Vomir du sang pendant la grossesse est un symptôme qui peut être extrêmement angoissant. Qu’il s’agisse de simples traces rouges ou d’un vomissement noirâtre, la présence de sang interpelle toujours. Il est donc important de comprendre les causes possibles, les risques potentiels et les solutions disponibles pour gérer cette situation délicate.
Qu'est-ce que l'hématémèse ?
L’hématémèse correspond à l’émission de sang par la bouche lors d’un vomissement. Ce sang peut être rouge vif (sang frais), noir (aspect marc de café, digéré), ou se présenter sous forme de traces ou de caillots. La couleur du sang observé dans les vomissements peut fournir de précieux indices sur l’origine du saignement et sa gravité.
Sang rouge vif
Ce type de sang, souvent très visible dans le vomi, suggère un saignement actif et récent. Il provient en général des parties hautes du tube digestif comme l’œsophage, ou du haut de l’estomac, lorsqu’une veine ou une petite artère est rompue.
Sang noir (aspect marc de café)
Ce sang a été digéré par les sucs gastriques, ce qui lui donne une couleur sombre, parfois semblable au marc de café. Ce phénomène ne dépend pas de la localisation du saignement, mais de la durée de son exposition à l’acide gastrique.
Causes possibles des vomissements de sang chez la femme enceinte
Chez la femme enceinte, les vomissements sont fréquents, notamment au premier trimestre, en raison des modifications hormonales. Dans la plupart des cas, ces vomissements sont sans gravité, mais ils peuvent parfois entraîner des complications, notamment des saignements. Les causes possibles des vomissements de sang pendant la grossesse sont multiples :
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- Irritation de la muqueuse digestive : Le sang dans le vomi provient le plus souvent d'une lésion de la muqueuse digestive, c'est-à-dire la paroi interne qui recouvre l'intérieur de l'œsophage et de l'estomac ou le duodénum. Cette irritation fragilise les tissus et peut provoquer une inflammation ou une fissure, menant à un saignement.
- Reflux gastro-œsophagien : La grossesse peut accentuer le reflux gastro-œsophagien, ce qui peut irriter l'œsophage et provoquer des saignements.
- Gastrite : L'acidité gastrique peut provoquer une gastrite, c'est-à-dire une inflammation de la paroi de l'estomac, qui peut également entraîner des saignements.
- Syndrome de Mallory-Weiss : Le syndrome de Mallory-Weiss correspond à une déchirure de la paroi de l'œsophage, survenant après des vomissements particulièrement violents ou répétés. À force de vomir, le bas de l’œsophage est abîmé et se met à saigner. En médecine, on appelle cela le syndrome de Mallory-Weiss.
- Hyperémèse gravidique : L’hyperemesis gravidarum, ou hyperémèse gravidique (HG), se distingue par des nausées et vomissements incoercibles très intenses et constants pendant la grossesse, qui entraînent une perte de poids de 5 % de sa masse corporelle. Les femmes atteintes d’hyperemesis gravidarum peuvent même vomir du sang. Plus tu vomis, plus tu irrites l’œsophage qui, à force, se met à saigner. Le sang atterrit dans l’estomac, ce qui est indigeste, et donc te fait vomir.
- Autres causes digestives : Vomir du sang ne survient pas toujours de manière isolée. Elle peut indiquer une infection digestive ou une inflammation importante. Ces causes digestives sont parmi les plus fréquentes chez les patients qui présentent des vomissements sanglants. Cette inflammation soudaine de la paroi interne de l’estomac provoque une irritation intense de la muqueuse gastrique. Elle peut être causée par une infection, une consommation excessive d’alcool, la prise prolongée d’anti-inflammatoires ou encore un stress important.
- Ulcère : Il s’agit d’une lésion profonde dans la paroi de l’estomac ou du duodénum (la première partie de l’intestin). Les ulcères sont souvent liés à la bactérie Helicobacter pylori ou à une prise excessive d’anti-inflammatoires.
