à 20 jours. Ensuite démarre la stimulation pour stimuler la croissance des follicules (ces petits sacs qui contiennent un ovule) avec l’injection de FSH pendant environ 10 à 14 jours.
- Le protocole court avec un « agoniste » démarre dès le 1er jour du cycle, avec l’injection du même agoniste de la LH-RH pour éviter une ovulation spontanée. On ajoute ensuite au 3e jour une stimulation avec la FSH pour faire murir les follicules. Le déclenchement de l’ovulation a lieu le plus souvent entre le 10e et le 14e jour du cycle.
- Le protocole court avec « antagoniste » commence dès le 2e jour du cycle avec l’injection de FSH pour stimuler la croissance des follicules. On rajoute ensuite un antagoniste dès le 6e jour du cycle pour bloquer l’ovulation naturelle et laisser murir les follicules. Le déclenchement de l’ovulation est généralement pratiqué entre le 10e et 13e jour du cycle.
Pendant cette première phase, une surveillance échographique et de prises de sang permet de vérifier votre réponse à la stimulation et la bonne croissance des follicules.
2. La Ponction Ovarienne : Récupération des Ovocytes
Cette deuxième étape s’effectue au bloc opératoire sous anesthésie générale, locale ou sous hypnose selon les centres d’AMP. C’est une intervention en ambulatoire, c’est à dire que vous restez seulement quelques heures à l’hôpital. Le geste dure environ 10 minutes. Les ovocytes sont aspirés par un kit de ponction sous échographie. Les ovocytes baignant dans leur liquide folliculaire sont ensuite acheminés jusqu’au laboratoire dans une mallette thermostatée à 37°. Après la ponction, vous resterez hospitalisée quelques heures en surveillance.
3. Le Recueil de Sperme
L’homme effectue à son tour un recueil de sperme par masturbation (après 2 à 5 jours d’abstinence) au laboratoire, le matin même de la ponction ovocytaire.
4. La Fécondation en Laboratoire : Rencontre des Gamètes
L’étape de la fécondation en laboratoire peut s’effectuer de trois façons :
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- La FIV dite « classique » : le biologiste mettra en contact, dans un milieu de culture spécifique, les spermatozoïdes préalablement traités et sélectionnés et les ovocytes récupérés pendant la ponction ovarienne.
- La FIV ICSI (Injection Intra-Cytoplasmique des Spermatozoïdes) : le biologiste donne un petit coup de pouce à dame nature. Il injectera sous microscope un seul spermatozoïde préalablement sélectionné parmi l’échantillon recueilli directement dans l’ovocyte.
- La FIV IMSI (Injection Magnifiée de Spermatozoïdes) : le biologiste injectera, comme pour la FIV ICSI, un spermatozoïde morphologiquement sélectionné directement dans l’ovocyte, mais cette fois-ci l’observation des spermatozoïdes se fait avec un microscope spécial qui permet de grossir jusqu’à 10000 fois le spermatozoïde (contre 200 à 400 pour l’ICSI).
5. Le Développement Embryonnaire : Culture et Surveillance
À partir du moment où les ovocytes ont été fécondés, les embryons sont maintenus en culture pour leur développement.
- Jour +1 : l’obtention d’ovocytes fécondés ou zygotes atteste la fécondation pour 60 à 70% des ovocytes.
- Jour +2 à J+5 : Les embryons sont ensuite suivis pendant 2 à 5 jours. Les embryons de 2 jours ont 4 cellules. Tous les embryons n’évoluent pas et environ 60% se bloquent avant le stade blastocyte (5 jours).
6. Le Transfert Embryonnaire : Implantation de l'Espoir
Le transfert a lieu 2 à 5 jours après la ponction. On peut transférer des embryons au stade J2, J3, J5, J6, des embryons frais ou congelés, par un ou par deux. Dans le cas où plusieurs embryons évolutifs ont été obtenus, le biologiste congèlera ceux qui n’ont pas été transférés. La congélation d’embryon est réalisée en accord avec le couple, ce qui permet, en cas d’échec, de pratiquer des transferts embryonnaires ultérieurs, sans avoir à refaire un cycle complet de traitement ni de ponction d’ovocytes. Un consentement doit être signé pour la congélation des embryons et ensuite pour leur décongélation en vue d’un transfert.
Embryons Frais vs Embryons Congelés : Quel Impact sur le Taux de Réussite ?
Alors qu’on pourrait penser que les chances de grossesse sont plus élevées avec des embryons frais lors d’une FIV, deux études récemment publiées dans le New England Journal of Medicine ont prouvé le contraire. Qu’on utilise des embryons frais ou congelés, le taux de réussite est le même, en tout cas chez les femmes ayant une ovulation normale. Une femme qui désire recourir à la fécondation in vitro peut choisir entre deux options selon les cas : soit se faire implanter un embryon frais qui vient d’une stimulation actuelle et qui est créé in vitro, soit recevoir dans son utérus un embryon congelé provenant d’une stimulation antérieure issue d’une première FIV ou avant un traitement de chimiothérapie.
