L'interruption volontaire de grossesse (IVG), un droit légal en France depuis la loi Veil de 1975, permet aux femmes de mettre fin à une grossesse non désirée. Souvent perçue comme simple, l'IVG médicamenteuse nécessite une information complète sur la procédure, les effets secondaires potentiels et les options disponibles. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble détaillée de l'IVG médicamenteuse, en abordant les étapes, les effets secondaires, les complications possibles et les alternatives.
Qu'est-ce que l'IVG et les différents types d'IVG ?
L’interruption volontaire de grossesse (IVG) est une pratique médicale permettant à des femmes enceintes de mettre fin à leur grossesse, soit par un traitement médicamenteux, soit par un acte chirurgical. Il s’agit d’un droit légal introduit en France par la loi Veil, promulguée le 17 janvier 1975.
IVG médicamenteuse
Cette première méthode est proposée aux femmes enceintes de moins de 7 semaines. Une IVG médicamenteuse se déroule en deux étapes. Lors de la première étape, la patiente vient en consultation et prend le médicament en charge d'arrêter la grossesse. L'étape suivante consiste à prendre le deuxième médicament 24 à 48 h plus tard. Ce médicament doit permettre d’expulser l’embryon. Cette étape peut être réalisée à domicile ou nécessiter une courte hospitalisation. Pour gérer les douleurs à domicile, un anti-douleur est prescrit.
IVG instrumentale
Au-delà de 7 semaines de grossesse, la méthode instrumentale est choisie pour avorter. L'IVG instrumentale consiste à évacuer l'embryon par aspiration. Elle est réalisée exclusivement dans un établissement de santé. Cette opération consiste d'abord à dilater le col de l'utérus à l’aide de médicaments, pour pouvoir aspirer plus facilement le contenu utérin. L'IVG instrumentale est réalisée sous anesthésie locale du col de l'utérus. Dans certains cas, elle peut être effectuée sous anesthésie générale.
Délais Légaux et Accès à l'IVG
En France, il est possible d'avorter jusqu'à 12 semaines de grossesse (14 semaines d’aménorrhée) maximum. La plupart des pays européens suivent ce délai de 12 semaines, à part quelques exceptions. En Angleterre, par exemple, il est possible d’interrompre sa grossesse jusqu’à 24 semaines d’aménorrhée, soit 22 semaines de grossesse. Selon l'article L.2212-1 du Code de la santé publique, toutes les femmes, qu’elles soient Françaises ou non, ont droit d’accès à l’IVG en France.
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Étapes de l'IVG Médicamenteuse
L’IVG médicamenteuse peut être pratiquée jusqu’à la 7e semaine de grossesse (soit 9 semaines après le 1er jour des dernières règles). Cette méthode peut être proposée par un médecin ou une sage-femme. Les médicaments vous sont remis par le médecin ou la sage-femme lors du recueil de votre consentement ou vous sont délivrés en pharmacie si vous avez effectué une téléconsultation (dans ce cas la prescription est transmise directement à la pharmacie par le médecin ou la sage-femme). Pour en savoir plus, consultez L'IVG médicamenteuse en pratique | ivg.gouv.fr.
La procédure se déroule généralement en deux étapes principales :
Première étape : Prise de Mifépristone
Lors de votre rendez-vous à la clinique, vous prendrez 1 comprimé. Il s’agit de Mifegyne®, un médicament qui interrompt l’évolution de la grossesse. Vous devez donc être sûre de votre choix avant d’avaler ce comprimé. Une fois que vous aurez pris le comprimé de Mifegyne®, vous ne pourrez plus revenir en arrière. Vous devrez obligatoirement prendre ce comprimé à la clinique. Vous n’avez pas le droit de l’emporter avec vous. Ce premier médicament, la mifépristone, bloque l'action de la progestérone, une hormone essentielle au maintien de la grossesse.
Deuxième étape : Prise de Misoprostol
Vous emporterez avec vous quatre ovules. Il s’agit du misoprostol, un médicament qui doit être administré par voie vaginale. Vous devrez utiliser ces ovules dans un intervalle de temps supérieur à 24 heures et inférieur à 72 heures après la prise du comprimé à la clinique. Après avoir introduit les ovules, vous vous allongerez pendant une demi-heure. Le misoprostol provoque des contractions utérines, entraînant l'expulsion de la grossesse. L’expulsion du contenu de l’utérus commence en général 1 à 2 heures après l’administration du misoprostol. Elle peut durer longtemps, parfois jusqu’à 24 heures. Le misoprostol provoque des contractions de l’utérus. Ces contractions entraînent des douleurs et des pertes de sang (parfois importantes).