- Varices œsophagiennes : Ces varices sont des veines dilatées situées dans l'œsophage, qui se développent souvent chez les patients atteints de cirrhose du foie. Lorsque ces varices se rompent, cela provoque un saignement abondant, soudain et parfois massif.
- Hémorragie digestive haute : Il désigne un saignement qui survient au niveau de l'œsophage, de l'estomac ou du duodénum. Il peut être causé par un ulcère profond, une lésion, ou une maladie chronique.
- Cancer de l’estomac ou de l’œsophage : Dans certains cas, un cancer de l’estomac ou de l’œsophage peut provoquer une hémorragie, soit par l’érosion d’un vaisseau sanguin, soit en fragilisant la paroi digestive.
- Traumatisme abdominal : Un traumatisme abdominal, comme un coup porté sur le ventre ou une chute, peut également provoquer un saignement interne au niveau des organes digestifs, dont l’estomac.
- Consommation d'alcool : L’alcool peut provoquer une irritation importante de la muqueuse digestive, notamment celle de l’estomac. En cas de consommation excessive, il fragilise les parois internes de l'appareil digestif, favorisant l'apparition de petites plaies appelées érosions. Cela se manifeste alors par la présence de sang dans les vomissements.
Vomir du sang et de la bile : un signe d'alerte ?
Oui : vomir du sang accompagné de bile peut indiquer une atteinte sérieuse du haut du tube digestif, notamment au niveau de l'estomac ou du duodénum. Cela peut être lié à une inflammation importante, à une lésion de la muqueuse, ou à une pathologie plus grave comme un ulcère. La bile, souvent de couleur jaune-vert, mélangée à du sang dans le vomi, est un signe qui ne doit pas être ignoré.
Vomissements de sang chez l'enfant et la personne âgée
Oui, bien que cela reste rare, un enfant peut vomir du sang dans certaines situations précises. Enfin, un traumatisme abdominal, comme une chute ou un choc sur le ventre, peut entraîner des lésions internes qui se manifestent par du sang dans le vomi. Chez les personnes âgées, le risque de vomissements est plus important. De plus, de nombreux seniors prennent des traitements anticoagulants qui augmentent le risque de saignement en cas de lésion.
Signes d'alerte associés aux vomissements de sang
Certains signes doivent immédiatement attirer votre attention lorsqu’ils accompagnent des vomissements de sang.
- Pâleur
- Hypotension
- Perte de connaissance
Ces signes traduisent une perte de sang significative ayant un impact sur la circulation sanguine. Ces signes cliniques doivent vous alerter, car ils sont souvent révélateurs d’une urgence médicale.
Vomir du sang sans douleur : est-ce possible ?
Oui, il est tout à fait possible de vomir du sang sans ressentir de douleur, notamment en cas d’ulcère indolore ou de petites lésions au niveau de l’œsophage. Ces situations peuvent passer inaperçues si la douleur est absente, ce qui rend la présence de sang dans le vomi d’autant plus importante à surveiller.
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Que faire en cas de vomissements de sang ?
En attendant l’arrivée des secours ou la possibilité de consulter un professionnel de santé, certains gestes simples peuvent limiter les risques et protéger la personne concernée.
- Consulter immédiatement un médecin : Vomir du sang est un symptôme à prendre au sérieux. Les causes peuvent être multiples, parfois graves. Il est donc essentiel de consulter un médecin rapidement pour en déterminer la cause et mettre en place un traitement adapté. Une hématémèse, même peu importante, même occasionnelle, constitue toujours une urgence médicale - et davantage si elle apparaît chez une personne souffrant d'une pathologie hépatique (cirrhose du foie alcoolique ou non, hépatite…). Dès les premiers vomissements sanglants, il est indispensable de se rendre à l'hôpital au plus vite !
- Ne pas paniquer : Il est important de rester calme et de rassurer la personne qui vomit du sang. La panique peut aggraver la situation.
- Mettre la personne en position latérale de sécurité : Cette position permet d'éviter que la personne ne s'étouffe avec son vomi.
