La grossesse gémellaire, une aventure fascinante qui commence bien avant la naissance, se présente sous diverses formes. Des jumeaux monozygotes, issus d'un seul ovule fécondé par un seul spermatozoïde, aux jumeaux dizygotes, résultant de la fécondation de deux ovules par deux spermatozoïdes distincts, la nature offre une diversité surprenante. Cependant, il existe des cas encore plus rares et exceptionnels, comme celui de la fécondation d'un ovule par deux spermatozoïdes, donnant naissance à des jumeaux semi-identiques. Cet article explore en profondeur ce phénomène rare, les différents types de grossesses gémellaires et les facteurs qui les influencent.

Les Différents Types de Grossesses Gémellaires

Jumeaux Monozygotes (Vrais Jumeaux)

Les jumeaux monozygotes, communément appelés "vrais jumeaux", proviennent de la fécondation d'un seul ovule par un seul spermatozoïde. L'œuf unique ainsi formé se divise ensuite en deux embryons distincts. Ces jumeaux partagent le même patrimoine génétique, ce qui explique leur ressemblance frappante et leur sexe identique. La cause exacte de cette division reste un mystère, mais la proportion de naissances de jumeaux monozygotes demeure stable, soit environ 3 naissances pour 1000 enfants, indépendamment des pays et des époques.

Jumeaux Dizygotes (Faux Jumeaux)

Les jumeaux dizygotes, ou "faux jumeaux", résultent de la fécondation de deux ovules distincts par deux spermatozoïdes différents. Ces jumeaux ont des chromosomes différents et ne se ressemblent pas plus que des frères et sœurs ordinaires. Ils peuvent être du même sexe ou de sexes différents. Les grossesses de faux jumeaux sont plus fréquentes, représentant environ les deux tiers des grossesses gémellaires. L'âge de la mère joue un rôle dans la probabilité d'avoir des jumeaux dizygotes : les femmes de plus de 35 ans ont plus de chances d'en concevoir.

Grossesses Triples et Quadruples

Les grossesses triples ou quadruples spontanées sont rares, représentant moins de 10 % de l'ensemble des grossesses de triplés/quadruplés. La majorité de ces grossesses sont le résultat d'une aide médicale à la procréation, telle que la stimulation ovarienne avec ou sans insémination artificielle. Les fécondations in vitro sont moins fréquemment responsables de grossesses multiples, car le nombre d'embryons transférés est généralement limité à deux. Dans le cas de triplés ou de quadruplés, il peut s'agir de "vrais" triplés/quadruplés (issus d'un seul œuf divisé), de "faux" triplés/quadruplés (issus de plusieurs œufs différents) ou d'une combinaison des deux.

Jumeaux Semi-Identiques : Un Cas Exceptionnel

Les jumeaux semi-identiques représentent une forme extrêmement rare de gémellité, située à mi-chemin entre les vrais et les faux jumeaux. Ce phénomène se produit lorsqu'un seul ovule est fécondé par deux spermatozoïdes différents. Normalement, un ovule ne peut être fécondé que par un seul spermatozoïde. Cependant, dans de rares cas, deux spermatozoïdes peuvent pénétrer dans l'ovule, entraînant une situation génétique complexe.

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La Formation des Jumeaux Semi-Identiques : Un Scénario Improbable

La formation des jumeaux semi-identiques est un événement improbable qui nécessite une série d'événements exceptionnels. Tout d'abord, l'ovule doit être fécondé par deux spermatozoïdes différents. Ensuite, l'œuf fécondé doit survivre malgré la présence de trois jeux de chromosomes (au lieu de deux). Enfin, l'œuf doit se diviser en deux embryons, chacun contenant une combinaison différente de matériel génétique provenant des deux spermatozoïdes.

Les jumeaux semi-identiques partagent 100 % des gènes de leur mère, mais seulement une partie des gènes de leur père. Ils sont donc génétiquement plus proches que les faux jumeaux, mais moins proches que les vrais jumeaux. De plus, les jumeaux semi-identiques sont souvent des chimères, c'est-à-dire qu'ils possèdent à la fois des cellules féminines (XX) et des cellules masculines (XY).

Implications et Particularités des Jumeaux Semi-Identiques

Les jumeaux semi-identiques présentent des particularités génétiques et biologiques uniques. En raison de leur composition génétique mixte, ils peuvent présenter des caractéristiques sexuelles atypiques, telles que l'hermaphrodisme. De plus, ils peuvent être sujets à des complications médicales spécifiques, telles que des anomalies de développement des gonades.

Un cas de jumeaux semi-identiques a été découvert en Australie en 2014. Les médecins ont constaté que les jumeaux partageaient le même placenta, ce qui suggérait qu'il s'agissait de vrais jumeaux. Cependant, ils ont également remarqué que les jumeaux n'étaient pas du même sexe, ce qui est impossible chez les vrais jumeaux. Des analyses génétiques ont confirmé que les jumeaux étaient en fait semi-identiques.

