Le trouble obsessionnel compulsif (TOC) est une condition complexe qui peut avoir un impact significatif sur la vie quotidienne. Cet article explore en profondeur le TOC, ses manifestations, et les liens potentiels avec les fluctuations hormonales liées aux menstruations. Il aborde également d'autres troubles liés et les options de prise en charge disponibles.
Comprendre le Trouble Obsessionnel Compulsif (TOC)
Le trouble obsessionnel compulsif se caractérise par des obsessions, des compulsions, ou l’ensemble des deux. Les symptômes caractéristiques du TOC sont donc la présence d’obsessions et de compulsions.
Obsessions: Pensées Intrusives et Anxiogènes
Les obsessions sont des idées, des images ou des impulsions récurrentes, persistantes, non désirées et anxiogènes. Ce sont des pensées répétitives et persistantes (p. ex. de contamination), des images (p. ex. des scènes violentes ou horribles) ou des pulsions (p. ex. poignarder quelqu’un). Fait important, les obsessions ne sont pas source de plaisir ou ressenties comme volontaires : elles sont intrusives et inopportunes, et entraînent une anxiété ou une détresse importante chez la plupart des sujets. L’individu fait des efforts pour ignorer ou réprimer ces obsessions (p. ex. en évitant les déclencheurs ou en utilisant l’arrêt de la pensée), ou pour les neutraliser par d’autres pensées ou actions (p. ex. en faisant une compulsion). Nous avons tous parfois des idées inquiétantes, mais nous savons les rejeter comme étant déraisonnables. La personne atteinte de TOC interprète mal ces pensées envahissantes et les perçoit comme les signes annonciateurs d’un malheur imminent. Elle s’épuise à lutter contre ces idées noires, ainsi que l’anxiété et la culpabilité qu’elles provoquent : c’est l’obsession. Elle est consciente que ces idées qui jaillissent de manière répétée sont sans fondement et disproportionnées, mais ses tentatives de résistance déclenchent un niveau intolérable d’anxiété.
Compulsions: Rituels pour Apaiser l'Anxiété
Les compulsions (ou rituels) sont des comportements répétitifs (p. ex. laver, vérifier) ou des actes mentaux (p. ex. compter, répéter des mots de manière silencieuse) que le sujet se sent poussé à accomplir en réponse à une obsession ou selon certaines règles qui doivent être appliquées de manière inflexible. La plupart des personnes souffrant d’un TOC ont à la fois des obsessions et des compulsions. Les compulsions sont typiquement accomplies en réponse à une obsession (p. ex. des pensées de contamination conduisant à des rituels de lavage ou la pensée que quelque chose est incorrect conduisant à des rituels répétitifs jusqu’à ce que cela paraisse satisfaisant). Le but est de diminuer le sentiment de détresse déclenché par les obsessions ou d’empêcher un évènement redouté (p. ex. tomber malade). Cependant, ces compulsions sont soit sans relation réaliste avec l’évènement redouté (p. ex. ranger des objets de façon symétrique pour éviter qu’il n’arrive malheur à une personne aimée), soit manifestement excessives (p. ex. se doucher quotidiennement pendant des heures). Face à ces obsessions, des actions répétitives ou compulsions sont un moyen d’échapper à l’anxiété. La personne malade se sent obligée d’accomplir certains rituels pour empêcher que les phénomènes redoutés ne se produisent. Elle a conscience cependant que cela est dérisoire. Petit à petit, le cerveau apprend que l’accomplissement de cette petite manie soulage rapidement l’anxiété, mais ce répit n’est que de courte durée. Les comportements rituels les plus fréquemment observés sont le nettoyage et la vérification. Les compulsions peuvent aussi être mentales, tels les calculs incessants, les répétitions de phrases ou la création de nombreuses listes. Si, pour une raison ou une autre, un élément extérieur vient empêcher le déroulement du rituel, l’anxiété atteint un niveau insupportable. L’accomplissement des rituels peut nécessiter plusieurs heures dans la journée ; ils gênent le quotidien et entravent l’accès à une vie sociale et professionnelle normale.