- Ne pas donner à boire ni à manger : Il est préférable de ne rien donner à boire ni à manger à la personne tant que la cause des vomissements n'est pas connue.
- Noter les caractéristiques des vomissements : Il est important de noter la quantité de sang vomie, sa couleur et son aspect, ainsi que les autres symptômes associés. Ces informations seront utiles au médecin pour établir un diagnostic.
Examens médicaux en cas de vomissements de sang
En cas d'hématémèse, plusieurs examens médicaux destinés à évaluer l'ampleur de l'hémorragie seront réalisés à l'hôpital : une prise de tension artérielle et un dosage du taux d'hémoglobine dans le sang, en particulier. Ces mesures indiqueront notamment au personnel soignant si le patient nécessite une transfusion sanguine. Ensuite, les médecins pourront demander une endoscopie : cet examen médical (qui se déroule habituellement sous anesthésie générale dans un contexte d'hématémèse) consiste à faire descendre une petite caméra dans le système digestif via la bouche à l'aide d'un tube pour observer l’œsophage, l'estomac et le duodénum et ainsi identifier l'origine du saignement. Fibroscopie : un tube souple muni d'une caméra est introduit par la bouche pour visualiser directement l'œsophage, l’estomac et le duodénum.
Traitement des vomissements de sang
La prise en charge de l'hématémèse dépend bien entendu de sa cause : par exemple, s'il est question de varices œsophagiennes, une ligature par endoscopie pourra être envisagée. Un suivi médical est essentiel pour prévenir les rechutes.
Vomissements pendant la grossesse : quand s'inquiéter ?
Les vomissements pendant la grossesse sont un symptôme fréquent et souvent banalisé. Pourtant, derrière ce que l’on appelle les nausées matinales, il peut se cacher un déséquilibre à surveiller. Du premier trimestre à la fin de grossesse, comment savoir si vomir est normal ou inquiétant ? Quelle est la différence entre nausées classiques et hyperémèse gravidique ?
Vomir durant la grossesse est un phénomène très courant, touchant environ 50 à 80 % des femmes enceintes selon les études (Haute Autorité de Santé, 2020). Les nausées et vomissements apparaissent en général au début de la grossesse, souvent dès la 4ᵉ semaine, et sont considérés comme un symptôme physiologique normal dans la majorité des cas.
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Causes des vomissements pendant la grossesse
Plusieurs facteurs peuvent expliquer les vomissements pendant la grossesse :
- Fluctuations hormonales : L’une des hormones les plus impliquées est la β-HCG (gonadotrophine chorionique humaine), dont le taux augmente rapidement dans les premières semaines suivant la conception. Plus son taux est élevé, plus les risques de nausées et vomissements sont importants. Progestérone : Cette hormone, elle aussi produite en grande quantité pendant la grossesse, a pour effet de relâcher les muscles lisses du corps, y compris ceux du tube digestif.
- Réactions digestives : Le système digestif est souvent perturbé par la grossesse. Le relâchement du sphincter œsophagien inférieur facilite les remontées acides. À cela s’ajoute une hypersensibilité aux odeurs, fréquente pendant le premier trimestre, qui peut à elle seule déclencher des vomissements.
Les vomissements surviennent généralement entre la 4e et la 12e semaine de grossesse, avec un pic d’intensité vers la 9e semaine. Dans la grande majorité des cas, ils s’atténuent ensuite progressivement et disparaissent vers la fin du premier trimestre. Toutefois, chez environ 10 % des femmes, ils peuvent persister au-delà de la 20e semaine (MSD Manual).
Différents types de vomissements pendant la grossesse
Tous les vomissements ne se valent pas durant la grossesse. En fonction du moment de survenue, de leur fréquence et de leur intensité, ils peuvent avoir des significations et des conséquences très différentes.
