Les irrégularités menstruelles sont une variation assez commune du cycle menstruel. Elles peuvent affecter les femmes à différents moments de leur vie, que ce soit au moment de la puberté ou à la ménopause. De nombreuses raisons peuvent expliquer l’irrégularité des cycles menstruels des femmes. Cependant, certaines causes sont plus problématiques que d’autres pour la santé. Il est important de comprendre les causes sous-jacentes et les options de traitement disponibles.
Comprendre les Règles Irrégulières
Les règles irrégulières touchent un grand nombre de femmes et de personnes menstruées. Avoir des règles irrégulières signifie que le cycle menstruel d'une personne ne suit pas un schéma régulier ou prévisible en termes de durée, de flux menstruel et de symptômes associés. Contrairement à un cycle menstruel régulier qui dure généralement environ 28 jours et se produit de manière prévisible chaque mois, un cycle irrégulier peut varier considérablement en termes de durée et de régularité. Le cycle menstruel est régulier s’il se présente tous les 25 à 35 jours. S’il dépasse de ce cadre, il est dit irrégulier.
Les règles irrégulières peuvent apparaître tôt, dès la première année de menstruation. En effet, le système reproducteur adolescent n’est pas mâture, il est en cours de développement. Il a donc besoin de temps pour devenir régulier. Cependant, l’irrégularité peut toucher les femmes à n’importe quel moment de la vie, notamment lors de la ménopause. Les femmes en situation de ménopause peuvent ne pas avoir leurs règles durant 2 mois, puis les avoir tous les 10 jours, avant un arrêt brutal des règles.
Les Différents Cycles
- Les cycles raccourcis : En-dessous de 25 jours, le cycle menstruel est considéré comme court. On parle alors de polyménorrhée.
- Les cycles allongés : Au-dessus de 35 jours, le cycle menstruel est considéré comme long. On parle alors d’oligoménorrhée.
Causes des Règles Irrégulières
Les règles irrégulières peuvent être causées par de nombreux facteurs, internes comme externes. Les niveaux d’hormones instables produites par l’organisme jouent sur la régularité des règles. Lors des périodes importantes de la vie d’une femme comme la puberté, à l’arrivée des règles, ou lors de la ménopause, c’est-à-dire la fin des règles, les hormones ne sont pas toujours stables. Cela peut provoquer des règles irrégulières.
Même si le cycle menstruel est principalement régulé par des processus internes, certains facteurs externes peuvent perturber cette régularité puisqu’ils viennent provoquer des changements dans les niveaux d’hormones. Il s’agit entre autres :
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- Du stress : Une période de stress intense ou un stress chronique peut influencer les niveaux d’hormones, ce qui peut perturber la régularité des règles.
- De la perte de poids : La perte de poids rapide et radicale peut impacter la régularité des règles. En effet, une variation de plus de 10 % du poids corporel peut impacter les hormones et donc, provoquer une irrégularité, voire un arrêt des règles.
- Des voyages : Une modification soudaine des habitudes de vie comme un voyage et des changements d’horaires de sommeil peuvent considérablement perturber le cycle menstruel.
- Des chocs psychologiques : Les chocs psychologiques peuvent provoquer un stress physique. En réaction psychosomatique, les règles peuvent devenir irrégulières ou cesser.
- Des médicaments : Certains médicaments tels que les neuroleptiques peuvent favoriser l’irrégularité des règles. Par ailleurs, la prise de la pilule contraceptive peut provoquer une irrégularité des règles en début de traitement, le temps que les hormones se stabilisent.
- De certaines conditions médicales : Certaines conditions médicales favorisent l’irrégularité des règles. C’est notamment le cas des troubles impliquant les organes qui gèrent les hormones comme la thyroïde, mais aussi les maladies inflammatoires pelviennes (les troubles de la thyroïde, l’endométriose, la maladie inflammatoire pelvienne, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), les fibromes utérins.