Troubles Connexes au TOC
Plusieurs troubles partagent des similitudes avec le TOC et peuvent parfois coexister.
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Dysmorphie Corporelle
Les sujets souffrant d’une obsession d’une dysmorphie corporelle (affection connue historiquement sous le nom de dysmorphophobie) sont préoccupés par une ou plusieurs imperfections ou défauts perçus dans leur apparence physique et qui, selon eux, semblent laids, sans attraits, anormaux ou déformés. Les défauts perçus peuvent être imaginaires, ils ne sont pas observables ou sont perçus par les autres comme étant seulement légers. Ces préoccupations peuvent aller d’un sentiment d’être « sans attrait » ou « pas convenable » à une perception d’être « hideux » ou « monstrueux ». Les préoccupations peuvent se focaliser sur une ou plusieurs régions du corps, habituellement la peau (p. ex. perception d’une acné, de cicatrices, de rides, de ridules, d’une pâleur), la pilosité (p. ex. une chevelure « dégarnie » ou une pilosité corporelle ou faciale « excessive ») ou le nez (p. ex. sa taille ou sa forme). Cependant, n’importe quelle partie du corps peut être un sujet de préoccupation (p. ex. les yeux, les dents, le poids, l’estomac, les seins, les jambes, la taille ou la forme du visage, les lèvres, le menton, les sourcils, les parties génitales). Certaines personnes sont préoccupées par une asymétrie perçue de certaines régions corporelles.
Thésaurisation Pathologique (Syllogomanie)
La caractéristique essentielle de la thésaurisation pathologique (syllogomanie) est une difficulté persistante à jeter ou à se séparer de certains objets, indépendamment de leur valeur réelle. Le terme persistant indique une difficulté durable plutôt que des situations plus transitoires pouvant conduire à un encombrement excessif, comme après un héritage. La difficulté à jeter des objets fait référence à toutes les manières de s’en débarrasser, y compris le fait de les jeter, de les vendre, d’en faire cadeau ou de les recycler. Les principales raisons fournies pour expliquer ces difficultés sont l’utilité ou la valuer esthétique perçue des objets, ou bien un fort attachement sentimental pour ces biens. Certaines personnes se sentent responsables de ce qui va arriver à ces objets et déploient fréquemment de grands efforts afin d’éviter tout gaspillage. Il existe souvent également une crainte de perdre des informations importantes.
Trichotillomanie
La caractéristique essentielle de la trichotillomanie (arrachage compulsif de ses propres cheveux) est l’arrachage répété de ses propres cheveux. Il peut avoir lieu dans n’importe quelle région du corps sur laquelle se développe la pilosité; les sites les plus communs sont le cuir chevelu, les sourcils et les paupières, tandis que les sites les moins fréquents sont les aisselles, le visage et les régions pubienne et périrectale. Les sites d’arrachage de cheveux peuvent varier dans le temps. L’arrachage des cheveux peut survenir par brefs épisodes dispersés durant la journée ou durant des périodes moins fréquentes mais plus soutenues pouvant se poursuivre pendant des heures, et certains peuvent perdurer pendant des mois ou des années. L’arrachage de cheveux conduit à une perte de cheveux, bien que les sujets présentant ce trouble puissent s’arracher les cheveux de manière largement clairsemée (c.-à-d. s’arracher des cheveux isolés sur une large surface), de telle sorte que la perte de cheveux ne soit pas clairement visible. Alternativement, les sujets peuvent tenter de dissimuler ou de camoufler leur perte de cheveux (p. ex. par l’usage de maquillage, de foulards ou de perruques). Les sujets présentant une trichotillomanie ont fait des tentatives répétées pour décroitre ou arrêter l’arrachage de leurs propres cheveux. Il cause une détresse cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants.