- Nausées matinales : Les nausées matinales, souvent accompagnées de vomissements légers, sont les plus fréquentes. Elles apparaissent généralement au premier trimestre, entre la 4ᵉ et la 12ᵉ semaine de grossesse. Leur cause principale est hormonale, liée à la hausse rapide de la β-HCG et de la progestérone. Contrairement à leur nom, ces nausées peuvent survenir à tout moment de la journée, mais elles sont souvent plus intenses au réveil, l’estomac étant vide.
- Vomissements occasionnels : Ces vomissements peuvent survenir tout au long de la grossesse, particulièrement après les repas copieux ou gras. Le ralentissement du transit digestif, la compression de l’estomac par l’utérus en croissance, et le reflux gastro-œsophagien favorisent ce type de vomissement. Leur fréquence est variable, souvent liée à l’alimentation et à la position adoptée après les repas.
- Hyperémèse gravidique : Il s’agit de la forme la plus sévère de vomissements gravidiques. Elle touche entre 0,5 % et 2 % des grossesses et apparaît souvent avant la 14ᵉ semaine.
- Vomissements tardifs : Beaucoup de femmes ressentent une augmentation des nausées ou vomissements en fin de journée, souvent à cause de la fatigue accumulée, du stress ou d’un estomac trop vide ou trop plein. S’ils apparaissent au troisième trimestre, les vomissements doivent être surveillés de près. Ils peuvent être dus à un reflux gastrique aggravé, mais aussi, plus rarement, signaler des complications comme une prééclampsie ou une cholestase gravidique.
Vomissements et sexe du bébé : mythe ou réalité ?
Parmi les nombreuses croyances populaires qui entourent la grossesse, l’idée selon laquelle des nausées intenses indiqueraient que l’on attend une fille est largement répandue. Cette théorie repose sur l'observation subjective selon laquelle les femmes enceintes de filles auraient plus de symptômes digestifs - notamment des vomissements - que celles qui attendent un garçon. Dans l’imaginaire collectif, une grossesse « difficile » avec beaucoup de nausées ou de vomissements serait le signe d’une petite fille, tandis qu’une grossesse plus « tranquille » indiquerait un garçon.
Pourtant, aucune étude scientifique rigoureuse n’a démontré un lien direct et systématique entre le sexe du bébé et l’intensité des vomissements gravidiques. Les experts en obstétrique s’accordent à dire qu’il s’agit d’un mythe, sans valeur médicale. Certaines études ont toutefois suggéré qu’il pourrait y avoir une légère surreprésentation des filles chez les femmes souffrant d’hyperémèse gravidique, une forme sévère de vomissements durant la grossesse. Par exemple, une étude publiée dans The Lancet (2004) a montré que 55 % des femmes hospitalisées pour hyperémèse attendaient une fille, contre 45 % pour un garçon. L’idée que vomir beaucoup signifie attendre une fille relève avant tout du folklore.
Quand consulter en cas de vomissements pendant la grossesse ?
Les nausées et vomissements font partie des symptômes classiques du premier trimestre de grossesse. Mais dans certains cas, ces signes digestifs peuvent devenir préoccupants. Présence de sang dans les vomissements : appelée hématémèse, cette situation constitue une urgence médicale. L’hyperémèse gravidique est une forme sévère et rare de vomissements pendant la grossesse, touchant environ 0,5 à 2 % des femmes enceintes.
Si les vomissements deviennent trop fréquents, s’accompagnent de perte de poids ou de fatigue intense, il est important de consulter rapidement. Des solutions existent, qu’elles soient naturelles, alimentaires ou médicales. Retenez que chaque grossesse est unique : écoutez votre corps et n’hésitez pas à demander de l’aide.
Hyperémèse gravidique : une forme sévère de vomissements pendant la grossesse
Encore peu connue, l’hyperémèse gravidique est pourtant la deuxième cause d’hospitalisation pour les femmes enceintes. De nombreuses femmes ont des nausées au début de leur grossesse. Cela fait malheureusement partie des « signes sympathiques » de la grossesse, comme le fait d’avoir des seins plus douloureux et des douleurs dans le bas-ventre ! Mais l’hyperemesis gravidarum, ou hyperémèse gravidique (HG), elle, se distingue par des nausées et vomissements incoercibles très intenses et constants pendant la grossesse, qui entraînent une perte de poids de 5 % de sa masse corporelle.
