Introduction
La vitamine D est essentielle pour la santé osseuse et le développement optimal des enfants. Elle joue un rôle crucial dans l'absorption du calcium et du phosphore, qui sont indispensables à la formation et au maintien d'os solides. En France, la supplémentation en vitamine D est recommandée dès les premiers jours de la vie pour prévenir le rachitisme et doit être poursuivie tout au long de la phase de croissance et de minéralisation osseuse, c'est-à-dire jusqu'à l'âge de 18 ans. Cet article détaille les recommandations actuelles concernant la supplémentation en vitamine D chez les nourrissons, en tenant compte des dernières données scientifiques et des besoins spécifiques de cette population.
Rôle et Importance de la Vitamine D
La vitamine D participe à la régulation du métabolisme phosphocalcique. Elle aide à prévenir le rachitisme, l'ostéomalacie et les douleurs musculaires diffuses. Elle possède également d'autres effets tissulaires.
Bénéfices de la supplémentation en vitamine D
La supplémentation en vitamine D présente plusieurs avantages, notamment :
- Réduction des fractures non vertébrales après 65 ans.
- Réduction des chutes chez les personnes de plus de 70 ans lorsque les taux sériques sont supérieurs à 75 nmol/L (30 ng/mL).
- Selon l’Inserm, une carence en vitamine D serait fortement liée au développement de la maladie d’Alzheimer, surtout chez les sujets carencés en caroténoïdes et acides gras polyinsaturés.
Carence en vitamine D
Une carence en vitamine D est définie par un taux sérique de vitamine D inférieur à 30 nmol/L. Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de carence, notamment :
- Facteurs iatrogènes : Corticoïdes au long cours, traitements anti-épileptiques, anti-aromatases, analogues de la GnRH.
- Maladies endocriniennes et dermatologiques : Hyperparathyroïdie, etc.
- Malabsorption, maldigestion, cholestase, insuffisance hépatique : Maladie cœliaque, mucoviscidose, pancréatite chronique, cholangites, chirurgie bariatrique.
- Maladie rénale chronique et syndrome néphrotique.
- Anorexie mentale.
- Sujets âgés à risque de chute.
Il est à noter qu’à partir de 65 ans, le risque d’hypovitaminose est marqué, sauf en cas d’exposition solaire et de bonne santé. Il est donc important de favoriser les apports naturels en vitamine D, tels que les activités de plein air, l'exposition solaire quotidienne de 30 minutes des bras et des jambes (chez l’adulte, sans crème), et une alimentation variée (incluant des poissons gras).
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Recommandations Spécifiques pour les Nourrissons
La supplémentation en vitamine D est particulièrement cruciale chez les nourrissons en raison de leur croissance rapide et de leur exposition limitée au soleil.
Doses Recommandées
Les apports quotidiens préférés pour les moins de 18 ans sont la vitamine D2 (Stérogyl® 400 UI/gte) ou la vitamine D3 (ZymaD® 300 UI/gte ou Adrigyl® 333 UI/gte).
De nombreux experts français en pédiatrie, nutrition, endocrinologie ou encore néphrologie, ainsi que plusieurs sociétés savantes françaises, dont la Société Française de Pédiatrie, se sont regroupés pour publier un guide pratique destiné aux professionnels de santé sur la supplémentation en vitamine D et l’apport alimentaire de calcium chez l’enfant.
Ce guide recommande :
- De ne procéder au dosage de la 25-hydroxyvitamine-D (25-OH-D) pour évaluer le statut en vitamine D chez l’enfant, uniquement en cas de symptôme de rachitisme.
- Chez l’enfant âgé de 2 à 18 ans présentant un apport alimentaire limité en vitamine D (alimentation végétalienne) ou une biodisponibilité diminuée (en cas d’obésité par exemple), ces seuils minimal et maximal sont doublés.
- De préconiser la consommation de 3 à 4 produits laitiers par jour aux enfants âgés de 1 à 18 ans afin de couvrir leurs besoins en calcium.
