Le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble du neurodéveloppement qui touche environ 5 % des enfants. En France, environ 2 millions de personnes, enfants et adultes, sont concernées par le TDAH, avec une prévalence de 5 % chez les enfants et de 2,5 % chez les adultes, selon la Haute Autorité de Santé (HAS). Les premiers signes apparaissent généralement avant l’âge de 12 ans. Plus le diagnostic est précoce, plus la prise en charge de l’enfant est rapide, avec un accompagnement adapté pour l’aider au quotidien et éviter l’aggravation des conséquences psychologiques, scolaires, familiales et sociales.
Qu'est-ce que le TDAH ?
Le TDAH est un trouble du neurodéveloppement qui affecte les enfants et les adultes. Les personnes atteintes peuvent présenter des troubles de l'inattention, ainsi que des signes d'hyperactivité et d'impulsivité, selon les cas. La Haute Autorité de Santé (HAS) souligne que ces symptômes peuvent avoir un impact sur les apprentissages, la scolarisation, ainsi que la vie sociale et familiale.
Signes et symptômes du TDAH
Les signes évocateurs du TDAH peuvent être observés dans divers contextes : à l'école, au travail, à la maison ou en société. Un ensemble de signes et de difficultés doivent alerter sur un potentiel TDAH, surtout s'ils altèrent de manière durable et significative la qualité de vie de l'enfant ou de la personne concernée dans l'ensemble de ses environnements de vie : famille, environnement scolaire et extra-scolaire, travail…
Les signes évocateurs du TDAH peuvent inclure :
- Un déficit de l'attention : difficultés à rester concentré ou à mémoriser, oublis réguliers et distraction rapide.
- De l'impulsivité : interruption régulière de ses activités et de celles des autres, difficultés à réfréner ses envies, ses actions ou ses paroles.
- De l'hyperactivité : forte agitation et difficultés à rester assis ou debout.
Si ces comportements impactent le quotidien de manière persistante (plus de six mois) dans différentes situations, il est important de consulter un médecin qui pourra examiner la personne concernée et l’orienter si besoin vers un médecin formé au TDAH pour que la personne concernée puisse être diagnostiquée et être prise en charge le cas échéant.
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Il est important de noter que chez les filles, le TDAH semble moins bien repéré et est souvent sous-diagnostiqué. Chez l’adolescent, l’inattention persiste et son retentissement est plus important compte tenu de la demande d'attention croissante et de la complexité des tâches dans sa vie quotidienne et scolaire.
Spécificités chez l'enfant de 2 ans
Il est crucial de noter que le diagnostic de TDAH se fait généralement à partir de l'âge scolaire. Cependant, certains signes peuvent être observés chez les jeunes enfants, bien qu'il soit difficile de les distinguer des comportements normaux de cet âge.
Un enfant de 2 ans présentant un TDAH pourrait manifester les signes suivants :
- Une agitation excessive : l'enfant ne tient pas en place, court et grimpe partout, a du mal à rester assis même pendant les repas ou les activités calmes.
- Une impulsivité marquée : l'enfant a du mal à attendre son tour, interrompt les conversations, agit sans réfléchir aux conséquences.
- Des difficultés d'attention : l'enfant passe rapidement d'une activité à l'autre sans les terminer, a du mal à se concentrer sur un jeu ou une histoire.
- Des colères fréquentes et intenses : l'enfant s'énerve facilement, pleure pour un rien, a des crises de colère disproportionnées.
- Des difficultés à suivre les consignes : l'enfant a du mal à comprendre et à respecter les règles, même simples.
Il est essentiel de considérer que ces comportements peuvent être normaux chez un enfant de 2 ans et qu'ils ne signifient pas nécessairement qu'il souffre de TDAH. Cependant, si ces signes sont présents de manière excessive et persistante, et qu'ils ont un impact négatif sur la vie de l'enfant et de sa famille, il est important de consulter un professionnel de santé pour obtenir un avis spécialisé.