Symptômes de l'hyperémèse gravidique
L’hyperemesis gravidarum se caractérise par divers symptômes, le principal étant des nausées et des vomissements incoercibles de bile, parfois avec des filets de sang, pendant la journée et la nuit. La femme enceinte ne peut plus ni manger ni boire, et vomit dix, vingt, voire trente fois par jour. Cette maladie entraîne une perte de poids équivalente à au moins 5 % de son poids. La femme enceinte présente également une fatigue extrême, liée bien sûr au fait qu’elle ne puisse plus manger, qu’elle perde du poids et qu’elle soit déshydratée.
Causes de l'hyperémèse gravidique
Les causes de l’hyperémèse gravidique sont encore floues. « Pendant longtemps, on a associé l’hyperémèse gravidique à une dépression. Il pourrait en revanche y avoir une cause hormonale à ces vomissements, d’après la spécialiste : « L’hormone bêta-HCG (hormone chorionique gonadotrophique, celle que l’on mesure dans un test de grossesse, ndlr) a la particularité d’augmenter vers 6 semaines d’aménorrhée, c’est-à-dire souvent quand les vomissements commencent, et elle baisse à la fin du premier trimestre. Beaucoup de ces patientes arrêtent de vomir à ce même moment ». Les études laissent à penser qu’un taux d’hormones bêta-HCG plus élevé que la moyenne ou une anomalie des récepteurs à l’HCG pourraient être impliqués dans l’hyperémèse gravidique.
D’autres études mettent en avant une prédisposition génétique avec des familles où les femmes sont touchées de mère en fille. Enfin, le fait d’avoir des antécédents d’hyperémèse gravidique (lors d’une précédente grossesse donc) semble être un facteur de risque supplémentaire. Des études ont mis en évidence deux gènes, GDF15 et IGFBP7, qui seraient impliqués dans la survenue de ces hyperémèses. Ces gènes jouent un rôle dans la fabrication du placenta, de l’appétit et de la fatigue. Ils indiqueraient au placenta de produire trop de protéines.
L’helicobacter pylori, une bactérie qui infecte la muqueuse gastrique et est à l’origine d’ulcère de l’estomac, pourrait également être impliquée dans l’HG, selon certaines études. Mais là encore, il n’y a aucune certitude. Par ailleurs, le sexe du bébé importerait aussi. Porter un fœtus féminin serait ainsi un facteur favorisant l’hyperémèse gravidique.
Conséquences de l'hyperémèse gravidique
En vomissant régulièrement et en ne parvenant pas à s’alimenter, la femme enceinte risque d’être carencée et déshydratée, ce qui va finir par induire des déficits vitaminiques et lui faire perdre du potassium, conduisant à un état de fatigue important. Par ailleurs, la déshydratation peut être à l’origine de la formation de thromboses - de petits caillots dans les veines. En cas d’hypermesis gravidarum, l’HCG peut aussi hyperstimuler la thyroïde et perturber les hormones thyroïdiennes, favorisant l’hyperthyroïdie.
Cette pathologie est invalidante et influence la qualité de vie et les liens sociaux et professionnels. Cette maladie a donc un fort retentissement psychologique. Les risques d’anxiété, de dépression nerveuse et de dépression post-partum sont accrus. « Ça joue sur le moral, de vomir toute la journée, reconnaît Nadia Berkane. Une patiente me disait encore récemment qu’elle ne quittait pas les toilettes et vomissait pendant tout l’après-midi. Certaines femmes en viennent même à interrompre leur grossesse tellement cet état est difficile à supporter ». L’étiquette erronée de patientes « psy » régulièrement attribuées à ces femmes, en raison d’une mauvaise connaissance de la pathologie par les soignants et l’incompréhension de leur entourage, n’arrange rien.
