L'interruption de grossesse, un sujet complexe et sensible, a traversé les époques, marquée par la clandestinité, les risques sanitaires et les luttes pour la légalisation. Cet article explore les différentes facettes de l'IVG, des méthodes chirurgicales aux témoignages poignants de femmes ayant vécu l'avortement clandestin, en passant par l'évolution législative et les enjeux contemporains.
L'IVG Chirurgicale par Aspiration : Une Méthode Courante
L’IVG chirurgicale par aspiration, également appelée « aspiration intra-utérine », est une méthode pratiquée jusqu’à 12 semaines d’aménorrhée (à compter du premier jour des dernières règles). Elle consiste à vider l’utérus par aspiration.
Préparation à l'Intervention
Une infirmière administre généralement deux comprimés de misoprostol afin d’assouplir le col de l’utérus. Ce médicament doit agir pendant au moins une heure et peut provoquer de légères contractions.
Anesthésie : Locale ou Sédation
L’IVG chirurgicale par aspiration est réalisée sous anesthésie. Il existe deux options :
- Sédation profonde : Un somnifère à courte durée d’action est administré par perfusion, induisant un court sommeil pendant toute l’intervention. Il est impératif d'être à jeun pendant les 3 heures qui précèdent l’intervention, mais il est possible de boire de l’eau jusqu’au rendez-vous. Attention : durant les 24 heures qui suivent une sédation profonde, il est interdit de faire du vélo, de conduire une voiture, un scooter ou un deux-roues motorisé, et de prendre des décisions importantes.
- Anesthésie locale : Le médecin réalise de petites injections dans le col de l’utérus juste avant l’intervention. Ces injections ne sont en général pas douloureuses. Avec une anesthésie locale, l’utérus n’est pas complètement anesthésié ; c’est la raison pour laquelle des contractions peuvent être ressenties pendant l’intervention.
Déroulement de l'Intervention
Pendant l’intervention, la patiente est assise dans un fauteuil gynécologique. Un médecin orthogéniste (spécialiste en IVG) procède à l’avortement, assisté d’au moins une infirmière. À l’aide d’un spéculum (instrument en forme de bec de canard), le médecin rend visible le col de l’utérus. Le contenu de l’utérus est ensuite retiré par aspiration au moyen d’une canule (petit tube).
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À la suite de cette intervention, la pose d'un stérilet ou d'un implant est envisageable. La durée de l’hospitalisation est de 4 heures environ.
Suivi Post-IVG
Après l’intervention, la patiente se repose pendant une heure, sous surveillance. Des antibiotiques sont prescrits pour prévenir les infections. Des maux de ventre et des saignements peuvent survenir, persistant quelques jours ou quelques semaines avant de s’atténuer. Les symptômes de la grossesse diminuent dès la fin de la semaine qui suit l’intervention.
L'Avortement Clandestin : Risques et Témoignages d'une Époque Révolue
Avant la légalisation de l'IVG par la loi Veil, promulguée le 17 janvier 1975, des milliers de femmes ont été contraintes d'avorter clandestinement, au péril de leur vie. Le sujet était tabou, tant il était sévèrement réprimé.
Maguy : Un Témoignage de la Clandestinité
Maguy, née en 1943 dans un petit village rural près de Villeneuve-sur-Lot, a toujours aspiré à une vie différente de celle de ses parents agriculteurs. En 1965, à 23 ans, elle tombe enceinte. Maguy raconte une des multiples facettes de la clandestinité : la tentative de viol par le médecin censée l’avorter. Elle parvient à s’enfuir, mais toujours enceinte, doit trouver d’urgence une autre solution. Un autre praticien recourt à une méthode vieille du XIXe siècle : l’algue laminaire, une tige qui gonfle et qui dilate le col de l’utérus, pour provoquer des contractions puis l'expulsion. Maguy connaîtra une infection gravissime.
Comme de nombreuses femmes ayant avorté dans la clandestinité avec les méthodes précaires de l'époque, Maguy a ensuite souffert d'infertilité pendant plusieurs années.
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Les Méthodes Précaires de l'Avortement Clandestin
À l’époque, la contraception est peu répandue et difficile d'accès. Certains couples pratiquent le retrait ou la méthode du calendrier pour suivre les cycles, peu fiables. En cas de grossesse, la plupart des femmes doivent se débrouiller seules ou se tournent vers des "faiseuses d'ange", payées pour provoquer un avortement dans le secret.
Un autre praticien recourt à une méthode vieille du XIXe siècle : l’algue laminaire, une tige qui gonfle et qui dilate le col de l’utérus, pour provoquer des contractions puis l'expulsion.
Le Rôle du MLAC
Lorsqu'elle étudiait à Bordeaux, Maguy n'a pas eu la chance de croiser le MLAC. Une antenne de ce Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception, est créé sur le campus Talence - Pessac, à la fin de l'année 73 par des étudiants en médecine, psycho, infirmiers, kiné, pour pratiquer des avortements illégaux. Le petit groupe utilise la méthode Karman, venue des États-Unis. Une technique par aspiration transmise par des médecins bordelais et moins risquée. Jusqu'en 1975, ces jeunes militants aident des centaines de femmes à avorter.
La Loi Veil et l'Évolution du Droit à l'IVG
Le 17 janvier 1975, la loi Veil est promulguée à titre expérimental. Elle sera reconduite sans limite, en 1979.
Un Soulagement et un Combat Continu
Un soulagement inespéré pour Maguy et toutes les autres. Après la loi Veil, les choses ont mis des mois à se mettre en place. Dans les hôpitaux, il fallait que le chef de service en gynécologie obstétrique soit d'accord, il fallait trouver du personnel volontaire.
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Cinquante ans plus tard, et alors que la France est devenue le premier pays au monde à inscrire le droit à l'IVG dans sa Constitution en mars 2024, Brigitte Tandonnet rappelle que le combat n'est jamais vraiment gagné. "À chaque élection, on craint que ces droits soient remis en question. L'accès à l'avortement n'est pas garanti partout dans le pays.
Les Réactions Féminines Face à une Grossesse Non Désirée
Dans les affaires d’avortement, les réactions féminines en présence d’une grossesse non désirée sont diverses. Certaines femmes sont « contrariées », « embêtées » ou « mécontentes », tandis que d'autres sont « prises » ou « attrapées » par la grossesse. Certaines sont « affolées », « tourmentées », « désespérées », « désolées », « déprimées », « neurasthéniques » ou même « folles ».
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