Le torticolis chez le nourrisson est une condition courante qui se manifeste par une inclinaison asymétrique et permanente de la tête et du cou, généralement avec une inclinaison homolatérale et une rotation controlatérale. Cette condition, souvent due à une rétraction du muscle sterno-cléido-occipito-mastoïdien (SCOM), peut être congénitale ou posturale. Cet article explore en détail le torticolis chez le nourrisson, en mettant l'accent sur les causes, les types, les conséquences et les traitements possibles, notamment l'ostéopathie.

Définition et types de torticolis

Le torticolis congénital musculaire (TCM) se caractérise par une attitude asymétrique et permanente de la tête et du cou du nourrisson, généralement présente dès la naissance. Cette position est due à une rétraction du muscle sterno-cléido-occipito-mastoïdien (SCOM) d'un côté, limitant la mobilité du rachis cervical.

Il existe plusieurs types de torticolis chez le nourrisson :

  • Torticolis musculaire congénital : Il est causé par une tension excessive du muscle SCOM, entraînant une limitation de la rotation du cou. Une tuméfaction, appelée "olive", peut apparaître sur le corps musculaire du SCOM.
  • Torticolis postural : Il se manifeste par une préférence posturale de l'enfant, qui adopte fréquemment la même posture même dans différentes positions. Ce type de torticolis est souple et réductible.
  • Torticolis osseux : Plus rare, il est dû à une malformation osseuse, comme une dysplasie osseuse ou le syndrome de Klippel-Feil.

Causes et facteurs de risque

Plusieurs facteurs peuvent contribuer au développement du torticolis chez le nourrisson :

  • Position intra-utérine : Un positionnement anormal du bébé dans l'utérus, surtout en cas de grossesse gémellaire, de présentation en siège, de contractions utérines importantes ou de manque de liquide amniotique, peut entraîner des tensions cervicales et crâniennes.
  • Accouchement difficile : Un travail prolongé, une présentation en siège, un enroulement du cordon ombilical ou l'utilisation d'instruments comme les forceps ou la ventouse peuvent causer des traumatismes au niveau du cou du bébé.
  • Facteurs musculaires et osseux : Dans certains cas, le torticolis peut être causé par un déséquilibre des muscles du cou, une absence congénitale unilatérale d'un SCOM ou une malformation osseuse au niveau du cou.

Diagnostic et signes d'alerte

Un examen clinique permet de diagnostiquer précisément la cause du torticolis. Certains signes doivent alerter les parents :

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  • La tête de bébé penche d'un côté.
  • Les muscles du cou semblent tendus.
  • Une petite bosse est présente sur le cou, du côté du muscle contracté.
  • Bébé préfère un côté ou un sein lors de l'allaitement.
  • Bébé s'énerve s'il n'arrive pas à tourner la tête.
  • Une zone plate apparaît sur son crâne à force de toujours garder la tête dans la même position.

Conséquences possibles

Bien que le torticolis disparaisse spontanément dans plus de 80 % des cas, un traitement est nécessaire pour éviter certaines conséquences :

  • Asymétrie faciale : Le torticolis peut entraîner une asymétrie visible sur le visage du nourrisson.
  • Plagiocéphalie : La déformation du crâne, ou plagiocéphalie, est une conséquence fréquente du torticolis, due à la pression prolongée du crâne sur une surface plane.
  • Troubles fonctionnels : Des troubles de la vision ou de l'occlusion peuvent survenir en raison de l'asymétrie faciale.
  • Déformation de la colonne vertébrale : Une scoliose cervico-thoracique peut se développer.
  • Sous-utilisation d'un membre supérieur : En association avec un torticolis, elle peut induire une sous-utilisation du membre supérieur qui sera moins regardé - ce qui donne l’impression d’un déficit de force musculaire d’un côté et peut troubler la construction du schéma corporel.