Le diagnostic du TDAH
Le diagnostic de TDAH est complexe et doit être posé par un médecin formé, suite à des entretiens et des bilans. Selon les dernières recommandations de la HAS, le diagnostic peut être posé par tout médecin ayant suivi une formation sur le TDAH. De plus en plus de médecins sont formés : généralistes, scolaires ou spécialistes.
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Le TDAH ayant une incidence scolaire importante, le personnel scolaire (enseignants, médecins et infirmières scolaires) est souvent en première ligne pour repérer ce trouble qui est aussi souvent associé aux troubles des apprentissages. Par sa proximité et sa connaissance de l’enfant, le médecin de premier recours (le médecin généraliste, le pédiatre…) joue un rôle central dans le repérage de ce trouble. Lors de la phase de repérage, le médecin de premier recours peut envisager l’existence d’un TDAH face aux trois principaux symptômes (le trouble de l’attention, l’hyperactivité et l’impulsivité) ou en cas de difficultés associées comme les troubles de l’apprentissage (par exemple la dyslexie), les difficultés d’endormissement ou encore les difficultés relationnelles avec les pairs. L’entretien et l’examen médical permettront d’orienter si besoin l’enfant vers un médecin spécialisé dans le TDAH, en vue de confirmer ou non le diagnostic de TDAH.
Il n’existe pas d’examen complémentaire ou de marqueurs biologiques (examen sanguin ou autre) permettant de confirmer le diagnostic de TDAH. Pour guider la démarche diagnostique et suivre l’évolution du trouble, le médecin peut utiliser des outils sous forme de questionnaires à compléter par l’enfant ou ses parents. Enfin, certaines pathologies peuvent présenter des signes proches du TDAH et être confondues avec lui. De même, certains troubles peuvent être associés au TDAH ce qui complexifie le diagnostic.
Pour établir un diagnostic de TDAH, le médecin spécialisé effectuera une évaluation complète de l'enfant, en tenant compte de plusieurs éléments :
- L'observation du comportement de l'enfant dans différents contextes (à la maison, à l'école, etc.).
- L'entretien avec les parents pour recueillir des informations sur l'histoire de l'enfant, ses antécédents médicaux et ses difficultés actuelles.
- L'entretien avec l'enfant (si son âge le permet) pour évaluer ses symptômes et son ressenti.
- L'utilisation de questionnaires et d'échelles d'évaluation pour quantifier les symptômes du TDAH.
- La réalisation de tests psychologiques pour évaluer les fonctions cognitives de l'enfant (attention, mémoire, etc.).
La démarche diagnostique est avant tout clinique. C’est le Trouble Oppositionnel avec Provocation qui est le plus fréquent et qui est retrouvé dans plus de la moitié des cas. Peuvent également être associés des troubles du développement du langage ou des coordinations motrices dans près d’un quart des cas. D’autres troubles neurodéveloppementaux comme les tics, ou le Trouble du Spectre de l’Autisme peuvent également être associés. Le test de QI (évaluation de plusieurs fonctions cognitives et du niveau de fonctionnement cognitif global) le plus utilisé est le WPPSI (Wechsler Preschool and Primary Scale of Intelligence). Certains tests visant à évaluer plus spécifiquement les fonctions attentionnelles et exécutives peuvent être réalisés à partir de l’âge de 5 ans. Des prises en charge spécialisées du TDAH existent à cet âge là.
Prise en charge du TDAH
Une fois le diagnostic posé par le médecin spécialisé du TDAH, l’intervention thérapeutique doit être adaptée aux symptômes de l’enfant et à leur sévérité. Elle a pour objectif d’agir à la fois sur les symptômes du TDAH et sur les éventuelles comorbidités associées. L’accompagnement du TDAH se construit en concertation avec l’enfant et ses parents. Elle associe différents traitements non-médicamenteux et si besoin médicamenteux. L’efficacité de cette intervention thérapeutique se vérifie sur plusieurs critères : l’évolution des symptômes du TDAH, les difficultés scolaires, les comportements psychosociaux et les éventuels retentissements familiaux. Tout au long de cette intervention thérapeutique, le suivi de l’enfant doit être régulier quel que soit son traitement, avec ou sans médicaments. La coordination avec les autres professionnels de santé impliqués dans l’intervention thérapeutique des comorbidités du TDAH est essentielle. Le partage des informations permet d’évaluer de manière pertinente l’évolution comportementale de l’enfant. L’orthophoniste, le psychologue, le psychomotricien ou encore l’ergothérapeute sont autant de spécialistes capables de renseigner le médecin sur la nature des difficultés de l’enfant, sur l’évolution du trouble et, si nécessaire, l’efficacité des traitements choisis. Les professionnels de l’Education nationale ont aussi une place centrale dans le travail de suivi mené avec le médecin de premier recours et le médecin spécialisé du TDAH.
