L'anatomie masculine recèle parfois des particularités qui suscitent des interrogations, notamment chez les parents de jeunes garçons. La mobilité testiculaire, communément appelée "testicules ascenseurs", est l'une de ces particularités. Cet article vise à démystifier ce phénomène, à en identifier les causes, à le différencier des autres anomalies de position testiculaire et à explorer les options de prise en charge.

Les testicules ascenseurs : une mobilité testiculaire fréquente

Avez-vous remarqué que les testicules de votre petit garçon ne sont pas toujours au même endroit ? Cette situation, appelée "testicules ascenseurs", inquiète de nombreuses mamans. Face aux avis médicaux parfois divergents, il est normal de se sentir perdue et de chercher des réponses claires. Comprendre cette particularité anatomique vous aidera à prendre les meilleures décisions pour la santé de votre enfant. Les testicules ascenseurs représentent une forme particulière d'ectopie testiculaire, c'est-à-dire une anomalie de position des testicules. Cette mobilité excessive est due à un réflexe musculaire appelé réflexe crémastérien, particulièrement actif chez les jeunes garçons. Le muscle crémaster, qui entoure le cordon spermatique, se contracte et fait remonter le testicule, notamment en réaction au froid, au stress ou lors d'un examen médical. Cette condition est généralement bénigne et peut se résoudre naturellement avec la croissance. Ce réflexe crémastérien existe à tout âge.

Les testicules sont normalement présents dans les bourses où ils ont migré à la fin de la grossesse, voire peu de temps après la naissance. Mais dans certains cas, ils oscillent dans la bourse. C'est ce qu'on appelle un "testicule ascenseur". On parle d'un testicule "ascenseur" lorsque celui-ci a fait sa migration complète dans la bourse (à la naissance le plus souvent ou dans les 6 mois qui suivent l'accouchement), relié par le cordon spermatique et des fibres musculaires crémastériennes, en passant par l'aine, mais a tendance à remonter dans l'aine. "Le muscle crémaster provoque l'oscillation du testicule : il aura tendance à remonter lorsqu'il est stimulé par le froid, une émotion forte, un examen clinique… et à s'abaisser lorsque l'enfant est détendu. Cela peut concerner un seul testicule ou les deux. La prévalence est estimée à 1 % des garçons scolarisés", explique le Dr. Parfois la bourse est pleine, parfois elle paraît vide. C'est généralement le pédiatre ou le médecin traitant qui suit votre enfant qui s'en aperçoit au cours d'une consultation lors de l'examen clinique.

Distinguer les testicules ascenseurs des autres anomalies de position testiculaire

Pour bien comprendre les testicules ascenseurs, il est important de les distinguer des autres anomalies de position testiculaire.

  • La cryptorchidie : Il s'agit de la forme la plus sérieuse. Le testicule est resté bloqué sur son trajet de descente, généralement dans le canal inguinal ou dans l'abdomen. Le médecin ne peut pas le faire descendre manuellement dans le scrotum, même temporairement. La cryptorchidie se définit par un testicule qui ne migre pas normalement de l’abdomen vers les bourses durant la vie fœtale. D’où l’appellation de testicule non descendu. Autrement dit, l’une des bourses est vide, parfois les deux. Le testicule est néanmoins présent, mais plus ou moins haut entre l’abdomen et le scrotum. Cette anomalie de l’appareil génital masculin concerne 1% des enfants de 6 mois.
  • Le testicule à ressort (ou testicule rétractile sévère) : Le pédiatre parvient à manipuler le testicule et à le placer dans le scrotum lors de l'examen, mais celui-ci remonte immédiatement dès qu'il relâche sa pression. Cette situation se situe entre la cryptorchidie et le testicule ascenseur en termes de gravité.
  • Le testicule ascenseur (ou testicule rétractile) : C'est la forme la plus courante et la moins préoccupante. Le testicule migre spontanément entre le scrotum et une position plus haute, sans intervention extérieure. Contrairement au testicule à ressort, il peut rester dans le scrotum pendant de longues périodes et y retourner naturellement.