L'approche ostéopathique

L'ostéopathie est une approche thérapeutique naturelle et efficace pour soulager le torticolis chez le nourrisson. L'ostéopathe considère le corps dans sa globalité, du crâne aux jambes, en passant par le bassin et le thorax.

Anamnèse et diagnostic

L'ostéopathe commence par réaliser une anamnèse détaillée avec les parents pour comprendre le déroulement de la grossesse et de l'accouchement, et identifier les facteurs de risque potentiels. Ensuite, il effectue un diagnostic palpatoire précis et global pour cibler les régions du corps pouvant être dysfonctionnelles et liées au torticolis.

Traitement ostéopathique

Le traitement consiste à prendre en charge les dysfonctions retrouvées grâce à des techniques douces, adaptées et sans danger pour l'enfant. L'objectif est de redonner un équilibre global à l'ensemble du corps et de soulager les tensions. L’ostéopathe relâchera de manière graduelle les tensions exercées au niveau du cou de bébé. Ainsi, il pourra rétablir une bonne rotation et inclinaison de tête de chaque côté et traitera également tout son petit corps pour lever les tensions consécutives à ce torticolis qui sont apparues.

Techniques utilisées

L'ostéopathe utilise différentes techniques pour traiter le torticolis :

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  • Techniques crâniennes : Elles visent à évaluer et à corriger les restrictions de mobilité des sutures crâniennes.
  • Techniques musculo-squelettiques : Elles permettent de relâcher les tensions musculaires et de restaurer la mobilité des articulations cervicales, thoraciques et du bassin.
  • Techniques viscérales : Elles visent à améliorer la mobilité et la fonction des organes internes, qui peuvent être affectés par les tensions posturales.

Importance d'une prise en charge précoce

Il est recommandé de consulter un ostéopathe dès les premiers jours de vie de l'enfant présentant un torticolis. Plus la prise en charge est précoce, meilleurs sont les résultats. Un torticolis pris en charge avant l'âge d'un mois présente un taux d'amélioration de 98 % en un mois et demi.

Conseils et exercices complémentaires

En complément du traitement ostéopathique, les parents peuvent suivre quelques conseils pour favoriser la guérison de leur bébé :

  • Varier les positions du bébé : Multiplier les positionnements du bébé pour stimuler ses sens et faire évoluer ses appuis.
  • Stimuler la rotation de la tête : Placer des objets stimulants du côté où l'enfant ne tourne pas spontanément la tête.
  • Positionner bébé sur le ventre : En période d'éveil et sous surveillance, positionner bébé sur le ventre pour réduire les risques d'aplatissement du crâne et l'encourager à lever la tête.
  • Mobiliser doucement la tête : Lorsque les muscles du cou sont relâchés, amener délicatement la tête vers l'inclinaison ou la rotation souhaitée, sans forcer.
  • Alterner les côtés lors du biberon : Alterner de côté (bras droit puis gauche) pour éviter que bébé ait toujours la tête tournée du même côté.

Kinésithérapie

La kinésithérapie est un traitement complémentaire à l'ostéopathie, prescrit par le pédiatre pour corriger le défaut de mobilité cervicale. Le kinésithérapeute observe et évalue la neuromotricité de l'enfant et procède à une rééducation motrice via des stimulations spécifiques et des jeux adaptés. La prise en charge en kinésithérapie reste essentielle pour traiter les torticolis musculaires et certains torticolis posturaux.

Prévention de la plagiocéphalie

La plagiocéphalie, ou déformation du crâne, est une conséquence fréquente du torticolis. Pour prévenir son apparition, il est essentiel de :

  • Varier les positions de sommeil : Alterner la position de la tête de bébé lors du coucher.
  • Encourager les périodes sur le ventre : Superviser bébé pendant qu'il est sur le ventre pour jouer et renforcer les muscles de son cou.
  • Éviter l'utilisation excessive de transats et de sièges auto : Ces dispositifs peuvent limiter la mobilité de la tête et favoriser l'aplatissement du crâne.

Lire aussi: Torticolis chez les bébés : un guide complet

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