Le prolapsus utérin, souvent appelé "descente d'organes", est une condition fréquente, mais dont on parle encore trop peu. Il affecte une proportion importante de femmes, impactant leur qualité de vie. Cet article vise à informer sur les causes, les symptômes, les traitements et les moyens de prévention du prolapsus utérin, en particulier après l'accouchement.

Qu'est-ce qu'un Prolapsus Utérin ?

Le prolapsus est la chute d’un ou plusieurs organes (vagin, vessie, utérus, rectum, intestin) hors du petit bassin. L'utérus est normalement soutenu par le périnée, un ensemble de muscles et de ligaments formant le plancher pelvien. Ce dernier soutient les organes du petit bassin (pelvis), notamment la vessie, le rectum, le vagin et l’utérus. Lorsque le périnée s'affaiblit, l'utérus peut glisser vers le bas, entraînant un prolapsus. Le prolapsus génital, ou descente d’organe, est donc lié à l’affaiblissement du plancher pelvien, constitué des muscles, ligaments et tissus du bassin. Quand le périnée est endommagé ou fragilisé, il ne peut plus jouer son rôle de soutien des organes pelviens, qui s’affaissent alors dans ou même à l’extérieur du vagin. Le plus souvent, c’est l’utérus qui descend dans le vagin. Parfois, ce sont les parois du vagin qui descendent : en avant, elles peuvent entraîner avec elles la vessie ; en arrière, elles provoquent la descente des parois du rectum.

Magali, 40 ans, témoigne : « Le lendemain de la naissance de mon fils, lorsque que je me suis levée, j’ai eu la frayeur de ma vie. Quelque chose sortait de moi ! Un médecin est venu m’expliquer que je souffrais de prolapsus assez important. D’après lui, mon périnée manquait de tonus, puisque j’avais passé une bonne partie de ma grossesse allongée.

Causes du Prolapsus Utérin Après l'Accouchement

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à l'apparition d'un prolapsus utérin, surtout après un accouchement :

  • Grossesse et accouchement : Les hormones et le poids du nouveau-né peuvent fragiliser le périnée, que ce soit par voie naturelle ou par césarienne. Il est donc capital de faire une bonne rééducation du périnée, surtout après le dernier accouchement.
  • Âge et ménopause : Au fil des années, les muscles et les ligaments autour de l'utérus peuvent s'affaiblir. À la ménopause, la réduction de production d’œstrogène par les ovaires peut diminuer le tonus et l’élasticité du périnée. Il peut arriver des années plus tard, souvent au moment de la ménopause.
  • Facteurs liés au mode de vie : Le mode de vie favorise aussi la survenue d’un prolapsus, une prise de poids importante ou, au contraire, une perte de poids rapide au moment de la ménopause, une constipation chronique (les efforts de poussée répétés fragilisent le périnée de façon chronique), le port de charges lourdes à répétition, certaines pratiques sportives comme la danse, le footing ou tout sport comportant des sauts répétés.
  • Autres facteurs : Certaines maladies comme le diabète et la sclérose en plaques.

Symptômes du Prolapsus Utérin

En cas de prolapsus génital à un stade précoce, aucun symptôme n’est visible. Mais à mesure que l’utérus se déplace, non retenu par le plancher pelvien, il se met à appuyer sur d'autres organes pelviens, comme la vessie ou l'intestin. La descente d’organes ne passe pas inaperçue. Non seulement, vous la ressentez physiquement, mais vous pouvez aussi… la « voir » ! Voici les symptômes les plus courants :

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  • Une masse que vous sentez lorsque vous faites votre toilette intime, ou qui est détectée par votre partenaire. À un stade plus avancé, cette masse peut même peut sortir au niveau de la vulve, notamment après une quinte de toux ou être allé à la selle. C’est le col de l’utérus.
  • Une douleur lors des rapports sexuels, ou qui survient dans le bassin, l'abdomen ou le bas du dos.
  • De la constipation.
  • Une difficulté à uriner, un besoin fréquent d’uriner, ou des envies soudaines et urgentes d’uriner. Peuvent s’y associer des fuites urinaires (appelées par les médecins « incontinence urinaire »), voire des pertes d’urines beaucoup plus importantes.
  • Au quotidien, le prolapsus constitue une véritable gêne. Difficile de tenir longtemps debout, marcher quelques heures ou encore porter votre enfant sans ressentir vos organes « tomber ». Le prolapsus s’accompagne parfois d’incontinence urinaire ou anale.

Ces symptômes ont souvent tendance à s’aggraver en position debout ou pendant une marche prolongée.

Nefeli, 29 ans, se rappelle : « J’ai eu un choc en regardant avec mon miroir : une espèce de « boule » sortait de mon vagin. J’ai appris plus tard qu’il s’agissait de mon utérus et de ma vessie.