Dans ce cas particulier, l'un des jumeaux était un garçon avec une formule génétique 46,XY, tandis que l'autre était une fille avec une formule génétique 46,XX. Cependant, la fille présentait également un certain nombre de cellules contenant un chromosome Y, ce qui indique un chimérisme génétique. Malheureusement, la fillette a développé des complications médicales et a dû subir une amputation du bras et une ablation des ovaires.

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Facteurs Influençant les Grossesses Gémellaires

Plusieurs facteurs peuvent influencer la probabilité d'une grossesse gémellaire :

  • Âge de la mère : Les femmes de plus de 35 ans ont plus de chances d'avoir des jumeaux dizygotes.
  • Hérédité : Les antécédents familiaux de jumeaux (dizygotes) augmentent les chances d'en concevoir. La transmission héréditaire se fait uniquement par les femmes.
  • Aide médicale à la procréation : Les traitements de stimulation ovarienne et les fécondations in vitro augmentent le risque de grossesses multiples.
  • Nombre de grossesses antérieures : Les femmes ayant déjà eu plusieurs grossesses ont plus de chances d'avoir des jumeaux.

Monozygotes ou dizygotes : quelle différence entre vrais et faux jumeaux ?

C'est au moment de la fécondation, lors de la rencontre entre le spermatozoïde et l'ovule, que tout se joue.

Les monozygotes

Ils proviennent de l'union d'un seul spermatozoïde et d'un seul ovocyte. Ils forment un œuf qui se divisera en deux. Les deux enfants ont alors le même patrimoine génétique et sont forcément du même sexe.

Les dizygotes

Ils proviennent de deux œufs. Deux spermatozoïdes différents ont fécondé deux ovocytes de manière séparée. Il y a eu une double ovulation chez la maman. On aboutit ainsi à deux individus différents, qui n'ont pas les mêmes gènes et qui peuvent être de sexe différent.

Comment faire la différence entre des vrais jumeaux ?

Même s’ils ont le même patrimoine génétique, il est généralement possible de différencier les vrais jumeaux dès la naissance. Par leur poids tout d’abord : souvent, ils ont plusieurs centaines de grammes de différence. Leur position dans le ventre de la maman peut également avoir donné à leur tête ou leur corps une forme un peu différente. Au début, les parents peuvent user de petites astuces pour différencier leurs jumeaux ou jumelles : couleur de pyjama, doudous, coiffage différents, etc. Mais très vite généralement, ils arrivent à les reconnaître à de petites particularités physiques, à leur caractère, à leur comportement. Pour leur entourage, cela peut prendre plus de temps il est vrai. Au fil des années, en fonction de leur environnement, les vrais jumeaux peuvent aussi développer des caractères, des goûts différents.

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Deux vrais jumeaux sont-ils identiques ?

En fait, deux vrais jumeaux, enfants ou adultes, ne sont pas vraiment identiques. À première vue, certes, ils se ressemblent physiquement, à condition de faire abstraction des différences survenues du fait de l'alimentation ou de certains comportements tels que la pratique du sport, l'exposition au tabac ou à l'alcool. On voit déjà que, même si l'ADN est le même, l'aspect physique dépend aussi, dans une large mesure, de l'environnement personnel, conçu au sens médical, éducatif ou culturel, sans négliger l'environnement extérieur physique ou chimique, qui peut varier chez deux jumeaux séparés par la vie. Aucun couple d'individus ne se ressemble plus que deux vrais jumeaux. Et pourtant, bien des différences, indépendantes a priori de l'environnement, sont observées entre deux vrais jumeaux. Ainsi, les constantes biologiques peuvent différer significativement. Les empreintes digitales sont proches mais pas identiques. Le fonctionnement du système immunitaire diffère, le «répertoire» des lymphocytes qui reconnaissent les antigènes, par exemple les vaccins, n'est pas le même.

Les vrais jumeaux n'ont pas forcément le même ADN

Contrairement aux idées reçues, 15% des paires de vrais jumeaux ont des codes génétiques qui diffèrent de façon substantielle, d'après une étude islandaise. Ces différences viennent de mutations apparues pendant l'embryogenèse. Serait-ce enfin l'explication de la différence de moustache entre Dupond et Dupont ? 15% des vrais jumeaux ont des différences génétiques, révèle en effet une étude islandaise publiée dans la revue Nature Genetics. Des mutations apparues au cours du développement embryonnaire qui pourraient expliquer certaines divergences entre paires de vrais jumeaux, comme l'autisme. […] 15% des jumeaux diffèrent substantiellement Résultat, ils comptent en moyenne 5 mutations divergentes entre les vrais jumeaux, variant entre 0 et 8. Mais en réalité, seules 15% des paires de jumeaux montrent de substantielles différences génétiques. Elles résultent soit d'erreurs pendant la division des cellules, soit de dommages de l'ADN juste avant cette division.