Le Cycle Menstruel : Un Aperçu Hormonal
Ce que nous appelons « règles ou menstruation » est le saignement plus ou moins cyclique (25-35 jours) qui est produit par l’action complexe de multiples hormones et qui constitue la fin du cycle menstruel pour faire place au début du suivant. L’ordre d’initiation part d’une zone du cerveau appelée hypothalamus qui produit des facteurs agissant sur certaines cellules de l’hypophyse (petite glande située dans le cerveau) en stimulant la production de gonadotrophines (FSH et LH). Celles-ci enverront à leur tour l’ordre de production successive des hormones ovariennes, d’abord l’œstradiol, puis la progestérone, afin d’exécuter la séquence normale de: croissance d’un follicule ovarien (que nous appelons « follicule dominant« ), rupture de ce follicule avec expulsion de l’ovule (ovocyte), produisant à ce moment l’ovulation et la formation du corps jaune (le reste du follicule brisé qui a ovulé). La production de toutes ces hormones agit en même temps sur l‘endomètre (muqueuse qui recouvre l’intérieur de l’utérus) qui va s’épaissir tout au long du cycle.
Les hormones sexuelles féminines sont de deux types : les estrogènes (estradiol, estrone et estriol) et la progestérone. Elles sont sécrétées par les ovaires selon un cycle, dit cycle menstruel, dont les règles sont la manifestation. De la puberté à la ménopause, une femme connaît environ cinq cents cycles dont la succession est interrompue par les grossesses.
Les estrogènes sont responsables du développement des organes féminins au moment de la puberté : utérus, seins et épaississement de la paroi du vagin. Ils agissent également sur le cerveau, participent à la consolidation des os, féminisent la voix et jouent un rôle important dans la qualité de la peau et des cheveux.
La progestérone est produite par les ovaires après l'ovulation (le moment où l'ovule est libéré par l'ovaire). Elle complète et contrôle les effets des estrogènes. Elle permet l'implantation de l'œuf dans l'utérus et participe au bon déroulement de la grossesse.
Le cycle menstruel se répète tous les 28 jours environ. Au premier jour des règles, le cerveau commence à sécréter de la FSH, ce qui a pour effet de stimuler les ovaires. Quelques jours avant l'ovulation, le cerveau commence à sécréter de la LH. Au 14e jour du cycle, les taux sanguins de LH sont élevés : l'ovulation a lieu et l'ovaire commence à sécréter de la progestérone. Sous l'effet de la progestérone, le cerveau cesse progressivement de sécréter la FSH et la LH : les ovaires diminuent leur production d'estrogènes, puis de progestérone, jusqu'au prochain cycle.
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Diagnostic des Règles Irrégulières
Un diagnostic est indispensable pour connaître les causes précises d’une irrégularité des menstruations. Il est recommandé de consulter un professionnel de santé pour un diagnostic précis en cas de règles irrégulières, surtout si ces irrégularités persistent ou s'accompagnent d'autres symptômes. Le professionnel de santé doit donc savoir si l’irrégularité des règles est provoquée par un facteur externe, une condition médicale, ou autre.
Si le médecin ne parvient pas à déterminer la cause exacte, il peut prescrire d’autres examens médicaux tels que :
- Une échographie pelvienne.
- Une analyse des dosages hormonaux sanguins.
Si vous avez des doutes sur le comportement de votre cycle menstruel, vous devez consulter votre gynécologue qui effectuera les études nécessaires.
Traitement des Règles Irrégulières
Il existe plusieurs types de traitement pour les règles irrégulières. Les options thérapeutiques varient en fonction de la cause sous-jacente.
Options Thérapeutiques
- Hormones : Les hormones peuvent être utilisées en option thérapeutique dans certains cas :
- Pour les troubles hormonaux tels que le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), les contraceptifs oraux combinés contenant des œstrogènes et de la progestérone peuvent être prescrits pour réguler les cycles menstruels et réduire les symptômes associés comme l'acné et l'hirsutisme.
- Pour les troubles thyroïdiens, tels que l'hypothyroïdie ou l'hyperthyroïdie, le traitement hormonal substitutif avec des hormones thyroïdiennes peut être nécessaire pour rétablir l'équilibre hormonal et améliorer la régularité des règles.
- Antibiotiques : Pour la maladie inflammatoire pelvienne (MIP), qui est une infection des organes reproducteurs chez les femmes, des antibiotiques sont prescrits pour traiter l'infection et réduire l'inflammation. Le traitement précoce de la MIP peut aider à prévenir les complications et à restaurer la santé reproductive.