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La prise en charge du TDAH est pluridisciplinaire et peut inclure :
- Une prise en charge psychologique : thérapies comportementales et cognitives (TCC), guidance parentale, groupes de soutien pour les parents. Ces interventions visent à aider l'enfant à mieux gérer ses symptômes, à améliorer ses compétences sociales et à renforcer son estime de soi. Elles aident également les parents à adopter des stratégies éducatives adaptées et à mieux comprendre les difficultés de leur enfant.
- Une prise en charge psychomotrice ou ergothérapeutique : pour aider l'enfant à améliorer ses compétences motrices, sa coordination et son organisation.
- Une prise en charge orthophonique : si l'enfant présente des troubles du langage ou de l'apprentissage.
- Des aménagements scolaires : pour adapter l'environnement d'apprentissage aux besoins de l'enfant (par exemple, en lui offrant un espace de travail calme, en lui donnant des consignes claires et concises, en lui permettant de bouger régulièrement). En effet, des aménagements pédagogiques adaptés à chaque enfant sont souvent très utiles à l’accompagnement. Ces aménagements peuvent être d’ordre éducatif (valoriser l’enfant, lui donner des « missions » par exemple) ou d’ordre pédagogique (donner des consignes courtes et claires, proposer un exercice à la fois).
- Un traitement médicamenteux : dans certains cas, un traitement médicamenteux à base de méthylphénidate (Ritaline®, Concerta®, Medikinet®, Quasym®) peut être prescrit pour aider à réduire les symptômes du TDAH. Le traitement médicamenteux par méthylphénidate n’est pas systématique, il est indiqué dans le cadre d’une intervention thérapeutique globale du TDAH, lorsque les mesures non médicamenteuses se sont révélées insuffisantes et en complément de ces mesures. En France, le méthylphénidate est le principal médicament disponible à ce jour et indiqué pour le traitement pharmacologique du TDAH. Ce médicament n'est recommandé que lorsqu'un traitement médicamenteux initial s’avère insuffisante. L’initiation et le renouvellement d’un traitement par méthylphénidate nécessitent une prescription par un médecin spécialisé du TDAH. Cette prescription a une validité d’un an et s’effectue sur une ordonnance sécurisée. Durant cette période, tout médecin peut renouveler la prescription.
Il est important de souligner que le traitement médicamenteux n'est pas une solution miracle et qu'il doit toujours être associé à une prise en charge psychologique et éducative adaptée.
Prise en charge précoce
La précocité du repérage du TDAH est cruciale. Lors du repérage, l’information et l’orientation par le médecin de premier recours sont essentiels pour que la famille soit impliquée.
Il existe un dispositif et un forfait d’intervention précoce destiné aux enfants âgés de 12 ans maximum (dès la naissance) dont l’entourage constate des écarts de développement ou pour lesquels un médecin suspecte un trouble du neurodéveloppement (TND). Le TDAH est un trouble du Neurodéveloppement (TND). Et ce dispositif donne accès aux plateformes de coordination et d’orientation (PCO) quand un TND est suspecté. Dans le cadre de ce dispositif, un forfait d’intervention précoce existe. Il s’agit d’un montant, défini pour chaque enfant par la PCO, qui permet de financer les interventions notamment d’ergothérapeutes, psychomotriciens et psychologues sous contrat avec la PCO, pendant 2 ans. Grâce à la PCO qui facilite l’accès aux bilans et aux interventions précoces qui doivent être adaptées aux difficultés de votre enfant et coordonnées, la prise en charge pourra être pluridisciplinaire. Elle peut faire intervenir différents professionnels comme : le médecin traitant, un psychologue, un psychiatre, un neurologue ou neuropsychologue, un ergothérapeute, un psychomotricien ou un orthophoniste. Le forfait d’intervention précoce comprend la prise en charge des interventions des professionnels libéraux, habituellement non remboursés par l’Assurance Maladie, comme les ergothérapeutes, les psychologues ou des psychomotriciens. Important : ces professionnels doivent avoir un contrat avec une plateforme dite PCO. Sans contrat, la prise en charge de leur intervention n’est pas possible dans le cadre de ce dispositif.