Généralement, l’hyperémèse gravidique n’entraîne pas de retentissement sur l’enfant mais si la pathologie dure toute la grossesse, il peut y avoir une atteinte de la croissance fœtale avec un enfant de petit poids. Vomir au début de la grossesse est quelque chose d’assez traditionnel et qui n’entraîne aucun retentissement. En revanche, en cas d’HG sur une longue durée, on fait face à un risque d’anémie et de déficit vitaminique. Attention à ne pas confondre une femme qui vomit tout au long de sa grossesse avec une femme qui se met ou se remet à vomir en cours ou en fin de grossesse.
Diagnostic et évolution de l'hyperémèse gravidique
L’hyperémèse gravidique survient généralement à partir de 6 semaines d’aménorrhée et se termine vers la fin du premier trimestre de grossesse, vers 12 ou 13 semaines d’aménorrhée. Au début, la femme enceinte a des symptômes de grossesse, avec des nausées et vomissements, sans qu’on sache qu’elle souffre spécifiquement d’hyperémèse gravidique.
Traitement de l'hyperémèse gravidique
Comment arrêter le vomissement pendant la grossesse ? Le traitement le plus simple consiste à prendre 1 gramme de gingembre par jour en raison de ses vertus antiémétiques démontrées. On peut également tenter de respirer de l’huile essentielle de citron en en déposant deux gouttes sur un coton.
S’alimenter lorsqu’on souffre d’hyperémèse gravidique est difficile. Une simple odeur ou la vue d’un réfrigérateur peut être mal vécue. On évite bien entendu les aliments acidifiants et on mange en petites quantités tout ce que l’organisme tolère. Si la femme enceinte vomit beaucoup et ne s’alimente plus, elle risque de manquer de sucre, de protéines, de lipides… « Elle va alors puiser dans ses réserves graisseuses, ce qui va favoriser la synthèse de corps cétoniques, des substances produites à partir de la dégradation des graisses dans l’organisme et qui donnent envie de vomir. C’est donc un cercle vicieux », explique Dr Nadia Berkane.
Néanmoins, ces règles d’hygiène diététiques semblables à celles utilisées contre les vomissements classiques de début de grossesse sont rarement suffisantes chez les patientes avec hyperémèse. Des médicaments antiémétiques, comme du métoclopramide (Primpéran® et génériques), sont alors prescrits par le médecin. Ces neuroleptiques ont une action inhibitrice sur les centres nerveux de la nausée situés dans le cerveau. Ils possèdent en revanche des effets secondaires indésirables (somnolence, contractures musculaires…) et des contre-indications. Autre médicament : le Cariban®, un antiémétique qui associe un antihistaminique sédatif (qui apaise et lutte contre les spasmes) et de la vitamine B6. Il est prescrit sur ordonnance lui aussi.
Si les médicaments ne suffisent pas à stopper les vomissements et éviter la déshydratation, une hospitalisation est incontournable. La décision est souvent prise à partir du moment où la future maman souffre d’une perte de poids supérieure à 10 % de son poids initial. L’équipe médicale met alors la future maman sous perfusion pour la réhydrater avec du sérum physiologique et fait une injection de vitamine B1 afin de pallier une éventuelle carence. « Si on perfuse quelqu’un en sucre alors qu’il a une carence en vitamine B1, il risque de faire une encéphalopathie de Gayet-Wernicke et d’abîmer son cerveau », alerte la médecin. Une perfusion de potassium peut également être faite selon les résultats des bilans biologiques. Puis la patiente pourra recevoir une perfusion de sucre. Généralement, en deux ou trois jours, la femme enceinte arrête de vomir, reprend une alimentation orale et peut rentrer chez elle. Mais la durée d’hospitalisation peut être plus longue selon les cas.
Diverses associations, à l’instar de l’association de lutte contre l’hyperémèse gravidique ou Neuf mois avec ma bassine, existent.
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