La grossesse est une période de changements physiologiques qui rendent les femmes plus vulnérables, mais cela ne signifie pas qu'elles doivent renoncer à voyager. Cependant, il est essentiel de prendre des précautions, surtout dans le contexte du virus Zika et d'autres maladies tropicales. Cet article aborde les risques potentiels, les mesures de protection et les recommandations pour voyager en toute sécurité pendant la grossesse, en particulier au troisième trimestre.
Peut-on voyager enceinte ?
Il est possible de voyager enceinte, mais il est important de prendre certaines précautions. D'un point de vue strictement médical, une femme en bonne santé avec une grossesse non gémellaire sans complication peut voyager en avion en toute sécurité jusqu'à la 36e semaine (début du neuvième mois). Au-delà, les urgences obstétricales rendent le voyage imprudent et la plupart des compagnies aériennes refusent les voyageuses.
Par précaution, dès que la grossesse se voit bien, il est conseillé de demander à un professionnel de santé un certificat médical datant l'âge de la grossesse (ou la date présumée de l'accouchement) pour s'assurer que les 36 semaines ne sont pas dépassées au vol retour.
La meilleure période pour voyager en étant enceinte reste le deuxième trimestre de grossesse. Si vous envisagez de prendre l’avion, sachez que la plupart des compagnies aériennes vous refuseront l’accès à bord à partir du 7e mois de grossesse.
Risques et précautions générales
Les principales précautions à prendre résident dans le risque de maladie thromboembolique (phlébite, embolie pulmonaire), qui est augmenté pendant la grossesse et à fortiori lors d'un trajet aérien. Il est donc important de bouger régulièrement pendant le voyage, de porter des bas de contention et de bien s'hydrater.
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Certaines pathologies tropicales ont une gravité plus importante en cas de grossesse pour la mère et pour le bébé à naître.
La diarrhée de la voyageuse est à éviter le plus possible, car la déshydratation pourrait altérer la bonne perfusion du bébé, augmenter le risque d'accouchement prématuré et de maladie thrombo-embolique. En cas de turista, le premier réflexe est de bien compenser les pertes en s'hydratant (eau, sucre et sel). La trousse à pharmacie doit être adaptée avec des sachets de soluté de réhydratation et éventuellement un anti-diarrhéique adapté (le racécadotril alias Tiorfan est contre-indiqué en cas de grossesse).
Pas trop d’inquiétude par rapport aux activités physiques, sport et grossesse font souvent bon ménage surtout quand on a l’habitude de bouger. Il faut néanmoins savoir s’écouter. Renoncer à la plongée sous-marine avec bouteille. Enfin, les longs trajets sur routes défoncées peuvent rapidement être inconfortables et déconseillés selon l’avancée de la grossesse.
Le virus Zika et la grossesse
Depuis 2015, une forte épidémie du virus Zika a touché l'Amérique centrale et du Sud. Le virus est véhiculé par le moustique tigre (genre Aedes), le même qui transmet la dengue et la fièvre jaune. Le virus Zika est particulièrement préoccupant pour les femmes enceintes en raison du risque de malformations cérébrales chez les fœtus exposés, notamment la microcéphalie.
Le risque est évalué, selon les connaissances actuelles, à 0,5% de malformations cérébrales sévères (microcéphalies) en cas d'infection par le virus au 1er et 2ème trimestres de la grossesse, car c'est à cette période que le cerveau du fœtus se forme. Une étude a montré que chez les mères infectées au premier trimestre de la grossesse, 13% des enfants sont atteints par un trouble lié à Zika. Ce chiffre diminue à 4% lors d'une infection au deuxième trimestre et à 5% lors d'une infection au dernier trimestre. De même, plus l'infection de la mère est précoce, plus les complications sont graves pour le fœtus.
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Depuis fin 2017, la fin de l'épidémie de portée internationale a été déclarée, ce qui signifie que le risque n'est pas nul mais redevenu faible. Cependant, la prudence reste de mise, et il est conseillé de se protéger contre les piqûres de moustiques.
Protection contre les moustiques
La précaution indispensable est la protection contre les moustiques, qui peuvent transmettre des maladies dont Zika, mais aussi le paludisme, la dengue, le chikungunya… Les moyens les plus efficaces sont les moustiquaires imprégnées d'insecticides, les répulsifs cutanés, les vêtements longs imprégnés et les diffuseurs électriques d'insecticides.
