L'absence de règles, ou aménorrhée, est une situation qui peut susciter de nombreuses interrogations chez les femmes. Cet article vise à explorer les causes potentielles de l'absence de règles pendant trois mois ou plus, tout en fournissant des informations claires et accessibles pour aider à mieux comprendre ce phénomène et les démarches à suivre.
Le cycle menstruel : un rappel essentiel
Avant de plonger dans les causes de l'aménorrhée, il est crucial de comprendre le fonctionnement du cycle menstruel. Les menstruations, ou règles, sont un élément déterminant de ce cycle. Ce dernier est modulé par un complexe hormonal puissant, appelé l'axe neuro-hypothalamo-hypophysaire. Chaque mois, ce système produit des hormones qui préparent le corps, et surtout l'utérus, à une éventuelle grossesse.
Plus précisément, le cycle menstruel est un processus complexe régulé par l'interaction de plusieurs hormones, initié par l'hypothalamus, une zone du cerveau. L'hypothalamus produit des facteurs qui agissent sur l'hypophyse, une petite glande située dans le cerveau, stimulant ainsi la production de gonadotrophines (FSH et LH). Ces gonadotrophines envoient à leur tour l'ordre de production successive des hormones ovariennes, d'abord l'œstradiol, puis la progestérone. Cette séquence hormonale déclenche la croissance d'un follicule ovarien (le "follicule dominant"), la rupture de ce follicule avec expulsion de l'ovule (ovocyte), produisant ainsi l'ovulation, et la formation du corps jaune (le reste du follicule brisé qui a ovulé).
La production de toutes ces hormones agit simultanément sur l'endomètre, la muqueuse qui recouvre l'intérieur de l'utérus, qui s'épaissit tout au long du cycle. Si la fécondation n'a pas lieu, une partie de l'endomètre est évacuée par le vagin, ce qui provoque les règles.
Ce que nous appelons « règles ou menstruation » est le saignement plus ou moins cyclique (25-35 jours) qui est produit par l’action complexe de multiples hormones et qui constitue la fin du cycle menstruel pour faire place au début du suivant. L’ordre d’initiation part d’une zone du cerveau appelée hypothalamus qui produit des facteurs agissant sur certaines cellules de l’hypophyse (petite glande située dans le cerveau) en stimulant la production de gonadotrophines (FSH et LH). Celles-ci enverront à leur tour l’ordre de production successive des hormones ovariennes, d’abord l’œstradiol, puis la progestérone, afin d’exécuter la séquence normale de: croissance d’un follicule ovarien (que nous appelons « follicule dominant« ), rupture de ce follicule avec expulsion de l’ovule (ovocyte), produisant à ce moment l’ovulation et la formation du corps jaune (le reste du follicule brisé qui a ovulé). La production de toutes ces hormones agit en même temps sur l‘endomètre (muqueuse qui recouvre l’intérieur de l’utérus) qui va s’épaissir tout au long du cycle.
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Qu'est-ce que l'aménorrhée ? Définition et types
L'aménorrhée se définit comme une absence totale de menstruations chez les femmes. Elle témoigne d'un trouble du cycle menstruel, lorsqu'elle survient en dehors de certaines périodes où l'absence de règles est physiologique (avant la puberté, pendant la grossesse, l'allaitement ou bien encore après la ménopause).
On distingue deux types principaux d'aménorrhée :
- Aménorrhée primaire : Elle concerne les jeunes filles qui n'ont jamais eu leurs règles à l'âge où elles devraient normalement apparaître. La plus fréquente des causes à cette absence est le retard pubertaire. Les caractères sexuels (poussée des seins, développement de la pilosité…) de la personne concernée n’apparaissent pas. Le corps garde un aspect infantile.
- Aménorrhée secondaire : Elle se manifeste par une interruption totale des règles (plus de 3 mois en général) chez une femme ayant déjà eu ses règles mais pas encore ménopausée.
Il est important de noter que l'aménorrhée est normale dans certaines situations physiologiques, telles que la grossesse, l'allaitement et la ménopause. Elle peut également être volontaire, liée à la prise de certaines contraceptions hormonales.
Causes possibles de l'aménorrhée secondaire
L'aménorrhée secondaire peut avoir de nombreuses causes, qu'il est important d'identifier pour mettre en place une prise en charge adaptée.
Grossesse
La grossesse est la cause numéro 1 dans le cas d’une absence de menstruations. Il est donc essentiel de réaliser un test de grossesse en premier lieu pour écarter cette hypothèse.
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Facteurs liés au mode de vie
Plusieurs facteurs liés au mode de vie peuvent perturber le cycle menstruel et entraîner une aménorrhée :
- Stress : Le stress peut être l'une des principales raisons d'un retard ou d'une absence des règles.
- Alimentation : Une alimentation inadaptée (trop pauvre en quantité ou en qualité, pas assez grasse, ou pas assez calorique) peut être en cause.
- Poids : Une perte de poids trop rapide ou une masse grasse trop faible peuvent entraîner une aménorrhée.
- Activité physique : Une pratique sportive trop intense, fréquente chez les sportives de haut niveau, peut également provoquer une aménorrhée.
Médicaments
La prise de certains médicaments peut perturber le cycle menstruel. C'est le cas notamment des corticoïdes, des antidépresseurs et de la pilule contraceptive. L'arrêt de la pilule peut également entraîner une perturbation du cycle, qui peut mettre jusqu'à 6 mois à se régulariser.
