Les varices vulvaires, pelviennes ou périnéales sont des veines dilatées qui se développent spécifiquement au niveau de la vulve, du périnée ou du pelvis. Elles surviennent fréquemment pendant la grossesse, en particulier au cours du deuxième trimestre. Cet article vise à fournir une information complète sur les varices vulvaires pendant la grossesse et l'accouchement, en abordant les causes, les symptômes, le diagnostic, les traitements et les mesures préventives.
Que sont les varices vulvaires ?
Une varice vulvaire est une veine dilatée de la vulve, similaire à une varice sur la cuisse. Elles sont plus fréquentes chez les femmes enceintes, souvent au cours du deuxième trimestre de la grossesse. Tout comme pour les varices des membres inférieurs, les varices vulvaires (aussi appelées varices vagino-vulvaires) sont dues à la dilatation des veines situées dans la partie génitale. En l’occurrence, celles du petit bassin, compressées par l'utérus et le poids du bébé.
Varices pelviennes : une cause fréquente
Les varices vulvaires sont le plus souvent en rapport avec des varices pelviennes. Les varices pelviennes sont des varices situées dans le pelvis ou petit bassin, c’est-à-dire dans la partie basse du ventre. Elles sont très fréquentes chez la femme, surtout après une ou plusieurs grossesses. Le syndrome de congestion pelvienne est une cause fréquente de douleurs pelviennes chroniques et non cycliques, persistantes. Il concerne préférentiellement la femme multipare (ayant eu plusieurs grossesses), mais pas uniquement.
Symptômes des varices vulvaires et pelviennes pendant la grossesse
Les varices vulvaires sont le plus souvent asymptomatiques. Elles peuvent être gênantes durant les rapports sexuels, mais ce n’est pas toujours le cas. Les symptômes des varices vulvaires peuvent se traduire par des sensations de gonflement au niveau de la vulve, associées à une hypersensibilité fortement désagréable, voire quelques démangeaisons. Toutefois, il arrive que ces symptômes n'aient pas lieu. Chaque femme enceinte est différente.
Les douleurs, gênes et pesanteurs dues à une varice vulvaire pendant la grossesse peuvent être traitées par des médicaments phlébotoniques (ou veinotoniques). Les douleurs qu’il occasionne peuvent augmenter lors de l’activité physique, la position debout, les manœuvres de Valsalva (toux, défécation) etc. et peuvent parfois altérer la qualité de vie par des symptômes se manifestant surtout en fin de journée tels que des lourdeurs ou pesanteurs périnéales et/ou lombaires à la suite d’une position debout prolongée, ou encore des douleurs pendant/après les rapports sexuels.
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Diagnostic des varices vulvaires
Le diagnostic d’une varice vulvaire ou périnéale repose avant tout sur l’observation clinique, d’abord en position debout, puis couchée. Au cours de la consultation médicale, le gynécologue ou la sage-femme procèdera alors, entre autres, à un examen de la vulve (en position debout, puis allongée), un check-up des membres inférieurs pour repérer d’éventuelles varices (car c’est, en effet, à ce niveau qu’elles se logent la plupart du temps), ainsi qu'à une vérification des antécédents (insuffisance veineuse, problèmes de santé héréditaires, etc.). L’échographie avec étude doppler est un excellent examen de première intention. Après l'examen clinique de la vulve et des membres inférieurs, un écho-doppler peut être réalisé pour observer les artères et leur flux sanguin, et ainsi détecter une éventuelle maladie artérielle.
Il est important de consulter un spécialiste pour obtenir un diagnostic fiable. Difficile de s’auto-diagnostiquer en cas de varices vulvaires. Pour obtenir un diagnostic fiable, il est bien sûr préférable de se tourner vers un spécialiste. Mais, il peut arriver, parfois, que les varices soient liées à une insuffisance veineuse ou à des thromboses veineuses (formation d’un caillot sanguin). Seul un diagnostic médical peut alors éclaircir le mystère.
Traitements et soulagement des varices vulvaires pendant la grossesse
Dans la plupart des cas, non, il n’y a pas matière à s’inquiéter en cas de varices vulvaires. Souvent, ces dernières sont dues aux bouleversements hormonaux causés par la grossesse. Les veines présentent au niveau de la vulve étant très sensibles aux changements hormonaux. En cas de varices vulvaires bénignes (ou, du moins, qui ne sont pas liées à une insuffisance veineuse ou à un risque de thrombose), il n’est pas indispensable d’avoir recours à un traitement médical pour soulager la zone. Il faut, en première instance, adopter de bons réflexes. En présence d’une insuffisance veineuse, des bas de contention pourront être prescrits pour améliorer le retour veineux.