Il est fortement déconseillé de s’aventurer dans des pays à forte chaleur, difficilement supportable en fin de grossesse. Les pays tropicaux sont particulièrement à éviter, en raison des risques sanitaires auxquels ils exposent.
Paludisme et grossesse
Le paludisme (malaria) est une autre maladie transmise par les moustiques qui représente un risque important pour les femmes enceintes. Il y a 200 millions de cas par an dans le monde, responsables de 300 000 à 600 000 décès. La sévérité et la mortalité accrues du paludisme chez les femmes enceintes sont maximales au 2ème et 3ème trimestre. Pour le bébé à naître, le risque est celui d'un avortement, d'un retard de croissance et d'une prématurité.
Ces risques varient selon l'état de santé de la femme enceinte, son âge et le niveau de risque de transmission du paludisme (pays visité, conditions du voyage, période, durée du séjour). C'est pourquoi, avant de voyager enceinte en zone tropicale à risque de paludisme, il est indispensable de consulter son médecin ou un centre de médecine du voyage.
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Il est important de noter que les moustiques qui transmettent cette maladie sont particulièrement attirés par les femmes enceintes. Le paludisme peut avoir des conséquences sur la santé de votre bébé.
Vaccinations et grossesse
Selon les destinations, certains vaccins supplémentaires à ceux préconisés en France sont recommandés (Hépatite A, Typhoïde, Méningocoque, Fièvre jaune…). Or, par précaution, même si le risque des vaccins semble plus théorique que réel chez les femmes enceintes, ils sont déconseillés. Certains vaccins dits « vaccins vivants atténués » sont contre-indiqués chez les femmes enceintes, ce qui rend la question délicate du vaccin contre la fièvre jaune puisqu'il s'agit d'une maladie extrêmement grave et qu'il n'existe pas de traitement.
Voyager au troisième trimestre
Le troisième trimestre de grossesse est une période particulière, notamment en raison de l'incertitude concernant la date de naissance de votre bébé. En fin de grossesse, voyager augmente les risques d'accouchement prématuré. La fatigue est un autre risque à considérer sérieusement.
La meilleure période pour voyager en étant enceinte reste le deuxième trimestre de grossesse. Si vous envisagez de prendre l’avion, sachez que la plupart des compagnies aériennes vous refuseront l’accès à bord à partir du 7e mois de grossesse. En fin de grossesse, l’idéal est de s’évader sans aller loin, afin d’éviter l’inconfort qui peut être ressenti après plusieurs heures de trajet. Sans compter qu’un long voyage augmente les risques d’apparition d’une phlébite.
Conseils supplémentaires
- Avant de voyager, consultez votre médecin ou votre sage-femme pour obtenir leur autorisation et des conseils personnalisés.
- Choisissez votre destination en connaissance de cause, en tenant compte des risques sanitaires et des conditions médicales sur place.
- Évitez les pays où les conditions sanitaires (qualité de l'eau et de l'alimentation) ne sont pas garanties.
- Assurez-vous de disposer de soins médicaux de qualité dans la région ou le pays que vous allez visiter et choisissez de résider à proximité d'un hôpital ou d'une maternité.
- Souscrivez une assurance voyage qui couvre les frais médicaux et l'éventuelle nécessité d'une évacuation sanitaire.
- Tout au long du vol, pensez régulièrement à bien vous hydrater.
Que faire en cas d'infection par le virus Zika pendant la grossesse ?
Lorsqu'une femme enceinte contracte le virus Zika, il est important de mettre en place une surveillance rapprochée, en mesurant le périmètre crânien du fœtus à chaque échographie. Malheureusement, il n'existe aucun traitement spécifique contre le virus Zika à l'heure actuelle. Si une personne a contracté le virus et qu'elle présente des symptômes, il s'agira simplement de mettre en place un traitement symptomatique (antalgiques, médicaments contre les démangeaisons, etc.).
La procédure consistera à tenter d'évaluer le risque de microcéphalie pour le bébé et à surveiller les signes de cette anomalie. Lorsqu'une femme enceinte est atteinte, celle-ci doit être suivie dans un centre de diagnostic pluridisciplinaire prénatal, où l'équipe médicale pratiquera régulièrement des échographies de diagnostic plus poussées. Une amniocentèse peut également être pratiquée pour rechercher le virus Zika dans le liquide amniotique.
Si l'équipe médicale a la quasi-certitude que l'enfant a un grand risque de retard mental, le couple pourra demander une interruption médicale de grossesse, une procédure autorisée en France sous conditions.
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