Dermatillomanie
La caractéristique essentielle de la dermatillomanie (triturage pathologique de la peau) est un triturage répété de sa propre peau. Les sites les plus communément triturés sont le visage, les bras et les mains, mais de nombreuses personnes se triturent de multiples régions du corps. Les sujets peuvent triturer une peau saine, des irrégularités mineurs de la peau, des lésions telles que des boutons ou des callosités ou des croûtes provenant de triturais antérieurs. La plupart des personnes se triturent avec leurs ongles, bien que nombre d’entre elles utilisent des pinces à épiler, des épingles ou d’autres objets. Outre le triturage de la peau, il peut y avoir frottage de la peau, serrement, perforation et morsure. Les sujets présentant une dermatillomanie consacrent souvent un temps significatif à leur comportement de tritrurage, parfois plusieurs heures par jour, et certains triturages de la peau peuvent persister pendant des mois ou des années. Le critère A nécessite que le triturage de la peau aboutisse à des lésions de celle-ci, bien que des sujets présentant ce trouble tentent souvent de dissimuler ou de camoufler de telles lésions (p. ex. avec du maquillage ou des vêtements). Les sujets présentant une dermatillomanie ont fait des tentatives répétées pour diminuer ou arrêter le triturage de leur peau. Il provoque une détresse cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants. Le terme détresse inclut divers affects négatifs qui peuvent être éprouvés par des sujets présentant un triturage de la peau, tels qu’un sentiment de perte de contrôle, de l’embarras et de la honte. Une altération significative peut survenir dans différents domaines du fonctionnement (p. ex.
Menstruations, SPM et Impact sur le TOC
Le cycle menstruel est caractérisé par des fluctuations hormonales importantes qui peuvent influencer l'humeur et l'anxiété. Il est donc pertinent d'examiner comment ces variations peuvent interagir avec les symptômes du TOC.
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Syndrome Prémenstruel (SPM)
Il est normal avant nos règles de ressentir des changements d'humeur. Le syndrome prémenstruel (SPM) se caractérise et se vit de différentes manières. Pour certaines, tout glisse comme l’eau sur les plumes d’un canard, tandis que d’autres traînent un méga-cafard. Le SPM est une réalité pour de nombreuses femmes en période de leur cycle menstruel.
Durant la première phase, dite « folliculaire », l’ovaire élabore un ovule sous l'influence des œstrogènes. Après l’ovulation, le taux de progestérone augmente. L’utérus s’épaissit et s’apprête à être libéré. Mais, à l’approche des règles, il se peut que votre entourage ait du mal à vivre avec vous. Quelques jours avant le début de vos règles, et jusqu’à leur arrivée, il est possible que vous vous sentiez plus sensible à la douleur et à la critique que d’habitude. Vous avez plus faim, et la larme à l’œil.
Le SPM est souvent associé à une période de plus grande irritabilité. Au début de vos règles, le taux d’œstrogènes est faible et celui de progestérone élevé. Le SPM est normal. Pas drôle, mais naturel. Il est important de noter que le SPM n'est pas listée comme un état pathologique nécessitant systématiquement un traitement psychiatrique. Cependant, les femmes en âge de procréer répondent aux critères du DSM-5.
Impact Hormonal sur l'Humeur et le TOC
Les fluctuations hormonales, en particulier la chute des œstrogènes avant les règles, peuvent influencer sensiblement leur humeur. Les œstrogènes sont intimement liés au don de soi. Lorsque leur taux chute avant nos règles, ce voile est levé. Il devient plus difficile de se forcer à répondre aux attentes des autres.
Certaines femmes peuvent se sentir plus vulnérables et moins résilientes durant cette période. La semaine qui précède les règles peut être particulièrement difficile. Chaque cycle est une occasion de propager l’espèce, d’où l’instinct de "faire son nid". Le SPM est une période d’inventaire psychologique, une invitation à réévaluer votre existence à votre guise. C'est un moment privilégié pour écouter son intuition.
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Aménorrhée et TOC
L’aménorrhée se définit par une absence totale de menstruations chez les femmes. Elle témoigne d’un trouble du cycle menstruel, lorsqu’elle survient en dehors de certaines périodes où l’absence de règles est physiologique (avant la puberté, pendant la grossesse, l’allaitement ou bien encore après la ménopause). L’aménorrhée désigne l’absence totale de règles chez les femmes. Elle est physiologique à certaines périodes de la vie, avant la puberté, pendant la grossesse et l’allaitement et après la ménopause. Mais elle traduit un trouble du cycle menstruel, lorsqu’elle survient en dehors des contextes précités.