- Gestion des symptômes : L’utilisation de contraceptifs hormonaux (comme la pilule, le patch, l’anneau vaginal ou l’implant) peut être proposée par un professionnel de santé pour réguler les cycles menstruels et atténuer certains symptômes tels que les saignements abondants, les douleurs ou les fluctuations hormonales. Cette prise en charge est adaptée au cas de chaque patiente, après évaluation médicale. Des mesures d'auto-soins comme l'application de chaleur sur l'abdomen pour soulager les crampes menstruelles, l'utilisation de médicaments en vente libre pour la douleur comme l'ibuprofène ou le paracétamol, et la pratique de techniques de gestion du stress telles que la méditation ou le yoga peuvent également aider à atténuer les symptômes.
Conseils Pratiques : Lifestyle et Bien-être
Adopter un mode de vie sain peut grandement contribuer à la régularité des cycles menstruels.
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- Une alimentation équilibrée : Consommez une alimentation équilibrée riche en fruits, légumes, grains entiers, protéines maigres et graisses saines. Assurez-vous d'inclure suffisamment de nutriments essentiels tels que le fer, le calcium, les vitamines et les minéraux dans votre alimentation pour soutenir la santé hormonale et menstruelle.
- Pratiquer une activité physique régulière : Faites de l'exercice régulièrement pour favoriser la santé globale et la régularité des cycles menstruels. L'activité physique modérée, comme la marche, la natation, le vélo ou le yoga, peut aider à réduire le stress, à améliorer la circulation sanguine et à réguler les hormones.
- Réduire le stress : Pratiquez des techniques de gestion du stress telles que la méditation, la respiration profonde, le yoga, la marche en pleine nature ou d'autres activités relaxantes pour réduire les niveaux de stress. Le stress chronique peut perturber l'équilibre hormonal dans le corps, ce qui peut affecter les cycles menstruels. En cas de stress trop envahissant, n’hésitez pas à prendre contact avec un professionnel de la santé mentale, tel qu’un psychologue ou un psychiatre.
- Maintenir un poids corporel équilibré : Maintenez un poids corporel équilibré dans une fourchette saine en combinant une alimentation équilibrée avec une activité physique régulière. Un poids extrême, qu'il soit trop faible ou trop élevé, peut perturber les hormones et affecter la régularité des cycles menstruels.
- Dormir suffisamment : Assurez-vous de dormir suffisamment chaque nuit pour favoriser une régulation hormonale saine. En effet, le sommeil est indispensable pour rester en bonne santé. Essayez de maintenir une routine de sommeil régulière en vous couchant et en vous levant à la même heure chaque jour.
- Limiter les substances nocives : Limitez votre consommation d'alcool, de caféine et de tabac, dans la mesure du possible, car ces substances peuvent perturber les hormones et affecter les cycles menstruels.
Règles Hémorragiques (Ménorragies)
Depuis quelques temps vous avez remarqué que vos règles sont plus abondantes ? Il peut s’agir de ménorragies. Il s’agit de règles hémorragiques, dont les causes sont le plus souvent bénignes, et qui provoquent un flux plus important ou durent plus longtemps.
Les règles hémorragiques ou ménorragies sont des règles extrêmement abondantes et/ou qui durent trop longtemps. Vous pouvez considérer que vous souffrez de règles hémorragiques si vous avez une perte de sang excessive (plus de 90 ml), du mal à maîtriser le flux avec des protections hygiéniques classiques (tampons, serviettes), et/ou si la durée de vos règles excèdent 7 jours. Ces saignements surviennent à intervalles réguliers, et sont donc considérés comme des règles.
Bon à savoir : en cas de saignements importants survenant en dehors des menstruations, on parle de métrorragies. Si vous notez la présence de caillots de sang dans les écoulements, cela n’est pas forcément lié aux règles hémorragiques. Ces caillots sont en effet plus fréquents lors des règles abondantes mais peuvent survenir durant des règles avec un flux léger.
Causes des Règles Hémorragiques
Les causes de vos règles abondantes (ménorragies) peuvent être multiples.
- Puberté : Au moment de la puberté, vos règles peuvent être plus abondantes et peuvent vous faire penser à des règles hémorragiques. Cela arrive fréquemment car pendant les premiers cycles, il n’y a parfois pas d’ovulation (anovulation), ce qui limite la production de progestérone qui agit sur la muqueuse de l’utérus (endomètre). Les œstrogènes provoquent alors une croissance excessive de l’endomètre qui se détache de façon abondante, irrégulière et prolongée. À l’adolescence, il arrive également de présenter des irrégularités dans le cycle menstruel et d’avoir des règles qui arrivent plus tôt que prévu ou plus tard.