Il n’est pas rare, lors de l’examen du jeune garçon, qu’un testicule ne soit pas retrouvé spontanément en position intrascrotale. Tout l’enjeu de l’examen clinique est de répondre non seulement à la question « où se trouve le testicule ? », mais également à « jusqu’où descend-il ? » car la prise en charge n’est pas la même. Le testicule non descendu ou cryptorchidie est une des malformations congénitales du nouveau-né de sexe masculin les plus communes. Elle est due à un arrêt de migration du testicule sur son chemin entre la région lombaire et la bourse, en passant par le canal inguinal. Pendant la gestation, les testicules sont situés dans la cavité abdominale. Une migration post-natale est possible mais uniquement dans les premiers mois de vie. Lors de l’examen systématique du jeune garçon, il n’est pas rare qu’un testicule ne soit pas retrouvé spontanément en position intrascrotale, et tout l’objet de l’examen clinique est de déterminer s’il s’agit d’un testicule non descendu congénital ou secondaire, ou d’un testicule oscillant (ou « baladeur », « ascenseur », « yoyo », etc.). Pour être pertinent, l’examen clinique doit être mené dans de bonnes conditions, chez un enfant en confiance et détendu. En effet, le « réflexe crémastérien » est observé en stimulant le tiers supérieur de la cuisse, sur sa face interne et en remontant ou en redescendant le long de la cuisse. S’il est normal et conservé, les fibres musculaires lisses du muscle crémaster, qui entoure le pédicule spermatique, se contractent provoquant une élévation du testicule du côté de la stimulation. Une fois l’enfant installé en position allongée, on commence par regarder si spontanément les bourses sont « pleines », et la forme de celles-ci. Les doigts du médecin commencent par palper l’aine, en descendant du ventre vers le bas et le dedans, et en bloquant l’orifice inguinal superficiel sur le plan osseux sous-jacent (fig. 1B).

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Les causes potentielles du testicule oscillant

Plusieurs hypothèses ont été mises en avant par les scientifiques sur les origines de cette anomalie. Première d’entre elles : un trouble hormonal survenu pendant la grossesse. Et plus précisément, une production insuffisante d’androgènes (hormones masculines) et/ou une surexposition aux œstrogènes (hormones féminines). La prématurité : d’après l’Assurance maladie, la cryptorchidie touche 20 à 30% des bébés garçons prématurés contre 2 à 4% des nourrissons nés à terme.

Prise en charge et traitements des testicules ascenseurs

La prise en charge des testicules ascenseurs varie selon l'évolution de la condition, l'âge de votre enfant et la gravité de la situation.

  • La surveillance médicale active : Dans la majorité des cas, les testicules ascenseurs ne nécessitent pas de traitement immédiat. Les testicules peuvent descendre naturellement et définitivement dans le scrotum avant l'âge de 3 ans, au fur et à mesure que le réflexe crémastérien se normalise.
  • Le traitement hormonal (hormonothérapie) : Si les testicules restent fréquemment en position haute après 3 ans, votre médecin peut proposer un traitement à base de testostérone ou d'analogues hormonaux (comme la gonadotrophine chorionique humaine ou hCG). Les effets secondaires potentiels, généralement rares et temporaires, incluent : maux de tête, irritabilité, légère rétention d'eau, éruptions cutanées ou, exceptionnellement, des signes de puberté précoce.
  • L'intervention chirurgicale : l'orchidopexie : Si le testicule reste en dehors du scrotum de façon persistante après 3 à 5 ans, ou si le traitement hormonal échoue, une intervention chirurgicale devient nécessaire. L'orchidopexie consiste à fixer chirurgicalement le testicule dans le scrotum. Cette opération, réalisée sous anesthésie générale, dure environ 30 à 45 minutes et permet généralement un retour à domicile le jour même. Lorsque le testicule est palpé, l’intervention de référence est un abaissement testiculaire par voie inguino-scrotale.7 Une première incision est réalisée au niveau de l’aine, pour libérer le testis de ses fibres crémastériennes et de son canal péritonéo-vaginal qui sera refermé à l’anneau inguinal profond. La deuxième incision, scrotale, permet de confectionner une logette dans la bourse qui va accueillir le testicule. Enfin, pour les testicules non palpés, une exploration coelioscopique permet de confirmer leur position intra-abdominale et de définir une stratégie opératoire d’abaissement en un ou deux temps. Ces interventions sont possibles en hospitalisation ambulatoire, sauf pathologie surajoutée, et réalisées sous anesthésie générale, avec analgésie loco-régionale. Une ou plusieurs consultations post-opératoires, selon le tableau clinique, sont proposées aux parents, afin de juger à distance (plus de 6 mois) du bon positionnement et de la trophicité testiculaires.