D’après deux études publiées par le New England Journal of Medicine, les chances de succès d’une FIV sont identiques dans les deux cas. 2 157 femmes n’ayant pas de problème d’ovulation ont participé à l’étude. Elles ont été tirées au sort pour recevoir un embryon congelé ou un embryon frais. Il n’y a pas eu de différence sur le taux de naissance : 48,7% chez les femmes ayant reçu un embryon congelé et 50,2% chez celles qui ont reçu un embryon frais. En parallèle à cette première étude, une deuxième étude a aussi été réalisée sur 782 femmes. Le taux de grossesse s’élève cette fois-ci à 33,8% avec un embryon congelé et 31,5% avec un embryon frais. Idem, la différence est non significative. Par contre, les chercheurs soulignent qu’une étude des caractéristiques médicales de la patiente doit être effectuée pour choisir la bonne option. En effet, chez les femmes souffrant du syndrome des ovaires polykystiques, par exemple, les chances de grossesse sont meilleures avec un embryon congelé. Il n’y a donc pas de meilleure technique qu’une autre.
Taux de Réussite de la FIV : Facteurs et Statistiques
La réussite d’une fécondation in vitro résulte de nombreux paramètres, dont l’âge des partenaires et l’indication de fécondité de chacun (qualité de l’ovocyte et du sperme…). Le taux de réussite de la FIV est évalué tous les ans par l’Agence de Biomédecine. Selon les statistiques de l’Agence de Biomédecine, le taux moyen de réussite d’une FIV est de 25,16% par ponction. Ce taux de réussite de la FIV de 25,16% par cycle se renouvelle à chaque tentative, mais ne s’additionne pas. Au final, le taux cumulé de grossesse après 4 tentatives est d’environ 60%. Les taux sont variables d’un Centre AMP à l’autre, mais dans une fourchette raisonnable.
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Prise en Charge Financière
La FIV et des examens en lien sont pris en charge à 100% par les organismes de couverture sociale, après demande de prise en charge par votre médecin et à hauteur de 4 tentatives de FIV, dans les limites d’âge vu plus haut.
Témoignages et Parcours de Fivettes : L'Importance de la Persévérance
À la question « Combien de FIV avez-vous faites avant d’obtenir un test positif ? », des dizaines de fivettes ont pris la parole avec pas moins de 276 réponses. Derrière les chiffres, ce sont des histoires d’endurance, de choix médicaux, de changements de centres, de voyages parfois, et surtout… d’amour immense.
De nombreuses femmes ont eu un résultat positif dès leur première FIV, souvent au premier ou deuxième transfert, comme Caroline :« 1ère FIV, 1er transfert, nous avons mis 2 embryons qui ont tous les deux tenus. Même situation pour Emmanuelle :« FIV 1 - transfert d’un J5. Notre fille aura bientôt 3 ans et elle est merveilleuse ! Ce sont sans doute les cas les plus représentés.
Le nombre de FIV n’est parfois pas représentatif de la réalité des essais. Jennifer : « 5 protocoles de FIV DPI et 5 transferts. 1 seul J5 qui s’est battu comme un lion et s’est accroché très fort à sa maman. Il va avoir 3 ans, c’est mon plus beau cadeau et l’amour de ma vie. Ne baissez jamais les bras avant d’avoir tout tenté.
Vaness : « Après 6 FIV ICSI et 2 transferts… Un magnifique petit garçon qui a 3 ans et demi maintenant. Projet BB2 en cours : 3 FIV et 2 transferts pour l’instant pas de grossesse mais on garde espoir.
Alice : « 4 IAD et 10 FIV ICSI … 3 positifs aux Fiv 7/8/9 mais 3 fausses couches. Notre fille est née après tout ça.
Emilie : « Après 4 FIV et 8 protocoles en France, nous avons fait une demande de don d’ovocytes en Espagne. Notre 1er transfert a eu 2 ans et c’est une sacrée chipie. En tout, 10 ans de combat.
Delphine : « Après 6 IAC, une chirurgie, 3 FIV et 8 transferts, 6 ans de galère, ma petite Lyana va avoir un an.
Julie : « FIV 5 j’ai eu mon fils ❤️ 12e embryon transféré.
Lucile : « Au 3e transfert pour bébé 1 et surprise bébé couette pour bébé 2 après 4 transferts.
Sandra : « FIV 1 - 2e transfert après une FC au premier. Ma fille a maintenant 7 ans.
Aurélie : « 3e FIV, 1er transfert, mon fils est né. 3 ans plus tard, transfert du dernier embryon congelé de la même FIV : des jumeaux. L’embryon s’est divisé.
Daphné : « J’ai 41 ans, 7 ans de parcours, 3 IAC, 5 FIV, 21 embryons transférés. Je suis enceinte de 15 SA.
Ce post met en lumière la diversité des vécus et la ténacité des fivettes. Que le + arrive au bout de la 1ère ou de la 6ème FIV, chaque grossesse est une victoire sur l’attente, le doute et parfois la douleur. Cela montre que 97 % des femmes ayant persévéré jusqu’à la FIV 6 ou plus ont obtenu un test positif.
Les Risques Potentiels de la FIV
Plus sévère, le syndrome d’hyperstimulation ovarienne est un risque que le gynécologue redoute. L’hyperstimulation se manifeste par une augmentation importante du volume des ovaires avec risque de torsion de l’ovaire, un risque accru d’accident thromboembolique (phlébite, embolie pulmonaire, accidents vasculaires cérébraux) et rétention d’eau avec une prise de poids très importante qui provoque une gêne respiratoire.
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