Grossesse gémellaire : les termes à connaître

Dès qu’on évoque la grossesse gémellaire, plusieurs termes reviennent. Vrais jumeaux, faux jumeaux, mais aussi monozygotes, dizygotes… Que signifient ces dénominations ? Comment se forment les jumeaux ? Comme dans toute conception, la grossesse gémellaire commence par une rencontre. Il s’agit bien sûr d’une rencontre entre les deux partenaires, mais surtout entre leurs gamètes, ovule pour la femme et spermatozoïde pour l’homme.

Monozygotes ou dizygotes

Dans le cas des monozygotes (également appelés homozygotes), un seul ovule rencontre un seul spermatozoïde. Ensemble, ils forment un œuf. Mais au lieu de donner un seul embryon, cet œuf va se scinder en deux lors de la première division cellulaire, et aboutir, de division cellulaire en division cellulaire, à la formation de deux embryons. Ces derniers donneront deux fœtus puis deux bébés au patrimoine génétique strictement identique, puisqu’issu du même spermatozoïde et du même ovule.

Lors de l’ovulation, il arrive qu’un ovaire expulse deux ovocytes en même temps. C’est ce qu’on appelle une polyovulation, ou double ovulation, un phénomène qui est de plus en plus fréquent avec l’âge. Et il arrive ensuite que ces deux ovules soient fécondés par deux spermatozoïdes lors d’un rapport sexuel, donnant lieu à deux embryons différents. À noter que les deux spermatozoïdes peuvent être issus de deux hommes différents, si les deux rapports sexuels ont eu lieu de façon rapprochée et autour de l’ovulation. C’est un phénomène très rare, mais qui peut tout de même exister.

Chez les jumeaux dizygotes, à l’inverse des monozygotes, il n’y a pas de séparation de l’œuf en deux embryons, puisqu’il y a deux œufs différents dès le départ. Il s’agit alors de deux individus aussi distincts que des frères et sœurs, à la différence près qu’ils ont évolué en même temps dans l’utérus de leur mère. Les deux embryons évoluent alors dans deux sacs amniotiques et avec deux placentas et deux chorions (couche externe du placenta) différents. Le diagnostic de faux jumeaux est assez simple, mais dépend des configurations. En revanche, s’il s’agit d’une grossesse biochoriale et biamniotique mais que les fœtus sont de même sexe, il peut s’agir de jumeaux monozygotes (vrais jumeaux) comme il peut s’agir de jumeaux dizygotes (faux jumeaux). Seul un examen approfondi à la naissance permettra de savoir s’il s’agit de vrais ou de faux jumeaux, au vu de leur groupe sanguin, de leur rhésus ou de leur patrimoine génétique.

Issus de deux spermatozoïdes différents, ces embryons ne sont donc pas forcément du même sexe. Lorsque l’œuf initial se divise en deux embryons dès la fécondation (jusqu’à 3 jours après environ), l’implantation des deux embryons se fait séparément dans l’endomètre, la muqueuse qui tapisse l’utérus. En conséquence, on parle de monozygotes bichorioniques et biamniotiques (ou dichorioniques et diamniotiques), pour signifier la présence de deux placentas (le chorion représentant la couche externe du placenta) et de deux poches de liquide amniotique. Lorsque la séparation a lieu un peu plus tard au cours de la division cellulaire (4 à 8 jours après la fécondation), l’implantation se fait différemment de sorte qu’il y ait un seul placenta, un seul chorion mais deux sacs amniotiques. On parle de monozygotes monochorioniques et biamniotiques. Enfin, si la séparation des embryons a lieu 8 à 13 jours après la fécondation, on aura des jumeaux monozygotes monochorioniques et monoamniotiques. Ces derniers partagent le même chorion, le même placenta et le même sac amniotique, ou amnios. C’est la configuration la plus rare parmi ces trois-ci.

Dans le cas d’une grossesse gémellaire monochoriale (un seul chorion, un seul placenta, 20 % des cas de grossesses gémellaires), qu’elle soit mono ou biamniotique, les fœtus doivent « se partager » le même sang. Leurs cordons ombilicaux sont d’ailleurs reliés. Or, cette configuration peut entraîner un syndrome de transfuseur-transfusé, un cas rare qui implique que l’un des deux bébés se retrouve avec tout le sang ou presque (le transfusé), alors que son jumeau est anémié et affaibli (transfuseur).

Ces dénominations de monozygotes et dizygotes s’appliquent à la grossesse gémellaire, mais aussi aux grossesses multiples au-delà des jumeaux. Des triplés peuvent ainsi être monozygotes, issus d’un seul ovule et d’un seul spermatozoïde, ou trizygotes, issus de trois ovules et de trois spermatozoïdes. Et il en va de même pour les quadruplés, les quintuplés, etc.

Superfécation et Double Ovulation

La superfétation, ou double ovulation, est un phénomène rare où une femme expulse deux ou plusieurs ovocytes au cours des 24 heures suivant l'ovulation. Si chaque ovocyte est fécondé par un spermatozoïde, des fœtus de faux jumeaux (dizygotes) vont se développer. La superfétation peut être favorisée par des traitements de procréation médicalement assistée (PMA) qui stimulent l'expulsion de plusieurs ovocytes.

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