- Préménopause : Durant la préménopause (la période qui précède la ménopause), vous pouvez observer des règles abondantes avec la présence de caillots, mais cela ne se produit pas forcément à chaque cycle. En effet, l’ovulation commence à être aléatoire ce qui crée un déséquilibre entre progestérone et œstrogène.
- DIU en cuivre : Le DIU (dispositif intra-utérin) en cuivre, anciennement appelé stérilet en cuivre, est sans hormone et ne bouleverse donc pas le taux d’œstrogène ou de progestérone. En revanche, la présence de cuivre peut engendrer une inflammation de l’utérus et donc de l’endomètre qui croit excessivement. Le stérilet en cuivre peut provoquer des règles hémorragiques surtout dans les premiers mois qui suivent la pose. Plus rarement, le stérilet hormonal provoque des petits saignements entre les règles (des spottings).
- Fibromes : Les parois de l’utérus sont composées de cellules musculaires qui peuvent proliférer. On appelle cela des fibromes. Ils peuvent être de tailles variées et passent parfois inaperçus, mais ils peuvent aussi entraîner des saignements, ainsi que des douleurs ou des envies fréquentes d’uriner. Les fibromes sont une cause fréquente de ménorragies. Un quart des femmes de plus de 40 ans auraient des fibromes.
Traitement des Règles Hémorragiques
Comment arrêter des règles hémorragiques, trop abondantes, trop longues ou trop fréquentes ? Ce type de menstruations peut entraîner de la fatigue liée à une anémie, des douleurs et surtout beaucoup d’inquiétudes. Heureusement, vous pouvez trouver un traitement adapté à votre situation, en fonction de la cause de ces ménorragies et des conséquences qu’elles ont sur votre vie.
- Premiers recours : En premier recours, vous pouvez prendre des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (sur avis médical favorable). Ils permettent de réduire le flux des menstruations ainsi que les douleurs au bas ventre. Si vous avez un DIU en cuivre, il peut être remplacé par un SIU (système intra-utérin) aux hormones qui diffuse un progestatif. Ce type de contraceptif est assez efficace contre les règles hémorragiques tout en évitant la plupart des effets secondaires liés à la pilule.
- Autres traitements : D’autres traitements, type Danazol° ou Cyclomen°, peuvent être administrés si les autres solutions proposées ne fonctionnent pas. Lorsque les traitements médicamenteux ne suffisent pas ou si la cause de vos règles hémorragiques n’est pas trouvée, des solutions chirurgicales peuvent être recommandées. Néanmoins, cela ne concerne qu’un faible nombre de cas. Ces traitements peuvent avoir deux visées, la première est exploratoire, trouver la cause du problème, la seconde est thérapeutique.
Si vous souffrez de ménorragies, il est conseillé de se reposer, de manger sainement et surtout de faire de l’exercice régulièrement pour réduire les douleurs. Les traitements à base de plantes ou les remèdes de grand-mère ne fonctionnent pas réellement contre les ménorragies.
Quand Consulter ?
Si vous avez présenté au moins deux fois des règles excessivement abondantes ou hémorragiques, nous vous conseillons d’en parler rapidement à votre médecin, un gynécologue ou une sage-femme. Vous devrez éventuellement réaliser des examens complémentaires afin de détecter toute anomalie de l’utérus.
Les saignements abondants, type hémorragies, pendant ou en dehors des règles sont une des causes les plus fréquentes de consultation en gynécologie. Si vous en souffrez, vous devez rapidement consulter un médecin ou une sage-femme afin d’en déterminer l’origine et trouver un traitement. Les saignements en dehors des règles suivis d’une absence de menstruation peuvent être liés à une grossesse. Il arrive parfois d’être enceinte et d’avoir des règles à la date prévue s’il n’y avait pas eu de grossesse. Ces saignements surnommés « règles anniversaire » ne sont pas des règles.
Ce qui doit alerter, ce sont les irrégularités persistantes, l’absence totale de règles pendant plus de trois mois, ou des saignements abondants et douloureux. Dans ces cas, il est important de consulter pour établir un diagnostic précis et envisager un traitement.
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