- De supplémenter en vitamine D les bébés prématurés à hauteur de 600 à 1000 UI par jour, pendant leur séjour en unité de soins intensifs néonatals. Le dosage de la 25-OH-D est recommandé chez les enfants nés avant 32 semaines de gestation ou chez ceux pesant moins de 1,5 kg à 1 mois.
Risques de Surdosage
Des cas de surdosage à la vitamine D ont récemment été rapportés chez des jeunes enfants suite à la prise de compléments alimentaires enrichis en vitamine D. Il existe des risques réels de surdosage favorisés par des concentrations élevées (500 à 10 000 UI de vitamine D dans 1 goutte), en cas de mauvaise lecture de l’étiquette des compléments alimentaires ou d’association de compléments alimentaires entre eux.
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Il est donc recommandé aux prescripteurs de toujours privilégier l’utilisation d’un médicament par rapport à celle d’un complément alimentaire, tant au regard du bénéfice attendu que du risque, particulièrement chez le jeune enfant. Il est également recommandé que le prescripteur choisisse la spécialité pharmaceutique qu’il estime préférable à l’issue d’un échange avec les parents. Il n’est pas recommandé de donner quotidiennement à un enfant un produit dont la provenance et la composition ne sont pas garantis et qui peut conduire à une intoxication irréversible par un apport excessif en vitamine D.
Mise à Jour des Recommandations
Une mise à jour des recommandations nationales concernant les doses de vitamine D destinées aux enfants est actuellement en cours (Groupe de travail multi-disciplinaire coordonné par le Centre de référence des maladies rares du calcium et du phosphore, et validé par les sociétés savantes et groupes de professionnels impliqués dans la santé de l’enfant (SFP, SFEDP, SNP, SOFREMIP, AFPA, SFN notamment) selon une méthode DELPHI).
En 2022, la Société Française de Pédiatrie (SFP) a actualisé ses recommandations pour la supplémentation en vitamine D, prenant en compte les nouvelles données scientifiques et les besoins spécifiques des enfants et des adolescents afin d’assurer une meilleure prévention des carences et promouvoir une croissance optimale.
Protocole de correction de la carence en vitamine D
Dans certaines situations, un dosage de la vitamine D peut être nécessaire pour ajuster la supplémentation.
Situations nécessitant un contrôle du taux de vitamine D
- Suspicion de rachitisme.
- Suspicion d’ostéomalacie (fatigue musculaire, douleurs osseuses).
- À 3 mois d’une transplantation rénale.
- Avant et après une chirurgie bariatrique.
- Personne âgée avec chutes répétées (noter sur l’ordonnance « Évaluation et prise en charge des personnes âgées sujettes aux chutes répétées »).
- Traitement préconisant une mesure de la vitamine D (ex.
Posologie selon le résultat du dosage de vitamine D
- Taux sériques de 50 à 75 nmol/L (30 ng/mL) : 50 000 UI/semaine pendant 4 semaines, puis enchaîner sur le protocole d’entretien.
- Taux sériques < 50 nmol/L (20 ng/mL) : 50 000 UI/semaine pendant 8 semaines, puis enchaîner sur le protocole d’entretien.
Importance des Apports Naturels
Il est essentiel de favoriser les apports naturels en vitamine D, notamment par :
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- Les activités de plein air.
- L'exposition solaire quotidienne de 30 minutes des bras et des jambes (chez l’adulte, sans crème).
- Une alimentation variée incluant des poissons gras.
Supplémentation en vitamine D chez les sujets en bonne santé
La supplémentation en vitamine D est prescrite au long cours sans dosage de la vitamine D sauf chez les sujets à risque (voir Patients à risque). Il est également important de s’assurer d’apports calciques suffisants.
Tableau. Supplémentation quotidienne ou mensuelle sans dosage de la vitamine D chez les sujets en bonne santé (pas de pathologie ostéoporotique ou polypathologies, absence de chutes).
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