Contre-indications à l'IVG Médicamenteuse
Le professionnel de santé que vous consultez pour l’IVG évaluera si vous présentez des contre-indications lors de la première consultation pour vous proposer la méthode d’IVG adaptée à votre situation. La méthode médicamenteuse est contre-indiquée si on a diagnostiqué une grossesse extra-utérine (situation dans laquelle la grossesse se développe en dehors de l’utérus, par exemple dans une trompe). D’autres situations peuvent contre-indiquer cette méthode : les femmes présentant une allergie à l’un des deux médicaments utilisés, les femmes souffrant d’insuffisance rénale chronique ou de porphyrie héréditaire.
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Effets Secondaires et Complications Possibles
Il est crucial d'être informée des effets secondaires et des complications potentielles associés à l'IVG médicamenteuse.
Douleur
Les douleurs lors d’une IVG médicamenteuse sont fréquentes et leur intensité varie d’une femme à l’autre. Elles ressemblent généralement à des douleurs de règles plus intenses que d’habitude et sont provoquées par les contractions utérines qui permettent d’expulser la grossesse. Elles surviennent le plus souvent suite à la prise du second médicament (le misoprostol) mais peuvent aussi parfois survenir dès la prise du premier médicament (la mifépristone). Des antidouleurs vous seront systématiquement prescrits à l’avance afin que vous puissiez les prendre dès l’apparition de douleurs. Si la douleur persiste et ne s’atténue pas malgré la prise des médicaments antidouleurs, contactez le médecin ou la sage-femme qui vous suit pour l’IVG. Si vous choisissez de réaliser l’IVG médicamenteuse à domicile il est recommandé de ne pas être seule. En effet être entourée de personnes en mesure de vous soutenir permet de réaliser l’IVG dans un climat favorable. Les douleurs et les pertes de sang sont généralement plus intenses et durent généralement plus longtemps qu’en cas de règles normales. C’est pourquoi il vaut mieux prendre un antalgique immédiatement après l’introduction des ovules vaginaux.
Troubles Gastro-intestinaux
Au cours d’une IVG médicamenteuse des troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhées) surviennent fréquemment. Si des vomissements surviennent dans les 30 minutes qui suivent la prise du misoprostol prenez contact avec le médecin ou la sage-femme qui vous suit pour l’IVG car il peut être nécessaire de prendre un nouveau comprimé. Certaines patientes souffrent aussi de diarrhées, de nausées, de vomissements ou de frissons.
Saignements
Des saignements, ou métrorragies, souvent plus abondants que des règles accompagnent systématiquement l’expulsion de la grossesse. Ils surviennent le plus souvent dans les 3 à 4h suivant la prise du misoprostol (deuxième médicament). Les saignements ne sont pas la preuve de l’expulsion complète de la grossesse. Il est donc indispensable de réaliser une visite de suivi deux à trois semaines après l’IVG pour s’assurer que la grossesse est bien interrompue. Les saignements peuvent persister jusqu’à 30 jours après la prise du premier médicament.
Complications Rares
Certaines complications peuvent survenir après une IVG médicamenteuse telles qu’une hémorragie, une infection dans le cas où la grossesse n’aurait pas été totalement expulsée ou des douleurs persistantes malgré la prise de médicaments antidouleurs. Même si ces complications sont rares lorsque l’IVG est pratiquée dans des conditions sécurisées (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme c’est le cas en France, il est important que vous en soyez informée afin que vous ne soyez pas surprise si elles surviennent et que vous sachiez quoi faire. Ainsi, dans les jours suivant l’IVG, si vous présentez l’un ou plusieurs des symptômes/signes suivants, vous devez alors rapidement contacter le professionnel de santé qui vous a suivie pour l’IVG, car cela peut être un signe de complication :
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- De la fièvre, avec une température supérieure à 38 °C
- Des pertes très abondantes de sang (si vous devez changer de serviette hygiénique toutes les 30 minutes (serviette taille maxi) pendant plus de deux heures de suite)
- Un malaise
- De très fortes douleurs abdominales qui persistent malgré la prise des antidouleurs.
Suivi Post-IVG
Afin de s’assurer de l’absence de complications post IVG, une consultation de contrôle est programmée 14 à 21 jours suivant l’IVG.
Comment Savoir si l'IVG a Réussi ?
C’est le second médicament (misoprostol) qui provoque l’expulsion de la grossesse. Dans 60% des cas, cela se produit environ 4 heures après la prise du comprimé et dans 40% des cas, dans les 24 à 72 heures. L’expulsion se traduit par des saignements, comme lorsque l’on a ses règles, mêlés à des caillots sanguins et des pertes brunâtres gélatineuses. Néanmoins ces seuls signes ne peuvent garantir avec certitude que la grossesse est interrompue ou qu’elle a été totalement expulsée. Par ailleurs, vous n’avez pas d’obligation à surveiller ces signes si vous ne le souhaitez pas. C’est pourquoi, dans tous les cas, il est nécessaire de réaliser la consultation de suivi 14 à 21 jours après l’IVG au cours de laquelle le médecin ou à la sage-femme pourra s’assurer que la grossesse est bien interrompue.