La prise en charge précoce de ces difficultés est primordiale, même en amont de la confirmation d’un éventuel diagnostic, afin de prévenir le plus possible des conséquences délétères pour l’enfant sur le plan scolaire, familial, social et psychologique.
Aides et aménagements
Toute personne atteinte d’un trouble de santé peut être reconnue comme en situation de handicap si elle remplit les critères définis par la définition du handicap de la Loi de 2005. Les personnes atteintes d’un TDAH sont donc reconnues comme en situation de handicap. Cette reconnaissance donne droit à l’accès à une compensation en fonction des besoins de la personne sous forme d’aides par exemple humaines ou matérielles etc…
Des aménagements scolaires pour éviter le plus possible la stigmatisation des comportements négatifs, le sentiment de rejet et le retentissement académique mais aussi sur l’estime qu’a l’enfant de lui-même. Une prise en charge comportementale pour les enfants qui vise à ce que l’enfant ait une meilleure prise de conscience de ces comportements et notamment des mises en danger et obtenir des modifications de comportement avec l’utilisation de contrats de comportement ou de tableaux à points par exemple.
Des aménagements et un soutien peuvent être proposés par l’école comme : Sur orientation de votre MDPH : via un projet personnalisé de scolarisation (PPS), du matériel pédagogique adapté: ordinateur avec logiciels éducatifs, agenda pour s’organiser, outils numériques d’aide aux apprentissages ou à la prise de note ; l’aide d’un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH). Une demande doit être faite et un dossier doit être déposé auprès de votre MDPH, au préalable.
Conseils aux parents
Si vous pensez que votre enfant de 2 ans présente des signes de TDAH, il est important de consulter un professionnel de santé pour obtenir un avis spécialisé. En attendant, voici quelques conseils qui peuvent vous aider à gérer les difficultés de votre enfant :
- Créez un environnement structuré et prévisible : établissez des routines régulières pour les repas, le coucher et les activités, et respectez-les autant que possible.
- Fixez des règles claires et simples : expliquez à votre enfant ce que vous attendez de lui et assurez-vous qu'il comprend les règles.
- Utilisez des techniques de discipline positive : encouragez les bons comportements en les félicitant et en les récompensant, et ignorez les comportements inappropriés mineurs.
- Soyez patient et compréhensif : rappelez-vous que votre enfant ne contrôle pas ses symptômes et qu'il a besoin de votre soutien et de votre amour.
- Prenez soin de vous : il est important de prendre du temps pour vous reposer et vous ressourcer, afin de pouvoir faire face aux défis de l'éducation d'un enfant atteint de TDAH.
Vivre avec un TDAH à l'âge adulte
Le TDAH persiste à l’âge adulte dans 2/3 des cas. Il est admis que : 1/3 des enfants atteints guériront à l’âge adulte avec une disparition des symptôme, 1/3 auront une persistance des symptômes avec bonne tolérance dans la vie quotidienne, 1/3 garderont des symptômes francs avec des difficultés à les gérer. Dans la majorité des cas, les adultes conservant des symptômes de TDAH mal tolérés souffrent de dépendance aux jeux vidéos, aux écrans et/ou aux substances addictives (telles que les anxiolytiques - benzodiazépines - ou drogues en tout genre). Chez l’adulte atteint de TDAH, un traitement médicamenteux associé à des aides psychologiques permettent d’améliorer sa condition de vie. Il apparaît dans plusieurs études que les associations avec travail en groupe et les échanges entre patients atteints permettent d’améliorer la symptomatologie et la tolérance de la maladie.
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