"Un "testicule ascenseur" pouvant aboutir à une anomalie de position secondaire du testicule (testicule en permanence dans l'aine), celui-ci demandera avis auprès d'un chirurgien pédiatre au moindre doute car une prise en charge chirurgicale est alors indiquée, précise le Dr Borrego. Il n'y a pas d'indication opératoire pour un testicule ascenseur tant que celui-ci reprend sa place dans la bourse dès lors que le muscle crémaster n'est plus contracté. Il n'y a alors pas de risques pour la production de spermatozoïdes ni de risque augmenté de cancer du testicule. A la puberté, si le testicule "au repos" est en place, il ne pourra plus migrer dans l'aine et le problème sera résolu. "En revanche, en cas de traction importante et "permanente" du muscle crémaster, il est observé une anomalie de position secondaire du testicule (testicule dans l'aine non abaissable dans la bourse), une intervention chirurgicale sera indiquée pour la repositionner dans sa bourse, précise la spécialiste. Celle-ci se pratique au bloc opératoire, sous anesthésie générale et le plus souvent en ambulatoire.

Les enfants des deux premières catégories (testicule palpé non descendu, ou non palpé) doivent être adressés au plus tôt au chirurgien ou à l’urologue pédiatre, c’est-à-dire vers l’âge de 6 mois si le diagnostic est posé à la naissance, pour pouvoir garantir une prise en charge chirurgicale précoce. Si le diagnostic est plus tardif, il faut adresser le garçon au chirurgien dès qu’il est posé. Les garçons ayant un testicule non descendu doivent bénéficier d’un abaissement et d’une orchidopexie, idéalement à partir de l’âge de 6 mois et jusqu’à 12 mois (dernier délai 18 mois) pour éviter tout risque de baisse de fertilité due à des modifications histologiques du parenchyme testiculaire.6 Les testicules rétractiles doivent être opérés lorsque le diagnostic est posé, pour les mêmes raisons.

Complications potentielles et risques associés

Bien que les testicules ascenseurs soient généralement bénins, il est important de connaître les complications potentielles :

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  • Le risque d'infertilité : Les testicules doivent se trouver dans le scrotum car ils ont besoin d'une température inférieure de 2 à 3°C à celle du corps pour produire des spermatozoïdes de qualité. Lorsqu'un testicule passe trop de temps dans l'abdomen ou l'aine, où la température est plus élevée, cela peut endommager progressivement les cellules germinales responsables de la production de spermatozoïdes.
  • Le risque de torsion testiculaire : Un testicule mobile et mal positionné est plus susceptible de se tordre sur lui-même, entraînant une torsion du cordon spermatique qui contient les vaisseaux sanguins alimentant le testicule. Une torsion testiculaire impose une intervention chirurgicale. On diagnostique une torsion testiculaire généralement grâce à un examen clinique. Il est possible qu’une échographie Doppler soit effectuée, mais il ne faut pas qu’elle retarde l’intervention chirurgicale. Le chirurgien réalise alors une ouverture du scrotum afin d’avoir accès au testicule victime de torsion testiculaire. Le chirurgien “détord” le testicule afin de rétablir son afflux sanguin. Afin d’éviter qu’une torsion testiculaire vous arrive une deuxième fois, le chirurgien fixe votre testicule à votre scrotum grâce à un fil. À la suite d’une torsion testiculaire, il y a un risque post-opératoire d’atrophie du testicule. Il est indispensable qu’une surveillance médicale soit mise en place par le biais d’échographies.
  • L'impact psychologique : À l'adolescence, un aspect anormal des organes génitaux peut devenir source d'anxiété et de gêne, notamment dans les vestiaires sportifs ou lors des relations intimes.
  • Le léger risque accru de cancer testiculaire : Bien que le risque reste faible, les études montrent que les testicules ayant présenté une anomalie de position ont un risque légèrement plus élevé de développer un cancer à l'âge adulte. C’est le facteur de risque le mieux évalué : 6 % des cancers du testicule ou tumeurs germinales surviennent chez les hommes ayant été atteints d’une cryptorchidie. Au cours du développement du fœtus, les testicules descendent depuis l’abdomen dans les bourses, leur position finale. Chez les jeunes hommes dont le testicule n’est pas descendu avant l’âge de deux ans, le risque de développer un cancer des testicules est multiplié par environ 10. Après un cancer du testicule, l’individu présente un risque accru qu’une tumeur se développe sur l’autre testicule, dit controlatéral. Le risque de récidive est de 2 à 3 % durant 15 à 25 ans.