IVG Médicamenteuse vs. IVG Instrumentale
Il est essentiel de comprendre les différences entre l'IVG médicamenteuse et l'IVG instrumentale pour prendre une décision éclairée.
| IVG médicamenteuse | IVG instrumentale | |
|---|---|---|
| Jusqu'à quand ? | 7 semaines de grossesse, soit 9 semaines d'aménorrhée. | 14 semaines de grossesse, soit 16 semaines d'aménorrhée. |
| Avec quel professionnel ? | Médecin ou sage-femme. | Médecin, ou sage-femme sous certaines conditions. |
| Où ? | En cabinet, En centre de santé sexuelle, En centre de santé, En établissement de santé. | En établissement de santé, Dans certains centres de santé. |
| Comment ? | Prise de deux médicaments à 24-48h d’intervalle en présence du professionnel de santé (au sein du cabinet ou de la structure où exerce le professionnel ou lors d’une téléconsultation) ou seule à votre domicile. | Au cours d’une courte hospitalisation : introduction d’une canule souple de calibre adapté par le col de l’utérus pour aspirer le contenu de l’utérus. |
| Et la douleur ? | Pas d'anesthésie mais prescription d'anti-douleurs systématique. | Anesthésie locale ou générale selon votre souhait et en accord avec le professionnel de santé qui réalise l’intervention. En cas d’anesthésie générale il sera nécessaire de réaliser préalablement une consultation avec un médecin anesthésiste. |
| Quelle durée totale ? | Variable. A partir de la prise du second médicament la grossesse est évacuée dans les 4h dans environ 60% des cas. Dans 40% des cas l’évacuation de la grossesse aura lieu dans les 24 à 72h. | L’intervention est rapide et dure entre 15 et 20 minutes. Après l’intervention, il est nécessaire de rester sous surveillance quelques heures dans l’établissement ou le centre de santé. |
| Consultation de suivi ? | 14 à 21 jours après l’IVG pour s’assurer de l’efficacité de la méthode et de l’absence de complications. | 14 à 21 jours après l’IVG pour s’assurer de l’efficacité de la méthode et de l’absence de complications. |
| Taux de succès | 95% | 99,7% |
| Quels sont les effets indésirables ? | Douleurs plus intenses que des douleurs de règles liées aux contractions utérines, généralement après la prise du second médicament. Possible troubles gastro-intestinaux. Saignements plus abondants que des règles habituelles pendant quelques jours. | Douleurs de règles liées aux contractions utérines après l’intervention. Saignements plus abondants que des règles habituelles à la suite de l’intervention pendant quelques jours. |
| Téléconsultation ? | Toutes les étapes sont réalisables en téléconsultation. | Les étapes préalables à l’IVG et la consultation de suivi sont réalisables en téléconsultation. A noter que toutes les étapes préalables à l’IVG sont les mêmes quelle que soit la méthode. |
Aspects Psychologiques et Suivi
Après une IVG, il faut distinguer les aspects purement physiologiques liés au corps de la patiente des aspects psychologiques proprement dits. En effet, chaque procédure médicale quelle qu'elle soit - médicamenteuse ou chirurgicale - s'associent à des effets secondaires qui peuvent être de deux ordres, conjoints ou séparés : physiologiques ; psychologiques. La période qui entoure l'IVG est souvent stressante pour la femme qui a tendance à se sentir soulagée, une fois l'intervention effectuée et réussie. Même si la notion d'effets secondaires psychologiques est encore discutée, il est possible de ressentir une certaine tristesse après une IVG.
Contraception Après l'IVG
La loi prévoit que lors d'une demande d'IVG, le « médecin délivre à la femme une information complète sur la contraception et les maladies sexuellement transmissibles ». Cette information peut avoir lieu avant l'avortement ou après, lors de la visite de contrôle.
Voici une liste des différents contraceptifs qui peuvent être proposés :
- Les contraceptifs oraux combinés et progestatifs purs (la « pilule ») peuvent être commencés trois jours après un avortement réalisé durant le premier trimestre de grossesse.
- Le patch contraceptif, qui doit être appliqué le jour de la prise du misoprostol.
- L'anneau vaginal, qui doit être mis en place dès le lendemain de l'IVG.
- L'implant contraceptif et progestatif est posé lors de la visite de contrôle, soit environ 15 jours après l'IVG.
- Les dispositifs intra-utérins (stérilets) peuvent être insérés après expulsion du sac gestatif, une fois que l'avortement complet est avéré.
- Les préservatifs et spermicides peuvent être utilisés dès le retour à la vie sexuelle.
- Les méthodes dites « naturelles » (température, date) sont à éviter au vu de leur manque de fiabilité.
Prise en Charge Financière
L'interruption volontaire de grossesse est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie dans le cadre d'un tarif forfaitaire.
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