Troubles hormonaux
Plusieurs troubles hormonaux peuvent être à l'origine d'une aménorrhée :
- Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : Les ovaires polykystiques ont de nombreux sacs sous-développés dans lesquels les ovules se développent, et ils sont souvent incapables de libérer un ovule. C’est pourquoi vous n’ovulez pas.
- Troubles de la thyroïde : Une thyroïde hyperactive (hyperthyroïdie) ou hypoactive (hypothyroïdie) peut entraîner des perturbations du cycle.
- Insuffisance ovarienne prématurée (IOP) : L’insuffisance ovarienne prématurée (IOP), parfois appelée ménopause précoce, se produit lorsque les ovaires cessent de fonctionner normalement avant l’âge de 40 ans. Cela entraîne une diminution de la production d’œstrogènes et une absence de règles.
- Aménorrhée hypothalamique : Dans le cas de l’aménorrhée hypothalamique, c’est au niveau du cerveau que ça se passe, plus précisément de l’hypothalamus. Le corps décide que ce n’est pas le moment de procréer (le rôle premier du cycle menstruel) et il met la machine à l’arrêt.
Troubles gynécologiques
Certains troubles gynécologiques peuvent être à l'origine d'une aménorrhée :
- Tumeurs de l'hypophyse : Des conditions plus rares, telles que des tumeurs de l’hypophyse peuvent être à l’origine de retards ou d’absences de règles.
- Anomalies structurelles de l'utérus : Des conditions plus rares, telles que des anomalies structurelles de l’utérus, peuvent être à l’origine de retards ou d’absences de règles.
- Adhérences utérines
Ménopause précoce
Elle peut survenir dès 30 ou 35 ans. Tu peux la reconnaître puisqu’elle s’accompagne de différents symptômes comme : des bouffées de chaleur ; une sécheresse vaginale et vulvaire ; une humeur variable ; et, une aménorrhée bien sûr ; etc.
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Autres causes
Certaines maladies chroniques, comme le diabète non contrôlé, la maladie cœliaque ou d’autres affections auto-immunes, peuvent également affecter la régularité du cycle menstruel. De même, des conditions plus rares, telles que des tumeurs de l’hypophyse ou des anomalies structurelles de l’utérus, peuvent être à l’origine de retards ou d’absences de règles.
Diagnostic et examens
Le diagnostic de l'aménorrhée débute par un interrogatoire avec le médecin, qui pose des questions sur les antécédents médicaux de la patiente, et plus précisément sur son historique menstruel (nature des cycles antérieurs : irrégularité, longueur, abondance des règles). La première question posée est souvent l’hypothèse d’un début de grossesse.
Un examen clinique est ensuite envisagé pour approfondir la cause et la nature de l’aménorrhée et adapter les examens complémentaires réalisés ultérieurement. Concernant l’historique menstruel, le médecin détermine si l’aménorrhée est primaire ou secondaire, en demandant à la jeune fille ou à la femme si elle a déjà eu des règles. Si c’est le cas, il lui demande à quel âge elles sont apparues et quand les dernières menstruations ont eu lieu.
Dans le cas où la jeune fille n’aurait jamais eu ses règles (aménorrhée primaire), le médecin va poser des questions relatives à l’apparition des caractères sexuels secondaires tels que le développement mammaire (seins), des poils pubiens et axillaires ou bien la poussée de croissance. Ces informations vont permettre ainsi au médecin d’écarter certaines pistes et de savoir si la cause de l’aménorrhée est d’origine génétique ou non (après interrogation des membres de la famille).
Par ailleurs, le médecin va aussi orienter son entretien sur d’autres symptômes pouvant suggérer une cause et sur l’usage médicamenteux, pratiques sportives, habitudes alimentaires et d’autres conditions susceptibles de provoquer une aménorrhée.
En fonction des éléments recueillis lors de l'interrogatoire et de l'examen clinique, le médecin peut prescrire des examens complémentaires, tels que :
- Bilan hormonal : Pour évaluer les niveaux d'hormones impliquées dans le cycle menstruel (FSH, LH, œstradiol, progestérone, prolactine, hormones thyroïdiennes).
- Échographie pelvienne : Pour visualiser les ovaires et l'utérus et détecter d'éventuelles anomalies.
- IRM cérébrale : En cas de suspicion d'anomalie de l'hypophyse ou de l'hypothalamus.
Solutions et traitements
Les traitements de l'aménorrhée dépendent de sa cause.
- Aménorrhée liée au mode de vie : Dans ce cas, il est important d'adopter une alimentation équilibrée, de gérer le stress, de maintenir un poids sain et de modérer l'activité physique intense.
- Aménorrhée hormonale : Un traitement hormonal substitutif peut être prescrit pour rétablir l'équilibre hormonal et déclencher les règles.
- Troubles gynécologiques : Le traitement dépendra du trouble identifié (chirurgie, médicaments…).
- Ménopause précoce : Un traitement hormonal substitutif peut être prescrit pour compenser la carence en œstrogènes et soulager les symptômes de la ménopause.
Quand consulter ?
Il est recommandé de consulter un médecin, une sage-femme ou un gynécologue si vous n'avez plus vos règles depuis l'équivalent de 3 cycles pour vous (plus ou moins 3 mois). Il est également important de consulter si l'aménorrhée s'accompagne d'autres symptômes, tels que des bouffées de chaleur, une sécheresse vaginale, des changements d'humeur ou une perte de poids importante.
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