Questions fréquemment posées

  • À quel âge les testicules ascenseurs deviennent-ils préoccupants ? Les testicules ascenseurs sont fréquents et généralement sans gravité avant l'âge de 3 ans. La surveillance devient plus active entre 3 et 5 ans.
  • Comment puis-je vérifier moi-même la position des testicules de mon enfant ? Le meilleur moment pour examiner votre enfant est lors du bain, quand il est détendu et dans une pièce chaude. Palpez délicatement le scrotum pour sentir la présence des deux testicules. S'ils sont présents au moins une partie du temps, notamment dans ces conditions de relaxation, il s'agit probablement de testicules ascenseurs.
  • Les testicules ascenseurs peuvent-ils affecter un seul testicule ou les deux ? Les deux situations sont possibles. Les testicules ascenseurs peuvent toucher un seul testicule (unilatéral) ou les deux (bilatéral). L'atteinte unilatérale est plus fréquente.
  • Mon fils ressent-il de la douleur avec des testicules ascenseurs ? Non, les testicules ascenseurs ne provoquent généralement aucune douleur.
  • Le traitement hormonal est-il douloureux pour mon enfant ? Le spray nasal est totalement indolore et facile à administrer. Les injections peuvent occasionner une légère gêne au moment de la piqûre, comme pour tout vaccin, mais restent bien tolérées par les enfants.

Autres causes de rétraction testiculaire

Outre le réflexe crémastérien, d'autres facteurs peuvent provoquer la rétraction des testicules :

  • Les oreillons : L’atrophie testiculaire : la diminution de taille du testicule, encore appelée atrophie testiculaire, résulte en particulier des oreillons (maladie virale infantile affectant les glandes salivaires et généralement sans conséquence chez l’enfant, mais potentiellement grave quand contractée à l’âge adulte. C’est une maladie à vaccination obligatoire chez l’enfant en France) ou d’un traumatisme. signifie une complication de la maladie. les oreillons (inflammation de la glande parotide). L’affection peut être uni ou bilatérale. La plus grande complication se produit lorsqu’apparaissent des problèmes ischémiques (insuffisance d’apport en sang au testicule) due à l’inflammation, ce qui entraîne l’atrophie du testicule.
  • Traumatismes : Un choc direct aux testicules peut provoquer une rétraction temporaire.
  • Facteurs de risque de cancer testiculaire :
    • Les antécédents familiaux : avoir un frère ou un père qui a été atteint par un cancer du testicule augmente le risque de développer la maladie. Pour autant, le caractère héréditaire n’a pas été établi.
    • Le cannabis : des études concordantes ont indiqué un lien entre la consommation de cannabis et le risque accru de cancer du testicule par rapport au fait de n’avoir jamais consommé cette drogue.

Importance du suivi médical

Les testicules ascenseurs chez l'enfant sont une anomalie fréquente qui évolue favorablement dans la majorité des cas. Un suivi pédiatrique régulier vous permettra de déterminer si une simple surveillance suffit ou si un traitement devient nécessaire. N'hésitez pas à poser toutes vos questions à votre médecin et à noter vos observations à la maison : votre implication active dans le suivi de votre enfant contribue grandement à garantir sa santé reproductive future.

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