Les menstruations sont modulées par un puissant complexe hormonal, appelé neuro-hypothalamo-hypophysaire. Chaque mois, ce système agit en produisant des hormones qui préparent le corps et surtout l’utérus à une éventuelle grossesse. Les aménorrhées, qu’elles soient primaires ou secondaires, peuvent être définitives ou transitoires, en fonction de leur cause. Les aménorrhées secondaires sont beaucoup plus fréquentes que les aménorrhées primaires.
L’aménorrhée est dite secondaire lorsqu’il y a interruption totale des règles (plus de 3 mois en général) chez une femme ayant déjà eu ses règles mais pas encore ménopausée. Le diagnostic débute tout d’abord par un interrogatoire avec le médecin qui pose des questions sur les antécédents médicaux de la patiente, et plus précisément sur son historique menstruel (nature des cycles antérieurs : irrégularité, longueur, abondance des règles). La première question posée est souvent l’hypothèse d’un début de grossesse. Un examen clinique est ensuite envisagé pour approfondir la cause et la nature de l’aménorrhée et adapter les examens complémentaires réalisés ultérieurement.
Concernant l’historique menstruel, le médecin détermine si l’aménorrhée est primaire ou secondaire, en demandant à la jeune fille ou à la femme si elle a déjà eu des règles. Si c’est le cas, il lui demande à quel âge elles sont apparues et quand les dernières menstruations ont eu lieu. Dans le cas où la jeune fille n’aurait jamais eu ses règles (aménorrhée primaire), le médecin va poser des questions relatives à l’apparition des caractères sexuels secondaires tels que le développement mammaire (seins), des poils pubiens et axillaires ou bien la poussée de croissance. Ces informations vont permettre ainsi au médecin d’écarter certaines pistes et de savoir si la cause de l’aménorrhée est d’origine génétique ou non (après interrogation des membres de la famille). Par ailleurs, le médecin va aussi orienter son entretien sur d’autres symptômes pouvant suggérer une cause et sur l’usage médicamenteux, pratiques sportives, habitudes alimentaires et d’autres conditions susceptibles de provoquer une aménorrhée.
L’absence de règles n’apparaît pas grave en soi. Pourtant, il est important de prendre en charge sa cause, qui elle peut être sérieuse. Dans le cas où la jeune fille présente un retard des règles et que tous les examens cliniques sont normaux, une surveillance de sa puberté est réalisée tous les 3 à 6 mois.
Prise en Charge du TOC et Gestion des Symptômes Liés aux Menstruations
La prise en charge du TOC implique généralement une combinaison de thérapie et de médicaments.
Thérapie Comportementale et Cognitive (TCC)
La TCC, en particulier l'exposition avec prévention de la réponse (ERP), est une approche thérapeutique efficace pour le TOC. Elle aide les individus à confronter leurs obsessions sans recourir aux compulsions.
Médicaments
Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) sont souvent prescrits pour traiter le TOC. Ils peuvent aider à réguler les niveaux de sérotonine dans le cerveau, ce qui peut réduire les symptômes obsessionnels et compulsifs.
Stratégies d'Adaptation pour le SPM
Il existe plusieurs stratégies pour gérer les symptômes du SPM qui peuvent exacerber les symptômes du TOC. Cela inclut :
- Adoption d'une alimentation saine: Privilégier les aliments riches en nutriments et éviter les aliments transformés, le sucre et la caféine.
- Exercice régulier: L'activité physique peut aider à améliorer l'humeur et à réduire l'anxiété.
- Gestion du stress: Techniques de relaxation, yoga, méditation peuvent être bénéfiques.
- Suivi du cycle menstruel: Tenir un journal des symptômes pour anticiper les périodes difficiles et adapter les stratégies d'adaptation.
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