Voici quelques conseils pour soulager les varices vulvaires pendant la grossesse :
- Éviter les bains trop chauds : Katia : « En cas de douleur, je me passe un jet d'eau froide sur la partie concernée, c'est très désagréable mais assez efficace. J'essaie aussi de ne pas rester assise trop longtemps. Des collants de contention peuvent aussi aider ». En effet, l'eau froide peut avoir un effet vasoconstricteur, ce qui relance le retour veineux et atténue les douleurs de la zone pelvienne. C'est également un bon traitement contre les problèmes de jambes lourdes, dont les femmes enceintes sont nombreuses à souffrir.
- Appliquer du froid : Carole : « J'utilise des packs de glace pour atténuer la douleur ». Là encore, le froid relance le retour veineux et a tendance à endolorir.
- Compression : Isabelle : « Un spécialiste m'a conseillé de faire compression avec une culotte très serrée et une protection hygiénique épaisse ». Laurence : « Je porte un cycliste trop petit dont j'ai coupé l'élastique à la taille afin de pouvoir le mettre. Cela serre l'entrejambe mais soulage efficacement ». Cette culotte se place sur les sous-vêtements, dès le matin ou au cours de la journée. Elle crée une compression mécanique. Il est important de prendre la taille que l’on fait au moment où on l’achète car elle va évoluer avec le temps. Cette culotte pourra être utilisée pendant la grossesse et le post partum.
- Médicaments phlébotoniques (ou veinotoniques) : En revanche, les douleurs, gênes et pesanteurs dues à une varice vulvaire pendant la grossesse peuvent être traitées par des médicaments phlébotoniques (ou veinotoniques).
- L'automédication peut être dangereuse enceinte : Laurie : « J'ai trouvé la solution miracle. Pendant 20 jours et tous les matins, je prends une ampoule d'un mélange de plantes : marronnier d'inde, hamamélis, fragon et vigne rouge pour les problèmes veineux. En 48 h plus de douleurs et en 72 h le périnée et les lèvres ont dégonflé. Aucune contre-indication pour bébé mais demandez l'avis de votregynécologue. Cela s'achète en pharmacie (produit bio de préférence) ». Là encore, mieux vaut consulter une sage-femme ou un spécialiste de santé, afin qu'il ou elle délivre un traitement véritablement adapté à vos besoins.
Embolisation des varices pelviennes
Lorsque l’atteinte est trop importante, ces mesures deviennent insuffisantes. L’embolisation est le traitement de première intention des varices pelviennes et périnéales symptomatiques résistantes à un traitement médical bien conduit. Elle consiste à boucher les veines endommagées de la région périnéale et péri-vulvaire, qui ne sont plus fonctionnelles. Comme ces varices sont souvent associées à des varices pelviennes, ce sont les veines pathologiques à la fois du pelvis et de la région périnéale qui sont occluses, en une seule ou plusieurs sessions. Le but de l’embolisation des varices pelviennes est d’empêcher le sang de stagner dans le bas ventre en bouchant les varices.
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Le radiologue interventionnel insère tout d’abord un cathéter, généralement en utilisant une veine à l’aine ou au cou. Sensation de légère piqûre lors de l’injection de l’anesthésique local. Ensuite, à l’aide d’un guide de navigation et d’un produit de contraste pour voir les vaisseaux sanguins, le radiologue dirige le cathéter dans la ou les veines ovariennes et / ou pelviennes pour voir s’il y a une anomalie. Pour que l’embolisation réussisse sans blesser aucun tissu normal, le cathéter est placé dans une position précise. C’est à ce moment que la veine est bloquée à l’aide d’un matériau synthétique ou d’un médicament appelé agent embolique. Cela permet au matériau embolique d’être délivré uniquement dans les vaisseaux anormaux. Cependant, dans un petit pourcentage de cas, la procédure n’est pas techniquement possible et le cathéter ne peut pas être positionné correctement. Si cela se produit, une autre approche est nécessaire. À la fin de la procédure, le cathéter est retiré et une pression est appliquée sur l’entaille pendant quelques minutes pour arrêter tout saignement. L’entaille est minime et aucune suture n’est nécessaire.