Diagnostic du Prolapsus Utérin

Un prolapsus utérin est généralement diagnostiqué par un simple examen gynécologique. Après avoir écouté la description de vos symptômes, le médecin vous examine debout, puis sur sa table d’examen en position gynécologique. À l’aide de ses doigts, par un toucher vaginal, il peut alors sentir cette masse et apprécier sa taille. Pour compléter son diagnostic, le médecin vous demande de tousser ou de pousser, comme pour aller à la selle, afin de mieux comprendre quels sont les organes atteints. Il peut ainsi mettre en évidence des fuites urinaires.

Cet examen clinique permet au médecin de faire le diagnostic. Le praticien demande ensuite des examens complémentaires pour décider du traitement à envisager. Le médecin peut demander un bilan urodynamique, qui permet de voir comment vous retenez l’eau lorsque vous toussez et comment vous urinez. Il peut également prescrire une échographie pelvienne qui recherchera l’existence de fibromes utérins ou de kystes ovariens qui peuvent peser sur le périnée et donc être à l’origine d’un prolapsus.

Traitements du Prolapsus Utérin

Plusieurs options de traitement sont disponibles, allant des approches conservatrices à la chirurgie. Le choix du traitement dépend de la gravité du prolapsus, de l'âge de la patiente, de son état de santé général et de ses préférences.

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Traitements non chirurgicaux

  • Rééducation du périnée : Dans les formes légères de prolapsus utérin, au stade 1, le traitement consistera simplement en une rééducation du périnée. La rééducation périnéale ne remet pas les organes en place, mais redonne du tonus aux muscles du petit bassin. De quoi effacer cette désagréable sensation de « pesanteur » dans le bas-ventre. Retonifier le plancher pelvien peut suffire à remettre les organes en place. C’est efficace sur les prolapsus débutants. Il faut contracter le muscle régulièrement, plusieurs fois dans la journée. Ce n’est pas douloureux. Il faut juste y penser !
    • Exercices de Kegel : Ces exercices font travailler les muscles pelviens. Ils consistent à contracter les muscles du périnée puis à les relâcher, dix fois d’affilée.
    • Exercices avec les boules de geisha : Les boules de geisha se présentent sous la forme de deux boules reliées par un cordon.
  • Pessaire : En forme d’anneau, de cube ou de donut en silicone ou en latex, le pessaire est introduit dans le vagin pour remonter et soutenir les organes pelviens. Le choix du pessaire se fait à l'aide d’un professionnel de santé qui en effectuera la première pose. Il peut être porté de façon continue ou par intermittence. Confortable et discret, il pourra cependant être enlevé lors de pratiques sportives ou lors des relations sexuelles. Ce traitement peut s’accompagner de la pose d’un pessaire. C’est un rond en plastique qui entoure le col de l’utérus et se positionne au fond du vagin. Cela permet mécaniquement de le refouler pour éviter les complications dues à une extériorisation du vagin.
  • Traitement par apport d’œstrogènes : Sous forme de crème ou d'ovules, ce traitement hormonal va permettre de tonifier et d'assouplir les tissus vaginaux et pelviens. À la ménopause, la chute des œstrogènes peut provoquer un affaiblissement des tissus de soutien des muscles pelviens.

Traitements chirurgicaux

Plusieurs traitements chirurgicaux sont envisageables en cas de prolapsus. Dans la plupart des cas, l'intervention consiste à fixer des bandelettes entre les différents organes pour les maintenir. Dans d’autres cas, une prothèse est mise en place, lors de la chirurgie vaginale.

  • Chirurgie utérine : Elle consiste à repositionner l'utérus en réparant les structures qui le soutiennent. Il peut également s’agir d’une hystérectomie (ablation de l'utérus) après la ménopause et dans les cas où la qualité de vie est trop diminuée.
  • Promontofixation : Cette opération se réalise par cœlioscopie, c'est-à-dire en faisant de petites incisions dans l'abdomen par lesquelles sont introduites des prothèses.
  • Hystérectomie : Si l’origine est utérine, liés à des fibromes ou non, il est conseillé de pratiquer une hystérectomie (enlever l’utérus). Cela peut se faire par le vagin (voie basse), en ambulatoire ou par l’abdomen, comme une césarienne (voie haute) et donc avec une hospitalisation de quelques jours. Il faut parfois « remonter » la vessie, ce qui implique une hospitalisation plus longue. Le chirurgien gynécologue vous expliquera l’intervention en fonction de votre cas particulier.

Après l’opération, vous aurez une rééducation du périnée pour renforcer votre muscle pelvien et éviter une récidive de prolapsus. Vous utilisez votre périnée au quotidien, lorsque vous allez aux toilettes, lorsque vous passez l’aspirateur ou pendant une activité sportive ou sexuelle. Avoir un périnée tonique améliorera donc votre vie au quotidien dans tous ses aspects, qu’ils soient pratiques ou intimes.