Lorsque le bilan diagnostic est bien réalisé et que l’embolisation cible l’ensemble des veines atteintes, les résultats sont excellents. Il est néanmoins nécessaire d’être pris en charge dans un centre spécialisé dans ce type de pathologie. L’hôpital Américain dispose d’un plateau technique complet avec salle de bloc, IRM, doppler.
Varices vulvaires et accouchement
Toutefois, si les varices vulvaires et pelviennes sont trop volumineuses et douloureuses, il existe un risque important d’hémorragie variqueuse lors de l’accouchement. Varices vulvaires pendant la grossesse : les femmes enceintes peuvent-elles accoucher par voie basse ? Toutefois, si les varices vulvaires sont trop volumineuses et / ou douloureuses, l'accouchement implique un risque important d’hémorragie variqueuse. Comme indiqué précédemment, les varices régressent le plus souvent d'elles-mêmes : "il peut y avoir involution", rappelle le Dr Dadon. Le cas échéant, le traitement des varices vulvaires passe par le traitement des varices pelviennes. Les femmes enceintes peuvent suivre toutes les mesures de prévention précédemment citées.
Prévention des varices vulvaires pendant la grossesse
Les femmes enceintes peuvent suivre toutes les mesures de prévention précédemment citées. La grossesse est une situation où les veines sur le ventre et les jambes peuvent devenir apparentes. pour pouvoir assurer les besoins du fœtus, l’utérus nécessite un afflux sanguin important. Il faut donc que le sang, arrivé par les artères utérines notamment, reparte au cœur via les veines du pelvis. Ainsi, si vous constatez l’apparition de varices des membres inférieurs lors de la grossesse, celles-ci peuvent régresser tout ou en partie après la grossesse. La présence de varices au cours de la grossesse est un facteur de risque de thrombose discuté mais globalement reconnu. Néanmoins, ce risque est largement modulé par d’autres facteurs tels que les antécédents de thrombose, l’alitement, la fin de grossesse et le post-partum etc.
Varices vulvaires après l'accouchement
Plutôt fréquentes (et d’autant plus à partir de la deuxième grossesse), les varices vulvaires concerneraient près de 10 % des femmes enceintes. Et le risque d’en avoir augmenterait donc avec le nombre de grossesses. Mais, la bonne nouvelle, c’est que les varices vulvaires disparaissent en général après l’accouchement ! Les varices vulvaires disparaissent spontanément après l'accouchement dans la grande majorité des cas. Pendant la grossesse, elles peuvent être prises en charge par le gynécologue ou la sage-femme responsable du suivi.
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Varicocèle testiculaire : une pathologie masculine
La dilatation d’une ou plusieurs veines au niveau d’un ou des deux testicules est appelée une varicocèle testiculaire. Dans la majorité des cas, c’est le testicule gauche qui présentera des varices, pour des raisons anatomiques. La varicocèle testiculaire est une pathologie fréquente, qui peut atteindre 22% des hommes. Elle peut être totalement asymptomatique chez certains, ou être source de pesanteur testiculaire en fin de journée, particulièrement par temps chaud, ou encore à un stade plus avancé, entraîner une augmentation de volume du ou des testicules. La varicocèle peut être également découverte dans le cadre d’un bilan d’infertilité. En effet, en présence d’une varicocèle, la production de spermatozoïdes peut être altérée. La réalisation d’un spermogramme révèlera fréquemment une altération de certains paramètres spermatiques, dont l’oligoasthénotératozoospermie est l’anomalie la plus fréquemment identifiée (= spermatozoïdes moins nombreux, moins mobiles, déformés). L’examen clinique réalisé par votre Médecin généraliste ou votre Urologue notamment est très important et doit être la première étape avant toute réalisation d’examens complémentaires. Ce bilan de première intention pourra comporter d’abord une échographie scrotale (= échographie des testicules) et une échographie du rein et des voies urinaires, éventuellement une échographie des veines de l’abdomen ainsi qu’un spermogramme. Le traitement n’est pas systématique et sera fonction de l’ampleur de vos symptômes et surtout discuté en cas d’altération de la production de spermatozoïdes (mais n’est pas non plus systématique dans ce cas) et chez l’enfant ou l’adolescent avec retentissement sur la croissance des testicules. Le principe du traitement est de bloquer le reflux de sang vers les veines des testicules.
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