Prévention du Prolapsus Utérin

Bien qu'il ne soit pas toujours possible de prévenir un prolapsus utérin, certaines mesures peuvent réduire le risque :

  • Rééducation périnéale : La rééducation du périnée est essentielle après l'accouchement et peut être pratiquée tout au long de la vie pour maintenir la tonicité des muscles pelviens.
  • Gestion du poids : Maintenir un poids santé peut réduire la pression sur le plancher pelvien.
  • Prévention de la constipation : Adopter une alimentation riche en fibres et boire suffisamment d'eau peut aider à prévenir la constipation et les efforts de poussée excessifs.
  • Éviter de soulever des charges lourdes : Utiliser des techniques de levage appropriées et éviter de soulever des charges trop lourdes peut protéger le plancher pelvien.
  • Suivi gynécologique régulier : Il est important d’avoir un suivi gynécologique régulier avec 1 consultation annuelle au moins. Si le prolapsus est pris en charge au début, il est rare d’avoir recours à une chirurgie.

Impact Psychologique et Vie Intime

« J'ai 31 ans et l'impression d'avoir un problème de vieille ! Mon prolapsus a bouleversé ma vie intime. Un sentiment de honte et de peur, partagé par beaucoup de femmes… À tel point que certaines hésitent encore avant de se rendre chez leur gynécologue pour évoquer ce « petit » problème. Heureusement, le tabou qui entoure la descente d’organes s’envole au fil des générations.

Le prolapsus peut avoir un impact significatif sur la vie intime et le bien-être psychologique des femmes. La gêne physique, la peur des fuites urinaires et la douleur pendant les rapports sexuels peuvent entraîner une diminution de la libido et une altération de la qualité de vie. Il est important de ne pas hésiter à en parler à son médecin et à rechercher un soutien psychologique si nécessaire. Pour les activités sexuelles aussi, le mieux est de s’en parler sans tabou. On n’hésite pas à parler en couple de ce qu’on ressent, de ce qu’on veut ou ne veut pas.

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Le Post-Partum : Une Période de Récupération Essentielle

Après l’accouchement, on a tendance à mettre sa propre santé de côté, au profit de l’attention portée à bébé, et au risque de s’oublier un peu. Pourtant, dans les premiers temps après l’accouchement, le corps de la mère a besoin de repos et de récupération, et c’est mieux si les deux parents en tiennent compte ensemble. Le post-partum, c’est la période de temps nécessaire aux organes pour revenir à leur fonctionnement physiologique hors période de grossesse. Ce temps de récupération est tout à fait normal et dure plus ou moins longtemps.

Pendant quelques jours après l’accouchement, il y a des contractions de l’utérus. Ce sont ces contractions qui permettent à l’utérus de retrouver sa place et sa taille. Si on reprend une activité sexuelle, on peut avoir des douleurs, ce qui est bien compréhensible après ce que le corps a vécu. Pour soulager les douleurs, mieux vaut en parler à la sage-femme ou au médecin pour avoir des conseils, voire des prescriptions, bien adaptés à notre cas. En attendant la consultation, les médicaments antidouleurs habituels, comme le paracétamol ou les antispasmodiques, sont compatibles avec l’allaitement. La difficulté à retenir l’urine est assez normale en fin de grossesse et dans le post-partum : le périnée, qui a été étiré par le poids du bébé et l’accouchement, joue moins bien son rôle. Mieux vaut éviter de porter des charges lourdes durant cette période, ainsi que les sports qui sollicitent les abdominaux. Les séances de rééducation périnéale peuvent aider à régler ce problème de fuites.

La jeune maman peut avoir d’autres maux douloureux ou gênants, pourtant encore parfois tabous. De la fatigue intense et persistante jusqu’à parfois un sentiment d’épuisement. Les symptômes physiques du post partum concernent en premier les femmes. Pour autant, ils peuvent avoir un impact sur le partenaire, parce que la femme va être très fatiguée, ou très gênée par des symptômes physiques. Quand on vient d’accoucher, on ne doit pas hésiter à partager avec son partenaire ce qu’on traverse.

Il ne doit y avoir aucun tabou autour de ce que vit le corps de la femme après l’accouchement. Si on a des symptômes physiques, quels qu’ils soient, on en parle à un professionnel de santé, qui pourra nous aider et nous proposer des solutions dans la plupart des cas. Quelle que soit la consultation, on n’hésite pas à dire aussi au médecin ou à la sage-femme comment on se sent, comment on vit la période. Ce qu’on ressent physiquement influe également sur notre moral. Et inversement, notre état d’esprit influe aussi la façon dont on vit les changements physiques. On n’hésite pas à en parler aussi à d’autres personnes, notamment des femmes qui ont déjà eu des enfants ou vont en avoir. Par exemple avec des amies ou voisines, ou même dans des groupes de paroles de mamans ou futures mamans.

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